Entretien d'embauche : que faire quand on est en retard ?

Entretien d'embauche : que faire quand on est en retard ?
Un article de notre expert.e

Vous attendiez cet entretien d’embauche depuis des semaines, l’avez préparé pendant des heures, n’avez fait aucun faux pas… Et alors que vous êtes si proche du but : vous voilà bloqué dans le RER. Vous savez déjà que vous serez en retard et vous vous dites que vos chances de décrocher le poste fondent comme neige au soleil. Faut-il pour autant rebrousser chemin ? Non, les jeux ne sont pas encore faits…

Si arriver en retard en entretien peut irriter les recruteurs, ce n’est pas disqualifiant pour autant. Vous partez simplement avec quelques points en moins. La première impression est très importante ! Bien sûr, tous les recruteurs n’ont pas le même degré de tolérance à ce sujet, alors mieux vaut peut-être assurer vos arrières… Marie Jambu-Merlin est experte en recrutement et consultante en RH, membre du réseau d’indépendants Solinki, elle vous partage ses conseils pour vous aider à garder la tête haute, même quand vous êtes à la masse.

1. Prévenez le recruteur dès que possible

« Vous commencez à comprendre que vous risquez d’être en retard ? Prévenez le recruteur le plus vite possible », introduit Marie Jambu-Merlin, et ce que l’entretien soit en physique ou à distance. Il vous attend peut-être déjà, ne lui faites pas davantage perdre de temps. Dès l’instant où vous comprenez que vous ne serez pas à l’heure, prévenez la personne qui vous reçoit. Décrochez votre téléphone, ou si vous n’avez pas son contact direct, envoyez lui un mail pour l’informer de votre retard.

« Autant que possible, donnez-lui de la visibilité sur votre heure d’arrivée », précise notre experte. Nulle question de minimiser votre retard, comme certains en ont la vilaine habitude. Dire « J’arrive dans 5 minutes », alors que vous savez délibérément qu’il vous en faut encore quinze aggravera votre cas. Montrez-vous au contraire carré. Cinq minutes, un quart d’heure ou une demi-heure, ce n’est pas la même chose. Le recruteur dont l’agenda est sûrement minuté sera peut-être content de faire autre chose, en vous attendant !

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2. Présentez vos excuses, platement

Votre retard fait perdre son temps au recruteur. D’autres membres de l’équipe peuvent en être aussi concernés. Montrez-vous contrit et présentez platement vos excuses aux principaux intéressés, au moment où vous les prévenez, puis à votre arrivée. « Je vous demande pardon pour mon retard / Je prie de bien vouloir excuser mon retard », « Je suis vraiment désolé(e) » : les formules toutes simples sont les meilleures. Et c’est une vraie qualité que de savoir reconnaître ses torts !

3. Faites preuve d’honnêteté et prenez vos responsabilités

Même si vous auriez, quoiqu’il en soit, dû prendre plus d’avance, il peut être souhaitable d’exposer le motif de ce retard. Vous n’aviez pas prévu assez de temps pour votre trajet ? Vous avez été retenu(e) dans les embouteillages, les transports ? Vous vous êtes perdu(e) en arrivant dans la zone d’activité ? Votre ordinateur à lancé une mise à jour interminable au moment où vous alliez vous connecter pour l’entretien en ligne ? Dîtes-le sobrement. En vérité.

« Je préfère l’honnêteté plutôt qu’un candidat qui me prend pour un jambon », plaisante Marie Jambu-Merlin. Chercher à vous justifier ou à vous défausser pourrait même jouer contre vous. Ne vous planquez pas derrière la RATP, la SNCF, la technologie, les enfants malades ou votre connexion défaillante si la raison est autre, cela vous ferait perdre en crédibilité.

« Il faut faire amende honorable ». En tant qu’ancienne parisienne, Marie Jambu-Merlin connaît bien les difficultés que l’on peut rencontrer dans les transports ! « Dire que l’on a rencontré un souci de métro ou de RER, c’est ok, je sais que ça arrive. Mais il faut aussi savoir reconnaître que l’on aurait dû prendre une plus grande marge de manœuvre. Les incidents durent rarement plus de cinq, dix minutes en Île-de-France. Avouer son manque d’anticipation est la marque d’une certaine capacité de remise en question. »

4. Avant d’arriver, reprenez vos esprits

« Même si vous venez de prendre un coup de pression, il est important de ne pas arriver sens dessus dessous, essoufflé, assoiffé ou encore, décoiffé », plaisante Marie Jambu-Merlin. Ne laissez pas votre stress prendre toute la place, vous avez encore un entretien à jouer ! « Prenez le temps de respirer, de reprendre vos esprits avant de sonner », conseille la spécialiste qui aime bien elle-même prendre le temps de boire un verre et passer aux toilettes “pour se rafraîchir” avant un entretien. « Il faut se remettre dans un mode professionnel ! »

5. Montrez-vous à l’écoute et compréhensif

Si le recruteur enchaîne les rendez-vous ou si le manager doit repartir en réunion, votre retard risque de peser sur leur organisation. « Une fois les excuses présentées, il est important de s’investir pleinement et rapidement dans l’entretien qui reste le but principal de la rencontre. » Marie Jambu-Merlin rappelle au passage que si le retard handicape, les recruteurs vont évaluer la candidature dans son ensemble, c’est-à-dire que tout le reste de l’entretien compte !

À votre arrivée, montrez-vous donc attentif aux contraintes éventuelles qui pourraient peser sur eux en adaptant vos prises de paroles. Si le temps est compté, pensez à rester synthétique dans votre présentation et vos réponses aux questions. Il en est de même si l’entretien a lieu en fin de journée. Le recruteur n’a peut-être pas envie de passer la nuit au bureau ! Si besoin est de replanifier l’entretien, montrez-vous flexible. C’est à vous de vous adapter après tout : le recruteur va devoir vous consacrer du temps pour la seconde fois.

6. N’en faites pas trop non plus

Être désolé, s’excuser, c’est une affaire de politesse. Mais n’en faîtes pas trop. Nul besoin de vous auto-flageller, vous risqueriez de laisser une impression négative. Vous voyez la différence entre l’humilité et la dévalorisation ? La nuance est importante ! Si l’entretien s’est bien passé, mieux vaut terminer sur une note positive que de rappeler ce qui fâche. En remerciant par exemple votre interlocuteur pour son temps et sa flexibilité !

« Arriver en retard, cela peut arriver à tout le monde. Ce n’est pas nécessairement un “No Go”. Si l’on sent un bon fit, que le candidat est super bon, s’il a les bonnes compétences, qu’il a l’envie, et qu’il se montre rapidement disponible - et à l’heure ! - pour un autre entretien, ce serait dommage de passer à côté ! », insiste la recruteuse. Comme quoi, il reste un coup à jouer. C’est peut-être dans le reste du processus que le futur employeur pourra se rassurer sur votre capacité à être ponctuel. Réactivité à ses émails, ponctualité pour les autres rendez-vous, rattrapez-vous pour lui montrer que ce retard était totalement accidentel !

Même si cela semble mal embarqué, votre retard en entretien n’est pas une raison pour baisser les bras. Vous investir à fond et aller au bout du processus, malgré ce faux départ, pourrait peut-être même convaincre le recruteur de votre motivation. La prochaine fois, vous prendrez une meilleure marge d’avance, n’est-ce pas ?

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Article édité par Gabrielle Predko ; Photos Thomas Decamps pour WTTJ

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