Premier emploi : comment préparer et réussir un début de carrière en start-up ?

Quels avantages à commencer sa carrière en start-up ?

Les start-up sont des entreprises dynamiques, à la croissance rapide, qui veulent apporter des idées neuves en réponse à divers besoins. La France en compte aujourd’hui 10 000, créatrices d’emploi et à l’origine d’importantes levées de fonds. En 2020, les 120 entreprises des indices Next 40 et FT120 (les entreprises championnes de la Tech tricolore) ont créé à elles seules plus de 10 000 emplois. Mais alors comment, en tant que jeune diplômé, démarrer sa carrière dans ce monde à part ? Nous avons interrogé notre expert Ben Prouty, serial entrepreneur et fondateur de start-up, qui livre ici ses conseils.

Avant de se lancer : les questions à (se) poser

« Certains profils sont plus disposés que d’autres à accepter un job dans une start-up, surtout quand elle n’a encore rien à vendre, juste des idées », estime Abe Ankumah, PDG et cofondateur de Nyansa, une entreprise spécialisée dans l’informatique. Ben Prouty confirme : il faut « être un peu tête brûlée » pour choisir de signer dans une start-up. Mais pour ceux qui ont le privilège du choix, « le risque en vaut la peine » car lorsqu’il s’agit de s’investir dans une jeune pousse, on peut se frotter à pas mal de fonctions différentes.

En revanche, il n’y a aucune garantie quant aux débouchés de l’aventure. « Mais si ça se termine alors que vous avec 25-26 ans, que la boîte se casse la figure, vous repartirez avec un sacré bagage et pourrez recommencer ailleurs, potentiellement sur les types de missions qui vous ont le plus branché », rassure Ben Prouty. Pour savoir si vous cochez les bonnes cases, demandez-vous si vous êtes à l’aise avec un manque potentiel de clarté. « Si vous aimez vous lever en sachant à quoi va ressembler, votre journée un environnement de start-up ne vous plaira peut-être pas », précise Ben Prouty.

Quoiqu’il en soit, avant de rejoindre une start-up, le mieux est de regarder de près quelques indicateurs, tels que son financement, ses objectifs financiers, ses prévisions d’embauche et les personnes à sa tête. Mais ces informations ne sont pas toujours disponibles et, en tant que jeunes professionnels, elles ne nous parlent pas forcément.

Alors, comment savoir si une aventure start-up est faite pour nous ?

  • La vision à long terme : la question à se poser est « Combien de temps l’entreprise se donne-t-elle pour se faire une place sur le marché ? »

  • La motivation de celui ou celle qui porte le projet : est-ce l’argent ? La passion ? Construire et faire grandir une équipe ?

  • Les objectifs des investisseurs : qui sont les acteurs principaux du projet ? Quelle est leur définition du succès ?

Autant de réponses essentielles que vous pouvez trouver sur Internet, en entretien d’embauche ou en contactant des salariés de l’entreprise !

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En préambule : avoir les idées un peu claires

90 % ne passent pas la barre des trois ans

Quand on rejoint une start-up, il est important d’avoir une vision d’ensemble, concrète, de son fonctionnement. En France, 90 % des jeunes pousses ne passent pas la barre des trois ans. Un chiffre qui ne réussit pas à gommer le succès de Facebook ou d’Uber dans nos esprits, considérés comme des start-up par excellence alors qu’elles sont davantage des « anomalies » qui masquent la réalité.

Cela ne signifie pas faire une croix sur sa vie perso

Dans la même veine des idées reçues, « tout le monde pense que bosser au sein d’une start-up, c’est forcément terminer à pas d’heure et se donner corps et âme au projet, alors que ce n’est pas le cas, s’agace Ben Prouty. Je suis tellement lassé de ces articles qui en parlent comme si c’était aller à la mine. Avoir des journées à rallonge et rempiler le week-end? Franchement, on se croirait il y a dix ans. » Car sans un semblant d’équilibre, la motivation des équipes fond comme neige au soleil. Quand les horaires à rallonge deviennent une norme, c’est qu’il y a un problème d’efficacité quelque part. Et ça, même si on peut mal tomber, la plupart des entrepreneurs d’aujourd’hui en ont conscience.

