Fan de sport ? 6 métiers pour allier passion et travail

6 métiers pour travailler dans le secteur du sport

Amoureux du ballon rond, reine du lancer franc, nageur(se) hors pair, ou tout simplement fan absolu de toutes les compétitions sportives qui passent à la télé, peut-être avez-vous déjà envisagé de vous lancer dans une carrière professionnelle dans le monde du sport ? On vous comprend, quitte à travailler une bonne partie de sa vie, autant le faire dans un secteur qui nous intéresse vraiment, qui a le don de nous tenir en haleine pendant des heures. D’ailleurs, vous n’êtes pas le seul ! Selon un rapport collaboratif de France Stratégie et du Céreq (centre d’études et de recherche sur les qualifications, ndlr), 227 000 personnes y travaillaient déjà en 2018, soit 23% de plus qu’il y a 10 ans. Même si la pandémie de cette année 2020 a quelque peu gâché cet élan, - avec les championnats amateurs suspendus et les matchs professionnels à huis clos - l’emploi dans le monde du sport était globalement sur une bonne lancée sur la dernière décennie. Afin de vous permettre de mieux connaître les jobs qui se déroulent en coulisses des exploits sportifs et, pourquoi pas, de vous décider à y faire votre trou, Welcome to the Jungle vous propose une petite sélection - non exhaustive - de métiers du sport.

1. Conseiller territorial des activités physiques et sportives

Si vous avez pu bénéficier du confort et de la qualité des installations sportives de votre ville pendant que vous trustiez toutes les médailles d’or de votre catégorie, le conseiller territorial APS y a été sans doute pour beaucoup ! En effet, pour tous les projets sportifs d’une commune, d’un département, une région ou d’une entreprise publique, il/elle joue le rôle d’expert et distille ses précieux conseils, notamment pour les infrastructures et les équipements.

Yoann est CTAPS pour la ville de Marseille. Auprès des élus, il est chargé d’éclairer les projets sportifs en « informant de ce qu’il est possible de faire ou non selon les réglementations, selon le tissu associatif sportif de la ville et d’autres paramètres à prendre en compte. » Plus concrètement, « si la ville décide de construire un nouveau boulodrome, par exemple, je dois être en mesure de leur indiquer le nombre de pistes que celui-ci doit contenir, la capacité d’accueil qu’il doit avoir pour recevoir tel ou tel événement, ou les normes qu’il doit respecter en fonction de son envergure… » Il est, en quelque sorte, la tête pensante des équipements sportifs d’un territoire, et celui qui veille à ce qu’ils répondent effectivement aux besoins de celui-ci.

Pour ce diplômé d’un master en Management du sport à l’Université d’Aix, le métier « exige de savoir faire preuve d’adaptabilité. On travaille sur de nombreux projets et on est amené à s’entretenir aussi bien avec les gardiens d’enceintes sportives qu’avec des élus de la ville », explique-t-il. « Ensuite, le plus important, c’est la connaissance que l’on a du lieu où on travaille. Plus je connais ma ville, et mieux je ferai mon travail. », juge le marseillais, avant de rappeler que le rôle du conseiller territorial aux activités sportives peut varier en fonction de la structure. « Dans une commune de 2 000 habitants, je m’occuperais sûrement de 2 ou 3 équipements sportifs (salles omnisports, piscines, stades). Tandis que dans une ville comme Marseille, j’ai 120 équipements à gérer et une équipe de 180 personnes. »

Bon à savoir : Pour occuper ce poste, il vous faudra passer le concours interne (si vous êtes agent du service public depuis plus de quatre ans) ou externe (ouvert aux diplômés d’un Bac+3 et suivi d’une formation de 18 mois) de la fonction publique.

2. Responsable hospitalité d’un établissement sportif

Vous vous en doutez sûrement, il s’agit d’un métier d’accueil. Mais attention, pas l’accueil de Monsieur et Madame tout le monde, mais bien celui des VIP qui viennent assister à des événements sportifs (matchs, courses, compétitions…) La plupart du temps, les places VIP sont vendues par “package” à des entreprises ou partenaires voulant gâter leurs employés. Et les responsables hospitalité des établissements sportifs font des pieds et des mains pour les satisfaire. Margaux, responsable “servicing hospitality” à la Défense Arena, le stade ultramoderne hébergeant le club de rugby du Racing 92, ne vient pas d’un cursus spécialisé dans le sport, mais d’une formation Bac+5 à l’Institut supérieur de gestion. Elle explique que son travail consiste à accueillir ces clients mais surtout à « s’occuper de la relation avec le traiteur, des animations (concerts, jeux d’arcade, etc.), pour rendre l’expérience client la plus satisfaisante possible. Mon but, c’est qu’ils soient comblés, qu’ils aient envie de reprendre un package pour l’année suivante et qu’ils vantent notre service autour d’eux. »

