Soft skills : quelles sont les plus recherchées en 2022 ?

Soft skills : quelles sont les plus recherchées en 2022 ?

La démocratisation du télétravail et du format hybride a mis de nouvelles compétences humaines et comportementales sur le devant de la scène. Leur maîtrise est devenue indispensable au succès de l’entreprise – et pas seulement en temps de crise. Alors, quelles sont les soft skills les plus prisées en 2022 ? Sur lesquelles devriez-vous miser dans vos stratégies de recrutement et de management ? Voici 5 compétences comportementales qui ont le vent en poupe.

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L’adaptabilité pour naviguer dans l’inconnu

Avant la pandémie, le télétravail à temps complet concernait moins de 2% des salarié·es. Pendant les confinements, jusqu’à 40% des employé·es du secteur privé l’ont adopté. Depuis, les chiffres fluctuent au gré des recommandations et des restrictions du Gouvernement, mais aussi du bon vouloir des entreprises et des préférences des équipes. En tout cas, ce virage organisationnel pris à toute allure a exigé une grande capacité d’adaptation de la part des collaborateur·rices, qui ont développé leur capacité à gérer l’imprévu et se réinventer, leur flexibilité et leur inventivité.

Cette année encore, savoir accepter les aléas externes est vital car le changement constitue une part importante du nouveau paradigme du travail. En effet, 50% des emplois peuvent déjà être automatisés avec les technologies actuelles. De même, entre zéro et un tiers des activités pourraient être remplacées d’ici à 2030 : 75 à 375 millions de travailleur·ses devront donc changer de domaine. Indéniablement, la crise du Covid accélère ces prédictions économiques avec comme conséquence, le besoin urgent de s’entourer de personnes plus agiles, capables de travailler de manière hybride, et qui savent rebondir. Côté travailleur·ses, même constat : 72 % des cadres identifient la capacité d’adaptation comme la compétence n°1 pour faire face aux futures disruptions.

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Une bonne maîtrise de la communication mixte en milieu virtuel

Le développement du télétravail et du travail hybride a bousculé les manières de collaborer : multiplication des échanges, hausse de la transversalité, communication plus désintermédiée entre direction et salarié·es… D’une part, cela exige la maîtrise d’un panel d’outils de communication tels que Skype, TEAMS et Slack. Zoom, par exemple, a vu une explosion de ses demandes dès le premier confinement, passant de 10 millions d’utilisateur·rices quotidiens en décembre 2019 à plus de 300 millions en avril 2020. D’autre part, même si ces logiciels sont généralement intuitifs, manier leurs usages de manière appropriée reste un défi. Par exemple, savoir communiquer au bon rythme et avec les bons outils en fonction de l’objectif de l’échange : réunion individuelle, demande de renseignement, brainstorming, ateliers de travail ou encore questions-réponses. Savoir communiquer est devenu un art en milieu virtuel ! Déjà en 2008, une classification de l’OCDE avait positionné la communication comme l’une des 4 compétences clés du 21e siècle. Les « 4 C » – créativité, coopération, communication et esprit critique – seraient indispensables pour mieux traverser les bouleversements du travail tels que les transitions liées au digital et à l’automatisation.

Cette prospective RH se confirme en 2022 : savoir manier la communication en milieu digital est un incontournable pour mener des réunions virtuelles, garder le lien, rester efficaces et gérer ses projets. Mais la communication à distance ne va pas sans une posture d’écoute attentive et une certaine intelligence émotionnelle : savoir reformuler ou encore déceler le non-verbal nécessairement plus subtil derrière un écran. Former les salarié·es à la conduite de réunions à distance ou mixtes qui soient efficaces et engageantes constitue un véritable enjeu. « Les soft skills ne sont pas opposées aux hard skills, elles viennent les sublimer », rappelle Julien Bouret, co-auteur de l’ouvrage Le Réflexe Soft Skills (éditions Dunod).

L’autonomie… favorisée par une culture interne adéquate

Souvent isolé·es devant leur écran, bon nombre de télétravailleur·ses ont appris à gérer seul·es les priorités, créer, innover ou même entreprendre. En effet, à distance et avec un management parfois moins directif (ou, du moins, moins présent), ils / elles se sont autorisé·es à prendre davantage d’initiatives. Même sur un petit périmètre, cette aptitude à oser agir ou décider sans d’interminables validations favorise la confiance en soi. Or la capacité à prendre des décisions ne va pas sans un minimum d’assurance. Fait intéressant, Degreed, la plateforme spécialisée dans la détection et le développement de nouvelles compétences, a publié en 2021 une étude mondiale sur l’état des compétences. Outre les compétences métiers, certaines soft skills ressortent largement en tête : la prise d’initiatives est en haut du podium, quel que soit le métier, mais aussi le pays.

