Pour éviter les fins d'entretien d'embauche gênantes, comment conclure ?

Entretien d'embauche : comment bien le conclure ?

L’échange était parfait, vous avez rebondi à chaque question du recruteur à la perfection : tac, tac, tac… Mais au fur et à mesure, la conversation s’éteint jusqu’à ce moment gênant où vous vous regardez dans la blanc des yeux avec le recruteur avec pour uniques mots à la bouche : “Voilà, voilà…” Alors, comment garder le meilleur pour la fin en entretien d’embauche ? Laisser le blanc s’installer ou, au contraire, prendre l’initiative de conclure ? Pour ne pas commettre d’impairs, suivez le guide.

À quel moment faut-il conclure la conversation ?

Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul à subir cette gêne. La plupart du temps, quand deux personnes discutent, elles ne savent pas toujours comment, ni à quel moment terminer la conversation. C’est une étude américaine - Do conversations end when people want them to ? (soit “Les conversations se terminent-elles lorsque les interlocuteurs le désirent ?”, en Français) - qui le dit. Adam Mastroianni, doctorant en psychologie à l’université Harvard, et son équipe, ont constaté que seulement 2% des conversations se terminaient quand les deux parties en avaient envie. Cette étude montre également que nous avons du mal à comprendre lorsque la personne en face de nous souhaite mettre fin à la conversation.

Si cela vous arrive lors d’un entretien d’embauche, inutile de vous torturer plus longtemps pour savoir comment faire pour vous en extirper, même en cas de blanc dans la conversation ou de signes physiques qui pourraient alerter (le recruteur qui se lève par exemple). Ce n’est pas à vous, candidat, de le faire : « Selon une règle tacite, c’est le recruteur qui mène l’entretien, prévient Sophie Bellec, consultante en recrutement et ressources humaines. Sinon, cela signifie qu’il fait mal son travail. » Même si l’entretien est un véritable moment d’échange entre candidat et recruteur, c’est tout de même ce dernier qui est à la manœuvre. « Le code de politesse générale n’impose rien mais invite fortement le recruteur à gérer le timing », analyse Thibaut Peyron, directeur de l’offre executive Search chez Talentpeople.

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C’est vous qui avez le dernier mot

Une fois que ce moment d’échange touche à sa fin, le recruteur va, de manière directe ou indirecte, vous laisser l’opportunité de vous exprimer une dernière fois avant de partir. « Même si je mène l’entretien, je laisse toujours le dernier mot au candidat », atteste Sophie Bellec. Autrement dit, c’est le moment opportun pour laisser une dernière bonne impression ! À l’interrogation “Avez-vous encore des questions ?”, répondez en plusieurs étapes :

1. Posez des questions

En tant que candidat, il faut toujours poser des questions lors d’un entretien. Ainsi, vous soulignez votre intérêt pour le poste et l’entreprise. Sophie Bellec d’avertir : « Le pire serait de ne pas avoir de questions. C’est très inquiétant pour un recruteur, cela peut dénoter un manque de vision, un entretien subi. Attention aussi à ne pas poser une question sur un sujet déjà évoqué précédemment. À moins de préciser que vous n’êtes pas sûr d’avoir compris un point précis, ce serait une maladresse. »

2. Récapitulez

Une fois les réponses obtenues, profitez-en pour restituer de manière rapide et synthétique les principaux enjeux du poste et de son environnement. « C’est un signe d’attention, cela signifie que vous avez écouté pendant l’entretien, que votre sens critique est aiguisé et que vous êtes agile. Vous avez su rebondir sur l’opportunité de prendre la parole une dernière fois », analyse Sophie Bellec.

3. Rajoutez-en une couche

C’est le moment de réitérer votre motivation en vous attardant sur un ou deux détails pertinents qui peuvent intéresser le recruteur. Si, entre-temps, vous est revenu un exemple concret et pertinent, n’hésitez pas à lui en faire part également. « Les recruteurs ont besoin d’être rassurés. Les bons candidats sont ceux qui savent répondre à leurs inquiétudes. En amont, il faut donc être bien préparé, être confiant et avoir une bonne estime de soi », préconise la consultante. « Et remerciez toujours le recruteur pour le temps qu’il vous a accordé », ajoute Thibaut Peyron. Ce remerciement peut d’ailleurs faire l’objet d’un e-mail quelques heures après l’entretien, ou le lendemain.

En tout cas, ne laissez pas passer l’occasion de cette dernière possibilité car elle est appréciée des recruteurs : « Il serait dommage, voire refroidissant, pour un candidat de ne pas saisir cette chance de prendre la parole une dernière fois. Je le prendrais pour un manque de mobilité intellectuelle », insiste Sophie Bellec.

4. Planning et moment de blanc

Normalement, à la fin d’un entretien, chaque candidat est censé repartir avec une idée du planning à venir (délai pour relancer le recruteur, date de prise de poste, etc.) Si ces informations ne vous ont pas été données, n’hésitez pas à les demander poliment. Par contre, en cas de flottement de la part d’un recruteur, ne prenez surtout pas l’initiative de clôturer l’entretien, cela serait mal vu. « Ce serait prendre la main d’une façon inappropriée pour le candidat, appuie Sophie Bellec. Je me dirais que le candidat n’est pas intéressé par le poste. Dans ces cas-là, autant le dire tout de suite pour conclure l’entretien en bonne et due forme. »

Quid des entretiens en visio ?

Et si la crise sanitaire a bousculé les codes des entretiens d’embauche ? Plus de contact physique, un temps de déplacement qui disparaît, moins de body langage à analyser… « Pour un entretien en visioconférence, la relation n’a vraiment plus rien à voir avec les entretiens physiques, explique Thibaut Peyron. Nous pourrions nous interroger sur le fait que cela puisse être au candidat de mettre fin à l’entretien. En tout cas, cela paraîtrait moins impoli que lors d’un entretien physique auquel le candidat a été invité et reçu. » Dans le doute, abstenez-vous. On ne sait jamais…

Quid de la poignée de main franche, très importante pour les recruteurs ? « Elle était peut-être trop importante pour nous justement. À partir d’aujourd’hui, ce geste sera peut-être remplacé par un petit signe de la main. C’est aux candidats de se réinventer quand les entretiens physiques auront repris », résume Thibaut Peyron. Si vous aimez parler de tout et de rien avec les recruteurs le temps d’être raccompagné à la porte, il faut également trouver d’autres subterfuges : « Ces petits moments essentiels de convivialité où on parle de tout et de rien ont complètement disparu. En visio, on se dit au revoir, on clique et c’est fini. » En tant que candidat, il vous sera difficile d’entamer une conversation informelle entre écrans interposés mais saisissez la perche quand le recruteur vous la tend à propos de vos hobbies ou de tout autre sujet non-professionnel. Lorsque celui-ci vous explique qu’il va mettre fin à l’entretien, vous pouvez même vous intéresser un peu plus à son quotidien : « Vous avez beaucoup de travail en ce moment ? », « C’est une journée chargée ? » Une chose est sûre, visio ou pas, il ne faudra pas oublier de dire au revoir en bonne et due forme, « sans se presser », conclut Thibaut Peyron.

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Photo by WTTJ.
Article édité par Manuel Avenel

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