Parce que les ventes de packages VIP sont la plus grande source de revenu d’un stade, et parce que le métier amène souvent à être en contact avec des chefs d’entreprise, « il est extrêmement important d’avoir un bon sens du relationnel et de bien s’exprimer », souligne Margaux, qui nous rappelle que son travail appartient avant tout au secteur de l’événementiel, avec des exigences qui lui sont propres « Le plus important, c’est de faire preuve de rigueur, parce qu’on a beaucoup de clients et chacun a des attentes spécifiques. Et puis, il faut aussi savoir gérer l’imprévu, comme souvent dans les métiers de l’événementiel. »

Bon à savoir : Margaux conseille à toute personne attirée par le métier de responsable hospitalité de faire preuve de patience et persévérance dans sa recherche d’emploi. « J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de demande et peu de places, déplore la jeune femme. Alors je pense qu’il ne faut surtout pas se démoraliser aux premiers CV refusés, c’est important de montrer sa motivation. Quelqu’un qui insiste un peu aura plus de chances d’obtenir un entretien. »

3. Responsable billetterie

C’est grâce aux billets VIP qu’il ou elle aura vendu que Margaux peut exercer son métier. En effet, la mission du responsable billetterie est de remplir au maximum les gradins d’une enceinte sportive et la rentabiliser par la vente de billets. Il/elle gère à la fois la vente des places réservées aux VIP ou entreprises partenaires, mais aussi aux abonnés, fidèles du club, et au grand public.

Et pour rendre les événements plus attractifs, comme nous l’explique Edgar, responsable billetterie pour le club de “Nantes Basket Hermine”, il faut avant tout être un bon commercial, notamment pour vendre les packages VIP, mais il existe aussi d’autres leviers : « À l’Hermine, on essaie de thématiser nos matchs pour en faire des événements uniques. Par exemple, on avait prévu un match d’Halloween début novembre (annulé en raison du confinement, ndlr), avec des décorations et des réductions pour les personnes déguisées. »

Pour déployer ces stratégies, le responsable billetterie doit être en contact permanent avec d’autres services du club (en plus des prospects, bien sûr), comme le marketing et l’événementiel, ce qui exige d’avoir un bon sens du relationnel, de l’organisation et des compétences en gestion de projet.

Bon à savoir : Edgar rappelle que travailler dans un club - cela vaut pour les responsables billetterie mais pas uniquement - demande souvent - à l’exception des très gros clubs - une grande polyvalence. « Dans la plupart des clubs, on est amenés à jouer plusieurs rôles. Moi-même, je suis responsable billetterie, mais je fais aussi de la logistique, de la gestion des réseaux sociaux, de l’événementiel, etc. » Et oui, un club est avant tout une association sportive où tous les employés, nourris de la même passion, mettent la main à la pâte.

4. Community manager d’un club professionnel

Bien que le community management soit aujourd’hui un pôle quasi indispensable à toute entreprise et ce, quel que soit leur secteur, il semblerait que le sport soit un terrain de jeu particulièrement riche pour les animateurs de communautés digitales. C’est en tout cas l’analyse que nous livre Clément, ancien community manager du FC Nantes : « Le sport, parce qu’il déchaîne les passions et crée naturellement de l’engouement, permet de créer plus facilement le dialogue avec les communautés de fans. » Dans un club professionnel, la mission du community manager est simple : attirer de nouveaux membres et leur faire vivre l’actualité du club. « On est les garants de l’image du club et son lien avec ceux qui le suivent », résume Clément. Mais ce n’est pas aussi facile à dire qu’à faire…

Si la maîtrise des réseaux sociaux est évidemment un indispensable du métier, « la créativité, et une orthographe irréprochable, mais surtout une capacité à être très réactif sont toutes aussi importantes », estime le jeune homme formé à Amos, une école de management du sport. « Tout va très vite dans le sport, on a peu de temps pour réfléchir au contenu qu’on souhaite publier, et il faut veiller à rester pertinent malgré cette contrainte. »

Bon à savoir : Avant de vous diriger vers ce tout jeune métier - et oui, il n’existait pas il y a une dizaine d’années -, prenez en compte qu’il s’accompagne de nombreux sacrifices. Les matchs ou compétitions sportives ayant souvent lieu le soir ou le week-end, vous serez sûrement amené à travailler pendant que tout le monde se délecte du spectacle proposé par les sportifs. Mais bon, d’un autre côté, vous aurez aussi l’opportunité d’effectuer les déplacements avec les équipes (parfois dans leur jet privé), de loger dans leur hôtel et donc d’être au plus près de vos idoles.