En 2022, les personnes capables de gérer et piloter leurs différentes missions de manière autonome feront la différence, qu’elles travaillent au sein d’équipes distribuées ou non. Mais attention, l’autonomie ne peut germer ex nihilo au sein d’une organisation. Celle-ci doit promouvoir une culture du droit à l’erreur, former les managers au « servant leadership » et créer un système de valeurs fondé sur la reconnaissance individuelle. Un chantier RH d’envergure mais aux effets positifs et durables sur la croissance et la performance.

Plus de coopération pour rebondir et avancer ensemble

Lors des différents confinements et phases de télétravail obligatoire, les collaborateur·rices ont mis en place des formes d’entraides sur les projets mais aussi sur les aspects plus personnels de leur vie : partage de bonnes pratiques sur l’équilibre pro / perso, la gestion du stress, les nouveaux outils… La coopération s’est développée pour faire corps face à un environnement plus complexe. Cette compétence s’avère stratégique pour Boris Cyrulnik, neuropsychiatre : « La résilience dépendra de deux facteurs. L’un est le soutien mutuel des uns envers les autres, la solidarité de tous. L’autre sera notre capacité, ou non, à inventer. Inventer une nouvelle culture ».

En 2022, face aux nouveaux défis qui nous attendent, il faut poursuivre cet effort du travail collectif autour d’un but commun. La coopération doit devenir un moteur des organisations comme le suggère Maurice Thévenet, professeur à l’Essec Business School : « Quelles que soient les situations, […] il faudra toujours travailler dur à mieux interagir, collaborer avec les autres. » Il faudra, au sens de Carney et Getz (2009), « libérer les organisations du poids de leurs procédures et de leur hiérarchie, substituer davantage l’autonomie au contrôle, et donc instaurer une culture de coopération ». Cette culture passe par des valeurs et des comportements observables nécessitant une nouvelle matrice managériale plus coopérative.

Des soft skills aux mad skills : les compétences atypiques pour pimper son année 2022

Quand on sait qu’une compétence technique a une durée de vie qui oscille entre 12 à 18 mois selon l’OCDE, les compétences atypiques, innovantes et créatives sont celles qui compteront vraiment sur le long terme. Leur nom ? Les mad skills. Un concept tout droit venu de la Silicon Valley qui englobe les compétences rares, originales et atypiques d’un individu. Par exemple, l’esprit décalé, l’originalité ou encore la singularité. Le psychologue social Serge Moscovici qualifie les personnes dotées de telles compétences de « déviants positifs ». Leur atout dans un monde en pleine transformation ? Ils / elles n’ont pas peur de porter de nouvelles initiatives ni de challenger l’ordre établi. Ces « corporate hackers » sont des électrons libres généralement doté·es d’une vision intuitive et puissante des mutations nécessaires à l’entreprise. Après les deux années de pandémie que nous venons de traverser, on comprend l’intérêt de ces compétences qui permettent de trouver rapidement des réponses à des problématiques opérationnelles et complexes : défricher les modèles de pensée classique, développer de nouveaux produits ou services, proposer d’autres perspectives, inventer de nouveaux processus internes, lancer rapidement des solutions disruptives…

Pourquoi devrait-on parier sur les mad skills ? En s’appuyant sur ces compétences uniques, l’entreprise s’ouvre aux opportunités transformationnelles offertes par la crise sanitaire et accueille les changements inévitables. En effet, « à l’heure où la différence ne se fait plus par les produits mais sur les idées, les décideurs sont en quête de profils singuliers dotés d’une forte personnalité, capables de produire des idées disruptives et d’instaurer une véritable culture de l’intelligence collective », souligne Sandrine L’Herminier, autrice de l’ouvrage Tu seras un manager responsable, mon fils !.

Soft skills ou mad skills, l’un des enjeux RH réside essentiellement dans le fait de capitaliser sur ce tissu de compétences émergentes afin d’ancrer de bonnes pratiques comportementales, notamment autour des usages numériques. Afin de les valoriser et d’en faire un levier de croissance, il faut réinventer la gestion des compétences autour de ce patrimoine interne. Ceci implique une refonte du système d’évaluation, le renouvellement du parcours collaborateur·rice et de la mobilité, de nouvelles politiques de formation ou encore la création de pôles de compétences.

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Photo par Thomas Decamps pour WTTJ
Article édité par Héloïse De Montety
Mis à jour le 5 janvier 2022 par Ariane Picoche

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