« Désolé pour hier soir » : 3 récits de "walk of shame" post-afterwork

3 histoires de walk of shame post-afterwork trop alcoolisées

Jeudi, 19H. Après une semaine de dur labeur, vous étiez impatient à l’idée de retrouver vos collègues autour d’un verre dans une ambiance décontractée. Malheureusement, lors de cet afterwork a priori innocent, vous avez dérapé en avalant le verre de trop. Pas de panique : que vous ayez perdu toute forme de décence devant vos collègues ou que vous ayez délié votre langue sur un sujet délicat, sachez que cela nous est tous arrivé un jour. Pour que vous puissiez de nouveau relever la tête dans l’open-space, nous avons donné la parole à des personnes qui sont passées par là, et qui, elles aussi, ont rasé les murs le lendemain au bureau. Témoignages.

Dérapage collectif

En 2019, Lucie (1) est consultante en social media dans une agence de communication. Elle se rend à la soirée d’Halloween organisée par son entreprise, à laquelle s’est greffé le pot de départ d’un de ses collègues. « Qui dit Halloween, dit déguisement et cette fois-ci tout le monde joue le jeu ! La salle est décorée, le système son installé : la soirée promet de rester dans les annales. Je ne suis pas déçue ! Au gré des heures qui passent et des verres qui se vident (et se remplissent), la soirée bat son plein. Nous nous laissons complètement aller, raconte-t-elle. Dans un moment d’enthousiasme collectif, nous assiégons la salle de “meeting”, un espace ouvert avec de grandes vitres en verre, où trône une imposante table de réunion… Cette pièce devient même le cœur de notre dancefloor improvisé ! »

Évidemment, à une heure avancée de la nuit tous les collaborateurs sont bien éméchés. « Plusieurs d’entre nous se relaient pour monter sur la table, et agiter la foule, tels des ambianceurs. Mais, vers 3h du matin, c’est le drame. L’immense meuble cède sous le poids des acrobates d’un soir. Panique à bord, nous essayons de le réparer, mais rien n’y fait. Sur les coups de 4h du matin, laissant le navire (ou plutôt l’épave) à l’abandon, chacun rentre chez soi, se souvient la consultante. Le lendemain nous sommes (malheureusement) tous en présentiel. Sur le chemin du travail, j’ai la boule au ventre et me demande comment nous allons nous sortir de cette situation. En arrivant sur les coups de 10h30 (oui, la soirée de la veille a laissé des traces), je me pétrifie en voyant l’ampleur des dégâts. Je ne suis pas encore au bout de mes peines… »

Au bureau, l’ambiance est électrique… « Mes collègues qui n’ont pas participé à la soirée sont, pour le dire poliment, un poil agacés par nos excès. Mais c’est surtout la direction, furieuse, qui réclame des comptes et nous exhorte à trouver une solution. L’agent d’entretien leur a même fait parvenir un mail incendiaire au regard de l’état des locaux », détaille Lucie. Honteux, l’ensemble des protagonistes qui ont participé à cette démolition collective se cotisent pour acheter des chocolats à la personne qui s’occupe de l’entretien des locaux, mais aussi pour réparer cette fameuse table auprès d’artisans locaux…

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Petits secrets entre collègues

Côté frasques, Justine (1), 29 ans, n’est pas en reste. « En 2016, je suis chargée de communication dans l’événementiel sportif et j’ai l’habitude de retrouver mes collègues dans un bar à proximité des bureaux, explique-t-elle. Mais, cette fois, nous sommes en comité restreint, à trois, avec mon alternant et le responsable de l’événementiel, Baptiste. Un cercle intimiste propice aux confidences. »

Rapidement, la discussion dérive sur les “potins” d’open-space et la jeune femme se sent en confiance. Peut-être un peu trop… « Nous finissons par parler d’une de nos collègues et des bruits de couloir qui courent à son sujet », nous confie-t-elle. Depuis plusieurs semaines, certains prêtent à cette dernière une liaison avec le stagiaire de Baptiste. « Le responsable de l’événementiel, dans une manipulation assez sournoise, prêche le faux pour déceler le vrai. Je tombe évidemment dans le piège, et je finis par cracher le morceau au sujet d’une aventure dont j’ai connaissance. À ce moment-là, je ne sais pas encore quelle bombe je viens de lâcher »

La chargée de communication ne le sait pas encore, mais elle a mis le doigt sur un dossier très sensible… « En arrivant au bureau le lendemain, ma collègue, dont je suis plutôt proche, ne m’adresse pas un mot, raconte-t-elle. Rapidement, je comprends que cela fait suite à mes révélations de la veille, dont je ne suis pas vraiment fière. Baptiste lui a tout raconté, ok. Problème : ce dernier et ma collègue s’avèrent, à ma grande surprise, être ensemble ! En levant le voile sur cette affaire, j’ai sans le savoir déclenché une crise de couple. » Comme vous pouvez l’imaginer, cette malencontreuse gaffe a ensuite fortement impacté et dégradé les relations que Justine entretenait avec ladite collègue et ce, jusqu’à la fin de leur collaboration.

Une soirée d’intégration mi-ivre, mi raisin

Vincent (1), chargé de production, a, lui, bien marqué les esprits de ses collègues à l’occasion d’un afterwork de rentrée. « Début septembre, cela fait deux semaines que j’ai intégré un grand groupe audiovisuel. Par chance, une soirée post-vacances estivales est organisée dans un open-air. J’y vois une occasion inespérée pour accélérer mon intégration et faire plus ample connaissance avec mes collègues, dans un cadre informel. D’un autre côté, je suis un peu stressé par l’enjeu : faire bonne impression tout en mettant en avant mon côté fêtard », explique-t-il.

Vincent enchaîne les bons mots et les verres, jusqu’à ce que son alcoolémie dépasse un seuil acceptable. « Suite à différentes incartades : danses improbables et verres renversés, la sécurité de l’établissement me pousse gentiment vers la sortie. Mais loin de moi l’idée de me résigner à rentrer (à peu près dignement) chez moi, je trouve un stratagème pour revenir, attendant que le videur s’éclipse quelques instants. C’est le shot de trop… Titubant, je finis par faire un vol plané sur le bitume. Je me relève hagard et décide de partir. »

Le lendemain, la tête encore à l’envers, Vincent doit gérer une gueule de bois de l’espace, et se rendre dans la douleur (et la honte) sur son lieu de travail. « J’arrive en boitant, rigole-t-il. Les séquelles de ma chute sont assez visibles : j’ai des bleus partout et un pansement au genou. Mes collègues ne m’en reparlent pas directement, mais je sens bien qu’on me dévisage… Depuis, on m’a collé le titre de pilier de bar, une étiquette qui me colle toujours à la peau. »

Alors, pour éviter de vivre ce genre de désagréments, un petit conseil pour aborder sereinement vos prochains afterworks : entourez-vous d’une personne de confiance qui ne cédera pas à l’appel du beaujolais nouveau et pourra vous alerter si vous dépassez (vraiment) les limites !

(1) les prénoms ont été modifiés

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Article édité par Romane Ganneval ; Photos Thomas Decamps pour WTTJ

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