Les 10 profils de recruteurs que l'on rencontre forcément en entretien

Les 10 profils de recruteurs que l'on rencontre en entretien

Parce qu’aujourd’hui, les CDI qui durent toute la vie, sont en voie d’extinction, il est très probable que vous cumuliez plusieurs emplois au cours de votre carrière. Et que, par conséquent, vous passiez beaucoup d’entretiens d’embauche. Et oui… Parce que cette étape est souvent redoutée des candidats, voici un petit listing des dix profils de recruteurs sur lesquels vous avez le plus de chances de tomber, assortis de quelques conseils pour les appréhender au mieux. Un candidat averti en vaut deux !

1. Le (trop) gentil

Facile à reconnaître, il vous accueille avec un petit café, vous fait quelques blagounettes et vous invite à prendre place dans le canapé de l’entrée. Il vous met à l’aise tout de suite et préfère vous parler de vos compétences en ping-pong plutôt que de votre dernière expérience pro’.

Comment réagir ? Ne vous y fiez pas trop. Sous ses airs débonnaires, il est probable qu’il essaie de vous jauger et d’évaluer si vous savez rester professionnel en toutes circonstances. Si vous vous montrez à la hauteur, vous aurez tout le temps de sympathiser plus tard, pour l’instant évitez de vous lancer dans des confidences, ne versez pas dans le tutoiement et rappelez-vous que vous n’êtes pas encore embauché.

Julie, 26 ans, business developer en témoigne : « Je suis arrivée pour passer mon entretien dans cette start-up en fin de journée, alors qu’ils étaient tous en pleine partie de baby-foot. J’ai dû attendre qu’ils finissent et c’est seulement après que nous sommes passés à l’entretien. Le manager ayant mon âge, j’ai plus eu l’impression de discuter avec un ami et j’avais plutôt eu un bon feeling, mais il semblerait que “ça ne l’ait pas fait”. À y réfléchir j’aurais peut-être dû être moins détendue, mais je me suis laissée porter par la bonne ambiance… »

2. Le silencieux

Assis en face de vous, ce type de recruteur est de ceux qui ne parlent presque pas et vous laissent dérouler votre CV, quitte à laisser parfois de grands blancs s’installer. S’il semble en apparence attentif à ce que vous dites, il est cependant difficile à cerner car il ne dévoile pas du tout son ressenti quant à ce que vous êtes en train de lui raconter. Pas un sourire, une moue, un hochement de tête, rien. Juste deux yeux rivés sur vous.

Comment réagir ? Surtout, ne vous laissez pas embarquer dans une diarrhée verbale pour tenter tant bien que mal de combler les blancs. Parlez de façon posée et assumez les temps de silence s’il y en a. Si vous sentez que vous avez épuisé tous les sujets que vous souhaitiez aborder sans susciter aucune réaction, n’hésitez pas à demander au recruteur s’il a des questions à vous poser. Et, qui sait, il finira peut-être par retrouver la parole !

Pauline, 26 ans, chef de projet digital raconte son expérience du recruteur silencieux : « C’était mon premier entretien pour un poste dans une agence de publicité assez réputée. Je m’étais justement mise en tête que j’allais tomber sur un volubile, et pas du tout ! Je me suis retrouvée en face de quelqu’un qui ne parlait presque pas, j’ai eu l’impression de passer un entretien face à un mur. Je me suis quand même efforcée de ne pas parler trop vite pour ne pas qu’il perçoive mon stress et ça a dû passer, puisque dès le lendemain, ils m’ont rappelée. »

3. Le duo légendaire : good cop/bad cop

Leurs caractéristiques principales ? Ils fonctionnent en duo et confondent visiblement les entretiens d’embauche avec les interrogatoires de Mindhunter (à ceci près que vous n’êtes pas en tueur en série. Enfin, normalement.) Si l’un semble plutôt bienveillant, l’autre a visiblement pour but de vous enfoncer et chacun s’en tient scrupuleusement à son rôle.

Comment réagir ? Répondez de façon égale à l’un comme à l’autre et ne vous adressez pas
exclusivement au plus sympa. Contrez les attaques gentiment mais fermement et montrez que leur petit manège ne vous impressionne pas.

