Welcome to the Jungle - Logo

Comment vaincre le manque de confiance en soi au travail ?

  • February 13, 2020

Qui ne s’est jamais dit : « je n’y arriverai jamais ! » ou « je suis nul de toute façon » ? Pratiquement personne et c’est tout à fait normal. Rares sont ceux qui ne se sont pas un jour dévalorisé, dénigré voire auto-flagellé… Et malheureusement, au travail, ce manque de confiance en soi peut être un véritable frein pour se valoriser et saisir des opportunités intéressantes. Alors quelles sont les racines de ce manque de confiance ? Et quels sont les outils pour lutter contre au boulot ?

Aux origines du manque de confiance en soi

D’après le psychiatre Frédéric Fanget et auteur du livre OSER : thérapie de la confiance en soi, « la confiance en soi est bien plus qu’un simple rouage de notre fonctionnement mental : elle est au coeur d’une pyramide qui repose, à la base, sur l’estime de soi - acquise dès notre plus jeune âge - et qui s’extériorise, au sommet, par l’affirmation de soi. C’est donc un élément fondamental de notre personnalité. Si elle vient à manquer, alors survient la souffrance. » La confiance en soi est donc liée à l’image que l’on se fait de soi comme étant plus ou moins compétent pour réagir face à une situation. Elle est ainsi liée aux croyances ou préjugés que l’on a envers soi-même. Malheureusement ceux-ci ne sont pas toujours fondés et peuvent freiner notre épanouissement personnel.

Ces croyances s’enracinent dans nos expériences passées (notamment nos échecs) mais aussi en fonction de la façon dont notre entourage (parents, professeurs…) et nous-même pouvaient réagir à celles-ci. Par exemple, une mauvaise note déclenchait-elle des remarques du type : « tu me déçois beaucoup » ou bien était-elle reçue comme un point sur lequel vous pouviez travailler pour vous améliorer ? En effet, des remarques dévalorisantes sur nos compétences tels que « tu n’es pas bon à ça » ou « tu n’y arriveras jamais », participent à la construction desdites croyances. Elles infusent et sont susceptibles de faire naître des discours envers soi-même tout sauf péjoratifs : « je ne suis pas capable de… » ou « je peux et dois toujours faire mieux » ou encore « j’ai besoin qu’on m’aime »… Ces verbalisations du manque de confiance en soi affectent alors notre capacité à pouvoir nous réaliser.

Si le manque de confiance peut être exacerbé dans une sphère bien précise comme la vie professionnelle, il est toutefois rare qu’il ne se manifeste que dans un champ de la vie restreint. En effet, les personnes souffrant d’un manque de confiance en soi connaissent en général des difficultés bien plus globales. C’est notamment le cas de Caroline, 28 ans, chef de projet qui a accepté de témoigner pour notre article : « mon manque de confiance en soi n’est pas uniquement au travail, j’ai remarqué que cette problématique pouvait se manifester dans plein de domaines de ma vie. »

Le manque de confiance en soi : quelles conséquences ?

Le manque de confiance en soi entraîne des émotions dites négatives. Il peut s’agir de la peur (peur de l’échec ou de ne pas être aimé, par exemple), de la culpabilité (penser que l’on est toujours responsable quand les choses ne se passent pas comme on l’aurait souhaité), de la honte ou encore d’un sentiment d’exclusion. Ces émotions provoquent à leur tour des pensées négatives telles que « je suis nul de toute façon » ou « j’ai encore raté ». Et ces pensées vont à leur tour influencer notre comportement. Si, par exemple, on ressent de la peur, on tend à adopter un comportement de défense, comme celui de chercher à tout prévoir dans les moindres détails et d’éliminer au maximum l’imprévu de son quotidien…

Quel impact dans la vie professionnelle ?

