Ils ont trouvé un travail là où ils s'y attendaient le moins

« J'ai trouvé un travail d'une manière inattendue » Témoignages

S’inscrire sur une plateforme de recrutement, envoyer son CV en répondant à une offre postée sur les réseaux sociaux ou via le site web d’une entreprise, utiliser les tuyaux de sa famille, de ses amis ou de ses connaissances. Voici quelques-unes des méthodes qui ont fait leurs preuves pour trouver un emploi. Tout le monde les connaît, mais il y a peut-être mieux pour sortir du lot. Pour ça, il faut constamment être sur le qui-vive car, parfois, les opportunités apparaissent là où on les attend le moins et souvent, le hasard fait bien les choses. Voici l’histoire de quatre jeunes professionnels qui ont trouvé du travail en suivant des pistes peu conventionnelles et commencé des aventures professionnelles complètement improbables.

Le coup de foudre

Dîner improvisé à Madrid, verres de vins et sourires : c’est dans ce cadre informel et amical que Laia a réussi à décrocher le boulot qu’elle n’espérait plus. Avant cette rencontre professionnelle fortuite, cette journaliste et anthropologue de Barcelone, a longtemps travaillé dans le secteur tertiaire, puis dans les droits de l’homme. Elle coordonnait depuis quelques années des équipes pour une institution internationale d’aide humanitaire, et brutalement, tout s’est arrêté. « Je venais de finir mon contrat… On m’avait dit qu’il serait renouvelé, mais rien de tout cela ne s’est finalement produit. Ça a été un vrai coup de massue parce que je tenais beaucoup à ce boulot. J’ai donc rapidement commencé à consulter des offres pour rebondir mais rien ne retenait mon attention et cela impactait mon moral… », explique Laia. Pour lui changer les idées, des amis l’invitent à passer le week-end à Madrid. « J’étais assez pessimiste et je n’avais pas envie de dépenser de l’argent, se souvient-elle. Mais ma sœur, qui habite à Madrid, a fini par me convaincre. »

Une fois sur place, Laia profite de sa visite pour se greffer aux bons plans de sa sœur. Au programme : un dîner avec sa cheffe, responsable dans un studio de design stratégique, et une autre de ses collègues. « On venait de se rencontrer, mais on aurait dit un dîner entre amies. Nous avons beaucoup ri et échangé à propos d’expériences personnelles sans jamais évoquer le travail. C’était une super soirée ! », raconte-t-elle. Le lundi suivant, de retour à Barcelone, elle reçoit un coup de fil : « C’est un peu comme si, juste après avoir fait ma connaissance, la cheffe de ma sœur avait cogité pour finalement se rendre compte que je collais au profil qu’elle et son équipe recherchaient activement depuis un petit bout de temps : quelqu’un qui a de bonnes compétences en communication et qui serait capable de mener des recherches anthropologiques », explique-t-elle.

Laia s’empresse alors de lui envoyer son CV et sa lettre de motivation : le processus de sélection pouvait commencer. Deux entretiens, une phase de négociation, et le tour était joué ! « La cheffe a tout de même souhaité me revoir pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas juste d’un coup de foudre amical… et c’est bien normal ». Deux mois plus tard, Laia déménageait à Madrid. « Si j’avais vu une offre dans un studio de design lorsque j’étais encore en recherches, je me serais certainement dit que mon parcours ne collait pas et je n’aurais jamais postulé. Et pourtant, j’ai passé deux ans dans cette entreprise et j’ai énormément appris, reconnaît-elle. En fait, ce dîner a enlevé la pression qu’il y aurait eu en entretien. Je pouvais être moi-même : le cadre idéal pour que tout se passe bien et spontanément. Et je crois que c’est ce qui m’a aidée. En plus, j’ai pu faire la connaissance de ma cheffe dans une ambiance plus informelle, j’ai ainsi établi une relation cordiale avec elle dès le début, en la respectant en tant que professionnelle bien sûr, mais sans la redouter non plus ! »

« Ce dîner a enlevé la pression qu’il y aurait eu en entretien. Je pouvais être moi-même : le cadre idéal pour que tout se passe bien et spontanément. Et je crois que c’est ce qui m’a aidée. » Laia

Soigner son carnet d’adresses

Lorsqu’on recherche un job, le networking, c’est le nerf de la guerre. Mais on a bien souvent tendance à l’oublier…

En parallèle de ses études à l’université, Nacho a travaillé pendant un an pour un journal local. À son départ, il a gardé un contact régulier avec un membre de l’entreprise. Il n’était pas son manager direct, mais gérait un groupe de communication qui représentait divers médias.

