14 attitudes qui rebutent les recruteurs en entretien d'embauche

Entretien d'embauche : les red flags des recruteurs

Vous avez passé l’étape des sélections et entrez désormais en phase de qualification sur le terrain ? Comme tout bon champion, vous espérez atteindre la finale et remporter la compétition, à savoir un poste dans l’entreprise que vous avez ciblée ? Vous avez même préparé une liste de tous les « do’s » ou bonnes actions à réaliser pour briller ? Mais avez-vous pensé à ce qu’il ne faut pas faire au cours d’un entretien ? Pour mieux identifier les “red flags”, nous avons demandé à 10 recruteurs quelles étaient les erreurs rédhibitoires en entretien.

1. « Le retard ne passe jamais très bien, surtout quand le candidat ne prévient pas ! »

Indétrônable. Le retard est très présent dans les réponses apportées par nos recruteurs. Et pour cause, avec lui, il y a des chances que l’entretien n’ait tout simplement pas lieu. Défaite sur tapis vert donc, sans même avoir l’opportunité de défendre ses couleurs. Mais pas une fatalité. Selon la taille du retard et la patience de votre interlocuteur, un retard est excusable, voire compréhensible. En fait, c’est lorsqu’on ne prévient pas son interlocuteur qu’il devient vraiment rédhibitoire. Une panne de métro, un quinzième tour de parking à la recherche d’une place parce que « vous comprenez, depuis Hidalgo, c’est impossible de circuler dans cette ville », ça arrive. Dans ce cas-là prévenez au plus tôt le recruteur pour justifier ce retard, personne n’aime poiroter ou se prendre un lapin.

2. « Vous avez des questions ? Non, c’était très clair »

Un candidat qui ne pose aucune question au cours d’un entretien interpelle fortement les recruteurs. « Est-il curieux ? » est une interrogation que cherchent à vérifier ces derniers. Généralement en fin d’entretien, les recruteurs nous tendent la perche et nous demandent « vous avez des questions à poser sur cette prise de poste ? » Quand on intègre une boîte ou un poste, même si la description de l’annonce et les paroles du recruteur sont instructives, il reste forcément des questions en suspens. « Il peut manquer des infos sur l’équipe, l’environnement, le type de management, les objectifs, les KPIs, etc. », nous souffle une des recruteuses. C’est le moment de se montrer curieux. Cela prouve en plus que l’on s’intéresse, se projette dans cette entreprise. Vous posez des questions en entretien ? Opération séduction accomplie

3. « Ne s’intéresser qu’aux conditions de travail pour savoir si la soupe est bonne dans l’entreprise »

Installé sur votre chaise depuis deux minutes trente, vous toisez le recruteur débuter son laïus avant de lui lâcher plein d’aplomb un « combien » qui refroidit l’ambiance. Vous voulez du concret, du chiffre, du palpable, savoir si la soupe est bonne ? La question est légitime et importante, car après tout on ne bosse pas pour des prunes, mais sans doute prématurée. On la retrouve aussi sous la forme « qu’est-ce que vous avez à me proposer ? », ou lorsque le candidat indique très clairement ce qu’il veut et ce qu’il ne veut absolument pas. Demander d’emblée au recruteur si vos tickets resto seront bien à 9 euros risquerait de lui suggérer que vous n’avez qu’un intérêt financier : « téma la taille du rat ». Pour éviter cette approche trop directe et matérielle, il est plutôt conseillé de s’enquérir d’abord des missions de votre futur poste, de s’intéresser à l’entreprise dans son ensemble. Les horaires, la rémunération, tout ce qui a trait aux conditions de travail sera mis sur le tapis en temps voulu, ne vous inquiétez pas.

4. « Driver l’entretien tel un candidat alpha, c’est niet ! »

Si vous étiez un animal, ça serait sans doute un chien de tête, dirigeant la meute à l’avant du traîneau ? Une superbe qualité dans les zones polaires. Mais dans la salle d’entretien, nul besoin d’en faire la démonstration. Les recruteurs sont très attentifs au rythme de l’entretien d’embauche à savoir, les questions qu’ils posent et les réponses qu’ils cherchent à obtenir en un temps imparti. Alors, couper la parole, driver l’entretien quand on est candidat, ne pas répondre aux questions ou à côté, tout cela ne passe pas. Généralement le recruteur a un plan du déroulement de l’entretien et a besoin de « garder le lead » pour obtenir certains éléments. Si vous la jouez façon « meneur », pas sûr que cela plaise beaucoup à votre interlocuteur. Évitez le rapport de force. A contrario, il ne faut pas non plus être passif. L’entretien est un moment d’échange, ne soyez pas spectateur, mais acteur de celui-ci !