Au travail, le manque de confiance en soi peut provoquer les échecs répétés ou une mise à l’écart qui peuvent, eux-mêmes, freiner l’évolution professionnelle. En effet, si l’on peine à se penser apte à travailler sur des nouveaux sujets et à prendre de nouvelles responsabilités, il est fort probable que nous évoluions moins vite et moins loin. C’est ce qu’a vécu Caroline sans son job précédent : « À chaque opportunité que j’aurais pu saisir, sur lesquelles j’aurais pu me positionner, je me disais que c’était trop difficile pour moi et, spontanément, je ne me proposais pas pour les gérer. Au cours de ma première évaluation annuelle, ma manager m’a tout de suite fait une réflexion sur mon manque de confiance en moi. Elle m’a dit qu’on sentait que je n’osais pas assez, que je devais prendre plus de risques et m’exposer davantage. C’est là que je me suis rendue compte que si j’avais eu plus confiance en moi, j’aurais pu faire plus de choses. Tout ça me limitait dans mon évolution. »

Le manque de confiance en soi cause aussi souvent un sentiment de frustration, voire de colère car il nous empêche de faire ce que l’on pourrait ou aimerait faire. C’est un vrai cercle vicieux : l’accumulation d’échecs engendrée par ce manque d’assurance ne fait bien souvent qu’accroître et nourrir cette blessure. Car la confiance en soi est un processus en lien étroit avec la peur de l’échec. Ne pas agir, pour tenter d’éviter un supposé échec, intensifie l’appréhension face à celui-ci mais empêche également de connaître d’éventuelles réussites qui nous permettent de reprendre confiance en soi. Ainsi, plus on évite un sujet ou une situation, plus nous le percevons comme un danger car il nous est inconnu…

Ainsi dans le milieu professionnel, si l’on manque de confiance en soi, on risque d’adopter un comportement d’évitement et de contourne certaines situations telles que prendre la parole en public, gérer un dossier délicat, proposer un projet qui nous tient à cœur, ou défendre notre opinion. Le manque de confiance en soi nous freine et ce notamment lors d’un processus de recrutement, lorsqu’il est question de “se vendre”. Il nous prive de sortir de notre zone de confort, et par là même, d’accepter les nouvelles opportunités qui nous sont proposées.

Comment “guérir” d’un manque de confiance en soi ?

La bonne nouvelle, c’est que le manque de confiance en soi n’est pas un état de fait immuable mais bien une dimension de notre personnalité sur laquelle il est possible de travailler. Pour effectuer ce travail sur soi, le coaching ou la psychothérapie peuvent être d’une grande aide. Il existe autrement des exercices pour nous aider, pas à pas, à retrouver confiance en nous… En voici quelques-uns.

1. (Re)apprendre à se parler plus positivement

Comme évoqué, les croyances ou préjugés que l’on a sur nous-même sont au centre de tout ce processus de dévalorisation, elles nous maintiennent dans un climat constant d’insatisfaction personnelle. Il faut alors (ré)apprendre à tenir un discours plus positif et plus bienveillant envers nous-même. On peut par exemple commencer par arrêter de se dénigrer dès que l’on a un comportement qui ne nous satisfait pas. Quand on dit par réflexe : « Comme je suis bête ! » ou encore « Je suis nul(le) à ça de toute façon » il faut se reprendre et rendre son discours plus positif. Ce qui peut aider, c’est d’imaginer un proche se dévaloriser de cette manière devant nous. Généralement, on l’aide à relativiser et on lui interdit de se dénigrer, non ? Et bien, il faut faire le même travail sur nous-même. En général, on a tendance à être bienveillant pour les autres mais moins pour soi.

2. Accepter ses points forts et reconnaître honnêtement ses points faibles

Parce que nul n’a besoin d’être parfait pour être aimé ou avoir de la valeur, il est nécessaire d’apprendre à mieux se connaître.Faire le bilan de ses ressources autant que de ses limites permet de consolider ou de reconstruire sa confiance en soi. On peut alors faire la liste de nos atouts et de nos faiblesses en essayant d’être le plus objectif possible. Ce qui peut aider aussi c’est de noter les remarques positives que les gens nous adressent. Parce que quand on manque de confiance en soi, on a tendance à ne retenir que les choses négatives et à évacuer tous les compliments que l’on formule à notre égard. Les noter aide à les intégrer et à nuancer une opinion négative.

