Premier emploi en télétravail : « Je n’ai toujours pas rencontré mes collègues »

Premier emploi en 100% télétravail : le témoignage de Constantin

C’est le jour J ! Quelle tenue choisir ? Vers qui se tourner en cas de questions ? Et si j’en pose trop, que va-t-on penser de moi ? Quand à la sortie de ses études, on fait ses débuts dans son premier poste, on est à la fois fou de joie et mort de trouille. Et cette année, il faut composer avec un contexte bien particulier. Les premiers échanges avec le N+1 et les collègues se font sur Zoom, la prise en main du poste passe par Microsoft Teams et il faut s’adapter tant bien que mal aux normes mouvantes du travail à distance. Ça fait quoi d’intégrer une nouvelle équipe depuis sa chambre ? Témoignage d’un jeune salarié en « full remote » (100% télétravail) depuis des mois.

Constantin Coombe vit dans le nord de l’Angleterre. Fraîchement diplômé en management des entreprises, il décroche un job dans la comptabilité au mois d’avril 2020, à Londres. Puis vient le confinement. Par chance, sa boîte a déjà adopté des bonnes pratiques pour gérer le télétravail. On lui envoie un ordinateur et le matériel qu’il lui faut pour commencer à distance.

Passée la phase d’intégration par écrans interposés, il commence à travailler avec plusieurs équipes de l’entreprise…. Mais toujours via des appels en visioconférence. Cinq mois plus tard, ce qui devait être une solution provisoire s’est imposé comme la nouvelle norme. Constantin n’a pas encore mis un pied au bureau ni croisé ses collègues. Et il ne sait pas quand ce jour viendra – pas tout de suite, vraisemblablement.

Défi n°1 : Organiser son coin bureau et caler sa journée

À la fac, les horaires de cours autorisent parfois une grasse matinée en pleine semaine ou une sieste au beau milieu de la journée. Ce n’est pas la même chose lorsqu’on travaille à temps plein. Mais le télétravail nous épargne au moins les trajets quotidiens : autant de minutes grappillées pour prolonger la nuit, faire un peu de sport ou s’adonner à un loisir créatif. Mais, au fond, « rien n’empêche de se lever et de se mettre directement sur son ordi alors forcément, j’en profite », nous avoue Constantin, qui n’était pas mécontent, les premiers temps, d’être en télétravail. « Lorsque j’étais en stage à Londres, j’avais une heure de transport matin et soir. Autant dire que ça ne me manque pas du tout. » D’autant plus que Constantin préfère travailler depuis sa chambre, où il peut se concentrer. Il trouve d’ailleurs qu’il a gagné en autodiscipline dans un environnement où les tentations et distractions sont nombreuses.

« Lorsque j’étais en stage à Londres, j’avais une heure de transport matin et soir. Autant dire que ça ne me manque pas du tout. »

Défi n°2 : Échanger avec son N+1 et ses collègues

Au bureau, connaître et se faire connaître est important – surtout dans un premier poste. Vos collègues sont passés par là avant vous et pourront vous être d’une aide précieuse.

À son arrivée et comme tout nouveau venu, il a dû recevoir une formation en interne. Habituellement, c’est un peu comme retourner sur les bancs de la fac, aux côtés d’autres jeunes qui viennent d’être embauchés. Et c’est en général l’occasion de nouer des relations et de commencer à s’intégrer. Sauf que cette année, les nouveaux recrutés n’ont pas eu l’occasion de se croiser en vrai. « Ceux qui ont commencé il y a un an ou deux se connaissent et sont devenus amis via le travail. Moi, l’opportunité m’est passée sous le nez, je trouve ça vraiment dommage… », nous partage Constantin.

« Ceux qui ont commencé il y a un an ou deux se connaissent et sont devenus amis via le travail. Moi, l’opportunité m’est passée sous le nez, je trouve ça vraiment dommage… »

Au-delà du simple fait de s’intégrer, il n’est cependant pas facile de faire ses premiers pas dans une profession quand on ne voit pas ses collègues en vrai. « Dans la première équipe avec laquelle j’ai travaillé, ils organisent un afterwork virtuel tous les jeudis, une soirée quiz ou autre… » S’il reconnaît les efforts réalisés par l’entreprise pour favoriser le lien, Constantin a le sentiment de ne pas avoir pu réellement briser la glace. « Ça m’a permis de faire la connaissance de quelques personnes et de leur parler en dehors du cadre purement professionnel, mais ça ne remplace pas les rencontres physiques. »

Défi n°3 : Prendre ses marques et poser des questions

Conséquence non négligeable de ce 100% télétravail : Constantin a dû se débrouiller par lui-même pour apprendre à faire certaines tâches. « Il m’arrive d’avoir des trucs à faire pour lesquels je pars très confiant, mais quand je me retrouve devant, je réalise qu’en fait, j’ai un milliard de questions. Donc ça me prend deux fois plus de temps d’aller chercher les réponses dans mon coin. Mais, au bout du compte, je pense que j’acquiers une meilleure compréhension des choses. »

C’est indéniable, choisir le bon moment pour solliciter un collègue, c’est bien plus facile quand on est sur place. Sinon, comment savoir s’il est disponible ? De bonne humeur ? Plutôt que d’envoyer des messages non-stop, Constantin dresse une liste de ses questions et programme un appel avec le dit collègue pour les lui poser en une seule fois. Une méthode, qui, toutefois, a freiné la prise en main de son poste. « Si je partageais un bureau avec quelqu’un, je pourrais lui poser mes questions directement. Devoir passer un coup de fil à chaque fois me ralentit énormément. »

« Devoir passer un coup de fil à chaque fois me ralentit énormément. »

Bilan : une expérience enrichissante, mais à quand la vraie vie de bureau ?

Si le principe du télétravail lui a plu les premiers mois, Constantin se dit désormais demandeur d’une vraie vie de bureau. Mais il va certainement lui falloir patienter jusqu’à l’année prochaine. « Je suis en phase d’apprentissage, sans réellement pouvoir obtenir de réponse au moment où j’en ai besoin. Et quand on partage un bureau avec d’autres, on apprend aussi en tendant l’oreille, en s’intéressant à ce qui se dit. On est plongé dans le bain, on s’imprègne de ce que font ses collègues. Aujourd’hui, je réalise que je loupe plein de choses avec cette organisation en full-remote. »

Travailler en mode solo n’était finalement pas le scénario idéal pour Constantin, mais l’expérience lui a permis de gagner en indépendance. « J’ai appris à trouver les solutions par moi-même. Ce sera un atout pour la suite. Si je m’y mets vraiment, je parviens en général à me débrouiller. Et puis, maintenant je maitrise mieux mon impatience et je fais désormais davantage appel à mon esprit logique. »

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Photo d’illustration by WTTJ

Traduit de l’anglais par Sophie Lecoq

Julia Webster Ayuso

Writer

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