La prise de références à la sauvage, ça se fait ?

  • November 6, 2019

Pour prétendre à un nouveau job, il y a l’expérience qui compte, mais aussi vos références. Parce que, bien sûr, si l’on en croit votre CV et votre mail de motivation, vous êtes LA personne faite pour ce job. Mais quelle impression avez-vous laissée à vos derniers employeurs ? Êtes-vous vraiment celui ou celle que vous prétendez être ? Ou pire, avez-vous menti sur votre parcours ? Ce sont ces informations - entre autres - que vient chercher votre recruteur lorsqu’il contacte votre employeur, actuel ou précédent… Mais, pour enquêter sur vous, quels sont ses droits ? Et votre ancien manager qui n’a jamais pu vous encadrer, peut-il vous décrédibiliser ? Et si vous postulez alors que vous êtes encore en poste, le recruteur peut-il contacter votre employeur actuel ? Welcome to the jungle vous dit tout sur ces fameuses références, qui peuvent tout faire basculer.

Coup d’œil sur les références

« Je ne te comprends pas, mais je respecte en toi ce que je ne comprends pas, j’accueille ton âme sans lui demander son nom et ses références, je crois en toi. » Gustave Thibon, philosophe.

Pour quoi faire ?

Si votre recruteur demande des références, ça ne veut pas forcément dire qu’il ne vous croit pas, mais il est prudent. De plus en plus, dans le cadre d’une candidature à un emploi, on peut vous demander des références professionnelles. Si elles ne sont pas obligatoires comme dans le monde anglo-saxon, il serait bien mal venu de refuser de jouer le jeu…

En bref, les références sont une liste de contacts rencontrés dans vos expériences professionnelles passées (ancien professeur, tuteur, maître de stage, manager…), que vous mettez à la disposition de votre recruteur. Ces précieuses coordonnées permettront à votre recruteur d’en savoir plus sur vous, avant de faire son choix. Il pourra ainsi vérifier non seulement la véracité des informations sur votre CV, mais également vos capacités à vous intégrer dans sa sphère professionnelle.

À quoi ça sert ?

Personne ne vous reprochera de n’avoir pas prévu une rubrique “références” dans votre CV. Mais, il est regrettable de ne pas se tenir prêt à la fournir. Selon une étude récente menée par le cabinet Oasys Consultants, 87% des cabinets de recrutement opèrent à un contrôle de vos références qui sont souvent, voire systématiquement, exigées par l’entreprise qui vous recrute. Cette étude nous apprend aussi que 45% des vérifications sont réalisées auprès des anciens N+1 du candidat et finalement assez peu (10%) auprès du service RH. Plus intéressant encore, 69% des personnes contactées pour ce contrôle proviennent des références données par le candidat. Il peut donc être judicieux de fournir vous-même vos références et de les sélectionner pour leur qualité. Prenez-en bonne note !

Les do et don’t de la prise de références

Dans les faits, 31% des recruteurs continuent à prendre des références qui ne sont pas uniquement celles fournies par le candidat. C’est si simple, un coup de fil à votre (ex) N+1 que votre recruteur a connu sur les bancs de l’école ou bien qu’il a trouvé sur Linkedin… Dans une petite discussion informelle, il lui est facile d’aller à la pêche aux infos : marié, des enfants, votre précédent salaire, vos points faibles… Mais en a-t-il le droit ? Et votre N+1 peut-il dire de vous ce qui lui chante ?

Que peut faire le recruteur ?

Votre recruteur est certes en position de force, mais il n’a pas tous les droits. Il doit impérativement respecter deux principes lors de la prise de références :

  • Ne demander que des informations pertinentes, donc en lien avec le travail.
    Les questions doivent avoir un lien “direct et nécessaire” avec le poste à pourvoir (art. L1221-6 du Code du travail). Si votre recruteur pose des questions indiscrètes sur votre vie privée, ou discriminantes sur votre orientation sexuelle ou votre état de santé, vous pourriez le contester devant le conseil des Prud’hommes. Mais encore faut-il en avoir connaissance et pouvoir le prouver…

  • Collecter les informations de manière loyale.
    Sachez que la collecte d’informations à votre sujet par “prise de référence” ne peut se faire qu’avec votre consentement. L’article L1221-9 du Code du travail impose également au recruteur de porter à la connaissance du candidat, les dispositifs mis en place pour collecter les informations qui le concernent personnellement. L’attitude du recruteur est donc illicite ou déloyale si, sans votre autorisation écrite, il informe votre actuel employeur de votre candidature dans son entreprise. Vous pourriez le dénoncer à la CNIL ou le poursuivre devant le conseil des Prud’hommes. Là, la preuve est simple, si le recruteur n’a pas la preuve écrite de votre autorisation, il est en tort.

