Palmarès et analyse des questions les plus insolites posées en entretien

10 juin 2020

6min

Palmarès et analyse des questions les plus insolites posées en entretien
auteur.e
Marlène Moreira

Journaliste indépendante.

« Quel animal me mettriez-vous sur la tête ? », « Vous préféreriez être un radis ou un artichaut ? », « Que feriez-vous si vous étiez enfermé dans un piano ? ». Non, ces questions ne viennent pas d’un jeu à boire, mais bien d’entretiens d’embauche animés par des recruteurs un peu loufoques ou provocateurs.

Et oui ! Les entretiens réservent parfois quelques surprises, que même la plus studieuse des préparations permet difficilement d’anticiper ! Si ces situations restent rares, elles n’arrivent pourtant pas qu’aux autres. Mais pas de panique : au mieux, vous trouverez une réponse adéquate, au pire, vous aurez une bonne histoire à raconter.

Qu’attendent les recruteurs en posant ces questions ? Comment leur répondre ? On essaie de vous donner des pistes en étudiant quelques cas d’école.

Quand le recruteur cherche à tester vos soft skills

« Dessine-moi la maison de mes rêves. » C’est la dernière question posée par le co-fondateur d’une start-up française à Marina, qui postulait comme Office Manager. « J’ai été prise au dépourvu. Il m’a tendu un feutre, m’a montré un tableau blanc, et je me suis lancée. J’ai commencé à dessiner une longue allée, bordée d’arbres et de spots lumineux. Puis une jolie maison, remplie de personnages aux visages souriants. Je me suis retournée, plutôt satisfaite, et il a rapidement cassé mon enthousiasme. Il m’a expliqué qu’il était très sensible à la lumière, allergique au pollen et qu’il aimait être au calme quand il rentrait chez lui. Aïe ! J’ai compris que j’étais tombée dans le piège : j’ai dessiné la maison de MES rêves à moi, sans l’interroger sur ses envies à lui. »

« Dessine-moi la maison de mes rêves. »

Les recruteurs utilisent régulièrement des moyens détournés pour tester vos compétences pratiques et vos soft skills. C’est une manière de comprendre votre manière de faire, de raisonner, en vous empêchant de donner des réponses formatées. Dans ces situations, n’hésitez pas à demander des précisions sur la question ou l’exercice demandé. Votre recruteur se préoccupe moins du résultat que de la façon dont vous abordez le sujet, et votre cheminement pour apporter une réponse.

« Avec le recul, j’ai adoré cette expérience, analyse Marina. Même si j’ai fait une erreur, cet entretien m’a plus appris sur moi et sur l’importance de l’écoute que n’importe quel autre entretien. » Si, comme Marina, vous vous sentez en difficulté ou que vous avez l’impression d’avoir raté l’exercice, pas de panique. N’hésitez pas à formuler vos doutes auprès du recruteur : « Je sens que ce n’est pas réellement ce que vous attendiez, pouvez-vous m’expliquer ce que j’aurais pu ou dû faire différemment ? » Vous montrez ainsi que vous savez prendre du recul sur la situation, une qualité très précieuse en entreprise.

Quand le recruteur cherche à connaître votre personnalité

« J’étais en vacances d’été, quand une grande entreprise m’a recontactée pour me faire passer une série d’entretiens, rapporte Justine. Dès la première étape, j’ai compris que ce ne serait pas un recrutement comme les autres : « Si tu avais une baguette magique, tu commencerais par faire quoi pour changer le monde ? » Whaou, pas facile ! J’ai répondu que j’utiliserais ce pouvoir pour assembler des Lego en forme de maison et permettre à chacun d’avoir un toit. La recruteuse a acquiescé et m’a dit que c’était créatif. Ouf, première étape passée ! »

« Si tu avais une baguette magique, tu commencerais par faire quoi pour changer le monde ? »

Antoine, qui postulait en finance, a vécu une situation similaire : une fée t’offre une aptitude de ton choix, que lui demandes-tu ? « J’ai répondu que je souhaitais avoir la connaissance absolue. La recruteuse m’a envoyé sur les roses en m’indiquant que ce n’était pas une « aptitude », à proprement parler. Deuxième essai, j’ai proposé de pouvoir lire dans les pensées des gens. En expliquant en quoi ce serait pratique pour mon métier dans l’audit interne. Cette fois c’est passé, visiblement c’était une aptitude acceptable à ses yeux », s’amuse Antoine.

Parfois, un peu d’humour, plutôt qu’une réponse argumentée, peut vous permettre de vous tirer de la situation avec brio ! C’est l’option qu’a choisi Gatien, à la question « Quel animal seriez-vous ? ». « Je ne sais pas, mais en tout cas je ne serais pas un blaireau », rétorque-t-il à l’époque, alors qu’il candidate pour un poste de responsable marketing dans une jeune start-up. Un trait d’esprit qui fait rire les fondateurs et leur fait comprendre qu’il ne se laissera pas désarçonner par leurs questions.

De l’avis de Justine, Gatien et Antoine, ces questions offrent une nouvelle manière de se démarquer, ou se challenger. Et c’est bien leur objectif. Car les recruteurs savent que vous vous êtes préparé(e) aux questions classiques. Comme lors d’un premier dîner avec vos beaux-parents, vous vous êtes entraîné(e) à vous montrer sous votre meilleur jour. Alors pour juger de qui vous êtes réellement, ils sortent des sentiers battus.

