Montréal : une destination rêvée pour les profils tech ?

Montréal : une destination rêvée pour les profils tech ?

Ubisoft, Technicolor, Hopper, Linkbynet… ça vous parle ? Ces grandes entreprises de la tech se sont établies outre-Atlantique, mais pas dans la Silicon Valley. Où alors, vous avez deviné ? À Montréal ! Depuis quelque temps, la ville, devenue une plaque tournante mondiale du jeu vidéo et une métropole largement portée sur l’intelligence artificielle (IA), déroule le tapis rouge au secteur de la tech. New York, Boston, Seattle et Los Angeles n’ont qu’à bien se tenir, Montréal est dans la course ! Il faut dire que là-bas, côté tech, les opportunités professionnelles ne manquent pas et la courbe des salaires ne chute pas. Alors, Montréal est-elle véritablement le nouvel Eldorado des profils tech ? Assiste-t-on vraiment à une fuite des cerveaux geeks vers le Québec ? Pas si vite ! Montréal est en piste certes, mais il lui reste encore quelques marches à gravir… Montréal tech city tour, c’est parti !

Montréal : une métropole tech ?

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Avec une croissance remarquable au sein de plusieurs secteurs de pointe, incluant l’IA, les technologies de l’information, les jeux vidéo, les effets visuels et l’animation, la cybersécurité… Pas de doute, Montréal est une destination attrayante pour les profils tech. Pour autant, cette ville est-elle véritablement à la pointe ?

Montréal, aux portes de la Silicon Valley

À moins d’une heure de voiture de la frontière américaine, Montréal peut se vanter d’être aux portes des États-Unis et donc, des plus grandes destinations tech de la planète. Une proximité géographique qui permet à la ville de s’inspirer très largement de son écosystème start-up et technologique. « L’environnement de travail où je suis est top, affirme Joël, développeur software expatrié à Montréal. Ici, les entreprises n’hésitent pas à investir dans du bon matériel pour être à la pointe de la tech. C’est un peu à la “manière Google’” ». Reste que les conditions de travail qu’offrent les entreprises québécoises ne font pas tout. Si Montréal est bien aux portes des États-Unis, il lui reste encore un peu de chemin à parcourir pour soutenir la comparaison avec la Silicon Valley.

Selon une étude CBRE parue en 2019, qui classe les marchés de talents technologiques en Amérique du Nord, Montréal se classe au 13ème rang des meilleurs bassins de talents, après la baie de San Francisco et Seattle. Pour gravir les échelons, la capitale québécoise mise beaucoup sur la diversité de son écosystème et la collaboration entre ses différents acteurs.
Qu’il s’agisse de start-up, TPE, PME ou grands groupes, depuis plus de 10 ans, la fibre entrepreneuriale, en particulier dans la tech, n’a fait qu’augmenter au Canada et au Québec. Avec plus de 3 000 fondateurs d’entreprises, un réseau de 1 500 mentors bénévoles, 27 incubateurs/accélérateurs, 230 business angels, 16 espaces dédiés au coworking et une dizaine de laboratoires corporatifs, Montréal se donne les moyens de ses ambitions…

Destination tech ? Encore quelques marches à gravir…

L’écosystème tech est donc bien là, fertile, mais il peut devenir difficile de s’y retrouver pour les entrepreneurs qui souhaitent lancer leur start-up. Un constat réalisé notamment par les cofondateurs du portail Bonjour Startup Montréal qui évoquent des services et projets certes « nombreux, mais dilués ». Autre bémol ? Le marché reste encore très centré sur le territoire national. Selon les résultats du Global Ecosystem Report de 2020, les entrepreneurs montréalais peinent à atteindre les marchés mondiaux comparativement à leurs homologues canadiens. Ainsi, 90% de l’activité des startups locales se situe au Canada.

