S'engager à l'étranger : le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI)

  • September 20, 2019

Vous avez toujours rêvé de partir comme volontaire à l’autre bout du monde et de vous investir pour une cause qui vous tient à cœur ? Malheureusement, il n’est pas toujours facile de savoir où s’informer et à quelle porte frapper…

Savez-vous seulement qu’un statut de “volontaire international” existe et qu’il est bien encadré en France ? Celui-ci pourrait vous permettre de donner de votre temps pour une cause qui vous touche tout en cotisant pour votre retraite. En effet, depuis 2005, il est possible de s’engager à l’étranger via un contrat de Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) qui permet de partir en mission dans un cadre établit. Alors, prêt à aller au bout de votre projet ?

Le VSI, qu’est-ce que c’est ?

À ne pas confondre avec le VIE, le VSI est un contrat qui encadre des missions de solidarité à l’international. Il permet à des volontaires de s’engager à l’étranger pour une durée donnée. À l’origine de ce projet porté par le Ministère des Affaires Étrangères françaises : un désir de renforcer la solidarité entre les pays en aidant au développement de certaines zones défavorisées. Pas mal, non ?

Il existe différentes formes de volontariat, en France et à l’étranger, mais voilà ce qui caractérise le VSI :

  • La solidarité : Il doit s’agir de missions de solidarité - comme indiqué dans l’intitulé - c’est à dire de missions humanitaires, ou liées au développement et à la coopération internationale telles que décrites dans la loi de 2005
  • L’aspect international : ces missions doivent obligatoirement se situer à l’étranger dans un pays situé hors de l’Espace économique européen (EEE)

Les projets de VSI sont donc la plupart du temps liés à l’éducation, au développement durable, à des projets d’actions sanitaires et sociales, à l’aide humanitaire d’urgence en cas de catastrophes naturelles ou humaines dans des pays émergents ou en voie de développement.

Le VSI, pour qui ?

Bonne nouvelle, le VSI s’adresse à tous ! Une seule condition : être majeur au moment du départ en mission. Pas de limite d’âge ou de nationalité donc, seul compte le désir de mettre ses compétences au service de besoins spécifiques.

Il est cependant obligatoire pour le volontaire de partir en mission dans un pays différent de son pays de résidence ou de son pays d’origine.

Le volontaire doit aussi s’assurer d’être libéré de tout contrat de travail. Cependant, il reste possible de faire cette année de volontariat sans quitter définitivement son poste, dans le cadre d’un congé sabbatique ou d’un congé de solidarité internationale (CSI) par exemple !

Quels pays, quelles régions ?

Les missions de VSI se déroulent toujours à l’international, plus particulièrement hors de l’Espace économique européen (EEE). Ce qui vous laisse la possibilité de partir un peu partout dans le monde !

Une mission VSI s’effectue au sein d’un seul pays, sur une zone précise, en soutien à l’action d’ONG ou d’associations qui accueillent des volontaires. Vous souhaitez vous engager sur une région précise ? Le plus simple est de contacter directement les associations qui agissent dans la zone qui vous intéresse !

Quelles structures pour effectuer un VSI ?

Attention cependant, toutes les ONG ne sont pas habilitées à faire partir des volontaires sous un contrat de Volontariat de Solidarité Internationale. Seule une organisation agréée par le Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI) est en capacité d’envoyer des volontaires sous un tel contrat. Si une ONG n’est pas agréée mais qu’elle souhaite envoyer des volontaires en VSI, elle doit collaborer avec un organisme tiers reconnu par le MAEDI.

Ces organismes ont l’habitude d’envoyer des volontaires pour leur propre besoin mais aussi pour le compte d’autres associations. Vous pouvez consulter la liste des organismes agréés sur France Volontaires ou vous renseigner directement auprès de la structure de votre choix.

Avant de partir, les futurs volontaires s’engagent en signant un contrat tripartite établi entre eux, l’association qui les accueille et l’organisme qui les envoie en mission.

Quelle durée, quel statut ?

Donner de son temps, c’est bien, mais sur le long terme, c’est mieux ! Et ça tombe bien car les missions VSI sont d’une durée minimum de 1 an. La durée maximum de mission, quant à elle, est de 6 ans dans la vie d’une personne, que ce soit d’une traite ou cumulé au sein de différentes organisations.

Vous pouvez partir en VSI durant vos études, à l’occasion d’une césure, mais aussi à n’importe quel moment de votre carrière, ou même à la retraite ! Cependant, si vous souhaitez poursuivre votre carrière dans l’humanitaire, il vous faudra vous professionnaliser en trouvant un emploi salarié car vous ne pourrez rester volontaire toute votre vie…

Quel financement, quelles aides ?

Comme le VSI n’est pas un contrat de travail, il n’ouvre pas droit à un salaire. Cependant, afin d’encourager l’engagement des personnes, l’État français a mis en place un droit d’indemnisation, ainsi qu’une protection sociale pour les personnes qui partent sur le terrain. Bon à savoir : le gouvernement participe également aux coûts de formation, de couverture sociale et de gestion de ces volontariats !

Le volontaire est indemnisé en fonction de la nature de sa mission et du niveau de vie du pays de la mission : « Le montant minimum de votre indemnité mensuelle ne peut pas être inférieur à 100 €, hors prise en charge du transport, du logement et de la nourriture. » précise la loi.

Cela peut sembler peu, mais pas de panique, cette indemnité n’est pas soumise à l’impôt. De plus, comme les indemnisations sont indexées sur le coût de la vie - souvent bas - des pays de mission, et que les transports et le logement sont pris en charge par l’association qui accueille le volontaire, le montant mensuel est souvent largement suffisant. S’il est évident que ce n’est pas en partant en mission que vous ferez gonfler votre épargne, les volontaires vivent la plupart du temps plutôt bien, alignés sur le niveau de vie local.

Les volontaires bénéficient aussi de congés (deux jours par mois de mission) ainsi que d’une protection sociale : ils sont affiliés, ainsi que leur ayants-droit, à la Sécurité Sociale via la Caisse des Français de l’étranger.

Le VSI, et après ?

Partir en mission pour les autres, c’est bien, mais que se passe-t-il au retour ?

Afin de faciliter l’atterrissage des volontaires à leur retour de mission, tout a été prévu dès la création du statut. Quitter un CDI pour une mission VSI est une raison considérée comme légitime de démission, vous aurez donc droit à l’assurance chômage à votre retour. De plus, les volontaires qui partent plus de 24 mois en mission bénéficient d’une prime forfaitaire de réinstallation à leur retour en France (3700 euros en 2019).

Chacun des organismes qui vous envoie doit s’engager à vous former au départ et vous accueillir au retour, afin de vous aider à vous réinsérer… Cette année au service des autres est aussi une belle expérience internationale qui vous permettra d’évoluer. De votre expérience interculturelle, c’est à vous de tirer le meilleur. Et si en revenant, vous ne vous imaginez pas faire autre chose, pourquoi pas envisager de poursuivre dans l’économie sociale et solidaire

À bon entendeur !

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Photo d’illustration by WTTJ

Cécile Pichon

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