Télétravail : les 5 erreurs du premier confinement à ne pas reproduire

Télétravail : les erreurs à ne pas refaire en confinement

Les résolutions du nouvel an, c’est vraiment dépassé. À la vue de la situation sanitaire actuelle, on préfère plutôt prendre de bonnes résolutions… de confinement. C’est vrai qu’en mars, on était encore des débutants, on n’avait rien vu venir, alors on agissait un peu “en réaction”. Normal que les erreurs aient été nombreuses. Cette fois-ci, c’est sûr qu’avec le recul et l’expérience de la première quarantaine, on ne retombera pas dans certains pièges ! Pour vous aider à éviter les écueils de la vie confinée, on a demandé à des salariés en télétravail quelles sont les principales erreurs qu’ils ne comptent pas reproduire.

1. « Pour la survie de ma concentration, je ne me suis pas reconfinée avec ma famille » Margaux, 30 ans, chargée de communication

Maman, si tu lis ceci, ne m’en veut pas ! En mars dernier, j’ai décidé de me confiner avec ma mère et mon frère dans la maison où j’ai grandi. Un peu naïve, je me languissais déjà de ce moment en famille, comme à l’époque du lycée. Spoiler : ça a été un désastre. J’étais interrompue toutes les dix minutes sur mes heures de travail : toc toc toc, « Margaux, je vais faire les courses, tu veux quelque chose ? », « Margaux, tu viens déjeuner ? » En réunion, je les entendais carrément se disputer tous les deux dans la pièce à côté (heureusement qu’il y a une option “mute” sur Zoom). Parfois, ils venaient carrément me chercher pour que j’arbitre. Ma concentration était aussi vide qu’un rayon de PQ dans un supermarché la veille d’un confinement… Ma mère étant à la retraite et mon frère cuisinier, le principe du télétravail ne leur a jamais été familier. Ils devaient certainement penser que j’étais scotchée à mon ordinateur pour regarder des séries sur Netflix. Mais non, j’essayais seulement de travailler. Et puis, au-delà de la cacophonie ambiante, il y a eu un autre effet néfaste à cette configuration de confinement, et pas des moindres : comme ma mère s’occupait du ménage et de la cuisine, rien ne m’obligeait à arrêter de travailler. Chez moi, quand vient la fin de journée, je commence à m’occuper des courses, du repas du soir : c’est un indicateur qui me pousse à fermer mon ordinateur. Là, j’étais trop maternée et rien ne m’incitait à couper. Au bout d’un mois, j’ai craqué. J’ai pris un train et je suis rentrée dans mon appartement. Petite anecdote au passage, quand j’ai annoncé à ma mère et à mon frère que je souhaitais les quitter, une nouvelle dispute a éclaté entre eux : « Tu vois, c’est de ta faute si Margaux veut partir ! » J’avais clairement pris la bonne décision.

Entre-temps, je me suis installée avec mon copain et on a décidé de rester ensemble pour ce nouveau confinement. J’ai appris de mes erreurs et posé quelques limites avec lui. Je lui ai expliqué que lorsque je ferme la porte, cela veut dire qu’il ne faut pas me déranger. Bon, ça ne fonctionne pas toujours, mais depuis que lui aussi a basculé en télétravail, il respecte de plus en plus mon rythme. Ça s’annonce bien.

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2. « Je ne ferai pas d’heures supplémentaires » Vincent, 41 ans, consultant

Lors du dernier confinement, mon cabinet de conseil a décidé de mettre l’ensemble des salariés en chômage partiel. La règle était simple : trois jours de travail et deux jours off. Mais très vite, je me suis posé quelques questions sur sa mise en place : comment allais-je arriver à caser une semaine de boulot en trois jours ? Comme je suis en lien permanent avec les clients, je me suis senti obligé de continuer cinq jours sur cinq pour répondre à leurs attentes, même si cela impliquait de solliciter mes collègues sur leurs jours off. Au bout de quelque temps, la boîte s’est divisée en deux. D’un côté, ceux qui travaillaient tout le temps et de l’autre, ceux qui respectaient les mesures de chômage partiel, même s’ils craignaient de passer pour de gros flemmards. Inévitablement, des tensions sont apparues.

Si mon entreprise avait récompensé mon investissement pendant la crise, cela aurait peut-être valu le coup, mais j’ai appris que personne n’aurait de prime ou d’augmentation cette année. Même si je m’y attendais à la vue de la situation économique, cela m’a ramené à une certaine réalité et rappelé que le monde du travail n’était pas toujours juste. On ne récolte pas forcément ce que l’on sème, encore moins en ce moment ! Lorsque le second confinement a été annoncé, j’ai prévu le coup. J’ai pris soin de noter toutes mes tâches et mes réunions dans mon agenda en ligne. Et si la hiérarchie décide une nouvelle fois de nous mettre au chômage partiel, je leur partagerai mon agenda pour leur montrer que c’est impossible. J’ai besoin de travailler cinq jours sur cinq. Mes patrons me forcent la main ? Je ne ferai pas plus que ce qui m’est demandé. Ne pas compter ses heures quand on gagne 15k par mois, pourquoi pas, mais quand on en gagne près de 10 fois moins, hors de question !

3. « J’aimerais retrouver un semblant de routine » Alice, 25 ans, graphiste

En temps normal, ma vie est à l’opposé de ce qui est conseillé dans les livres de développement personnel : je me lève à des heures improbables, je passe mon temps dans mon lit et mon appartement peut très rapidement ressembler à celui d’un adolescent bordélique. Quand le premier confinement nous est tombé dessus, j’ai tout de suite su que le télétravail et moi pourrions faire mauvais ménage. Et ça n’a pas loupé ! Je me levais à 9h30 pour commencer à 9h31, ma pause-déjeuner consistait à manger un bol de Smacks en bossant et la seule pause que je prenais était pour prendre une rapide douche et changer de pyjama. Petite coquetterie tout de même, je me vaporisais un peu de parfum dans le cou. Rapidement, ce manque de cadre a commencé à peser sur ma motivation et ma productivité. Pendant mes heures de travail, Netflix me faisait de l’œil, et la nuit mon boulot me revenait en tête.

Pour ce nouveau confinement, j’ai décidé de me créer un bon environnement de travail. D’abord, je ne me suis pas confinée chez moi, ce qui m’aide à garder un minimum de décence. Aussi, je me suis réapproprié un lieu qui m’était presque devenu inconnu : un bureau. Le matin, je me lève à 8h30 (bon ok, je snooze jusqu’à 45), je me prépare, me maquille, je prends des pauses dans mes journées de travail pour dessiner, et ma grand-mère, qui est confinée à côté de chez moi, me prépare de super quiches pour mes repas. Mes heures de boulot sont dédiées au boulot, et le reste, aux loisirs. Bon parfois, je succombe encore à l’appel du lit pour bosser. Disons qu’on ne change pas en un jour.

4. « Je ferai davantage de pauses avec mes collègues » Cédric, 37 ans, social media manager

On dit souvent que nos collègues ne sont pas nos amis, pourtant l’expérience m’a prouvé le contraire ! Lors du dernier confinement, les liens avec mes collègues se sont peu à peu distendus. Au début, on s’appelait pour faire des “pauses clope” en visio tous les jours et je m’étais rapproché de certaines personnes. Au fur et à mesure, la quantité de travail est devenue plus importante, alors pour suivre la cadence, j’ai sacrifié ces temps de pause. Je n’aurais pas dû. Quelques semaines plus tard, épuisé par mon travail, je n’avais plus personne à qui me confier. Je pense que si j’en avais parlé avec mes collègues, cela m’aurait certainement aidé à dédramatiser, à me sentir moins seul et à me dire que ce mal-être, cette fatigue ou ce sentiment d’inefficacité que je ressentais parfois était légitime. Et j’aurais déculpabilisé. Mon travail perdait de son intérêt. Avant, l’idée de voir mes collègues me motivait chaque matin, là… je me levais, je bossais jusqu’à tard le soir, et je me couchais. J’étais dans un cocon opaque sans voir ce qui se passait dans les autres équipes de l’entreprise. Dans ma tête, c’était comme si j’étais devenu freelance : je rendais mon travail et basta.

Cette fois-ci, je ne sacrifierai pas le “small talk”. 15 minutes de pause dans une journée : ce n’est rien, mais ça aide à être davantage concentré et motivé. Avec une bonne amie du travail, on a décidé de se reprogrammer des breaks, au moins hebdomadaires et je pense que ça va me faire un bien fou !

5. « Je vais éviter de transmettre mes angoisses liées au travail à mon compagnon » Elodie, 28 ans, commerciale

On dit que pour être épanoui dans son couple, il faut communiquer. Moi, je crois que je communique un peu trop… Mais remontons un peu le temps : quelques mois avant l’annonce du premier confinement, j’ai intégré une nouvelle entreprise. Avec la crise qui menaçait, ce poste était une aubaine. Mais en même temps, j’ai vite compris que je ne serai pas heureuse dans cette structure. Une situation difficile, surtout que je ne suis pas du genre à me forcer. Avec le confinement, j’ai troqué mes nouveaux collègues pour mon copain, et lui s’est retrouvé en tête à tête… avec mes angoisses de boulot. Est-ce que je dois rompre ma période d’essai en pleine pandémie ? Est-ce que je recherche un nouveau travail en même temps ? Ces questions tournaient en boucle dans ma tête et je comptais un peu (trop) sur mon compagnon pour m’aider, me réconforter et m’aiguiller. Ma détresse quotidienne commençait à l’envahir, à déteindre sur son moral, voire à le déranger pendant ses journées de travail. Mais il n’osait pas me contrarier en me disant stop. Forcément, notre vie de couple en a pris un sacré coup et j’ai mis du temps à m’en rendre compte.

En mai, j’ai finalement changé de travail et même si ma situation s’est améliorée, j’ai encore pas mal d’appréhensions et de frustrations. Mais cette fois-ci, je ne veux pas faire les mêmes erreurs : j’ai compris que je ne pouvais pas compter uniquement sur lui pour aller mieux et évoluer. À l’annonce du deuxième confinement, je lui ai demandé de me mettre des limites si mes problèmes de travail monopolisaient toutes nos discussions. J’ai décidé de caler des moments dédiés pour lui demander conseil. Cela me permet de prendre un peu de recul avant de me confier et laisse aussi plus de place aux bons moments. On est bien partis pour faire de ce moment à deux une lune de miel.

Travailler moins, arrêter de fliquer son équipe lorsqu’on est manager, reprendre du plaisir dans ses missions… La liste des résolutions possibles pour ce nouveau confinement pourrait être bien plus longue, mais on espère surtout qu’elles tiendront plus longtemps que celles du nouvel an. Mais gardez en tête que la période que nous traversons est difficile, alors ménagez-vous !

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Photo d’illustration by WTTJ

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