5 chiffres qui prouvent que le couple hétéro peut nuire à la carrière des femmes

Ce que le couple hétéro coûte à la carrière des femmes : chiffres
Un article de notre expert.e

Lucile Quillet

Journaliste, conférencière et autrice experte de la vie professionnelle des femmes

Après avoir passé des mois à décortiquer l’économie du couple, Lucile Quillet, journaliste indépendante et autrice du livre “Le prix à payer: Ce que le couple hétéro coûte aux femmes”(éd.LLL) et experte du Lab de Welcome to the Jungle, a tiré une conclusion simple : le couple hétérosexuel coûte cher aux femmes et peut nuire à leur carrière. Si vous en doutez, voilà les chiffres qui le prouvent.

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C’est le nombre d’heures de travail domestique que fait une femme en moyenne en France par semaine, contre seulement 9 pour un homme. Ce qu’on remarque, c’est qu’en tant que célibataire, une femme fait 16 heures de travail domestique par semaine et un homme 11.

Donc après la mise en couple, l’homme enlève des heures et la femme en ajoute beaucoup plus. Et cela a un impact sur leur carrière, elles se disent : “Je ne vais pas prendre cette promotion qui va me faire terminer à 19h30, parce que je dois aller chercher des enfants, faire les courses et faire à manger et que si je l’accepte, l’équilibre familial en sera bouleversé”. Ce travail domestique, il faudrait que les hommes le fassent naturellement, qu’ils se responsabilisent sans que leurs conjointes aient à leur rappeler !

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C’est le montant que touchent les femmes pour gérer tout ce travail domestique et parental nécessaire à l’équilibre de la famille. La plupart des personnes qui se mettent à temps partiel où qui s’arrêtent de travailler pour s’occuper des enfants, ce sont des femmes. Elles s’arrêtent parce que dans 75% des couples, c’est l’homme qui gagne le plus et que souvent, c’est la logique du plus gros salaire qui l’emporte. Le problème c’est qu’elles ne toucheront pas de salaire, ni de droits au chômage, ni de droits à la retraite.

Pour Lucile, il serait normal d’avoir un salaire domestique pour rémunérer les personnes qui se mettent à temps partiel ou qui arrêtent de travailler, parce qu’en réalité, elles créent une grande valeur pour la société et elles devraient au moins toucher des droits au chômage et à la retraite.

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C’est le nombre de semaines de congé maternité obligatoires pour les femmes, contre 7 jours obligatoires pour le congé paternité. Cet écart nourrit des inégalités en entreprise et il nourrit des discriminations : un employeur trouvera beaucoup plus compliqué d’embaucher une femme et de devoir gérer son congé maternité, tandis qu’un homme, c’est beaucoup plus simple : “Il s’absente moins”. En réalité, c’est parce que les mères gèrent beaucoup plus de tâches liées aux enfants que les pères, qui peuvent s’impliquer pleinement dans leur carrière. Pour réduire ces inégalités, il faudrait que le congé de paternité et de maternité soient de durée égale.

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C’est le pourcentage de conjoints d’expatriés qui sont des femmes parce que la plupart du temps, ce sont plus les femmes qui suivent leur conjoint. Pourquoi ? Quand on a 25% d’écart de salaire entre hommes et femmes, c’est toujours très difficile pour les femmes de devenir la carrière prioritaire et de passer avant.

Ce qu’il faut regarder, c’est la capitalisation long terme : un homme, même si sa carrière ne lui plaît pas et qu’il a l’impression de se sacrifier pour sa famille, aura son évolution professionnelle, son évolution de salaire, ses droits au chômage et ses droits à la retraite en son seul nom. En revanche, une femme qui suit son conjoint, s’adaptera pour la vie familiale, et arrivée à la retraite, elle en subira les conséquences, sans compensation financière.

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C’est le pourcentage de décisions judiciaires qui donnent la garde exclusive de l’enfant à la mère. Après une séparation, on demande aux mères, qui ont souvent moins de revenus, de gérer les enfants la plupart du temps et évidemment, ça a un coût à la fois financier mais aussi un coût d’opportunité. Une mère célibataire avec deux enfants à charge en bas âge, ne pourra se libérer du temps pour accepter un travail avec des grandes amplitudes horaires, même s’il est mieux rémunéré. À l’inverse, le père qui est dégagé de la charge de ses enfants, aura encore plus de temps pour s’investir dans sa carrière.

Pour Lucile, il faudrait augmenter les pensions alimentaires, mieux partager le temps de garde entre les parents mais aussi responsabiliser les entreprises : si elles adoptaient une politique interne beaucoup plus « parents friendly » avec des horaires flexibles, sans réunion tardives, et des aménagements prévus pour les parents célibataires, la carrière des femmes pâtirait beaucoup moins de leurs responsabilités parentales !

ATTENTION. Ces chiffres ne veulent pas dire qu’il ne faut pas être en couple et qu’il vaut mieux rester célibataire. Cela veut dire qu’il faut reconnaître le travail des femmes qui est donné pour le couple, il faut adapter le monde de l’entreprise pour qu’il soit beaucoup plus inclusif et dans ces cas-là, la carrière des femmes et des hommes sera sans doute plus épanouissante.

Lucile Quillet est l’autrice du livre “Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière, guide de coaching professionnel pour les femmes qui veulent se réaliser au travail” (éd.Diateino) et “Le prix à payer: Ce que le couple hétéro coûte aux femmes”(éd.LLL) . Vous pouvez la joindre sur LinkedIn et lui partager vos problèmes et questions sur Instagram.

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