5. Agent sportif

Si vous êtes amateur de séries, vous avez certainement entendu parler de Dix pour cent, la série qui suit une équipe d’agents d’acteurs dans leur imprévisible quotidien. Et bien, être agent de sportif ou de joueur, c’est pareil. Sauf que vos talents ne savent pas jouer la comédie (hormis peut-être Neymar). Rares sont ceux qui sont médiatisés et leur fonction peut sembler obscure aux non-initiés, mais ce sont en fait eux qui œuvrent en coulisses lorsqu’il y a du grabuge au sein des équipes et des clubs sportifs. Ce sont les mêmes qui, dans l’ombre, dessinent la carrière des sportifs de haut niveau. L’agent joue à la fois un rôle de conseiller et d’intermédiaire. Grâce à son réseau, il doit être en mesure de dénicher les meilleures opportunités de carrière pour son client. Et ses connaissances en droit lui permettent de prendre en charge les négociations de contrats avec son/ses (futurs) clubs. Son but : permettre à ses protégés de se concentrer uniquement sur leur performance sans s’inquiéter de ce qui relève de l’extra-sportif, c’est-à-dire les sponsors, le juridique, la rémunération voire parfois, le placement d’argent. Et il est aussi particulièrement important dans la préparation de l’après-carrière, puisque de nombreux sportifs doivent entamer une reconversion passée la trentaine afin de trouver une autre source de revenue et continuer à vivre convenablement.

La connaissance du sport dans lequel opère l’agent est essentielle pour réussir dans ce métier, comme nous l’explique Yassine Askri, fondateur du cabinet d’agents Myfootballconcept : « La première étape, pour un agent, c’est la détection des talents qui sont souvent très jeunes. Il faut avoir le nez creux pour repérer les jeunes à fort potentiel et cela requiert d’être expert de son sport. » Passionné par son travail, cet ancien espoir du football devenu agent n’en est pas moins conscient des exigences de celui-ci : « Il faut être très patient dans ce métier. Les agents ne sont pas rémunérés tant que les joueurs sont mineurs, alors lorsqu’on détecte une pépite âgée de 15 ans, il faut être prêt à l’accompagner au moins 3 ans et jusqu’à ce qu’il soit majeur et devienne professionnel pour toucher une rémunération. »

En réalité, derrière le glamour que l’on assimile aux agents des grands joueurs, se cache un quotidien bien plus difficile et des succès beaucoup plus rares. Dans ce métier, nombreux sont ceux qui s’y essaient, peu sont ceux qui réussissent, comme en témoigne Yassine : « C’est un milieu assez fermé. Beaucoup d’agents sont d’anciens joueurs ou entraîneurs qui ont exercé à un niveau assez élevé », explique-t-il. « Si l’on n’a pas un pied déjà dans le milieu ni un vrai réseau lorsqu’on commence, ça peut être très, très dur. » Une analyse un brin pessimiste mais qu’il est important d’avoir en tête avant de se lancer. « Soyez déterminé et sûr que c’est la voie que vous souhaitez emprunter. Et gardez toujours un plan B, un autre diplôme, une autre compétence, au cas où cela ne marche pas. », conseille Yassime.

Bon à savoir : Pour exercer ce métier et faire partie de ceux qui tirent les ficelles du sport de haut niveau, il faut obtenir une habilitation auprès de la fédération du sport concerné, décernée par la réussite d’un examen ultra-sélectif. Dans cet examen, vous serez évalué sur votre connaissance juridique (notamment le droit du travail et le droit du sport), sociale et fiscale ainsi que sur les règlements du sport dans lequel vous souhaitez exercer.

