Première journée de travail absurde : ils nous racontent comment tout a déraillé

Premier jour de travail : quand rien ne se passe comme prévu

Dans l’idéal, notre première journée dans un nouveau travail devrait se passer comme sur des roulettes. Notre manager devrait nous présenter l’équipe, nous donner le temps de nous habituer à nos environs et nous orienter. Pourtant, il arrive que cela ne se passe pas toujours comme prévu. Malentendus, déceptions, situations inconfortables… Bien des éléments peuvent venir gâcher votre premier jour. Alors pour marquer la rentrée, voici cinq histoires de premières journées… totalement absurdes.

Snobé par une snob - Milan, 22 ans

C’est mon premier service dans le département évènementiel d’un grand hôtel de luxe. Voulant faire le fier, je me porte tout de suite volontaire pour enchaîner deux services, autrement dit : 14 heures de boulot.

Je débute par un déjeuner privé pour les compagnes d’une vingtaine d’oligarques russes richissimes. C’est un repas en huit plats. Pendant que les invitées mangent, des mannequins défilent autour de la gigantesque table, vêtues de longs manteaux en fourrure. Une fois le déjeuner “terminé” (elles ont à peine touché à leurs plats…), vient le moment du dessert. Celui-ci consiste à offrir des canapés et des petits mets délicats aux clientes pendant que celles-ci essayent des manteaux en fourrure sur le balcon de l’hôtel. C’est donc la première fois que je dois interagir directement avec ce genre de clientèle.

Jusqu’ici je n’ai fait que porter les assiettes à table. Je me balade donc un peu nerveux en me dirigeant vers la première cliente pour lui offrir un brownie ultra raffiné. Je lui en propose un, gentiment, et là, elle me regarde droit dans les yeux, me scrute de haut en bas, puis fixe le brownie avant de redresser les yeux et de me lancer un très élégant : « Fuck off. » Ne sachant pas vraiment comment réagir, je lui fait juste un grand sourire en lui répondant bêtement « Pas de problème. » Je me réfugie ensuite dans un coin de la cuisine en me demandant ce que j’ai fait de mal… quand je réalise que n’avais rien fait, que c’est une idiote. Du coup j’ai mangé son brownie. Il était incroyable.

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L’art de s’en foutre : ils arrivent à se détacher totalement de leur travail…

Skatepark, bières et commotions - Zuzanna, 30 ans

Je commence à travailler dans un skatepark qui fait aussi office de bar. Je sais, ça peut paraître dangereux au premier abord, mais la plupart du temps ça se passe très bien, les skateurs attendent souvent d’avoir fini leurs acrobaties avant de commencer à boire des coups. Mon travail là-bas consiste à m’assurer que les skateurs payent leurs entrées, à servir des bières ainsi qu’à surveiller que tout se passe bien.

Le premier jour, alors que je suis aux tireuses, un type s’approche du bar tout en tenant son pouce. Il s’est déboité le haut du pouce en faisant du skate et c’est vraiment bizarre à voir. Il demande si quelqu’un peut le remettre en place. Heureusement un type l’aide. Maintenant, il faut juste mettre de la glace. Je lui donne donc des glaçons, mais dès qu’il les pose sur son pouce, son regard vacille et il tombe en se cognant très fort la tête sur le sol en ciment. C’est mon premier jour et je crois bien qu’un type vient de mourir devant moi.

Il passe trois minutes en PLS avant d’enfin se réveiller puis dix minutes à essayer de nous convaincre que tout va bien et qu’il peut se lever alors qu’il ne sait ni qui il est, ni où il est. Nous finissons par appeler une ambulance qui n’a pas hésité à l’embarquer À part cet incident, il n’y a pratiquement plus eu de problèmes. Intense comme première journée….

On m’a pris pour le fils du patron - Manuel, 28 ans

Alors que je suis âgé de 20 ans, j’occupe mon premier job saisonnier dans la grande distribution. Je suis chargé de la mise en rayon pendant les deux mois de vacances d’été. Lors de mon arrivée le premier jour, je retrouve mon manager, celui qui m’a fait passer l’entretien d’embauche. Il me donne mon équipement et m’accompagne vers le rayon pour me présenter à deux autres employées : « Manuel, voici Morgane et Léa. » Je leur serre la main, mais le manager réplique : « Vous allez vous voir tous les jours pendant un moment… vous pouvez bien vous faire la bise. » Je claque des bises. Puis il s’esquive à sa besogne. Opérationnel depuis 5h du matin, je ne suis pas très bien réveillé. Mes nouvelles collègues commencent à entamer la discussion et je sens un décalage entre ce qu’elles pensent savoir sur moi et la réalité. « Tu n’es là qu’un mois, c’est ça ? », « Et ta copine travaille à tel poste, c’est ça ? » Étrange, je dois rester deux mois et je n’ai pas de copine. Mais je ne m’attarde pas et commence à ouvrir des cartons. Dans les allées, mes moindres faits et gestes sont épiés et ma collègue me pose beaucoup de questions et rigole à tout ce que je dis, même si ce n’est pas drôle. Je me dis que l’ambiance est tout de même bien étrange.

