Jobs étudiants : vers quels emplois se tourner cet été ?

Étudiants : vers quel job d'été s'orienter cette année ?

Alors que la fin de l’année universitaire est déjà actée pour certaines filières étudiantes et que l’été pointe à l’horizon, les projets commencent à fleurir dans votre tête ? En temps ordinaires, près d’un étudiant sur deux travaille au cours de la période estivale pour subvenir aux frais d’une formation, acquérir une expérience professionnelle, financer des vacances ou se dégager un pécule pour l’année suivante… Mais en 2020, la crise sanitaire avait mis un coup d’arrêt à l’activité professionnelle de 10% des étudiants en France et au sortir du premier confinement, la plupart d’entre vous s’étaient également retrouvés dans le flou face aux perspectives d’un emploi saisonnier. Alors qu’en sera-il cette année ? Tour d’horizon des secteurs qui ont l’habitude de recruter des jeunes pendant la saison estivale.

Des jobs d’été déconfinés pour les étudiants ?

Comme c’est le cas depuis la fin du lycée à la même période, Ethan étudiant en 2ème année à PSB (Paris Business School) recherche depuis avril, un emploi saisonnier pour mai, juin et juillet dans l’idéal. « J’aime travailler l’été, ça me permet d’apprendre sur le terrain, explique l’étudiant. Et j’aime bien gagner un peu d’argent pour ne pas dépendre à 100% de mes parents. » Si cette saison, il est moins serein qu’à l’accoutumé, le jeune homme de 19 ans, habituellement “casé” à cette période de l’année, ne perd pas espoir. « J’ai occupé des postes dans la restauration, dans un stock informatique, et dans un commerce de vin, mais c’est plus difficile de trouver du travail cette année. J’ai envoyé une dizaine de CV et je n’ai pas encore eu de réponse, mais je pense que ça va arriver », positive-t-il. La crise sanitaire a en effet jeté un flou sur les perspectives d’emplois saisonniers. Mais le marché est-il complètement bouché pour autant ?

« La situation actuelle est plutôt meilleure que l’an passé et les perspectives de retour de l’emploi cet été sont assez solides », observe Xavier Timbeau, Directeur de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques). Prenant appui sur l’expérience du premier confinement, il est plutôt optimiste : « Après la levée des mesures de restriction l’été dernier, on a observé un retour très rapide des consommateurs, ce qui permet d’anticiper un été 2021 qui sera sans doute positif. Cela va donner un coup de boost aux secteurs porteurs d’emplois et notamment de jobs saisonniers. »

L’économiste apporte cependant quelques nuances : « Le bémol c’est qu’il y aura des mesures de restriction internationales. Pour faire simple, on aura sans doute plus de touristes français en France mais beaucoup moins d’étrangers sur le territoire, et ce différentiel ne va pas s’équilibrer. » Pour cette raison, il imagine qu’il pourrait y avoir moins de possibilités pour les étudiants de trouver un emploi saisonnier. « Il y aura donc logiquement plus de concurrence sur ces jobs d’été, analyse-t-il. On peut aussi concevoir qu’une partie du personnel saisonnier dans des secteurs à l’arrêt, va se reporter sur des emplois qu’occupent d’ordinaire des étudiants. » De même, les salariés titulaires dans le secteur du commerce qui prennent un congé pendant l’été et sont d’habitude remplacés par des étudiants, pourraient rester à leur poste « parce que leurs congés auront déjà été consommés ou soit parce que les salariés voudront rattraper une période d’activité partielle. » C’est en tout cas une hypothèse.

L’emploi saisonnier regroupe un nombre important d’activités. Et si l’impact de la crise se fait ressentir différemment selon les secteurs, certains offrent déjà des garanties pour l’été 2021.

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Étudiants, quelles pistes pour cet été ?