5. « Il faut savoir au minimum où on met les pieds »

Lorsqu’on postule dans une entreprise, on sait à priori où on met les pieds. Dans la pratique, il arrive qu’à force de dégainer son CV plus vite que son ombre, on ne sache plus bien dans quel genre d’entreprise on vient de candidater. Et c’est un des principaux repoussoirs d’après nos recruteurs. Pour ne plus laisser l’impression de quelqu’un qui a simplement vu de la lumière avant de rentrer, prenez le temps de vous renseigner sur le domaine d’activités de la société que vous espérez intégrer. Typiquement, si vous postulez dans une maison de champagne, connaître la différence entre un brut et un demi-sec semble essentiel.

6. « Un entretien, ce n’est pas un spectacle d’impro, ça se prépare »

Que vous ne connaissiez pas sur le bout des doigts l’entreprise à laquelle vous postulez passe encore, mais avoir des lacunes sur sa propre histoire, beaucoup moins. Le manque de préparation du discours est ciblé par les recruteurs. Pour ne pas tomber dans le récit de vie et d’anecdotes poilantes mais secondaires, il faut apprendre à maîtriser son pitch, un exercice de présentation minute forcément travaillé à l’avance. Pour cela on peut utiliser des mots-clés, rappeler son cursus, ses expériences passées, annoncer ce que l’on cherche et quelles compétences on souhaite mobiliser dans ce nouveau poste. Une ligne directrice qui permet de ne pas s’égarer en détails pas toujours intéressants et montre votre capacité à synthétiser votre parcours avec des infos pertinentes.

7. « Les tics de langage »

Les tics de langage, ce sont ces petits mots béquilles que nous employons tous à divers degrés. Trop familier « genre », démontrant une certaine réticence à parler de soi, voire de l’impatience « bref », des doutes à répétition « euh », ils auraient le don d’irriter l’oreille de nos chers recruteurs et de renvoyer une mauvaise image de nous. « J’avoue » (mais quoi au juste ? ce n’est pas un interrogatoire). Ils sont au langage ce que les joggings baskets sont aux codes vestimentaires de l’entreprise. Si un « c’est pas faux » offre un appui naturel qui permet de marquer un temps de réflexion et une respiration dans notre discours, il peut aussi sonner très creux. À trop user de ces mots vides de contenu, le risque est que vous ne disiez au final rien de vous. Pour les esquiver mieux vaut roder son pitch en amont.

8. « Un candidat qui manque d’humilité et croit tout connaître »

On parle souvent - à raison - de la confiance en soi pour briller lors des entretiens d’embauche. Si en manquer ne constitue pas en soi un défaut majeur, un excès d’estime de soi peut carrément devenir rédhibitoire. C’est même le point le plus récurrent livré par nos recruteurs qui sont unanimement contre « ceux qui t’apprennent ton métier, sont arrogants et connaissent tout sur tout ». Avoir de l’assurance, montrer sa détermination, croire en sa candidature, tout cela est très positif. Mais attention à ne pas placer en orbite votre melon démesuré. D’autant plus si vous avez écrit « humble » dans la partie qualités de votre CV. Faire preuve d’humilité, savoir se remettre en question, est la preuve tangible d’une plus grande ouverture d’esprit.

9. « Les incivilités : quelques règles de base sont souvent oubliées »

On ne prétendra pas refaire votre éducation, mais simplement vous mettre en garde : les impolitesses et manquements aux règles de savoir-vivre en société ne passent pas inaperçues en entretien. Parmi les incivilités mentionnées on retrouve « ne dit pas bonjour aux personnes croisées dans les locaux », « un chewing-gum dans la bouche », « un portable qui fait bip-bip », « ne regarde pas son interlocuteur », « coupe la parole ». Des attitudes rebelles que vous aimiez peut-être collectionner dans votre carnet de correspondance de 4ème, mais qui font tâche lors d’un entretien. Comment ça, vous avez coché toutes ces cases lors de votre dernier entretien ?