Quelques années plus tard, alors que Nacho finit ses études, il recroise son ancien collègue devant l’entrée d’un concert : « Il y avait beaucoup de représentants du monde musical, des journalistes, des professionnels des radios locales, etc. Quand je lui ai dit bonjour, il a cru que j’assistais au concert et m’a dit que ça allait bientôt commencer et qu’il fallait que je me dépêche pour ne pas louper le début. J’ai donc dû lui expliquer que je n’avais pas prévu d’y aller parce que je n’avais pas de billet et nous en sommes restés là. Du moins c’est ce que je croyais… Cinq minutes plus tard, alors que j’étais toujours dans les parages avec des amis, il est revenu vers moi et m’a tendu une enveloppe : “Tu n’as rien vu” m’a-t-il dit, et a disparu dans la foule. »

Dans l’enveloppe, Nacho trouve des pass pour le concert. « Quelques jours plus tard, je l’ai appelé pour le remercier, et, de fil en aiguille, il m’a confié avoir un nouveau projet : lancer un bulletin d’informations locales au sein de la radio dans laquelle je travaillais à l’époque. Il m’a dit qu’il avait gardé une bonne image de moi et que, si cela m’intéresserait, il me présenterait à son équipe. » C’est ainsi que Nacho a obtenu son premier emploi, dans la radio de son mentor.

« Il m’a dit qu’il se souvenait que je travaillais bien et que si cela m’intéresserait, il me présenterait à son équipe. » Nacho

Sauter sur l’occasion

Judith Marrasé a, elle aussi, fait des études de journalisme. Tout juste diplômée, elle envoie un nombre incalculable de CV, à la recherche d’un job en communication. Après des mois de bouteilles lancées à la mer sans réponse, elle accepte un poste de collecte de fonds dans une ONG.

Un jour, alors qu’elle alpague les passants dans une rue bondée, un visage familier se démarque de la foule : un journaliste-présentateur connu de la télévision locale avance dans sa direction. « J’avais vraiment envie de changer de travail… J’imagine que c’est pour cette raison que j’avais glissé des CV dans les dossiers promotionnels adressés aux potentiels donateurs… (rires) Donc quand je l’ai vu, j’ai sauté sur l’occasion. C’était maintenant ou jamais. J’ai réussi à attirer son attention et il ne s’est pas enfui, comme le font souvent les gens quand on les aborde avec le T-shirt d’une ONG », s’amuse-t-elle.

Judith lui explique sa situation et lui propose de lui donner son CV. « Il a super bien réagi », se souvient-elle. Le jour suivant, elle recevait un appel de la sous-directrice de son programme pour un entretien. « Ça a été une vraie surprise parce que je ne m’attendais à rien. Sur le coup, je me suis dit qu’il voulait juste être poli, mais qu’il perdrait mon CV ou le jetterait ».

Tout se passe alors rapidement pour la jeune femme. Après son premier entretien, on lui annonce la bonne nouvelle : elle est engagée. « J’ai travaillé trois ans pour ce programme télévisé et au bout d’un certain temps, la sous-directrice comme la productrice du programme m’a avoué qu’ils m’avaient choisie parce que j’avais osé donner mon CV en pleine rue. Comme quoi… », ajoute-t-elle encore perplexe.

« La sous-directrice comme la productrice du programme m’a avoué qu’ils m’avaient choisie parce que j’avais osé donner mon CV en pleine rue. Comme quoi… » Judith

Une question d’initiative

Comme pour Judith, c’est son esprit d’initiative qui a aidé Aranxa, graphiste et photographe freelance à trouver un boulot. « Un jour, une photographe que je suivais sur Instagram a publié des photos qu’elle avait prises pour un nouveau magazine de voyage et de lifestyle dont le premier numéro était consacré à la ville de Valence. J’ai adoré le magazine et j’ai commencé à le suivre. Peu de temps après, ils ont annoncé la préparation d’un second numéro à Bristol et ils recherchaient justement des photographes », se souvient-elle.

Basée à Londres, elle n’hésite pas une seule seconde, prépare un porfolio de photos de voyage et envoie un email rédigé en anglais pour se présenter et montrer son travail. « Opter pour l’anglais m’a semblé évident car leurs publications sur Instagram étaient toutes en anglais, précise-t-elle. Mais j’ai été surprise, en recevant la réponse, de découvrir que la rédactrice en chef était de Valence, comme moi ! »

Bingo : le travail d’Aranxa correspond parfaitement au style de la revue. « J’ai reçu un message : « As-tu quelque chose à faire la semaine prochaine ? Tu viens avec nous à Bristol ? », après avoir halluciné, j’ai accepté. Quelques jours plus tard, on s’est retrouvés à Bristol et j’ai passé un super moment, raconte-t-elle. La collaboration m’a semblé vraiment facile alors qu’on se connaissait à peine. Je n’avais même pas suivi de processus de recrutement classique, ni passé d’entretien. »

Aranxa qui a osé forcer le destin en contactant directement une entreprise pour lui proposer ses services et son expérience de photographe, recommande à tous d’oser sauter le pas. « Il n’y a rien à perdre, donc c’est toujours mieux d’essayer. Au pire, ils ne te répondent pas et ce n’est pas grave. Mais si le projet se réalise, la satisfaction est amplifiée et tu as d’autant plus l’impression que ton travail est valorisé. » La jeune femme a rédicidivé quelque temps après avec un autre client, et trois semaines après avoir envoyé un message, elle était à Bali pour faire des photos dans un cadre paradisiaque. Comme quoi, dans la vie professionnelle (comme personnel), mieux vaut être acteur de sa destinée. Alors, qu’attendez-vous ?

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Photo by WTTJ, traduit par Helene Bienvenu

Laia Antúnez

Freelance Content Creator

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