Absence d’évolution : comment se motiver en cette rentrée si spéciale ?

Rentrée : comment retrouver la motivation au travail ?

Des journées qui raccourcissent, les vacances qui prennent fin, les feuilles qui commencent à tomber des arbres… Pas de doute, c’est la rentrée. Et cette année, le retour au travail s’annonce… compliqué : avec la crise sanitaire qui s’éternise, de nombreux salariés ont vu leurs conditions et leur rythme de travail bouleversés en profondeur. Et parfois, cela a un impact négatif sur le moral des troupes. Le peu de perspectives d’évolution, le manque de visibilité sur la stratégie de la boîte sur le long cours, les opportunités professionnelles qui se font rares, le chômage partiel, les effectifs parfois réduits, ou encore l’appauvrissement de la culture d’entreprise avec la généralisation du télétravail ont parfois fait vaciller toute forme de motivation du côté des salariés.

Alors pour vous aider à attaquer cette année sur de bonnes bases, Marine Flévin, coach en développement personnel et professionnel, nous livre ses conseils pour surmonter cette rentrée.

Identifiez vos sources de motivation

La crise sanitaire a durement impacté un grand nombre d’entreprises, parfois forcées de ralentir leur activité voire de la suspendre totalement. Si vous évoluez dans l’une de ces structures, aborder la rentrée avec entrain et engagement peut être un exercice particulièrement périlleux. Marine Flévin propose de mettre cette période « creuse » à profit pour réfléchir et faire le point sur vous-même.

Pour cela, il est important d’identifier ses moteurs d’épanouissements professionnels et personnels, et de s’interroger sur ce qui « Vous donne envie de vous lever le matin, et ce qui fait que votre journée a du sens à vos yeux ». C’est le moment idéal pour réaliser une introspection, pour identifier dans nos tâches quotidiennes et nos anciennes expériences ce qui nous plaît le plus et de tenter de voir comment répondre à cela dans notre vie de tous les jours. C’est une façon de reprendre le pouvoir sur notre vie. Car si le professionnel tourne au ralenti, nous pouvons combler nos besoins par le biais d’autres activités. La majorité de nos « moteurs » peuvent être traduits par des verbes d’action : « échanger, résoudre, manager », il faut alors trouver un moyen d’y répondre. Si ce qui vous anime au travail, c’est “aider”, pourquoi ne pas s’engager dans une association sur votre temps libre, par exemple ?

Il ne faut jamais perdre de vue que le travail a lui aussi ses saisons, et que parfois il faut accepter de ralentir pour se recentrer.

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Entreprendre des formations

Un autre moyen d’aller de l’avant lorsqu’on « stagne », c’est de débuter une formation. Cela peut prendre la forme d’une formation professionnelle pour se « muscler », renforcer ses compétences, pallier à d’éventuelles lacunes et de fait, favoriser ses possibilités d’évolution lorsque le contexte sera plus favorable. Vous pouvez par exemple vous perfectionner dans une langue vivante, ou encore dans l’utilisation des outils informatiques. Mais il peut aussi s’agir d’une formation qui a pour but de développer votre employabilité et d’agrandir votre champ professionnel : graphisme, design, numérique, etc.

N’hésitez pas à consulter votre Compte Personnel de Formation, mais si vous préférez, vous pouvez également vous former par vous-même (Internet est plein de ressources !). Pour cela, Marine Flévin recommande notamment d’organiser sa journée de travail en différents « temps productifs » et de dédier un créneau à la formation. N’hésitez surtout pas à échanger avec votre responsable sur la façon de mettre ce temps à profit, il ne faut pas « en faire en tabou » soutient notre coach professionnelle. Si vous expliquez à votre N+1 que cela ne vous empêchera pas de réaliser vos missions et que cela peut même vous aider à progresser, il y a peu de chances qu’il s’y oppose.

Communiquer sur ses besoins

Après plus d’un an et demi de pandémie, entre travail à distance ou chômage partiel, le lien social, crucial au bon fonctionnement de l’entreprise, peut se trouver distendu. Il est en ce sens essentiel de replacer la communication au centre de ses différentes actions.

