Comment survivre à la pause clope… quand on ne fume pas ?

Survivre à la pause clope quand tu ne fumes pas

Dans la vie professionnelle, il y a toutes ces petites embûches auxquelles vous n’échapperez pas… Parmi elles, le fait de tomber dans une boîte de fumeurs, et de ne pas l’être vous-même. Dilemne immédiat : faut-il participer, ou non, à la pause clope, ce rendez-vous nicotiné informel ? Quid de l’intégration et des bonnes relations ? Heureusement, notre journaliste s’y est préparée pour vous, et vous file quelques tips pour survivre à la pause clope quand on ne fume pas.

Cet article a été initialement publié dans le magazine n°5 de Welcome to the Jungle, paru en mars 2020. Pour vous le procurer, rendez-vous sur notre e-shop.

La conférence de rédaction est à peine terminée que mes collègues fumeurs glissent leurs cigarettes derrière l’oreille. En se dirigeant vers la sortie, certains tricotent rapidement une roulée. La pause clope est lancée, instinctivement, comme si sonnait l’heure de la récré. Moi, je ne fume pas. Je ne vais donc pas au « coin fum’ », cet espace où les langues se délient, où se tissent des liens privilégiés – toutes ces private jokes loupées ! – et où se prennent, officieusement, des décisions de taille. Comme tous les non-nicotineux et non-nicotineuses, je suis donc out. Et globalement, ça n’a l’air de poser de problème à personne.

Sauf qu’un jour, finissant par m’avouer que j’en étais frustrée – carrément vexée ? – j’ai décidé de me faire intégrer dans le club fumeur.

Si vous êtes comme moi du genre blancs-poumons, sachez que la première étape sera de simplement… passer la porte. Silence dans les volutes de fumée, puis : « qu’est-ce que tu fais là ? » Je me pose la même question, moi qui n’ai pas de clope au bec, dans un patio de vingt mètres carrés à peine ouvert sur le ciel. Il faut soigner son entrée au-milieu des cendriers : « Envie de prendre l’air ». De me voir ici, “à respirer le grand air”, personne n’ose plus rien dire. Mes collègues regardent leurs téléphones, s’allument une autre cigarette, comme surpris en flagrant délit de complotage.

Face à cet échec… une stratégie semble nécessaire. Le lendemain, en sortie de réunion, pas de détour cette fois. Je poursuis les discussions entamées avec mes collègues fumeurs jusque dans le patio. Je passe la porte sans que l’on ne prête attention à moi, sentiment d’être une ado qui vient de flouer le vigile de la boîte de nuit. Victoire ! À moi les potins et les infos off !

Le soir, à peine arrivée chez moi, pas peu fière d’avoir vaincu les bouffées de cigarette qui me font parfois retenir ma respiration, horreur : mes cheveux et vêtements empestent le tabac froid. Impossible d’abdiquer ici, je me confectionne une lotion à base d’huiles essentielles pour parfumer mes cheveux et me dote d’un gilet « spécial coin fum’». Deux armes plutôt pratiques, je vous les recommande.

Mais il faut à peine quelques jours pour qu’un nouvel obstacle se dresse sur ma route. Sûrement un brin jaloux de ma conquête d’un nouvel espace, mes collègues non-fumeurs s’interrogent sur ma participation aux pauses clopes. Alors j’invente la pause pomme, la pause soleil… Quand il pleut ? Trouver un alibi est plus difficile. Je prétexte de devoir parler à telle ou telle personne. Astuce : tenir le parapluie ! On oubliera que vous ne fumez pas.

D’un côté et de l’autre du filtre

Mais ne croyez pas que votre passeport pour le « coin fum’ » du bureau est un accès universel à toutes les pauses fumeurs ! Lors des séminaires, au-milieu de tous ces collègues de France que vous ne connaissez pas forcément, c’est une autre paire de manches. N’essayez pas de sortir avec un plateau de mignardises et des verres pour les rejoindre dehors… j’ai tenté, on m’a prise pour la serveuse. Alors j’ai trouvé une astuce en or, basée sur ce simple constat : de quoi manquent tous les fumeurs ? De briquets ! En avoir toujours un dans votre poche est LE laissez-passer pour toutes les pauses clopes. On ne remarquera même pas que vous ne fumez pas. (nota bene : pensez à en racheter régulièrement, l’expérience montre que le fumeur est légèrement cleptomane.)

Chose amusante : lors des afterworks, vous pouvez même vous permettre d’allumer vous-même la clope de votre interlocuteur. Moins formel, ce petit geste intime ouvre à bien des confidences… J’en suis presque venue à regretter de ne pas fumer ! Alors j’ai fini par essayer. Bien plus simple que d’élaborer toutes ces stratégies, n’est-ce pas ? Mauvaise idée. Nausées, bouche pâteuse, gorge qui gratte… j’ai préféré rester dans le clan des non-fumeurs.

Et puis, finalement, j’en ai eu assez de n’être ni vraiment d’un côté du filtre, ni vraiment de l’autre. Remarquant un net déséquilibre quant au nombre de pauses prises tout au long de la journée (bon ok, il y a débat sur le sujet, mais comme j’aime les débats…), j’ai invité mes collègues non-fumeurs à prendre une pause soleil ou une pause goûter. Bienvenue à la contre-pause clopes. À nous le patio, à nous les discussions endiablées ! Et sans fumée… quel pied ! Club ouvert, on accueille sans discrimination les repentis, les vapoteurs et même quelques fumeurs qui crachent bien loin leurs volutes.

J’alterne désormais entre les deux clubs, qui se mélangent chaque jour davantage et réclament d’une même voix que la machine à café soit déménagée plus près du coin… du coin “pause”, tout court.

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Photo d’illustration WTTJ

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