Repas de famille : ces proches qui nous rappellent (un peu trop) nos collègues

Repas de famille : et si c'était une réunion de boulot ?

Vous sentez votre cœur s’emballer à l’idée de passer plusieurs heures à écouter les théories complotistes de votre oncle Roger ? Ou pire, les leçons de morale de votre tante Micheline ? Pas de panique, vous avez déjà affronté bien pire.

Car au fond, est-ce vraiment différent de vos dernières semaines, à enchaîner des réunions plus ou moins utiles, avec des personnes qui savent plus ou moins pourquoi elles sont là ? Et si les repas de famille étaient, finalement, des réunions professionnelles comme les autres ? Tour de table - sans renverser la sauce, s’il-vous-plaît - des différents profils auxquels vous pourriez faire face lors des fêtes de fin d’année.

Celui qui sait tout sur tout

Le « toutologue » n’a pas son pareil pour donner son avis sur les sujets qu’il ne maîtrise pas. Au bureau, son master en marketing lui donne visiblement le droit de partager à qui veut l’entendre (et à qui ne le veut pas) son point de vue sur la stratégie de l’entreprise, les process du service comptabilité, et même les qualités nutritionnelles du menu de la cantine.

Au repas de famille, rien ne l’arrête. Face à un public qui ne pourra pas prétexter un « reporting urgent à terminer », il s’égare sur des sujets plus ou moins exotiques : géopolitique, accord met-vin, stratégie épidémiologique, température idéale de la dinde… Oui, il a aussi le don de sauter du coq à l’âne, sans passer par la case fromage.

Surtout, prenez garde à ne pas le contredire. De toute manière, il a entendu cela de la bouche « de ce grand spécialiste à la télé », dont il a oublié le nom. Une source fiable, cela ne fait aucun doute.

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Celui qui arrive en retard

L’éternel retardataire a un don hors pair pour challenger votre patience. Au bureau, il arrive systématiquement avec douze minutes de retard en réunion, et vous oblige à récapituler les premiers échanges sous l’œil machiavélique de votre manager qui vous avait grillé en train de chatter sur votre téléphone. Mais ce n’est pas sa faute, il est « sous l’eau en ce moment ». Et cela fait si longtemps que c’est le cas que vous vous demandez presque s’il n’a pas développé des branchies.

À chaque repas de famille, c’est la même chose : vous l’attendez pendant une heure en regardant les petits fours refroidir, la bave au coin de la bouche (« Ne touche pas à ça, on attend ton frère pour commencer ! », gronde Maman comme si vous aviez 8 ans).

Voyez le côté positif : c’est une occasion en or de vérifier que vos cours de « méditation pleine conscience » portent leurs fruits, et vous permettent de profiter avec simplicité du moment présent. Non ? Dans ce cas, servez-le en vin en dernier, avec un joyeux « marié dans l’année », et laissez votre mère se charger de la suite : « Mais oui d’ailleurs mon chéri, tu as une petite amie en ce moment ? Raconte-moi tout ». La vengeance est un plat qui se mange froid. Surtout avec les retardataires.

Celui qui reste les pieds sous la table

Il a le don pour ne jamais être là quand on a besoin de lui et au bureau, il peut passer des journées à vous regarder trimer sur vos dossiers sans même vous proposer un coup de main. Il faut dire qu’il a une grille de sudoku à terminer. Niveau « Expert », ça ne rigole pas.

Au repas de famille, il est égal à lui-même : il a ouvert douze huîtres le matin même, et considère qu’il a fait sa part. Les pieds sous la table, accroché à sa chaise comme une moule à son rocher, ne comptez pas sur lui pour débarrasser. Pourtant, il a bien entendu parler des concepts de « partage des tâches » et de « charge mentale », mais il trouve cela très saugrenu.

Heureusement, il a un point faible : son ego. Flattez-le, cela marche (presque) à tous les coups : « Tu ne voulais pas descendre au garage montrer ta nouvelle voiture à Gérard ? Au passage, si tu peux remonter quelques chaises… », ou encore « Ce plat de dinde est bien trop lourd pour moi… toi qui va à la salle de sport régulièrement, tu pourrais l’emmener dans la salle à manger ? ». Subtilité : 0 ; Vous : 1.

Celui qui a tout organisé

Il n’y a aucun doute, on peut toujours compter sur lui : qu’il s’agisse d’organiser un séminaire pour toute l’équipe ou un repas pour vingt personnes, il n’a pas son pareil en matière d’organisation. Au bureau, c’est sur lui que l’on compte dès qu’il s’agit de… de tout, en fait.

Au repas de famille, c’est évidemment lui qui a lancé les invitations (trois mois à l’avance), préparé la liste des courses (trois semaines à l’avance) et mis la dinde dans le four (trois heures à l’avance). Il est capable d’accueillir les invités en retard, surveiller la fameuse dinde du coin de l’oeil - celle qui se mange, pas cette vieille tante qui glousse en permanence -, et glisser une plaisanterie charmante en passant une tête dans le salon. Le tout, en dressant la table.

Le revers de la médaille ? Il ne supporte pas que les choses ne se passent pas comme prévu. Alors gare à vous, si vous avez le malheur d’entraver son organisation. Non, vraiment, le plus simple, c’est de suivre aveuglément ses instructions. Surtout, pas d’initiative personnelle. Merci.

Celui qui n’est jamais content

Dans Blanche-Neige et les 7 nains, il pense que Grincheux porte mal son nom : « Je ne vois pas de quoi vous parlez, c’est normal d’être agacé quand… » Au bureau, il peste tel un Calimero contre celui qui sait tout, celui qui ne fait rien, celui qui arrive en retard… et les autres. En même temps, ce n’est pas sa faute, ce matin il a été coincé dans les embouteillages, puis a essayé en vain de faire un café sur la machine cassée (« comme d’habitude ».) Et pour couronner le tout, sa grille de Sudoku avait étrangement disparu.

En famille, il reste fidèle à lui-même : il fait trop froid dehors, trop chaud à l’intérieur, la dinde est trop cuite et les pommes de terre pas assez. Son cousin l’agace à parler sans cesse de sa nouvelle voiture, et en plus de cela, il est de corvée pour remonter les chaises du garage. Franchement, l’univers entier s’est ligué contre lui.

Comment le gérer ? Vous pouvez essayer de lui parler de vos leçons de méditation en pleine conscience, mais c’est perdu d’avance. Le plus simple : fuyez. Ou arrangez-vous pour le placer à côté du toutologue. Il lui partagera ses multiples revendications, sur lesquelles ce dernier aura sans doute des solutions très tranchées. Avec un peu de chance, ils pourront s’alimenter mutuellement pendant des heures.

Bref, si vous pensiez que ce repas de famille allait vous changer les idées, c’est raté. Mais que pensez-vous de le faire en visio l’année prochaine ?

Article édité par Romanne Ganneval
Photo de Thomas Decamps

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