3. Prendre le temps de revisiter les succès passés

Bien souvent lorsque que l’on manque de confiance en soi, on a du mal à prendre en compte nos réussites passées. Ainsi, on doute constamment de nos compétences. Faire le point sur celles-ci permet de réaliser que, par le passé, nous avons été capable de mobiliser des ressources qui, à l’époque, nous paraissaient insoupçonnées. Dresser le bilan de tout ce que l’on a fait durant les derniers mois peut être un exercice intéressant. Cela permet de se rendre compte de tout ce que l’on a entrepris avec succès mais qu’on a pourtant tendance à oublier ou minimiser. Le mieux est d’y corréler des chiffres, comme par exemple : « j’ai réussi à atteindre mon objectif de nouvelles embauches sur les trois derniers mois : 6 profils de maîtrise d’oeuvre, 4 de chef de projet, etc. » Pour Caroline, ce sont les points bimensuels avec sa manager qui lui ont permis de se rendre compte de tout ce qu’elle parvenait à réaliser et les sujets sur lesquels elle apportait véritablement une valeur ajoutée : « Grâce à nos points, je me suis rendue compte que je réalisais en fait beaucoup de choses. Faire le bilan me permet vraiment de voir ma progression et mes réalisations et de prendre un peu plus confiance en moi. »

4. Renforcer ses compétences

« Prends un ou deux sujets qui t’intéressent et lis, investis de ton temps et de ta personne, renseigne-toi sur ces sujets. Oui, tu ne sauras pas tout mais tu monteras en expertise », voici que sa manager a conseillé à Caroline : « Grâce à ce conseil, je me donnais les moyens de devenir experte de certains sujets et de me rendre compte que c’était plus facile d’avoir confiance en moi et d’en parler. »
En effet, travailler à renforcer ses compétences participe à se sentir plus en confiance, puisque cela vient démonter notre sentiment d’être incapable.

5. En parler et se faire aider

Parler de ses difficultés peut paraître souvent compliqué car cela peut nous donner l’impression de se rendre vulnérable. Mais parler et engager un travail sur soi avec un professionnel (psychologue, psychothérapeute ou coach) peut nous aider à déconstruire nos croyances et à dépasser ce manque de confiance en nous. D’ailleurs, un management bienveillant peut être un vrai soutien pour construire ou reconstruire sa confiance en soi au travail…

La confiance en soi, notamment au travail, est un sujet qui nous concerne tous à un moment de nos vies. Si on peut l’expérimenter après un échec professionnel, un licenciement ou une période de chômage, elle peut aussi nous toucher au quotidien, et ce sans motif apparent. La confiance en soi revêt aussi une impression plus globale de n’être jamais tout à fait à la hauteur et ce dans toutes les sphères de notre vie. Cependant, ce processus n’est pas une fatalité et il est toujours possible de travailler à (re)gagner sa confiance en soi. Pour Caroline, notre interviewée, cette expérience au sein de son entreprise lui a permis de travailler sa confiance en soi au travail et d’enfin se lancer dans un projet en auto-entrepreneur pour « travailler dans quelque chose qui me parlait, qui avait plus de sens pour moi. Et finalement, c’est aussi mon expérience dans ma boîte et mes questionnements sur ma capacité à faire des choses qui m’a permis de me lancer. » Alors, comme Caroline, osez croire en vous, il n’est jamais trop tard !

Suivez Welcome to the Jungle sur Facebook pour recevoir chaque jour nos meilleurs articles dans votre timeline !

Photo d’illustration by WTTJ

Elsa Andron

Psychologue du travail et psychologue clinicienne
  • Ajouter aux favoris
  • Partager sur Twitter
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Linkedin

Pour aller plus loin

Les derniers articles

Suivez-nous!

Chaque semaine dans votre boite mail, un condensé de conseils et de nouvelles entreprises qui recrutent.

Et sur nos réseaux sociaux :