Et heureusement, à ce type de question, pas vraiment de mauvaise réponse. À l’image de Gatien, et si cela vous semble cohérent avec la culture de l’entreprise (et votre interlocuteur), vous pouvez choisir l’humour. Pour certains postes, avoir de la répartie et un grain de folie est acceptable, voire attendu. Autre option : apporter une réponse réfléchie. Auquel cas, expliquez votre raisonnement, et pourquoi les maisons en Lego ou la faculté à lire dans les pensées serait intéressante à vos yeux.

Quand le recruteur est simplement « WTF ?! »

« J’ai fait des études dans la mode, raconte Camille. À l’époque, l’une de mes profs nous avait raconté que la Directrice de la Communication d’un jeune créateur avait refusé de l’embaucher car elle avait un signe astrologique visiblement « incompatible » avec le sien. Deux ans plus tard, j’ai moi-même postulé dans cette boîte. Je terminais l’entretien, qui s’était très bien passé, quand cette fameuse “Dir’ Com” est arrivée et m’a interpellée à la porte pour me demander mon signe astrologique. « Lion ? Très bien. Ce sont de fortes personnalités, mais j’arrive à travailler avec ce signe », m’a-t-elle répondu. J’ai été prise… mais j’ai préféré refuser. Elle ne m’inspirait clairement pas confiance pour la suite. »

« Seriez-vous heureux d’être une tomate ? »

« Seriez-vous heureux d’être une tomate ? », « Dans la vie, vous êtes plutôt Reine Elizabeth ou Johnny Hallyday ? » Si certaines questions ont pour objectif de vous provoquer et voir votre réaction, d’autres sont simplement le résultat d’un recruteur inexpérimenté, mauvais ou juste un peu déjanté (c’est souvent le cas des Capricorne ascendant Poisson, paraît-il). C’est rare, mais cela arrive. Quoi qu’il en soit, il est impossible de vous préparer à l’imprévisible. Alors faites un peu de langue de bois le temps de réfléchir à une réponse, et tentez quelque chose avec le sourire.

Quand le recruteur cherche à vous déstabiliser

« Après une phase de questions classiques sur mon parcours et mes expériences, la recruteuse a commencé à enchaîner des questions rapides et sans rapport entre elles, raconte Jeanne, qui candidatait à un poste de chargée de recrutement. Je me souviens de deux d’entre elles en particulier. « Quel est ton personnage politique préféré ? ». Ca m’avait choquée, parce que je sais que ce type de question est interdit en entretien. L’autre était encore pire, parce qu’elle m’obligeait à porter un jugement de valeur sur elle directement : « Je me marie bientôt et c’est mon EVJF ce week-end. À ton avis, quelles surprises vont me faire mes amies ? ». J’ai répondu honnêtement à la première, et botté en touche à la deuxième. On m’a proposé le poste par la suite, mais j’ai refusé car je n’ai pas du tout aimé ces pratiques. D’ailleurs aujourd’hui, je suis recruteuse moi-même et j’ai des méthodes d’entretiens complètement opposées à celles-ci. »

« Quel est ton personnage politique préféré ? »

Enchaîner les questions inattendues est parfois un moyen de vous déstabiliser et tester votre résistance au stress. Rassurez-vous, il est peu probable que vos réponses soient réellement analysées par le recruteur. Évitez cependant les réponses trop controversées. Contentez-vous de répondre calmement et avec le sourire. Si vous vous sentez à l’aise, vous pouvez même rentrer gentiment dans son jeu et répondre à ses questions loufoques par des réponses loufoques. Il comprendra alors que vous n’êtes pas dupe et que vous maîtrisez la situation.

Quand le recruteur devient intrusif

« Le recruteur avait une attitude étrange, il m’a très vite mise mal à l’aise, confie Maud, qui candidatait à un poste d’assistante RH. Il a commencé par me demander si j’avais des tatouages. J’étais abasourdie mais j’ai répondu positivement, puis il m’a fait une pseudo-morale sur le sujet. Et il ne s’est pas arrêté là, il a continué ses provocations : « Vous postulez à Paris car vous souhaitez rejoindre votre petit copain, c’est ça ? ». Avec le recul, je me dis que c’était peut-être un test… mais quoi qu’il arrive, j’avais 22 ans, c’était compliqué d’attendre de moi que je l’envoie bouler. Bref, je n’aime pas ce genre de pratique, je trouve ça abusif et hors de contexte. Ca m’a donné un très mauvais aperçu de la culture de la boîte. »

« Vous postulez à Paris car vous souhaitez rejoindre votre petit copain, c’est ça ? »

Il arrive que les questions deviennent trop personnelles, agressives, intrusives. Elles jouent généralement avec les limites, voire sont interdites. À vous de juger si vous souhaitez y répondre, mais rien ne vous y oblige et vous êtes en droit de le faire remarquer à votre recruteur. Quoi qu’il arrive, demandez-vous si vous êtes prêt(e) à travailler avec une personne comme celle-ci… ou dans une entreprise qui cautionne ces méthodes de recrutement.

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Photo d’illustration by WTTJ

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