Peur de ne pas valider la période d'essai ? 6 conseils pour rester zen

Conseils pour gérer l'angoisse de la période d'essai

La période d’essai d’un nouveau contrat peut être un moment particulièrement stressant de notre vie professionnelle ! Peur de ne pas être à la hauteur, que l’entreprise décide de rompre le contrat à tout moment, de ne pas s’intégrer à l’équipe… Les angoisses sont nombreuses et légitimes ! On vous explique leurs origines et ce que vous pouvez faire pour les gérer pour qu’elles n’impactent pas la qualité de votre travail, ni votre santé.

Nous sommes habitués à parler du stress lié aux processus de sélection et en particulier la dernière étape : l’entretien d’embauche (surtout s’il se fait avec le big boss). Mais en réalité, il existe un autre moment crucial de notre processus d’embauche qui suscite encore plus d’angoisse que ce premier contact avec notre patron : la période d’essai, par laquelle tout nouveau travailleur devra passer s’il souhaite intégrer officiellement l’entreprise.

L’objectif de cette période est que l’entreprise, comme vous-même, puissiez voir si le poste vous convient. Pendant cette période, les deux parties peuvent décider de mettre fin au contrat à tout moment, sans préavis ni justification. Dans ces conditions, il est normal d’être un peu anxieux ou angoissé les premiers jours, mais si les semaines passent et que cette impression de marcher sur la corde raide persiste, il faut agir. Une psychologue du travail et un spécialiste RH nous partagent leurs conseils.

D’où vient cette angoisse ?

En commençant un nouveau projet professionnel, on se met à l’épreuve, dans tous les sens du terme. C’est ce qu’explique Ana Isabel Marfil Cea, psychologue spécialisée dans le coaching professionnel. Elle souligne que la peur de l’échec et la peur du rejet représentent deux des peurs les plus fréquentes dans le monde du travail. Mais en réalité, elles sont des réponses adaptatives qui fournissent une dose d’énergie supplémentaire au corps. Leur but ? Augmenter la capacité d’observation, d’attention, de concentration, de mémoire et d’écoute active, des qualités indispensables pour s’adapter rapidement à un nouvel environnement de travail.

Pour la psychologue, certaines personnes auront tendance à être plus angoissées face à des événements qui échappent à leur contrôle ou quand elles ne pensent pas avoir les ressources nécessaires, comme cela peut être le cas pendant la période d’essai. Il s’agit, par exemple :

  • Des personnes qui n’aiment pas les nouvelles expériences ou qui n’apprécient pas les nouvelles routines.
  • Des profils très exigeants envers eux-mêmes et très perfectionnistes.
  • Des personnes dont les compétences sociales sont peu développées ou qui présentent une stabilité émotionnelle précaire.

Si certains de ces points vous parlent, cela ne veut pas dire que vous allez forcément être angoissé·e pendant toute votre période d’essai, mais la psychologue conseille de prendre les devants et commencer à travailler dessus dès le début pour éviter d’en souffrir à l’avenir.

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L’importance de vivre cette période comme une expérience positive

Selon Marc Soler, spécialiste RH et relations professionnelles, psychologue organisationnel, coach de carrière et technicien supérieur spécialisé en prévention des risques professionnels, « il est prouvé qu’un employé qui a mal vécu son intégration dans l’entreprise risque de démissionner à moyen terme, ce qui représente une perte d’effectif pour l’entreprise malgré l’investissement réalisé ». Ainsi, pour transformer la période d’essai en une expérience positive et faciliter l’adaptation des nouveaux employés, ces dernières misent de plus en plus sur des onboarding de qualité qui les font se sentir considérés et motivés dès le départ.

Mais si en théorie le début d’une relation professionnelle dans une nouvelle entreprise ne représente pas une menace objective, il peut réveiller une peur capable de nous paralyser ou d’entraîner des comportements d’évitement. On essaie alors de fuir les situations qui pourraient conduire à un échec ou des critiques, mais c’est aussi comme cela que l’on évite la réussite elle-même. Alors, comment ne pas en arriver là ?

1. La clé : savoir ce qu’on attend de vous

Pour que votre période d’essai soit vraiment une expérience positive, vous devez savoir ce qu’on attend de vous pendant ce laps de temps. Ainsi, vous pourrez vous concentrer sur ces objectifs et vous ne perdrez pas de temps, ni d’énergie, à essayer de tout faire en même temps ou d’impressionner vos interlocuteurs par tous les moyens. Pour y parvenir, il vous faudra tenir compte du type de poste que vous occupez. Car selon Marc Soler, « nous n’attendons pas la même attitude, ni la même autonomie, de la part d’un directeur financier ou d’un membre de l’équipe de production pendant la période d’essai ». Logique.

De plus, plusieurs étapes clés peuvent vous aider à y voir plus clair. Avant toute chose, définissez vos missions, idéalement dès le début avec votre chef ou vos supérieurs, et de préférence noir sur blanc sur une fiche de poste. Une fois les éventuels doutes dissipés, il peut être très utile d’établir les objectifs concrets que vous devez atteindre individuellement et/ou avec vos collègues au cours de votre période d’essai. Ce peut être des objectifs hebdomadaires ou mensuels afin de vous organiser au mieux et de faire les choses étape par étape, sans être débordé·e.