Arthur, 28 ans, data scientist explique comment il a fait face à ce duo en entretien : « C’était plutôt risible tant c’était calculé. Alors que la RH était avenante, le responsable opérationnel ne cessait de lui couper la parole pour me poser des questions de façon très agressive. C’était un peu déstabilisant au début, mais j’ai fait comme si de rien n’était et j’ai poursuivi en prenant soin de bien regarder les deux bien en face. »

4. L’expéditif

L’expéditif n’a pas le temps. Il tient d’ailleurs à vous le faire savoir d’emblée : que ce soit parce qu’il enchaîne les entretiens ou qu’il [cumule plusieurs fonctions] (https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/travail-independant-jobbing), il n’a bien souvent « que quelques minutes à vous accorder. »

Comment réagir ? Allez à l’essentiel puisque c’est ce qu’il attend. Mettez en avant les compétences qui vous rendent légitime pour ce poste, ne parlez que des expériences significatives de votre CV et terminez par une ou deux questions sur le job pour montrer que vous vous êtes intéressé à votre potentiel futur emploi. Droit au but, donc.

Alice, 29 ans, chef de publicité nous raconte : « J’ai été reçu par le directeur commercial, qui enchaînait les rendez-vous. L’entretien n’a duré qu’une quinzaine de minutes tout au plus et j’ai parlé tout de suite de mes motivations pour le poste, de ce que j’en avais compris et de pourquoi je pensais être la bonne personne. Heureusement que j’avais préparé un minimum, parce qu’il n’y avait clairement pas de place pour l’improvisation ! »

5. Le minutieux

Exact opposé de l’expéditif, le minutieux aime prendre son temps et ne laisse rien au hasard. Il détaille votre CV ligne par ligne, quitte à remonter jusqu’au lycée et attend de vous que vous lui parliez de votre parcours dans les moindres détails.

Comment réagir ? Ne surtout pas montrer de signes d’impatience. Oui, deux heures d’entretien, c’est long. Et non, le fait que vous ayez fait option basketball en terminale n’est peut-être pas le plus pertinent dans votre CV. Mais voyez le positif, au moins ce recruteur cherche à vous connaître et s’intéresse à votre parcours. Avec un peu de chance, vous pourriez vous trouver une passion commune… Bref, en entretien avec le minutieux vous avez donc toutes les cartes en mains (et le temps !) pour lui montrer ce qui vous anime et en quoi vous êtes le bon candidat pour le poste, profitez-en !

Anaïs, 30 ans, assistante d’édition témoigne : « Mon entretien dans cette grande maison a non seulement duré deux heures, mais il a ensuite été suivi de deux autres entretiens… J’étais complètement rincée, mais j’ai essayé de rester concentrée et souriante jusqu’à la fin car je voulais vraiment ce poste, et puis, je sais que les places sont chères dans ce domaine… Et j’ai bien fait, puisque ça a marché ! »

6. Le débordé

Alors lui, il est facilement identifiable : souvent en retard, il a oublié votre prénom, a perdu votre CV et n’a bien sûr pas du tout eu le temps d’étudier le moindre élément concernant votre parcours.

Comment réagir ? Surtout ne le prenez pas personnellement. À vous de lui montrer pourquoi vous êtes là, en opposant à son côté désorganisé un côté rationnel et serein. Rappelez-lui qui vous êtes et reprenez méthodologiquement les points les plus significatifs de votre CV, sans vous laisser atteindre par son stress ni sa mauvaise organisation (qui peuvent être contagieux ou déstabilisants.)

Benjamin, 27 ans, développeur UX raconte : « Je suis tombé avec quelqu’un de visiblement très désorganisé, il n’arrêtait pas de farfouiller dans ses papiers, s’était carrément trompé de CV… Au début ça m’a un peu déstabilisé mais je me suis repris et je lui ai repitché mon parcours rapidement. Je ne pense pas que c’était voulu et, au final, je préfère ça qu’avoir affaire à quelqu’un avec qui tout est très calculé. »

7. Le stressé

Très anxieux, il a un débit de mitraillette, ne tient pas en place sur sa chaise et vous bombarde de questions. Angoissé, il a avant tout besoin d’être rassuré et de sentir qu’il peut compter sur vous.

Comment réagir ? Ne vous laissez pas contaminer par le stress qui émane de lui, et, au contraire, montrez-lui que vous êtes quelqu’un de réfléchi et posé. Parlez calmement, mettez en avant les responsabilités que l’on a pu vous confier par le passé et montrez-lui que vous savez travailler de façon autonome et responsable.

