Comment valoriser une mission de volontariat dans sa vie professionnelle ?

Comment valoriser une mission de volontariat sur son CV ?

Votre mission de volontariat touche à sa fin et l’heure de reprendre le cours de votre vie approche. Mais déjà une question vous taraude : comment intégrer cette expérience si riche dans votre parcours professionnel pour qu’elle y trouve une vraie place ? Même si vous ne souhaitez pas forcément vous ré-orienter dans le domaine de l’humanitaire ou du social, vous restez persuadé d’avoir mûri et d’avoir acquis de nouvelles connaissances. Que faire de ce “petit quelque chose en plus” que vous avez acquis mais que vous avez du mal à identifier et mettre en relation avec le reste de votre parcours ? Pas d’inquiétudes, il suffit simplement de prendre le temps de tout remettre en ordre et de se poser les bonnes questions.

Pour vous aider à faire le point, nous avons rencontré Valentine, volontaire international dans le cadre d’un VSI en Inde pendant deux ans, qui nous partage son expérience. Elle raconte : « J’ai fait un master en entrepreneuriat dans une école de commerce (EDHEC). Puis j’ai rejoint le Réseau Entreprendre Paris pour lequel j’ai travaillé 3 ans en tant que chargée d’affaires. J’ai ensuite décidé de démissionner et de partir en Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) pour Life Project 4 Youth. »

1. Faire le point sur les compétences acquises

La première étape consiste à faire le bilan de ce que l’on a appris : « Il faut prendre le temps de revenir sur son expérience. Dans mon cas, en relisant certains documents, je me suis rendu compte que j’avais appris à gérer des projets, des budgets et des Hommes. Il s’agit de compétences essentielles dans le monde professionnel » nous explique Valentine. Que vous soyez parti quelques semaines ou de longues années, prenez le temps d’identifier ce que vous avez appris dans le cadre de votre mission, afin de mettre des mots sur votre ressenti. « Ce fut probablement les deux plus belles années de ma vie », nous confie Valentine. Mais comment passer de ce constat général à une liste précise de compétences ?

Pour cela, pas de miracles, posez-vous les questions suivantes : Quelles sont les missions auxquelles j’ai participé ? Que m’ont-elles apporté en matière de savoir-faire ? En quoi ces tâches étaient-elles différentes de celles que j’ai effectuées dans mes précédents jobs ? La capacité à travailler en équipe malgré les différences culturelles (nationalités différentes), la prise de décision en situation d’urgence ou encore la gestion de projets portés à l’international : les exemples de compétences qui peuvent être développées dans le cadre d’une mission de volontariat sont nombreux et dépendent de chaque mission.

N’oubliez pas les aptitudes personnelles, tout ce qui relève davantage du savoir-être : plus grande ouverture d’esprit, gain de maturité, d’empathie, etc. Valentine témoigne : « Je retire énormément d’enseignements de cette expérience : l’insertion dans une équipe multiculturelle, l’adaptation au contexte local (se faire accepter en Inde en tant que femme), une plus grande patience ainsi qu’une meilleure capacité d’écoute, l’apprentissage de l’assertivité, etc. »

2. Formaliser, si l’on souhaite, l’acquisition de ces nouvelles compétences

« Au fur et à mesure, j’ai également eu de plus en plus de responsabilités en mission : j’ai eu la possibilité de coordonner et de manager une trentaine de volontaires. Cette opportunité ne se serait sûrement pas présentée si j’étais restée en France. »

Comme Valentine, vous avez sûrement développé de nouvelles compétences lors de votre mission de volontariat. Il reste à savoir si vous souhaitez les formaliser et les valider par l’obtention d’un diplôme par exemple.

Passer par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE)

Vous venez de passer plusieurs mois ou plusieurs années à participer à la mise en place logistique de l’ONG Solidarités Internationales en Irak ? Grâce à la Validation des Acquis de l’Expérience, vous pourrez obtenir un diplôme de logistique !

Valider son niveau en langue étrangère

Après les deux années passées au Honduras, l’espagnol n’a plus de secret pour vous ? De nombreux tests vous permettent de montrer à un employeur que vous maîtrisez une ou plusieurs langues étrangères : le TOEIC pour l’anglais, le DELE pour l’espagnol, etc.

Cette étape n’a rien d’obligatoire mais vous permet de passer de la valorisation de votre expérience à sa validation officielle.Si vous avez passé de nombreuses années sur le terrain, cela peut s’avérer très important pour la suite de votre parcours, en fonction de votre projet. Si vous n’aviez pas prévu de les faire valoir auprès de recruteurs, vous pouvez vous demander si la formalisation des compétences acquises pendant votre mission peut vous servir afin de trouver un nouvel emploi, en fonction du domaine que vous visez.

3. Insérer son expérience de volontariat sur son CV

Vous avez tout intérêt à mentionner votre expérience en tant que volontaire sur votre CV, surtout si la mission que vous avez effectuée est une mission longue (6 mois, 1 an, ou plus). En effet, si vous donnez un an au service d’une cause, il vous faudra probablement justifier de ce “gap” dans votre CV, alors autant bien communiquer sur cette expérience ! Si vous êtes encore fraîchement diplômé, cette expérience viendra agrémenter votre CV parfois encore un peu léger.

