6 cartes postales plus ou moins agaçantes que nos collègues pourraient envoyer

6 cartes postales que vous pourriez recevoir au bureau

Portées en triomphe au sommet de porte-photos sur le coin d’un bureau, recouvrant un pêle-mêle bariolé dans l’office d’un patron « collectionneur », fixées à l’aide d’aimants au frigo de la cafét’ : on retrouve les cartes postales un peu partout dans le quotidien de l’entreprise. Démodées ? Les Français en enverraient encore sept par an et par tête, en moyenne. Avant Instagram et les réseaux sociaux, l’épistolaire nous permettait de raconter nos cinq semaines de congés payés autrement. Plus qu’un souvenir décoratif, la carte postale conserve aujourd’hui un rôle social, sa simple exposition en dit long sur son propriétaire sans qu’il n’ait besoin de parler : « Le Portugal ? Quelle richesse culturelle ! », « Dubaï ? Wahou bling bling ! » « Lacanau ? Les plaisirs simples ! » Et si nous ne l’utilisons plus pour transmettre des informations capitales (les smartphones font ça très bien), elle demeure une marque d’attention plaisante.

Et cet été, vous pourriez être le destinataire de l’une d’entre elles. Alors surveillez le courrier, vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne (ou mauvaise) surprise ! Voici quelques modèles de pli que vous pourriez recevoir.

La carte « sympa sans plus »

« Tout va bien, temps superbe, on pense à toi. » Bon, pour le contenu, votre collègue ne s’est pas foulé·e, mais comme on dit « C’est l’intention qui compte ». Avec la carte postale, pas de belle littérature encrée dans une fine calligraphie cursive. C’est avant tout un geste symbolique, dites-vous que ce•cette collègue qui vous écrit depuis la Grande Motte a fait l’effort de sélectionner une carte sur son portant à pivot, de débourser quelques euros, d’y gribouiller trois mots, d’acheter un timbre et de l’envoyer, tout ça sur son temps de vacances… C’est plutôt cool. Quand on sait que les premières cartes postales en France sont apparues pour permettre aux soldats de communiquer des nouvelles à leurs familles pendant la Guerre franco-prussienne, il y a 150 ans, soutenir ses collègues restés eux aussi sur le « front », voilà qui fait sens ! Aux grands collègues, les vacanciers reconnaissants !

La carte diabolique

C’est l’inverse de la précédente. Cette carte satisfait à un irrémédiable besoin d’enquiquiner son entourage professionnel. Le paysage de sable blanc, la plage paradisiaque d’un autre continent, les cocktails et les transats, toute la mise en scène sur la face de cette carte postale est pensée pour vous foutre la rage. Michel, l’expéditeur, a encore frappé. Comme chaque année, il est le premier à prendre des congés, début juin, et il le fait savoir. « Ma chère Marceline… L’eau est à 28, on dirait de la soupe. J’espère qu’il ne fait pas trop chaud dans l’open-space. Amitiés. » Vous savez que Michel a eu un petit rire démoniaque en écrivant au dos de cette carte, qu’il l’avait encore lorsqu’il l’a glissée dans la boîte aux lettres, et qu’il l’aura probablement à chaque moment de la journée où il s’imaginera votre mine déconfite regarder le petit rectangle. De toute façon, on ne l’aime pas beaucoup par ici et il sera de retour avant la fin du mois au bureau, quand ce sera à votre tour d’être en congés… la vengeance, ce cycle éternel. Pour l’heure, vous ne lui souhaitez qu’une morsure de requin !

La carte du collectionneur

Cette carte, vous ne la verrez pas arriver par voie de courrier, elle n’a d’ailleurs pas besoin de timbre. Son auteur la ramènera lui-même pour compléter, telle une pièce de puzzle manquante, le mur déjà bien garni de son bureau - façon office de tourisme - où s’étalent ses propres aventures : Vietnam, Australie, Pérou, Russie, ce collègue a foulé chaque continent « porté par l’esprit des pionniers ». Dans sa vie pro, il·elle est comptable mais l’excitation est ailleurs. Disposant en outre de cinq semaines de congés annuels comme vous, il ne travaille que pour ces trips. Prudence, ce globe-trotteur capable d’apnée de la parole peut tenir un monologue de quinze minutes au sujet de sa passion dévorante, si vous avez le malheur de commenter son dernier trophée de chasse. Le principal c’est bien qu’il·elle profite bien, même si personnellement, votre souffle s’écourte rien qu’à l’évocation de sa rando’ en forêt Amazonienne sur les traces du Chupacabra. Empreinte carbone 1 - Planète 0.

