Entretien d’embauche : comment adopter une bonne communication non verbale ?

18 sept. 2021 - mis à jour le 01 juil. 2022 6min

Entretien d’embauche : comment adopter une bonne communication non verbale ?

auteur.e

Ingrid Dupichot

Freelance Content Writer

Vous avez passé des heures à bichonner votre CV, vos listes de compétences et vos soft skills. Vous connaissez votre discours sur le bout des doigts et vous vous sentez prêt pour le décisif entretien d’embauche. Mais lors de ce moment clé, le succès ne réside pas seulement dans ce que vous dites. La clé de la réussite se trouve en fait dans votre communication non verbale. Inconsciemment ou pas, votre comportement influence le jugement de l’autre. Vos gestes et vos postures transmettent des messages déterminants pour le recruteur.

Alors, comment décoder les signaux de la communication non verbale en entretien ? Et comment la maîtriser pour dégager une image confiante en entretien ? Nos conseils pour mieux communiquer et laisser une bonne impression au recruteur.

Qu’est-ce que la communication non verbale ?

Imaginez-vous dans la peau d’un recruteur. Installé dans votre bureau, vous lisez la lettre de motivation envoyée par un candidat. Quelques minutes plus tard, vous accueillez un nouveau postulant. Cette fois-ci, il est assis en face de vous et il vous explique à l’oral pourquoi il est la personne idéale pour le poste. Évidemment, en tant que recruteur, vous risquez d’en apprendre beaucoup plus sur votre candidat une fois l’avoir rencontré dans votre bureau. Pour quelle raison ? Dans une discussion, la communication non verbale, comprenez l’échange d’information sans mots, représente en fait l’essentiel du message. Et c’est bien pour cela que l’entretien d’embauche est une étape si importante dans un processus de recrutement.

Le body language peut alors se lire à travers plusieurs comportements :

  • Les attitudes corporelles : la façon dont vous bougez les mains, dont vous positionnez votre tête, dont vous placez votre regard, vos bras, etc.
  • Les expressions du visage et les mimiques faciales : comment vous souriez, clignez de l’œil, froncez les sourcils, gardez la bouche ouverte, ou encore si vous montrez un visage détendu ou au contraire des rides apparaissent sur votre front…
  • Les manifestations physiologiques : si vous devenez tout rouge, vous suez, vous tremblez…
  • L’intonation de sa voix : si vous avez une voix calme ou au contraire un débit très rapide, si vous bégayez, si vous parlez fort ou non…

Si on résume souvent la communication non verbale au langage du corps, les tenues vestimentaires, la façon de se maquiller et de se coiffer, peuvent aussi donner des indices. Au final, lors d’un entretien, nous transmettons beaucoup plus d’informations par notre manière d’être que par nos mots. Les indices non verbaux peuvent traduire de la nervosité. Ils peuvent aussi être utilisés pour détecter des mensonges et deviner les intentions d’un candidat.

La communication verbale et non verbale, quelle importance ?

Les travaux conduits par le Professeur de psychologie Albert Mehrabian ont établi la règle des 7% - 38% - 55%. Selon lui, dans la transmission d’un message verbal, le sens des mots ne compterait que pour 7%. Le ton et la voix compteraient pour 38% et surtout l’impression visuelle représenterait 55% de l’interprétation. Ainsi, près de 93% du message transmis passerait par des éléments non verbaux.

La communication non verbale fait donc partie des codes de la séduction déterminants lors d’un entretien embauche. Lorsqu’il y a un décalage entre votre discours et votre manière d’être, vos signaux émotionnels deviennent contradictoires. Et cela se remarque souvent comme le nez au milieu de la figure ! Le recruteur vous suspecte alors d’être mal à l’aise, en conflit avec vous-même ou inconfortable pour le poste. C’est aussi un moyen pour lui de détecter les mensonges, les insécurités et les doutes.

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Comment améliorer sa communication non verbale ?

Louis Augustin Calonne est consultant en analyse comportementale et synergologue (la synergologie est la pratique de profilage gestuelle qui permet de comprendre et de déchiffrer le non verbal). Il a notamment pour habitude de conseiller et d’assister des professionnels lors de recrutements et négociations. S’il ne transmet aucune recette toute faite pour adapter son langage, selon lui, bon sens et authenticité sont indispensables. Il nous livre ses conseils pour rester naturel et paraître à l’aise.

1. Ne surjouez pas et dites la vérité

Certes, ce conseil peut paraître évident, mais il n’en est pas moins la clé d’une bonne communication non verbale. Plus vous restez authentique et aligné avec vos valeurs, plus vous dégagez de la confiance. Si vous n’êtes pas emballé par votre nouvelle entreprise et que vous feignez l’enthousiasme, votre corps finit par le dire. Vous commencez par vous frotter le bout du nez, vous ne regardez plus votre interlocuteur dans les yeux, vous manquez de spontanéité. Bref, un recruteur un peu attentif vous décode très rapidement. L’exercice est donc de savoir dire la vérité sans pour autant se fourvoyer. Soyons honnêtes, ce n’est pas toujours simple, mais nous avons rassemblé les meilleures techniques pour allier transparence transparence et diplomatie en entretien.