En ce qui concerne la rubrique dans laquelle vous pouvez mentionner la mission de volonaitre, tout dépend de la durée de la mission :

  • Mission courte : si vous revenez d’une mission de protection de la faune et de la flore qui a duré 1 mois, une mention dans la rubrique “Bénévolat” ou “Centres d’intérêt” peut suffire.
  • Mission longue : en revanche, si vous avez donné des cours d’anglais ou de français pendant plus d’un an dans un pays d’Asie du sud-est, n’hésitez pas à écrire cela dans la section “Expériences professionnelles”.

Dans le cas d’une expérience longue, quasi-professionnelle, cette dernière peut être intégrée de manière chronologique au parcours classique. Pensez à présenter vos missions de manière concrète et professionnelle, comme n’importe quelle autre expérience, en parlant de réalisations, d’actions menées concrètement, de compétences acquises et non pas uniquement du but général de l’association, qui n’intéresse pas forcément votre futur employeur. N’oubliez pas alors de mentionner le type de contrat que vous aviez : Service Civique, VSI, qui permettra au recruteur de s’y retrouver. Pensez à ajouter également cette expérience sur votre profil LinkedIn et sur tous vos autres supports de candidatures !

4. Apprendre à présenter son expérience de volontariat lors d’un entretien

Même si la phase d’entretien est pour vous la plus stressante, il suffit de reprendre toute la réflexion que vous avez eu jusqu’à présent. Si certaines compétences du poste que vous convoitez correspondent à celles que vous avez développées lors de votre mission à l’étranger, mettez-les en avant. Postuler pour un emploi revient à construire un argumentaire prouvant que vous êtes la personne la plus adaptée pour occuper ce poste : alors n’hésitez pas à vous “servir” de l’expérience de volontaire pour appuyer votre discours.

La plupart du temps, le recruteur cherche à savoir ce qui vous amène à postuler dans son entreprise après une expérience parfois très loin du poste qu’il vous propose, pensez à préparer une réponse à cette question, en expliquant ce que cette mission vous a apporté, et ce qui vous amène à poursuivre votre parcours dans un autre domaine, en expliquant la cohérence. N’hésitez pas à montrer ce que cet engagement peut dire de vous et de vos valeurs !

La plupart du temps, une expérience de volontariat est plutôt vu positivement par les recruteurs : cela laisse transparaître une certaine ouverture d’esprit, une capacité à s’adapter et à prendre des risques, un détail qui peut faire la différence dans la dernière ligne droite pour décrocher un emploi ! Il arrive parfois que certains recruteurs envisagent l’humanitaire d’un mauvais œil, souvent effrayés par l’idée qu’une telle parenthèse ou une période “off” dans votre vie vous donne envie de repartir tous les six mois… Dans ce cas là, suivez le conseil avisé de Valentine : « Si vous vous retrouvez en face d’un recruteur qui n’est pas sensible à votre expérience, c’est aussi un signe que vous ne serez pas bien dans cette entreprise, donc passez à la suivante ! » Oser parler de votre expérience peut vraiment vous aider à la faire le tri pour trouver un endroit où vous vous sentirez bien !

Les conseils à retenir :

  • Identifiez les compétences acquises lors de la mission humanitaire. Certaines personnes y parviennent seules, d’autres ont besoin d’un accompagnement.
  • Formalisez les aptitudes professionnelles que vous avez développées si cela vous semble nécessaire.
  • Pensez à bien faire le lien entre cette expérience, votre métier initial et vos choix professionnels**. Mesurez toute l’importance que vous souhaitez donner à cette expérience dans votre parcours professionnel.
  • Si cette expérience vous semble déterminante pour la suite de votre projet, par exemple, si elle débouche sur une poursuite de carrière dans le développement international, le social, ou l’humanitaire, il est d’autant plus important de bien la raconter, afin de la faire résonner avec votre parcours et vos projet futurs.
  • Si ce n’est pas le cas, expliquer ce que cette expérience vous a apporté, tout en expliquant votre choix de retourner à votre métier premier, cela rassurera le recruteur quand au fait que vous n’allez pas vouloir repartir de si tôt !

Une expérience de volontariat est souvent un temps fort pour votre construction au niveau personnel, cependant, cela peut trouver un réel écho positif au niveau professionnel : nouveau projet d’orientation, accent mis sur les valeurs, choix de rejoindre des entreprises engagées, découverte de nouveaux centres d’intérêt, goût pour l’international… La plupart des employeurs recherchent de leur côté des candidats ouverts d’esprit, investis,c apables de prendre des risques et qui savent s’adapter à des situations variables. En ce sens, une expérience humanitaire peut considérablement renforcer votre CV, qu’il s’agisse d’une simple parenthèse ou d’une mission de longue durée. Entre deux profils à compétences égales, c’est souvent ce genre de détail qui fait la différence.

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Thibaut Camboulives

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