Arrivé en salle de pause vers 10h30, les employés réunis au café me fixent toujours, un sourire en coin. Pourtant, je ne suis pas le seul nouveau ce jour-là. Rapidement, l’un deux vient me voir et me demande « Ça va ? Tout se passe bien ce matin ? Tu travailles pour papa cet été alors ? » Croyant à une blague étrange, je souris niaisement et ne réponds même pas. Pourtant, en buvant mon café, je commence à me poser des questions. Plus tard dans la matinée, je rencontre un autre collègue. Après quelques échanges, il m’assure : « Tu n’as pas dû trop galérer à trouver un taf toi… » Comme j’ai horreur des sous-entendus, je réponds que je n’ai pas eu besoin de piston pour entrer ici. Le temps passe et l’info circule. À la pause du midi, ma collègue du début vient me voir et m’avoue que depuis le début de la journée, tout le monde me prend pour le fils du PDG de la boîte.

Le malentendu n’aura duré qu’une longue matinée et avec du recul, j’aurais peut-être dû en profiter un peu plus. Mais le lendemain arrivait cette fois-ci, le « vrai » fils du boss. C’est vrai qu’on se ressemblait.

Pop-ups pornos - Elise, 25 ans

À l’été 2019, je fais mes premiers pas de journaliste dans une rédaction dans le Nord. Pendant ces quelques semaines d’observation on est censé faire nos preuves pour que le journal nous garde tout au long de l’été. J’atterris dans une petite équipe de quatre journalistes avec lesquels nous travaillons dans un open-space.

Le premier jour, je commence à effectuer mes recherches, à trouver des idées d’articles sur l’ordinateur fixe du bureau qu’on m’avait gentiment prêté. Il faut savoir que dans ce métier, il faut parfois aller se balader sur des sites un peu louches. Par flemme, sur chaque site que je visite, j’accepte tous les termes de confidentialité sans trop réfléchir. Le lendemain, j’arrive au boulot, j’allume l’ordinateur, et une énorme image de fellation apparaît sur l’écran. En acceptant tous les termes sans faire attention, j’ai visiblement accepté à un moment de recevoir des notifications… pour des sites pornos. Les jours qui suivent, à chaque fois que je commence à utiliser l’ordinateur, j’ai une énorme image de fellation ou de sexe anal qui s’affiche en gros.

Ne connaissant pas encore très bien mes nouveaux collègues, je ne me vois pas du tout aller leur expliquer que je reçois des notifications pornos sur mon ordinateur. Problème : je n’arrive pas non plus à désactiver ces pop-ups salaces. Le pire, c’est que je n’en reçois jamais qu’une seule, ça m’en ouvre une dizaine que je mets dix mille ans à fermer ! Le temps passe très lentement quand on travaille en open-space avec des photos de fellations qui ne veulent pas partir et que n’importe qui peut passer derrière et apercevoir l’écran à n’importe quel moment. Ce manège a duré trois jours, jusqu’à ce que je comprenne enfin comment paramétrer les notifications sur mon ordinateur.

Joutes urbaines à vélo - Clément, 34 ans

Au moment où se déroule cette histoire, je suis étudiant et je rêve d’être coursier à vélo. Pas livreur de repas mais un vrai coursier à l’ancienne, qui livre des lettres et des paquets à toute vitesse à travers la ville à vélo. C’est alors un métier bizarre, très peu encadré et ou la majorité de mes collègues ont déjà fait de la prison. Sinon, l’entreprise qui m’embauche ne demande rien d’autre qu’avoir un vélo, un gros sac, un bon sens de l’orientation et un minimum de cuissots.

Normalement, les clients font appel à nous parce qu’en pleine journée, il n’y a rien de plus rapide que nous pour traverser la ville. Dès le premier jour, je comprends pourquoi : mes collègues ne respectent absolument aucune règle. Pour satisfaire les limites temporelles imposées, il faut prendre des risques démesurés comme passer à toute vitesse à travers des carrefours alors que le feu est rouge. Pour m’aider à m’habituer, mes collègues me conseillent même de m’acheter une chaîne à attacher autour de la taille et que je peux défaire rapidement pour fouetter les rétroviseurs des taxis qui entravent notre chemin (et manquent de nous tuer). Lors de ma troisième ou quatrième livraison, mon cadenas d’antivol se bloque, je n’arrive pas à décrocher mon vélo alors que j’ai une quinzaine de minutes pour livrer une lettre.

Je demande à mes collègues si quelqu’un peut me prêter un vélo rapidement. L’un d’entre eux me dit d’attendre un instant, sort de son sac une toute petite trousse, s’approche de mon cadenas et bricole très brièvement avant de brandir le cadenas ouvert. Alors que je le regarde d’un air interloqué, il me lance : « Oui, je n’ai pas toujours été coursier mon petit. » C’était un monde fou, j’ai tenu deux semaines, je crois que je ne serais plus en vie autrement !

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Photos by Thomas Decamps pour WTTJ ; Article édité par Gabrielle Predko

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