Les renégociations de salaires approchent... 8 profils de collègues en embuscade

Rénégocier son salaire : les 8 stratégies de vos collègues

Voilà, nous n’avons jamais été aussi proches de la fin de l’année. On entend déjà la douce voix de Mariah Carey, les gargouillis de notre ventre pré-crise de foie au repas de Noël, mais aussi… les messes-basses à propos de l’entretien annuel au bureau. Que le vôtre ait lieu en décembre ou au début de la nouvelle année, on parie que le sujet de la renégociation des salaires est déjà largement abordé entre collègues : « Et toi, tu vas demander une augmentation ? De combien ? », « Apparemment Brigitte brigue un poste de manager, elle est folle, non ? »… Ces quelques minutes d’entretien où l’on apprendra - enfin - si on a été sage ou non et si on mérite de beaux cadeaux monopolise toute notre attention le mois qui le précède. Et dans une période aussi cruciale, chaque collègue adopte une attitude bien à lui. Voici quelques profils qui se distinguent… À décliner au féminin comme au masculin.

1. La stratégiste

Six mois avant son entretien, son plan de bataille pour renégocier son salaire était déjà plus avancé que la candidature de Zemmour pour les présidentielles (il se présente ou pas ? Toujours pas compris.) Chaque année, elle ressort son gigantesque (et incompréhensible) tableau Excel récapitulant tout l’argent qu’elle a fait gagner à l’entreprise, ce que celle-ci perdrait si elle n’était pas là, les heures supp’ accumulées pour lesquelles elle n’a jamais réclamé un kopeck, ainsi que toutes les fois où elle a apporté son café au boss sans broncher… Si vous préféreriez qu’elle mette autant d’énergie pour préparer son PowerPoint pour votre présentation client imminente, à ce stade d’investissement, vous vous demandez quand même si elle ne devrait pas prendre la tête de l’entreprise, voire du pays. Allez les boss… rien que pour cet effort de préparation, elle mérite mieux !

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2. Le maître chanteur

À chaque afterwork, vous l’entendez répéter le même speech enragé à qui veut bien l’entendre : « Moi je te le dis, s’ils ne s’alignent pas sur mes prétentions salariales, je fais mes affaires et que je me casse ! » Vous en venez à vous demander s’il souhaite réellement être augmenté ou s’il ne préfère pas secrètement ne pas l’être pour offrir une des scènes les plus dramatiques (et pathétiques) qui soient à l’entreprise. Lui, employé modèle trahi et broyé par la grande machine du corporatisme claquant la porte de la salle de réunion au nez de son manager qui court pour le rattraper, terrifié à l’idée de perdre un si bon élément. Un conseil : n’oubliez pas de venir au bureau le jour de son entretien annuel, vous ne voudriez pas louper un tel spectacle !

3. La résignée

Pendant que l’ensemble de votre équipe s’époumone à parler salaire et tips de négociation à l’afterwork, elle observe le spectacle à distance, en sirotant son Spritz. Sourire en coin, elle se demande tout bas « À quoi bon ? » Persuadée que l’issue d’une renégociation de salaire ne peut être que négative, elle a déjà tout prévu. Elle a tenu le secret, mais a déjà décroché un nouveau poste bien mieux rémunéré et compte lâcher la bombe gentiment le jour J à son boss. Surprise !

4. Le serein

Même si l’approche de votre entretien annuel vous tend, inutile d’aller vous confier à ce collègue : il ne saura pas vous épauler. Beaucoup trop confiant en la justice karmique de l’univers, il vous dira que « Tout vient à point à qui sait attendre », que « si vous le méritez, vous aurez ce que vous voulez », et que, dans tous les cas, « l’argent ne fait pas le bonheur ». Bref, des phrases que votre grande tante pourrait publier sur Facebook sur des montages-photos kitsch avec des dauphins. Alors, comment repérer ce collègue qu’on envie autant qu’on déteste ? Fastoche : il s’agit soit de cette jeune recrue pleine de rêves et d’idéaux qui compte bientôt démissionner pour vivre sa meilleure van life au Guatemala, soit d’un boss pour qui l’augmentation est presque garantie. Dans les deux cas, fuyez.

5. Le filou

À l’inverse, vous devriez passer un peu plus de temps avec ce collègue ingénieux. Vous savez, celui qui est toujours dans les bons plans : qui garde tous ces tickets de réduction au supermarché, qui parvient à choper un aller-retour à 20 balles pour New-York pour le Nouvel-An ou encore qui va récupérer tous ses cadeaux Monopoly au McDonald’s. Assez lucide sur ses chances de décrocher la fameuse augmentation, il a basé toute sa stratégie sur des avantages hors salaire. Alors ok, il n’aura peut-être pas un centime de plus sur son compte en banque, mais aura quand même réussi à négocier : un statut cadre, une prime exceptionnelle, un abonnement Gymlib et une petite formation payée par la boîte. Pas mal, non ?

6. La coachée

Vous voyez dans les séries pour ados américaines quand la jeune lycéenne mal dans sa peau intègre l’équipe des pom-pom girls et qu’elle est, au début, moquée par les membres de sa team qui finissent par l’aider à devenir une maxi BG ? En entreprise, il y a sa version adulte : cette collègue peu confiante qui se sent déjà « chanceuse d’avoir un job » et qui n’oserait même pas demander 10 euros d’augmentation sur son salaire annuel (la dernière fois, au déj’, elle n’a même pas renvoyé son plat en cuisine quand le serveur lui a ramené des tripes à la place de sa burrata). Alors les semaines qui précèdent l’entretien, avec le reste de vos collègues, vous vous êtes fixés comme mission de la stimuler et de la guider pour qu’elle parvienne enfin à réclamer son dû : « Ne lâche pas ! Demande au moins 10%, ok ? », « tu mérites mieux, ne l’oublie jamais ! », « tu veux qu’on répète ton discours ? » Si elle obtient son augmentation, pensez à réclamer une commission.

7. La taupe

« Apparemment toute l’équipe de Stéph’ sera privée d’augmentation cette année », « tu savais qu’André allait être promu toi ? », « j’ai entendu dire qu’on aurait la prime Macron, mais tu ne le dis à personne, hein ? »Plus informée sur les différents jeux de pouvoir et l’état des finances de l’entreprise que la RH et le comptable réunis, vous n’avez jamais autant trainé avec cette collègue qu’en cette fin d’année. D’ailleurs, vous commencez à penser que cela vous fait plus de mal que de bien. Personne n’a jamais su si les infos colportées étaient crédibles, mais bon, tant qu’elle ne vous apprend pas votre licenciement, ne vous affolez pas trop et profitez des gossips.

8. Le passager clandestin

« Qui ne tente rien n’a rien », « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs »… Ce profiteur par excellence en est certain : tous ces proverbes motivationnels ne s’adressent pas à lui. Il les laisse très volontiers à ses collègues. Le principe de sa solide théorie piochée dans ses cours de terminale ES ? Si tous ses collègues obtiennent une revalorisation salariale au gré d’une âpre négociation, la direction alignera sans doute les revenus de toute la boîte à ce nouveau standard. Malinx ! Le risque ? Quand ses collègues auront tous sauté la tête la première dans la piscine ou emprunté le toboggan du fun, lui restera éventuellement bloqué au niveau du pédiluve. Il est loin le rêve de nager un jour parmi les dauphins… Peut-être devrait-il songer, à son tour, à affronter son boss en tête à tête. