Quels rituels allons-nous garder du télétravail forcé et confiné ? Témoignages

Coronavirus : que garder des rituels de travail en confinement ?

Chaque entreprise a ses petits rituels impulsés par le management ou par les salariés eux-mêmes. Généralement, ils se vivent en groupe, entre collègues proches et parfois même seul devant son poste de travail. Ces derniers mois pour s’adapter au confinement et au 100% télétravail, les pauses café de 10 heures, les déjeuners chez l’italien du mardi ou encore le jogging du jeudi midi… toutes ces petites choses qui participent à notre bien-être au travail ont dû se réinventer. Et bien souvent, de nouvelles habitudes ont fait leur nid. Mais qu’en sera-t-il une fois tout le monde de retour au bureau ?

Pauses inspirantes, séances de sport déguisées, siestes sans frontières… tour d’horizon des nouveaux rituels testés et adoptés pendant le confinement, et qui devraient y survivre.

Des espaces de bonne humeur partagés

Le lieu dédié aux « mercis »

Combien d’outils collaboratifs traînaient dans les limbes des serveurs des entreprises, sans trouver un réel écho ? Le télétravail imposé a été l’occasion de les (re)découvrir, mais surtout de leur donner un nouveau sens.

« Nous avons utilisé une fonctionnalité de notre intranet qui permet de créer des sortes de groupes Facebook d’entreprise pour mettre en place ce que l’on appelle “l’espace des mercis”. Au départ, elle devait permettre de partager les accomplissements de la semaine. Petit à petit, on a commencé à l’utiliser pour souhaiter les anniversaires, partager les bons plans et les bonnes nouvelles (un prestataire en difficulté qui a trouvé de nouveaux leviers de croissance, une formation en ligne très intéressante découverte pendant la journée, etc). Résultat, je m’y connecte à chaque fois que j’ai un coup de mou ou que j’ai envie de prendre un shoot de bonne humeur », raconte Stéphanie, responsable projet web dans la grande distribution.

Le point d’actualité positive du vendredi

Entre les points Presse quotidiens du gouvernement annonçant le nombre de morts du Covid-19 et les prévisions économiques catastrophistes, difficile de garder la banane. Alors, certains ont eu la bonne idée de chercher des informations positives ailleurs.

« Depuis des années, un collaborateur était désigné chaque semaine pour sélectionner trois actualités sur notre secteur d’activité, le e-commerce. Il devait également nominer le curateur de la semaine suivante. Pendant le confinement, on a transformé cette pratique : le curateur devait trouver trois bonnes nouvelles, non liées au Coronavirus. Depuis la reprise, on a décidé de garder ces deux chaînes d’e-mail. Et ça fait du bien », confie Christophe, consultant dans le digital.

De nouvelles activités pour (re)découvrir ses collègues

Les instants créatifs

Pour certains, le confinement a aussi été l’occasion de montrer sa fibre artistique (parfois complètement insoupçonnée) à son équipe. Sortez vos feutres colorés et votre pâte à sel, c’est le moment de faire parler le saltimbanque qui est en vous !

« J’ai lu un bouquin très intéressant sur l’art-thérapie il y a quelques mois. J’ai décidé de le traduire en une série d’ateliers autour de la “confiance en soi” que nous pourrions proposer à nos clients, s’enthousiasme Amélie, co-fondatrice d’une start-up dans la formation. Cultiver l’estime de soi, découvrir ses potentialités, dessiner son arbre des aptitudes… j’ai proposé à l’équipe de les faire avec moi. Je leur ai fait livrer du matériel et on s’est lancé dans des séances de pâte à sel, de dessin, de coloriage… c’était très sympa de tester une activité décalée ensemble ! Une fois de retour au bureau, je pense que l’on va continuer à travailler notre créativité ensemble, peut-être une fois par mois, en faisant intervenir des personnes extérieures. Pourquoi ne pas tester la poterie, la danse, le théâtre d’impro ? »

Les séances de sport funky

On ne compte plus les séances de torture… pardon, de sport… organisées entre amis ou collègues pendant le confinement. Une bonne habitude à garder ? On dirait bien.

« Chaque semaine et à tour de rôle, on a proposé à un membre de l’équipe d’organiser une séance de sport originale, explique Florent, cofondateur d’une start-up dans la formation. Et les gens se sont lâchés ! On a eu droit à une séance de “sport-ménager” : ma compagne a maintenant des vidéos de moi en train de faire des fentes avant avec des serpillères sous les pieds et des squats devant les vitres, un torchon à la main. Un collègue a même organisé une séance d’aérobic en mode années 80, où on a tous sorti des collants, t-shirt flashy et bodys. Non seulement on a beaucoup rigolé, mais on a aussi profité de ce moment pour inviter des personnes de notre réseau à nous rejoindre : freelances, prestataires, conjoints et même amis… Je pense qu’on va garder l’idée, et toujours à distance, justement parce que cela permet aux personnes qui ne travaillent pas directement dans nos bureaux de partager un moment avec nous. »

En solo, des habitudes de vie plus saines

Les pauses podcast

Jusqu’à présent, la pause-café (ou café-clope) figurait en tête des incontournables d’une journée de travail réussie. Sans ça, comment serait-on au courant de tous les potins de l’équipe communication ? Alors pour remplacer ce rendez-vous, il a fallu trouver des solutions. Et si certains ont décidé de les transformer en “e-café-clopes”, d’autres ont choisi des alternatives plus originales :

« J’ai eu la brillante idée d’arrêter de fumer quelques jours avant le confinement. Autant dire que le début du confinement a mis mes nerfs à rude épreuve. Alors, j’ai décidé de les remplacer par des “pauses clope-cast” : concrètement, je prends 10 minutes pour écouter des chroniques d’humoristes de France Inter, ou des formats du type “Se coucher moins bête”, raconte Gabrielle, responsable marketing dans une start-up. Au final ça me détend, ça m’aère l’esprit. Je ne sais pas si j’arriverai à convaincre mes anciens collègues fumeurs de faire des clopes-casts en groupe, mais ça pourrait être sympa. »

Vivre sa passion sur la pause déjeuner

Marathoniens, amateurs de dessin, bricoleurs du dimanche… ont pour la plupart été enchantés de découvrir que leur emploi du temps pouvait être un peu plus flexible qu’en temps ordinaires. Pour certains, cela a même été l’occasion de vivre leur passion au grand jour.

« J’ai brisé quelques fois les règles du confinement pour aller surfer le matin avant de télétravailler. Après tout, c’est une utilisation dynamique de la plage et de la mer, non ? En tous cas, je me rends compte à quel point cela me donne de l’énergie pour le reste de la journée. Aujourd’hui, j’ai abordé le sujet avec mes chefs. Je vais sans doute décaler un peu mes horaires - deux fois par semaine maximum - pour garder cette habitude dès la rentrée de septembre ! », assure Marc, ingénieur en aéronautique sur la côte basque.

Manger mieux et différemment

Le sandwich avalé à la va-vite devant votre bureau et son lot de miettes dans le clavier qui fait bondir l’équipe tech, c’est bientôt terminé ? Pour certains, le confinement a été l’occasion de prendre de bien meilleures habitudes alimentaires.

« Je travaille dans le centre de Paris, cela fait des années que je mange à l’extérieur chaque midi. Il faut dire que les tickets-resto nous y incitent beaucoup. Ma nouvelle bedaine du trentenaire parle pour moi, confie Adrien, consultant dans un cabinet d’audit. Pendant le confinement, non seulement j’ai fait plus de sport, mais j’ai aussi décidé de cuisiner des plats plus sains. Je fais également une semaine de jeûne intermittent (ndlr : alternance entre des périodes de jeûne et d’alimentation normale dans la même journée) par mois. Résultat, j’ai perdu 4 kg le premier mois et je me sens beaucoup plus en forme. Pour le moment, je n’ai pas prévu d’arrêter ! »

La sieste du midi

Et si nos compatriotes méditerranéens avaient tout compris avant tout le monde ? Alors que le sujet de la sieste est de moins en moins un tabou, en pratique c’est toujours compliqué…

« On a une méridienne dans une salle de réunion au bureau. Avant le confinement, il m’arrivait, de façon très occasionnelle - en lendemain de soirée essentiellement - de faire la sieste au bureau. Mais j’ai toujours trouvé cela un peu gênant d’être surpris par un collègue, la bouche ouverte et la bave aux lèvres. En télétravail, j’ai fait des siestes de 15-20 minutes tous les midis après le déjeuner et je me suis senti vraiment plus en forme pour travailler l’après-midi. Je sais que je ne suis pas le seul dans le cas dans la boîte. Alors, on va essayer de rendre notre espace de sieste plus “intime”. Peut-être en mettant simplement un paravent devant, et un panneau qui indiquerait quand la place est libre ou occupée. En tous cas, c’est une bonne habitude que j’ai bien l’intention de garder », partage Antoine, comptable, en baillant.

Alors, ces nouvelles habitudes vont-elles rester ou bien subir le même enthousiasme, très provisoire, des bonnes résolutions du nouvel an ? Et vous, quels nouveaux rituels avez-vous mis en place ?

En bonus :

  • Le e-yoga (Charlotte)
  • Les visio “ouvertes” pour simuler la machine à café (Victoria)
  • “Lunch game” (vu en ligne)
  • Déjeuner à distance avec amis de la vie perso, qui vivent loin (Anaïs et Mélodie)
  • Nouvelle manière d’organiser la journée : productivité le matin, réunions l’après-midi (Florent)
  • Le langage des signes pour organiser la prise de parole en réunion (Florent)
  • Les sessions de jeux multijoueurs (vu en ligne)

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Photo by WTTJ

Marlène Moreira

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