6. Travailler en agence de communication spécialisée dans le sport

Nicolas occupe le poste de Brand activation manager chez Lafourmi, une agence de communication spécialisées dans le sport. Parmi leurs clients, des clubs et des fédérations, mais pas seulement. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la majorité des contrats de l’agence ont été signés avec des marques souhaitant prendre la parole dans le secteur sportif. « Aujourd’hui, les clubs deviennent des marques à part entière, ce qui les pousse à soigner leur image. Et les “vraies” marques, comme les équipementiers, les sponsors ou les partenaires, considèrent de plus en plus le sport comme un levier de communication important pour augmenter leurs ventes », explique ce dernier, diplômé d’une licence en éco-gestion et d’un master en communication. « Mon travail, c’est imaginer des campagnes de communication qui vont améliorer la notoriété de nos clients dans le monde du sport. »

Pour ce fin connaisseur de football, son métier ne s’éloigne pas vraiment de ce qui se fait dans les agences de communication “classiques”. En revanche, ce qui le rend plus agréable, selon lui, est l’environnement de travail et le partage d’une passion commune qui anime les équipes. « Le lundi matin, quand on arrive au bureau, on ne peut pas s’empêcher de débriefer tous les résultats sportifs du week-end. Et quand on reçoit une notification de l’Équipe sur nos téléphones, tout le monde s’arrête pour regarder, c’est assez drôle. »

Si le cadre peut-être en effet séduisant, quelles sont les qualités requises pour travailler dans la communication sportive ? D’après l’expérience de Nicolas, « Il faut être créatif, peut-être encore plus que dans une agence classique, parce que le secteur est en pleine expansion et les marques cherchent à se différencier. Et puis, poursuit-il, tout va très vite dans le sport, il faut être réactif, toujours alerte de ce qu’il se passe, mais aussi savoir anticiper. » Effectivement, travailler dans le sport revient à vivre au rythme effréné des compétitions sportives, avec très peu de périodes de repos de septembre et à juillet.

Bon à savoir : Par la diversité des clients et des projets rencontrés en agence, le métier de Nicolas est un bon moyen de s’ouvrir à une large palette de sports et cultiver encore davantage sa passion : « D’ailleurs, j’ai eu l’occasion de travailler sur la Formule 1, c’est un sport que j’aimais bien mais que je ne connaissais pas vraiment de l’intérieur, ça m’a permis de mieux le découvrir et maintenant je le suis à fond ! », nous lance-t-il en guise de conclusion.

Mélanger sa passion à son métier, fausse bonne idée ?

À l’unanimité, les professionnels que nous avons interviewés s’accordent sur le fait que la passion pour le sport est un moteur dans leur métier, voire un avantage. « Clairement, on ne compte pas nos heures, on travaille beaucoup. Sans passion, ce serait plus difficile… », affirme Edgar, le responsable billetterie. Nicolas, l’employé d’une agence de communication sportive, va même plus loin : « Pour moi, quelqu’un qui, à la base, n’est pas intéressé par le sport, aura du mal à être créatif et même à comprendre les codes du milieu ou les enjeux des clients. Je pense que c’est indispensable d’être attiré par le monde du sport. ». Si Margaux, responsable hospitalité, ne partage pas cet avis tranché, elle reconnaît tout de même qu’elle puisse être un précieux outil au contact des clients et de son employeur : « Ce qui est sûr, c’est que ça aide à faire la conversation, à créer le contact. Et je pense que c’est une bonne chose de se tenir au courant des résultats de son équipe, de s’intéresser aux performances du club pour lequel on travaille. »

Néanmoins, quelques-uns reconnaissent un revers de la médaille. Clément, le community manager, regrette par exemple que « pendant les matchs, on est dans le rush, stressé, et il y a beaucoup de pression. À force, j’ai le sentiment que mon rapport au sport en prend un coup. Peut-être que les passions sont faites pour rester à l’extérieur du cadre professionnel, je ne sais pas si c’est toujours une bonne idée de vouloir mêler les deux… » Un point de vue que comprend Margaux, encore une fois, bien qu’elle semble mieux réussir à faire la part des choses : « C’est vrai que du coup, quand je ne travaille pas, je ne regarde plus les matchs de rugby comme je pouvais le faire avant. Mais je ne pense pas pour autant que mon goût pour le sport ait changé… pour l’instant (rires). »

Vous voilà maintenant un peu plus au fait des quelques métiers du sport et de leurs exigences. Que vous décidiez de travailler dans le secteur ou de garder le sport pour vos soirées et week-end, sachez tout de même une chose : une carrière professionnelle ressemble davantage à un marathon qu’à un sprint. La course est longue et les virages nombreux, alors rassurez-vous, vous aurez toujours la possibilité de changer de secteur au cours de votre vie pro.

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Photo d’illustration by WTTJ

Alexandre Nessler

Journaliste - Welcome to the Jungle

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