Par ailleurs, malgré ses quelque 179 000 travailleurs de la tech et ses 5 000 entreprises, Montréal est toujours à la recherche de profils tech. « Il y a des postes à pourvoir à foison !, insiste Loïc, expatrié français et fondateur de 2dev Inc., Tu trouves à la pelle des jobs hyper intéressants en IA ou dans les jeux vidéo avec de très beaux salaires. Il y a tant à faire ici ! On ne manque pas de travail, ni d’opportunités. Il y a même trop d’opportunités », souffle-t-il, l’œil rivé sur son deuxième écran, avalant “sa pause lunch”, les mains encore scotchées à son clavier. Conséquence de la fuite des profils tech vers la Silicon Valley, la majorité des start-up montréalaises comptent à peine 20 % d’employés ayant de l’expérience dans cet écosystème. Résultat ? Montréal doit appeler en renfort des talents qualifiés internationaux.

Pour faciliter l’accueil de ces profils rares, la métropole met les bouchées doubles. Autrement dit, Montréal ouvre un boulevard aux profils tech du monde entier. « C’est une immigration choisie, explique Joël. Au Québec, les entreprises doivent être en mesure de prouver qu’elles ne trouvent pas de profils équivalents québécois, avant de faire appel aux autres nationalités. Mais pour les développeurs, c’est acté. On le sait, ils sont trop peu nombreux, on en manque beaucoup. »

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Course aux talents : Montréal se démarque

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Pour prendre du galon, Montréal mise sur ses points forts comme la diversité de son écosystème et l’importance de ses pôles industriels, mais elle tire également parti de sa position au sommet des destinations offrant les meilleures conditions de vie et de travail.

Montréal : « Ça bouge bien pour la tech ! »

Regroupant de nombreux centres de recherche, incluant le plus grand laboratoire de recherche universitaire au monde en apprentissage profond et par renforcement (Mila), Montréal cherche à s’imposer comme une destination émergente de la tech et de l’IA. La ville mise beaucoup sur la formation de ses futurs talents avec, entre autres, près de 18 000 étudiants universitaires inscrits dans un programme tech. La métropole se hisse d’ailleurs en première place du classement des meilleures villes universitaires en Amérique du Nord et accueille chaque année quelque 35 000 étudiants internationaux. 
Mais ce n’est pas tout, Montréal peut compter sur la présence de plus de 200 studios, incluant des entreprises de renom comme Ubisoft, Electronic Arts, WB Games ou encore Gameloft, et sur l’engagement de 15 000 travailleurs. Pas de doute donc, Montréal a des atouts dans sa manche.

Un dynamisme que confirme Loïc : « À Montréal il y a un important écosystème tech avec beaucoup de licornes et de grosses structures IA qui sont installées. Ça bouge bien pour la tech ! Il y a plein d’événements et de hackathons… C’est l’effervescence ! » Avec près de 1 300 événements tech par an et une centaine de groupes Meetups, il est vrai que Montréal fait tout pour développer et choyer la communauté tech. La ville est l’hôte de nombreux événements start-up tels que le Startupfest, la semaine numérique MTL connecte et a accueilli récemment les éditions 2020 du concours de pitch Global MeetUp - Get in the ring et du festival tech Campus Party. À cela s’ajoutent les célèbres Journées Québec, événements de recrutement international phare qui se tiennent chaque année et permettent à des milliers et permettent à des milliers de talents tech d’aller à la rencontre de l’écosystème montréalais.

Au-delà de la qualité des formations qu’elle propose et de sa communauté dynamique, Montréal est un important vivier d’opportunités dans le secteur de la tech. Et si l’on en croit Joël, ce ne sont pas des opportunités de façade. « Non seulement, les offres d’emplois sont abondantes, s’enthousiasme-t-il, mais en plus les jobs proposés sont hyper intéressants. Je n’ai jamais eu de travail si stimulant et challengeant, avec autant de responsabilités et de sujets variés. Il y a bien plus d’opportunités qu’en France où le marché est plus fermé et où tout fonctionne par bouche à oreille. »

Opportunités d’emploi : Montréal met le paquet !