L’agriculture

« On est sur une fourchette de 800 000 à 1 million d’emplois saisonniers chaque année dans l’agriculture », explique Nicolas Savary, directeur de l’Anefa (L’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture). Les quatre secteurs les plus demandeurs de la filière sont le maraîchage, l’arboriculture, la viticulture et l’élevage : « D’une année sur l’autre, les besoins sont sensiblement les mêmes et bien que l’épisode de gel ait une grande incidence sur différentes cultures, il est difficile d’en mesurer les conséquences sur l’emploi. »

  • Compétences requises : Pour travailler dans les champs cet été, pas besoin d’avoir suivi un cursus en particulier. « On ne recherche pas des profils avec une expertise poussée, le geste professionnel peut s’acquérir assez rapidement. Les personnes débutantes et motivées sont les bienvenues », affirme Nicolas Savary. Le permis de conduire sera tout même apprécié, car il permet d’être mobile. Pratique pour bosser dans des exploitations de plusieurs hectares !

  • Quand candidater ? « Le plus tôt sera le mieux », continue le directeur de l’Anefa. Entre mars et septembre, l’agriculture a des besoins considérables et la durée des contrats dépend du calendrier : « Pour les fraises ou les tomates, dont la récolte a déjà commencé, on va être sur des contrats d’un mois et demi, les vendanges s’étalent sur trois semaines un mois, plutôt à la fin de l’été. Potentiellement, en combinant plusieurs emplois, on peut très bien travailler tout l’été dans les champs. »

  • Où postuler ? « Ce que je conseille aux étudiants, c’est de s’inscrire sur le site lagriculture-recrute.org, mis en place par l’Anefa, pour rapprocher l’offre et la demande », dit-il. Sur cette plateforme, les étudiants peuvent saisir leurs candidatures. L’Anefa se décline en réseau à travers tout le territoire, à proximité des bassins d’emplois, pour rapprocher davantage exploitants et candidats.

  • Les plus : Après de multiples périodes de couvre-feu et de confinement, la perspective de travailler en extérieur pourrait en motiver plus d’un. Un espoir que partage Nicolas Savary : « Les métiers agricoles sont des métiers qui ont du sens et sont aussi essentiels pour l’avenir de tous. Ausi, l’emploi saisonnier peut tout à fait être une porte d’entrée vers la filière agricole. »

Le commerce et la grande distribution

Amadou Boye, conseiller référent au CIDJ (Centre d’information et de documentation jeunesse, ndlr), l’affirme : « La grande distribution, qui a maintenu son taux d’activité pendant la crise et une certaine dynamique, aura des besoins. Ce secteur recrute chaque été des étudiants comme des employés polyvalents et de libre-service, des vendeurs, des caissiers, pour remplacer les personnes qui partent en vacances. »

  • Compétences requises : « Pour occuper un poste d’employé en magasin, il faut savoir travailler en équipe, faire preuve d’une grande motivation et d’énergie », souligne Laura Carbone, RH chez Action. Le sens du contact est aussi recherché dans ce secteur, pour établir de bons rapports avec la clientèle.

  • Quand candidater ? Dès le printemps, « généralement, les étudiants déposent leur CV en magasin à partir d’avril voire un peu plus tôt, précise la RH, mais dans les grandes métropoles, les étudiants peuvent postuler tout le long de l’année, surtout aux périodes estivales et en fin d’année. »

  • Où postuler ? « Lidl, Auchan et Carrefour font partie du top 3 des enseignes qui recrutent », constate quant à lui le conseiller référent du CIDJ. Mais il ne faut pas négliger non plus les établissements spécialisés « comme Décathlon et Ikea, qui ont exprimé aussi des besoins importants de recrutement de saisonniers. »

  • Les plus : Une ambiance étudiante règne dans les rayons des grands magasins l’été. Généralement, les horaires de travail en matinée permettent de profiter des après-midi estivales.

L’animation, les sports et loisirs

Selon une étude, 1,3 million d’enfants étaient reçus dans les “centres aérés” en 2019. En fonction de l’âge des mineurs, il faut compter en moyenne un animateur pour 8 à 12 enfants, ce qui nécessite des besoins d’encadrement importants. « Dès que les mesures sanitaires seront levées, les clubs de vacances auront également le vent en poupe et auront besoin d’animateurs pour s’occuper des jeunes vacanciers », suppose Amadou Boye.

  • Compétences requises : le BAFA (Brevet d’Aptitude aux fonctions d’animateur) est fortement conseillé pour travailler dans l’animation. Pour le passer, il faut débourser autour de 800 euros et être âgé d’au moins 17 ans. Deux stages de formation sont requis pour valider son brevet (de 8 et 14 jours), suivis d’une session de qualification pour choisir sa spécialité (entre 6 ou 8 jours), à effectuer dans un délai de 30 mois maximum.