Bien commencer : les premières semaines

  • « Il faut quelques mois pour prendre ses marques dans un nouveau poste. »
  • « Il faut 3 jours pour que mon cerveau arrête de me répéter que je ne suis pas du tout capable de faire ce boulot. »
  • « Il faut 3 semaines pour que je commence à comprendre l’organisation et à avoir davantage confiance. »
  • « Il faut 3 mois pour que je commence à me sentir à l’aise dans mon poste. »

« Il faut 3 mois pour que je commence à me dire que mon travail est facile », témoignait un internaute sur la plateforme Quora. Être nouveau ou nouvelle à un poste est toujours difficile. « Signer dans une start-up est une médaille à deux revers, avertit Ben Prouty. Quand vous rejoignez une petite équipe, vous vous acclimatez au travail plus rapidement. Mais dans une start-up, il n’y a pas de processus d’intégration formalisé : vous êtes tout de suite dans le grand bain. Pour certains, ça veut dire passer à côté de pas mal de choses. Pour d’autres, c’est l’occasion de récolter le plus d’infos possibles, le plus rapidement possible. »

Ces trois premiers mois peuvent être déterminants dans l’instauration d’une collaboration à plus long terme avec l’entreprise. Alors, fixez-vous ces quelques priorités dès le départ :

  • Poser des questions : pour vous, mais aussi pour l’entreprise, ça aidera tout le monde à prendre de la hauteur et à repenser les process et l’organisation.

  • Être volontaire : « Les personnes à la tête de start-up ont besoin de collaborateurs capables de résoudre des problèmes. L’esprit d’initiative est la pierre angulaire du projet », rappelle Ben Prouty.

  • Tisser des relations : faites la connaissance des fondateurs / fondatrices de la boîte, de ceux et celles qui ont mis des billes dedans. Et participez aux mêmes événements professionnels : vous serez au bon endroit pour comprendre l’activité et le marché.

  • Être fiable et digne de confiance : « La solitude des dirigeants n’est pas un mythe, confie Ben Prouty. Je me suis toujours tourné vers les gens avec qui je pouvais discuter, qui avaient un avis à donner, et ce indépendamment de leur âge. Une fois que vous avez intégré ce cercle-là, les opportunités se multiplient. »

Prendre le rythme : nouer des relations

La jouer collectif

Travailler dans une start-up est souvent synonyme de grande autonomie. Il est donc vital de déterminer ce qui vous motive au bureau, tout en tenant compte du fait que vous n’êtes pas seul·e. Ben Prouty précise qu’il est toujours utile d’avoir en tête que chaque tâche que vous réalisez impacte tout le reste de l’équipe et que seul le produit final compte, ou presque.

Oser communiquer avec sincérité

Une jeune pousse, c’est aussi une organisation horizontale. Côté hiérarchie, vous pouvez ainsi vous trouver en contact direct avec votre N+1, certes, mais aussi avec son N+1 à elle ou lui. Pour poser de bonnes bases dans ces relations et les alimenter, il est tout à fait indiqué de « surcommuniquer », à savoir de faire preuve d’une grande transparence quant à vos échanges avec chaque personne, pour éviter toute incompréhension.

« Je conseillerais de faire attention au cas de figure dans lequel vous détenez des informations sensibles que vous ne communiquez pas, prévient Ben Prouty. Je pense qu’il vaut mieux s’en ouvrir en toute sincérité à la personne qui dirige la boîte. Faire preuve d’une vraie transparence et communiquer à fond porte toujours ses fruits dans une start-up. L’inverse peut vous porter préjudice à moyen ou long terme. »

Voir plus loin : se préparer pour la suite

S’autoriser la mobilité interne

Les jeunes pousses se distinguent généralement par la singularité de leurs idées et la passion qu’elles mettent pour les appliquer. C’est pourquoi, « la question numéro un à se poser au bout de quelque temps puis à intervalle régulier, c’est : suis-je à la bonne place dans cette entreprise ou dans cette équipe ? Ça répond à 90 % de l’enjeu, affirme Ben Prouty. Et si la réponse est oui, changer de champ d’action peut même être envisagé en cours de route. Par exemple, si vous décidez de ne plus faire de commercial et de passer dans une “équipe projet”, et que cela se justifie dans l’intérêt de l’entreprise et que pour vous c’est une aubaine, alors foncez. » Une start-up a souvent le mérite d’être flexible.