2. Préparez-vous et soyez sûr de votre choix !

Bien se préparer pour un entretien veut aussi dire connaître le poste, l’entreprise, le secteur et l’environnement de travail qui peuvent vous convenir. Être sûr de son choix permet, là aussi, d’acquérir de la confiance. Il est aussi clé d’anticiper les questions du recruteur. Plus vous maitriserez votre discours, plus vous pourrez vous concentrer sur votre langage corporel. Vous ne pourrez jamais être exhaustif, mais certaines interrogations reviennent fréquemment. « Pouvez-vous me parler de vous… ? », « Quelle est la réalisation professionnelle dont vous êtes le plus fier ? »…

3. Pratiquez la « power pose »

La « power pose » est un exercice qui aide à se mettre dans le bon état émotionnel, et notamment lutter contre le stress lié à un entretien. L’idée véhiculée par la psychologue américaine Amy Cuddy est la suivante : le langage corporel affecte notre vision de nous-même et des autres. Ainsi, se tenir debout en arborant une posture confiante, même quand on ne le sent pas, permet de booster sa confiance en soi. Dès lors, les chances de faire bonne impression augmentent. Pensez à pratiquer la power pose en amont de l’entretien en travaillant votre posture corporelle. La power pose est également efficace pendant l’entretien. Pensez-donc à vous tenir bien droit, face à votre interlocuteur, les pieds bien ancrés dans le sol, le buste mobile… Et si vous êtes assis, gardez les pieds à plat et les mains visibles.

4. Adaptez votre langage au recruteur

Attention, il ne s’agit pas de travestir son comportement et de mimer tout ce que fait votre interlocuteur. L’adaptation doit avoir pour but de mettre à l’aise votre auditoire. C’est un bon moyen de mieux se faire comprendre… Renseignez-vous au maximum en amont, et pendant l’entretien, adaptez votre langage et votre vocabulaire à celui employé par le recruteur. Entraînez-vous à être sur la même longueur d’onde que lui (oui, ça se travaille !) grâce à la technique des neurones miroirs. Cela vous permettra de vous exprimer plus efficacement et de capter l’attention dès le départ.

Les bonnes et mauvaises pratiques de la communication non verbale

Sans livrer de techniques miracles, voici quelques préconisations pour booster sa communication non verbale et sa maîtrise corporelle.

Les bonnes attitudes corporelles à avoir

  • Maintenez le contact visuel : pour 91,5 % des DRH, la façon dont le candidat garde le contact visuel avec l’interlocuteur est déterminante dans un entretien de sélection. L’idéal ? Regardez le recruteur de façon fréquente sans pour autant le fixer. Et s’ils sont plusieurs : passez de l’un à l’autre. Même si une “affinité” visuelle se crée avec l’un d’entre eux, n’oubliez pas de regarder chacun d’entre eux afin d’inclure tout le monde dans votre discours.

  • Gardez le sourire : les micro expressions du visages sont essentielles. Lors d’un entretien, le recruteur se projette. Il imagine quelle sera votre attitude face à vos futurs collègues et clients. Quoi qu’il arrive, vous devez donc dégager de la positivité.

  • Prenez des notes et écoutez activement : ne venez pas les mains vides à un entretien. Munissez-vous d’un carnet de notes. D’abord, cela vous évite d’oublier les éléments importants de l’échange. Ensuite, vous montrez au recruteur que vous accordez de l’importance à ce qu’il raconte.

  • Soignez les présentations : même si la pandémie est passée par là et a pu, dans certaines structures, rendre la poignée de main obsolète, elle reste courante ! D’après une étude réalisée par l’Université de l’Alabama en 2000, une poignée de main ferme donnerait une impression plus positive. Attention à ne pas serrer la main trop fort, mais prononcez tout de même le mouvement de haut en bas tout en maintenant le contact visuel et en souriant.

Les gestes et attitudes à éviter

  • Les attitudes parasites et petits tics : cliquetis de stylo, machouillage de chewing-gum, grattage de cheveux ou de peau, tapotement nerveux du pied… Autant d’attitudes qu’il est préférable de proscrire car elles trahissent votre stress.
  • Regarder son portable (même discrètement).
  • Ne prêter aucune attention à son environnement ! Se focaliser uniquement sur l’entretien lorsque vous arrivez dans les locaux d’une entreprise est une erreur. Sachez par exemple que dans certaines sociétés, les hôtes·ses d’accueil sont averties et même parfois intégrés·ées dans les process de recrutement. La séduction démarre donc dès l’entrée dans l’établissement. Ne réglez pas vos affaires personnelles au téléphone dans les couloirs, lancez un “bonjour” affirmé si vous croisez d’autres salariés de l’entreprise. Bref, un comportement courtois et serein est plébiscité non seulement par le recruteur mais aussi par tous vos futurs collègues !

[Article mis à jour par Geoffroy Bresson le 4 juillet 2022]

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