La carte juste pour prévenir : « Je ne reviendrai jamais ! »

Pas certain que celle-ci trône sur le bureau de quiconque en revanche, mais vous entendrez à coup sûr parler de cette missive. « Cher patron, par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste, le sable fin et les caïpirinhas ont eu raison de ma volonté. » Margot a pris le large, a tiré sa révérence, a pris ses cliques et ses claques… Elle s’est rendue à l’évidence sur son lieu de vacances que bizarrement, la grisaille n’allait pas lui manquer. Allergique aux conventions, elle a jeté son dévolu sur ce recto figurant un joli hamac accroché entre deux palmiers, au-dessus de l’inscription « ne me réveillez pas, je travaille », en guise de lettre de démission. Admiratif·ve, vous vous demandez tout de même « on peut réellement démissionner par carte postale ?* » Si l’idée vous prend, dans le doute, utilisez un recommandé.

La carte « Ah que cucul ! »

Sur ces cartes postales ne figurent pas toujours des Images d’Épinal et de jolis paysages. À côté des cartes officielles, celles, un peu beauf, qu’on trouve sur tous les étalages et qu’on a tous acheté au moins une fois. Le côté obscur du tourisme. Vous pourriez recevoir l’une d’elle en ces propos : « Tu as un courrier d’Hervé », vous annonce votre collègue amusée, en vous tendant une carte. Hervé, ok, vous le trouvez sympa, surtout autour d’une bière en afterwork ou lors d’un match de foot, mais vous avez déjà douté de sa finesse et de son rapport à l’élégance. Inquiet·e, vous lisez : « Chez Francis, une vue splendide sur l’île de Ré… » Le “paysage” au recto - que vous redoutiez (à raison) - est plutôt évocateur et joue habilement sur un jeu de mot graveleux, que vous n’assumez pas du tout. Sacré Hervé ! Bien entendu la carte a circulé de bureau en bureau avant d’arriver au vôtre, le tout sans enveloppe (pourquoi se censurer si c’est drôle ?). Depuis le temps que ça vous pendait au nez, ça y est, Hervé vous a mis dans la panade. Son image de grand beauf rejaillit sur vous. Dites donc, vous ne seriez pas un peu rouge vous, un coup de soleil peut-être ?

La carte de l’accro au travail

Sous des apparences classiques, cette carte cache le mail contrarié d’un zélé du travail. Généralement en provenance d’un supérieur et à destination de “toute l’équipe des salariés”, on peut y lire entre les lignes : « Certes, je ne suis pas là pour vous surveiller mais j’espère que vous bossez ! » Cela dit, ce n’est peut-être que votre propre interprétation, car vous étiez effectivement absorbé·e par tout autre chose que votre travail, en train de compter le nombre d’agrafes restant dans le réservoir de la pince “36”. Après tout, votre manager est plutôt sympa. Vous notez tout de même un « P.-S. Le dossier relatif à l’acquisition d’un nouveau portefeuille de clients trouverait une place idéale sur mon bureau à la rentrée. » D’ailleurs cette carte postale, vous êtes sûr·e de l’avoir aperçue dans un kiosque proche du bureau.

La carte pansement qu’on s’écrit pour la reprise

« Cher moi-même… » Choisissez une belle vue qui vous rappellera au souvenir des vagues et de vos meilleures siestes sous un parasol, dans l’écho à peine audible du moteur à hélices d’un avion de publicité. L’avion passait, vous sombriez et les lettres qu’il tractait se dispersaient dans le ciel au point que vous vous demandiez si c’était « un W ou une mouette » qui volait ? Une goutte de monoï en coin, pour le souvenir olfactif et le tour est joué. Cette lettre à vous-même peut vous rebooster à la rentrée et vous laissera en tout cas une trace indélébile de vos congés (à l’inverse de votre teint hâlé). Rien de mieux pour guérir des vacances. Mais gare à la nostalgie ! Hypnotisé·e par le paysage miniature et les hélices d’un ventilateur cette fois, vous pourriez commencer à voir apparaître sur votre écran d’ordinateur, des lettres aux allures d’oiseau.

Que nos collègues pensent sincèrement à nous, ou qu’ils·elles veuillent fortement que nous pensions à eux·elle (c’est selon) ou tout simplement parce que le boulot nous manque (ou pas), les cartes postales viendront sûrement agrandir cet été la boutique souvenirs compilée à la surface de nos bureaux. Intemporelles, elles nous rappellent l’importance de notre attachement et de nos liens en entreprise, le tressage entre la vie privée et la vie professionnelle. Et soyons honnêtes, elles sont un bon indicateur de l’ambiance générale de notre boîte. On ne prendrait sûrement pas le soin d’écrire à nos collègues si le jeu n’en valait pas la chandelle.

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Photos by Thomas Decamps pour WTTJ ; Article édité par Gabrielle Predko

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