Se projeter dans le temps

Faites régulièrement le point sur vos objectifs de carrière – et sur les besoins futurs de l’entreprise. « Vous ne pouvez pas vous cantonner ici et maintenant. Il vous faut surtout vous projeter dans deux ans et faire le point sur ce qui est important pour vous. Quels sont les potentiels obstacles sur votre chemin ? Si la boîte compte s’étendre à l’international, quelles sont les fonctions potentielles à bâtir ou consolider ? »

Prédire l’avenir : un dur retour à la réalité ?

Ne pas prendre l’échec personnellement

Les jeunes pousses fanent, c’est dans leur nature. Et les chances sont bien réelles de voir échouer celle pour laquelle vous avez tant donné. « Mais surtout, ne prenez pas ce poids sur vos épaules, avertit Ben Prouty. C’est statistique. L’échec fait partie de la chose, c’est son issue la plus probable – ce qui donc, j’insiste, risque le plus vraisemblablement de vous arriver. » La responsabilité de l’échec n’incombe pas à une seule personne.

En tirer de précieux enseignements

Et quand cela se produit, la meilleure chose à faire est de prendre le temps de réfléchir. « Que feriez-vous différemment dans cette boîte si vous pouviez recommencer ? Penchez-vous sur l’intérêt commercial du produit ou de la solution en question – surtout si vous comptez un jour tenter vous-même l’aventure. » Pouvoir apprendre d’une telle expérience est une formidable opportunité. « Ce ne sont en aucun cas des mois ou des années jetées à la poubelle, souligne Ben Prouty. Il est clair et net qu’on apprend davantage des erreurs et échecs vécus au sein d’une jeune pousse. Et si l’envie vous prend de rejoindre une nouvelle start-up, la déconvenue de la première n’aura aucune importance. Avoir fait partie d’une aventure qui n’a pas marché ne reflète en rien vos compétences propres. Autrement dit, cela n’a rien à voir avec vous. » Pour avancer, il faut accepter l’échec, le digérer et mettre à profit les enseignements que vous en avez tirés.

Et ensuite ?

Savoir identifier une impasse

Une start-up ne vous met pas sur une trajectoire professionnelle classique. Dans la plupart des entreprises, le simple fait de rester quelque temps à un même poste justifie une promotion. Ce n’est pas forcément le cas au sein des jeunes pousses. Il est essentiel d’avoir conscience de l’environnement dans lequel vous êtes et de bouger quand cela s’impose à vous. « Si on y est depuis un moment, on peut vite se reposer sur ses lauriers une fois que la start-up marche bien, souligne Ben Prouty. Si vous avez l’impression de juste suivre le mouvement et de régler toujours et uniquement les mêmes problèmes, vous êtes peut-être arrivé·e dans une impasse. »

S’adapter aux évolutions ou quitter le navire

Par ailleurs, n’oubliez pas qu’une start-up connaît plusieurs mues et a différents besoins selon ces étapes. Il est donc primordial de savoir vous réinventer et d’être capable de vous adapter à ses évolutions. « Pour certaines personnes, c’est tout bonnement infaisable – ce qui est tout à fait recevable, je tiens à le préciser », nous dit l’expert. Dans ce cas, mieux vaut peut-être passer votre tour et chercher autre chose.

Travailler dans une start-up est une découverte de soi permanente. De quoi en tirer de précieux enseignements. Alors si on est tenté par l’expérience, on prend une grande inspiration, et on plonge !

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Photo par Welcome to the Jungle, traduit de l’anglais par Sophie Lecoq
Édité par Éléa Foucher-Créteau

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