L’expérience de Julien, 28 ans, marketing manager en témoigne: « Dès que je suis entré dans la pièce, j’ai senti que le responsable marketing qui me faisait passer l’entretien était super tendu. Il parlait à toute vitesse, écoutait à peine mes réponses, et revenait en boucle sur le fait qu’il avait besoin de déléguer. Je comprends car je suis moi-même passé par une société où la pression était très forte et, effectivement, c’est important d’avoir quelqu’un sur qui compter. Je suis donc resté calme et j’ai essayé de lui montrer que j’étais à même de l’épauler, ne serait-ce que par mon attitude corporelle : en me tenant droit, en ayant des gestes mesurés, une voix posée… »

Le dominant

Qu’il joue un rôle ou qu’il aime naturellement avoir le dessus, une chose est sûre : c’est lui qui mène la danse. Avec des questions assez agressives, des mises en situation un peu abruptes, voire même de légères provocations, ce profil de recruteur a souvent pour objectif de vous pousser dans vos retranchements pour observer comment vous vous comportez en situation difficile.

Comment réagir ? Certes ce n’est jamais agréable d’être bousculé en entretien. Mais efforcez- vous de ne pas vous laisser atteindre et d’avoir du répondant. Le recruteur fait exprès de prendre une position opposée à la vôtre ? Affirmez-vous et expliquez pourquoi vous pensez de telle ou telle façon. N’hésitez pas à argumenter vos dires et ne vous laissez pas déstabiliser par son ton. Car n’oubliez pas : si vous êtes là, c’est parce que votre CV lui a tapé dans l’œil, vous avez donc toutes vos chances sur ce poste !

Margaux, 27 ans, responsable communication a fait l’expérience du “dominant” : « Il y a quelques années, je suis tombée sur une responsable RH vraiment spéciale… Chacune de ses questions était posée de façon extrêmement agressive, à croire qu’elle m’en voulait personnellement. Je me souviens avoir été complètement déstabilisée par son attitude et m’être retrouvée à bafouiller, alors que cela ne me ressemble pas du tout ! Au final je n’avais pas eu le poste, mais sachant que j’aurais dû travailler en direct avec elle, je me dis avec le recul que ce n’est sans doute pas plus mal… »

Le créatif

Il entre dans la pièce comme sur une scène de théâtre. Avec panache. Débordant d’imagination, il a plein d’idées pour rendre l’entretien plus ludique, quitte à s’éloigner parfois du sujet. Questions inattendues, mises en situation parfois déroutantes… Passer un entretien avec lui peut se révéler être un véritable challenge, ou un vrai bon moment d’échange. Mais une chose est sûr, vous vous en souviendrez.

Comment réagir ? À questions originales, réponses originales. Entrez dans son jeu, montrez- lui que vous savez vous adapter et que vous ne vous laissez pas déstabiliser par la tournure peu commune de l’entretien. Mettez en avant les situations personnelles ou professionnelles lors desquelles vous avez pu faire preuve de créativité et essayez d’adopter un point de vue original sur les problématiques soulevées.

Maxence, 26 ans, graphiste explique : « Le manager avec qui j’ai passé mon entretien a assez peu parlé de mon CV et m’a tout de suite posé des questions un peu inattendues, du type “qu’est-ce que tu ferais si tu n’avais plus que deux mois à vivre ?”, “Quelle boîte aurais-tu rêvé de monter ?” et même “Que penses-tu de Mark Zuckerberg ?” C’était un peu perturbant parce que l’on n’a presque pas abordé mon parcours, mais bon, j’imagine que c’était une façon d’évaluer ma créativité ! »

Le bienveillant

Bonne nouvelle, il existe aussi des recruteurs qui ne sont pas là pour vous challenger ou vous mettre mal à l’aise, mais juste pour vous aider à trouver le poste qui vous correspond le mieux. Oui, on sait, c’est émouvant. C’est le cas du bienveillant, qui est à l’écoute de vos besoins et de vos attentes, et qui cherche avant tout à avoir un véritable échange avec vous pour comprendre qui vous êtes.

Comment réagir ? Profitez d’être en face de ce type de recruteur pour vraiment lui exposer vos motivations, ce qui vous a plu dans la fiche de poste et comment vous vous projetez dans l’entreprise. N’hésitez pas aussi à lui poser des questions si certains points restent obscurs. Attention toutefois à ne pas vous laisser aller à trop dévoiler vos failles ou à vous rabaisser. Aussi bienveillant soit-il, il est avant tout là pour repérer en vous un potentiel futur talent, pas pour jouer au psy.

Laure, 27 ans, rédactrice web témoigne : « La responsable RH à qui j’ai eu affaire en entretien était top : elle cherchait vraiment à comprendre qui j’étais, pourquoi j’étais intéressée par le poste et ce que j’attendais de ce boulot. Nous avons eu une vraie conversation, sans questions “pièges” ou pré-établies. Un entretien comme j’aimerais en passer plus souvent ! »

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Photo d’illustration by WTTJ

Coline de Silans

Journaliste indépendante

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