  • Quand candidater ? Dès le mois de mai. « Il ne faut pas tarder, recommande Amadou Boye. D’autant que les employeurs ont commencé à consulter des fichiers de candidats avant même l’annonce du calendrier de déconfinement, pour être totalement opérationnels dès qu’il leur sera permis de reprendre leurs activités. » Les campings rouvrent par exemple dès le mois de mai, c’est un secteur porteur pour le travail saisonnier.

  • Où postuler ? Auprès des mairies et des organismes d’accueil. « Le Club Med, Disneyland sont parmi les structures du tourisme qui embauchent le plus », ajoute le conseiller référent.

  • Les plus : Profiter de la piscine et peaufiner son bronzage !

Restauration et hôtellerie

Les restaurants, bars et cafés rouvriront progressivement en trois étapes : 19 mai pour les terrasses, 9 juin pour les salles de restaurant (avec jauge) et 30 juin, sans limite d’accueil (mais dans le respect des gestes barrières). « Le secteur représente 1 million d’actifs et 300 000 saisonniers sur la seule période estivale, c’est une branche qui a une certaine agilité. Dès qu’elle retrouve la capacité d’exploiter ses affaires, elle retrouve la capacité à mettre sur le marché des offres d’emploi », assure Thierry Grégoire, directeur de l’Umih Saisonnier (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie).

Sur le total des offres saisonnières, 100 000 ne trouvent pas preneur chaque année. Concrètement, les étudiants peuvent occuper des postes de serveurs et de plonge dans les restaurants ou de réception et d’entretien dans les hôtels. « Ces jobs d’été étudiants représentent en général un tiers de nos contrats de travail saisonniers l’été et ils nous sont indispensables. »

  • Compétences requises : Les restaurateurs attendent un état d’esprit plutôt qu’une compétence, « on peut très bien se qualifier une fois sur le terrain », abonde Thierry Grégoire. De la disponibilité, du sourire, de l’empathie seraient les ingrédients clefs. « On est un métier de service, d’humain et de contact, l’approche client est essentielle. » Et être bon en langue peut toujours être un plus, notamment sur des postes de réception : « On a quand même la chance d’avoir des générations d’étudiants qui ont une appétence pour les langues étrangères. Une personne qui parle une à deux langues étrangères, c’est important pour nous, même si on aura moins de clients étrangers cette année. »

  • Quand candidater : Dans certains territoires, l’activité va probablement reprendre au mois de juin, mais dans les grandes métropoles, cela pourrait être repoussé en septembre analyse le patron de l’Umih Saisonnier : « Généralement, ces contrats commencent au premier juillet et se terminent au 31 août, la première vague de recrutement va commencer autour de fin mai et s’achèvera fin juin. »

  • Où postuler ? Auprès des canaux dédiés comme le Pôle Emploi, les forums saisonniers ou le site de l’hôtellerie restauration qui mettent en contact candidats et patrons d’établissements. « Mais le bouche-à-oreille reste une valeur sûre, puisque beaucoup de jeunes profiteront d’un ancrage territorial pour venir travailler dans les restaurants près de chez eux. »

  • Les plus : La possibilité de se faire des pourboires. Une fois embauchés et formés, vous avez aussi l’opportunité de revenir les saisons suivantes et de faire des extras durant la période universitaire.

Banques et administrations

La Poste, la BNP ou encore la Société Générale proposent tous les ans des contrats de trois semaines à deux mois aux étudiants, les fameux “auxiliaires de vacances”. À la clef, des activités d’accueil, de la gestion de dossiers, du classement et de l’archivage. Les universités recrutent elles aussi chaque été du personnel administratif pour gérer les dossiers de candidature puis les inscriptions des étudiants.

  • Compétences requises : Des compétences relationnelles et de communication, une connaissance des logiciels bureaucratiques peuvent être un plus.

  • Quand candidater ? Dès maintenant !

  • Où postuler ? Directement sur le site des banques. Le site des universités et écoles proposent généralement un onglet “job étudiant” d’où il est possible de candidater.

  • Les plus : Travailler dans le confort d’un bureau, voire en télétravail.