Que peut dire votre employeur ?

Il est évident qu’il vaut mieux s’abstenir de référencer toute personne qui pourrait ne pas vous porter dans son cœur. Nul besoin de vous conseiller de ne garder dans votre liste que ceux qui vous veulent bien. Mais, même une fois ces précautions prises, on n’est jamais à l’abri d’un dérapage… Alors que faire contre une révélation nuisible ? Certes, on ne peut pas empêcher la médisance, mais on peut toujours poursuivre celui qui nuit. Si l’information est de nature discriminante ou concerne votre vie privée, vous pouvez l’attaquer aux Prud’hommes (art. L.121-6 du Code du travail) et, si elle vous a causé un préjudice, vous pouvez demander des dommages et intérêts (anc. art. 1382 du Code civil).

Références, prenez les devants

N’ayez pas l’air offusqué lorsque votre recruteur vous demande des références. L’idée n’est pas de vous piéger, mais bien de s’assurer qu’il est en train de faire le bon recrutement. D’ailleurs, s’il vous les demande, c’est sans doute que votre profil lui plaît.

Prévoyez une liste de références et une lettre de recommandation !

Aux US, la pratique veut que l’on inscrive ses références, c’est-à-dire les coordonnées des personnes à contacter, directement sur le CV, mais en France, ce n’est pas très courant. D’ailleurs, il est plutôt conseillé de ne pas les annoncer d’emblée, cela pourrait être perçu comme un besoin de se justifier ou un manque d’assurance. Préparez plutôt une liste en amont, que vous pourrez donner en temps utile.
En revanche, en France la pratique de la lettre de recommandation est valorisée. Lorsque vous quittez un poste, demandez toujours à votre N+1 de vous écrire une lettre de recommandation. Vous pourrez tout à fait la remettre à votre recruteur en même temps que votre CV. Gardez aussi des contacts réguliers avec vos anciens collègues, sur LinkedIn aujourd’hui rien de plus facile ! Vous pouvez même leur demander d’ajouter une recommandation directement sur votre profil.

Identifiez les personnes à mettre en référence

Il est généralement recommandé de donner le nom de personnes qui supervisaient votre travail. Elles pourront ainsi témoigner de votre sérieux et parler de vos résultats. Si vous ne pouvez pas donner le nom d’un N+1, il est important d’expliquer pourquoi : il a quitté son job, vous aviez de mauvais rapports… Mieux vaut être transparent avec le recruteur.

Pour chacun, indiquez son nom complet, l’intitulé du poste occupé, le nom de l’entreprise qui l’emploie, son adresse mail et son numéro de téléphone. Précisez aussi qui était cette personne par rapport à vous au sein de l’entreprise. Avant de citer leurs noms, contactez-les pour obtenir leur accord. Profitez-en pour vérifier leurs coordonnées et prévenez-les d’un appel potentiel de votre recruteur.

Prévenez les personnes que vous allez citer en référence

Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous pouvez préparer vos références aux questions qui leur seront posées. Selon le site du cabinet de recrutement Robert Half, les questions portent souvent sur :

  • La vérification du CV : quel poste avez-vous occupé ? Quelles étaient vos réalisations ?
  • Vos compétences professionnelles : quelles sont vos qualités ? Vos points forts ? Vos points faibles ? Comment travaillez-vous ? Comment travailler avec vous ?

Aidez-les en leur rafraîchissant la mémoire !

Restez maître du temps

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », comme la tortue de La Fontaine, soyez stratège. N’allez pas donner trop vite à votre recruteur le numéro de votre manager si celui-ci ne connaît pas votre intention de le quitter. Les recruteurs le savent, dénicher des talents c’est aussi les débaucher. Ils sont tenus à la confidentialité et, sans votre accord, ils n’ont pas le droit de contacter votre actuel manager. Soyez explicite. Fixez le timing et demandez un délai pour annoncer votre départ à votre actuel employeur. Plus vous serez pro’ et confiant dans la maîtrise de cette situation, plus vous ferez bonne impression !

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Photo d’illustration by WTTJ

Gabrielle de Loynes

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