10. « Tailler son ex-patron oui, mais avec la manière »

Être très négatif et critiquer sans cesse son ancien patron (son ancienne équipe, son ancien secteur…) au cours d’un entretien de recrutement n’est pas fait pour rassurer les recruteurs. Il faut aussi savoir faire preuve d’autocritique et être moins manichéen dans l’analyse de ses précédentes expériences. Après tout, votre ancienne entreprise n’était pas la grande méchante et vous le héros sans reproche. On peut toujours critiquer de manière constructive en mettant en avant les divergences entre nos propres exigences et les valeurs de l’entreprise par exemple.

11. « Ce n’est pas rédhibitoire, mais le choix des fringues compte »

La tenue peut avoir son importance et c’est même l’un des premiers éléments de communication non verbale. Le recruteur cherchera à comprendre si vous avez capté les codes de l’entreprise. Le tout est de ne pas être outrancier dans son habillement. « Si le candidat débarque en tenue de sport mauvaise pioche, ce n’est pas urban sport ici. S’il débarque en costume trois pièces, pareil, on n’est pas une banque », confesse un recruteur. Et le jogging cravate n’est ni une alternative viable, ni un point d’équilibre entre une tenue habillée et relaxe. S’il n’est pas absolument rédhibitoire, l’accoutrement peut influencer la décision finale et générer un biais lors de cette première impression. Difficile de rectifier le tir par la suite, l’adage « il m’a fait une très bonne seconde impression » n’étant pas encore en vogue. Outre la tenue, pensez à vous mettre à l’aise et à prendre le temps de vous installer confortablement dans la pièce. « Si le candidat garde doudoune, écharpe, bonnet, ça donne l’impression qu’il est pressé de repartir, ce qui m’inquiète sur son professionnalisme et son sérieux », poursuit une autre chasseuse de tête.

12. « Les endroits inappropriés en visio »

En plus du téléphone qui ne cesse de vibrer dans votre poche, assurez-vous dans le cas d’un entretien en visio, d’être dans un environnement adéquat. Un environnement trop bruyant, comme dans la rue ou incongrue comme sa voiture, peut donner l’impression que vous n’êtes pas tout à fait disponible pour votre interlocuteur.

13. « Les réponses trop génériques à la question des loisirs »

« Donnez-moi trois qualités et trois défauts » : si cette question n’est pas toujours présente dans la bouche d’un recruteur, il peut de manière détournée chercher à savoir quelles sont vos principales caractéristiques. De quelle manière ? en plongeant dans votre vie perso, en vous questionnant sur vos traits de caractère et vos loisirs. Les réponses génériques sont à éviter, car elles ne sont pas représentatives de réelles qualités. Être dynamique, sociable, perfectionniste, aimer voyager… Tout cela n’a pas de valeur si ce n’est pas étayé par un élément probant, car au final, tout le monde est dynamique et c’est une réponse un peu bateau. À l’inverse, dire que l’on aime bien lire, qu’on est plutôt casanier, ou qu’on aime sortir faire la fête, dessine un portrait du candidat, donne des indicateurs. N’hésitez pas à incarner vos propositions : vous aimez la couture ? Parfait, cela montre que vous êtes débrouillard, créatif.

14. « Ne pas prendre de notes envoie un très mauvais signal »

Tous les recruteurs n’ont pas cette obsession un peu old school d’observer une prise de notes au cours de l’entretien. Toutefois, à moins d’avoir une bonne mémoire ou de vous en foutre totalement, difficile pour lui d’interpréter votre position de candidat qui ne prend aucune note. En plus de permettre une prise de recul et de la réflexion, écrire permet de se reposer sur ce qui a été dit, de rebondir pendant l’entretien (on l’observe beaucoup au cours des débats politiques actuels) et de s’en rappeler une fois chez soi. Alors au prochain entretien, on ressort le bon vieux cahier de brouillon. Si l’entretien se passe mal, inutile en revanche d’intimider votre recruteur en prétendant qu’il s’agit d’un death note.

C’est la fin de cette liste interdite, que vous pouvez désormais accrocher à votre frigo. Ce tour d’horizon terminé, vous voilà mis en garde contre les principaux repoussoirs à recruteur. Vous êtes des candidats par-faits !

Article édité par Gabrielle Predko, photo Thomas Decamps pour WTTJ

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