Pas besoin de « tirer la couverture de son bord », comme on dit là-bas, il y en a pour tout le monde ! « Ici, il y a de belles opportunités, répète Loïc. Et puis, tout est à notre avantage ! Les Européens ont bonne réputation, celle d’être consciencieux et de travailler dur. Sauf qu’ici, les salaires sont élevés et le coût de la vie est bas. Avec ce qu’on gagne dans la tech, on vit bien à Montréal. Quand je vois mes amis restés en France, je leur dis : venez ! »

Au-delà des salaires et de l’emploi, Montréal offre de véritables possibilités entrepreneuriales. Avec son portail “Bonjour Startup Montréal” – financé à hauteur de 400 000$ par la Ville et de 1,2M$ par le ministère de l’Économie et de l’Innovation québécois – Montréal cherche à accroître la visibilité de la ville à l’international pour séduire les investisseurs et les futurs créateurs de start-up. Un investissement qui se montre payant puisque Montréal se démarque comme le premier écosystème au chapitre du financement obtenu au démarrage d’une nouvelle entreprise. « Au Québec, confirme Loïc, si tu veux monter les échelons, tu peux ! Il y a plein de gens qui travaillent fort et qui réussissent. Rien ne t’empêche de travailler dans une boîte et de monter un business en parallèle. Parce qu’ici, c’est très simple de monter une entreprise. Tout t’y incite : la main d’œuvre qualifiée, le coût des locaux, les crédits d’impôts… En plus, le réseau se tisse vite car tout le monde est accessible, y compris les grands patrons. C’est dans la culture, il n’y a pas de barrière, ni de hiérarchie. Ici, tu peux envoyer un message au dirigeant d’une grosse boîte sur LinkedIn, tu sais qu’il va te répondre ! »

À la pointe : la ville où il fait bon vivre

À beaucoup d’égards, le monde du travail canadien s’inspire du modèle américain, reposant sur la flexibilité de l’emploi et la liberté. Une flexibilité qui se ressent dans les conditions de travail. « 17 heures, tu as pris ton après-midi ? », entendrait-on notamment en France. À Montréal, rien de plus normal. « Ici, si tu pars après 17 heures, explique Loïc, c’est que tu es mal organisé. » Et pour cause, il y a tant de choses à faire dans la ville qu’il serait dommage de rester cloîtré dans son bureau ! Confiance et flexibilité, voilà les deux piliers d’une relation de travail équilibrée au Québec. « Ici on ne travaille pas de 8 à 19 heures, reprend-il, mais plutôt de 8 à 17 heures avec une pause déjeuner de trente minutes. Mais au fond, chacun fait comme bon lui semble tant qu’il fait son travail. » Télétravail, horaires flexibles, pour tout ce qui relève de la qualité de vie au travail Montréal n’a rien à envier aux géants de la tech.

S’il y a bien un terrain sur lequel Montréal a pris une belle longueur d’avance sur ses concurrentes, c’est celui de la qualité de vie. La ville se classe ni plus, ni moins, au sommet des destinations tech offrant les meilleures conditions de vie. Une distinction que Montréal doit en partie à sa situation plus globale au Canada, pays qui figure parmi les plus réputés du G7 pour sa qualité de vie, son climat paisible et son engagement en faveur de l’égalité des chances. Un argument qui n’aura pas laissé indifférent nos deux expatriés français. « Montréal est une ville à familles, confie Joël. Il y a une véritable prévenance envers les enfants. Tout est fait pour eux, l’été il y a des jeux d’eau dans les parcs, et l’hiver, on fait tout en luge. Ces grands espaces verts, c’est le bonheur. Avec l’école, ils vont pique-niquer dehors, ils ont plein d’activités. » Et si vous n’avez pas d’enfant ou si vous êtes célibataire ? Montréal ne vous oublie pas, rassurez-vous. « Ça bouge tout le temps ici. Il y a plein de festivals l’été, et l’hiver les pistes de ski sont à une demi-heure de la ville et ferment à 23 heures », s’enthousiasme Loïc.

Le bilan ? Montréal n’est pas encore la destination phare des profils tech, mais probablement en passe de devenir un lieu incontournable pour ces derniers. Tout compte fait, qu’est-ce qui fait la force de cette destination pour ce type de talents ? Pour Joël, lorsqu’il met les plus et les moins dans la balance, c’est vite fait. Le quotidien, sa qualité de vie et la richesse de son travail l’ont définitivement convaincu de rester à Montréal plutôt que de sauter dans le premier vol pour la Silicon Valley. Quant à Loïc, la simple évocation de son retour en France ou de son départ pour une autre destination encore plus tech semble l’étonner. « À moins qu’on ne me déporte de force, non je reste ici », conclut-il.

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