2. Donnez-vous le temps de vous adapter

Les conventions collectives imposent des durées très différentes en fonction de la catégorie professionnelle, allant de 15 jours à 4 mois. Si votre période d’essai est de 4 mois, il est peu probable que vous réussissiez à démontrer vos capacités au cours des 15 premiers jours, alors ne désespérez pas et accordez-vous un délai raisonnable pour vous approprier le poste et les missions.

Ce que conseille Marc Soler, c’est de vous organiser afin d’apprendre tout ce que vous devez savoir pour être autonome le plus vite possible, tout en vous assurant que vous effectuez vos missions du mieux possible. Cela veut dire ne pas prendre la responsabilité de trop de tâches trop rapidement tout en faisant suffisamment pour pouvoir vous forger une expérience significative. Un juste équilibre à trouver, donc, qui méritera d’évoluer tout au long de votre apprentissage.

6 conseils pour gérer l’angoisse

1. Impliquez-vous dès le premier jour

Avoir le sentiment de faire partie de l’équipe vous aidera à réduire votre niveau d’angoisse. Alors, pour faciliter votre intégration et bien comprendre la culture d’entreprise, écoutez les conseils, les observations et les commentaires de vos collègues au quotidien, puis prenez pleinement part aux discussions quand vous vous sentez prêt·e. Et rappelez-vous que toutes les entreprises souhaitent avoir un travailleur impliqué qui, au-delà de sa propre performance, participe au succès collectif.

2. Considérez-vous comme un atout pour l’entreprise

Il ne faut pas oublier que l’entreprise et le travailleur entretiennent une relation réciproque. L’entreprise a embauché un nouveau travailleur, mais vous, vous avez intégré un nouveau projet et vous devez aussi décider si vous êtes à l’aise avec ce dernier, n’est-ce pas ? Alors finalement, qui passe une période d’essai maintenant ? D’autant que Marc Soler considère qu’une personne nouvellement embauchée représente toujours une occasion de s’améliorer pour l’entreprise. Rassurant, non ?

3. Demandez un feedback

Notre expert insiste aussi sur l’importance d’obtenir un feedback et de savoir le transformer en quelque chose de positif. Demandez régulièrement à votre supérieur ou à un membre de confiance de votre équipe ce qu’il pense de votre travail et utilisez leurs petites critiques pour vous améliorer. N’oubliez pas que l’une des clés d’un feedback enrichissant est de créer un environnement dans lequel la communication est efficace et constructive. Vos collègues et supérieurs apprécieront votre envie d’apprendre et encore une fois : vous saurez ce qu’on attend de vous.

4. Soignez votre dialogue intérieur

Pour la coach Ana Isabel Marfil Cea, les mots ont un grand pouvoir et un impact sur nos émotions. C’est pour cette raison qu’en utilisant un langage positif, encourageant, compatissant, patient et aimable envers vous-même, vos pensées et émotions seront plus saines et votre capacité à vous dépasser sera décuplée. Au contraire, si vous êtes trop exigeant envers vous-même les premiers jours, vous ne pourrez pas révéler toutes vos compétences.

5. Faites du sport

Cours de boxe, yoga, natation… Selon la psychologue du travail, pratiquer un exercice physique tous les jours aide « non seulement à rester en bonne santé physique, mais également à baisser le seuil de déclenchement de l’angoisse ». Elle confirme que sortir courir ou marcher à un rythme soutenu au moins 30 minutes par jour peut vous aider à réduire notre anxiété.

6. Respirez !

Aussi fou que cela puisse paraître, lorsque vous vous sentez accablé ou dépassé par les événements, vous pouvez retrouver le contrôle de la situation simplement en respirant. Mais pas n’importe comment ! Pour Ana Isabel, la clé est de ralentir la fréquence de votre respiration, de réguler la quantité d’oxygène inhalé, d’augmenter la durée d’une respiration et d’espacer chaque inspiration et expiration. Entraînez-vous à la maison !

Bref, pour ne pas être tétanisé par la peur, relativisez, soyez investi et à l’écoute et soignez votre hygiène de vie ! Ah et un dernier conseil de coach pour la route : avoir une attitude exemplaire pendant cette période un peu particulière peut entraîner la reconnaissance de vos supérieurs et être une première étape pour sceller votre emploi et renforcer votre position au sein de l’entreprise.

Et si, malgré tout, vous pensez ne pas disposer des ressources nécessaires ou ne pas réussir à obtenir les résultats espérés, n’hésitez pas à en faire part à l’équipe RH ou à vos supérieurs afin d’essayer de trouver une solution tous ensemble. Ce n’est pas forcément évident à faire, et vous pouvez avoir l’impression d’admettre que vous ne faites pas l’affaire, mais avant d’en arriver-là, rappelez-vous que l’entreprise a également parié sur vous et qu’elle souhaite pouvoir poursuivre votre contrat. Alors, respirez profondément et profitez de ce nouvel emploi !

Article traduit de l’espagnol par Sophie Pronier
Photo par Thomas Decamps

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