Pour chaque problématique rencontrée, il ne faut pas hésiter à en discuter avec son supérieur hiérarchique. Si l’on fait face à une réorganisation des équipes ou que l’on fait partie d’une team en sous-effectif, il faut tout d’abord tenter de comprendre pourquoi et comment nous nous sommes retrouvé dans cette situation. Pour cela, Marine Flévin recommande de « questionner sans revendiquer », soit interroger en restant à l’écoute, plutôt que d’opter pour un comportement belliqueux ou agressif. Ouvrez le dialogue afin d’obtenir la meilleure répartition possible de la charge de travail, organisez des « réunions de partage », où chacun pourra identifier ses points bloquants, ses tâches chronophages, tirer la sonnette d’alarme et demander de l’aide si cela est nécessaire.

Autre point essentiel : avec la pandémie, de nombreux salariés ont vu leur perspective d’évolution repoussée. Nous connaissons tous l’importance de cette question qui impacte directement la motivation du salarié, puisque la gratification est l’un des moteurs professionnels numéro 1, ce que confirme l’étude « The Workforce View in Europe in 2018 » pour un salarié sur deux. Elle permet de se sentir soutenu et encouragé par sa direction, tandis que les primes et autres avantages font figures de « récompenses ».

Mais comment se sentir reconnu autrement que par le salaire, alors que dans certains cas, le salarié a redoublé d’efforts pour faire face à la crise ? Là encore, communication et transparence sont les maîtres mots. Si aucune évolution salariale n’est possible, l’employé peut proposer des alternatives, en sondant la mise en place d’autres types de gratifications sous diverses formes, par exemple : des horaires allégés, des tickets cultures, un accès à de nouvelles responsabilités, demander à être associé à un projet qui nous intéresse depuis longtemps. Bien sûr, n’oubliez pas la question du salaire et tentez de sonder votre manager pour avoir un peu plus de visibilité sur la suite des événements : y a-t-il une date à laquelle votre entreprise pense pouvoir vous accorder une promotion ?

Redéfinir au mieux les contours de son projet professionnel

Et si l’on décidait malgré tout d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs ? Malheureusement la crise a également eu un fort impact sur le marché de l’emploi. Entre les process de recrutement gelés et l’amenuisement des opportunités, difficile de s’offrir une alternative pro. Comment trouver la force de se lever tous les matins tandis que nous restons en poste, faute de mieux ?

Quand la crise a chamboulé nos plans de carrière, un des meilleurs moyens de gérer sa frustration est, selon notre experte, de prendre du temps pour concevoir un réel plan de changement en se posant des questions concrètes : « Quelle tâche ai-je envie de conserver, quelles sont celles que je veux changer, est-ce que je souhaite rester ou changer de secteur… ? » Cette réflexion « peut être menée seule ou avec l’aide d’un coach professionnel », selon Marine Flévin.

Si le marché de l’emploi est en apnée, il faut peut-être envisager de tirer profit de ces moments de calme pour se préparer au mieux dans l’optique de futurs entretiens : « Apprenez à parler d’une manière impactante de vos compétences, essayez de les raccrocher à des réalisations concrètes, constituez une bibliothèque de réalisations dont vous êtes fiers » Selon la coach professionnelle, il serait également dommage de négliger le « marché caché » (toutes les offres d’emploi non diffusées), qui est un vivier d’opportunités, et qui offre une concurrence importante aux possibilités d’embauche plus “classiques”. Elles sont accessibles par le biais de candidatures spontanées mais plus souvent par le bouche-à-oreille. On peut aussi faire savoir à son réseau que l’on est en recherche, rencontrer des professionnels pour échanger, demander un retour sur son profil, ses expériences, son CV, en somme : se nourrir de l’expertise des autres et, en fonction des retours, s’adapter, se réajuster, ou développer des missions en interne pour acquérir des compétences qui pourraient nous manquer.

Prendre soin de soi

Pour finir, voici la règle d’or à ne surtout pas négliger : pensez à vous ! Puisque la rentrée s’accompagne toujours de son lot de tracas, décuplés durant cette période particulièrement anxiogène, il ne faut surtout pas mettre de côté son bien-être personnel.

Pour cela, Marine Flévin conseille de faire au moins une chose par jour qui nous fait plaisir et surtout de s’y tenir : « Concrètement, moins on a le moral, moins on a le moral », il faut donc à tout prix tenter de s’extirper de ce cercle vicieux. Il peut s’agir de petits rituels accessibles, à la portée de tous : dévorer un bon livre, se faire couler un bain, profiter d’une séance de cinéma, se dépenser lors d’une session running… L’important c’est de prendre soin de soi et de s’octroyer des moments de détente nécessaires pour souffler durant cette période de transition.

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Article édité par Gabrielle Predko ; Photo by WTTJ

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