Les services à la personne : cours particuliers, soutien scolaire, garde d’enfants

Avec l’arrêt de certains cours en présentiel et les inconvénients d’un apprentissage à distance, nombre de parents craignent de voir leur progéniture accuser un retard scolaire. Plus sympa qu’un cahier de vacances, ils pourraient opter pour un prof particulier. En tant qu’étudiant, vous brillez forcément dans une discipline ou une autre : langues, mathématiques, ou simplement soutien scolaire sont très recherchés. « La garde d’enfants est aussi un secteur qui a résisté et qui embauche aussi bien pendant l’année universitaire que pendant les vacances d’été », souligne Amadou Boye.

  • Compétences requises : Cela dépend de votre formation. Dans certaines agences, vous pouvez choisir la discipline et le niveau scolaire qui vous intéresse et passer un test de connaissances puis un entretien de mise en situation pour évaluer votre pédagogie.

  • Quand candidater ? Toute l’année selon les demandes de la famille, la progression de vos élèves et vos disponibilités.

  • Où postuler ? Des agences comme Complétude, Superprof ou Acadomia mettent en relation familles et professeurs particuliers. Vous pouvez encore opter pour les petites annonces qui fonctionnent très bien. Pour la garde d’enfant, Kinougarde est une référence.

  • Les plus : Permet de garder du temps pour soi. Ceux qui ne souhaitent pas travailler 35h peuvent opter pour cette option, d’autant que le tarif horaire peut s’avérer plus intéressant.

Culture et événementiel

Festivals et événements culturels auront finalement lieu cet été, les musées seront ouverts (sauf rebondissement) d’abord avec des jauges réduites, puis sans limite d’accueil après le 30 juin. « Toutes ces structures auront besoin de personnels d’accueil pour le public. L’indicateur de la reprise, c’est la présence d’agences d’événementielle et d’hôtessariat qui se manifestent lors des forums de recrutement », indique Amadou Boye. La filière événement représente 350 000 emplois. Président du syndicat des activités événementielles, Cédric Angelone, estime toutefois « que donner un chiffre prévisionnel sur un nombre d’embauche est compliqué. Mais on va diffuser des offres. Depuis le début de la crise on a vu des pans entiers de notre main-d’œuvre habituelle disparaître, des gens ont changé de métiers. »

  • Compétences requises : « Au sein du syndicat nous avons 80 codes APE différents (Activité principale exercée, ndlr), c’est énorme », assure Cédric Angelone. La filière recouvre de nombreux métiers. Les cérémonies de mariages qui seront autorisées après le 19 mai, sont aussi pourvoyeuses d’emplois. « Pour les festivals, il peut s’agir d’une main-d’œuvre d’appoint, les “roadies”, qui portent les caisses par exemple, mais les compétences de community management et de traduction sont aussi appréciées. Le manque d’expérience n’est pas un défaut, ça se guérit très rapidement », ajoute le spécialiste.

  • Quand candidater ? C’est au cas par cas, « il faut être attentifs aux festivals qui communiquent et envoient des dates. Pour les salons et les foires, la période sera plutôt juin. »

  • Où postuler ? Directement sur le site des évènements, ou via des agences de recrutement comme Mahola ou Charlestown.

  • Les plus : Travailler dans cet esprit festif qui nous manque tant !

Les forums de recrutement, un must do !

Le Centre d’Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ), Pôle Emploi et les collectivités territoriales orchestrent régulièrement des forums de l’emploi saisonnier qui ont l’avantage de réunir une multitude de recruteurs au même endroit. En ligne, ces rendez-vous sont incontournables pour bien se renseigner et mettre toutes les chances de son côté. Au CIDJ, des conseillers proposent d’aiguiller les candidats dans leur préparation, « via des entretiens pour anticiper la recherche de jobs saisonniers. On travaille sur le CV, la lettre de motivation et nous orientons les candidats vers les entreprises en fonction de leurs profils », soutient Amadou Boye. Depuis l’été dernier, le plan 1 jeune 1 solution, mis en place par le gouvernement, ambitionne également de faciliter l’accès des jeunes au travail, en centralisant sur cette plateforme quelque 200 000 offres, dont de nombreuses prévues pour la saison estivale. Alors, à vos CV !

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Photos by WTTJ
Édité par Romane Ganneval

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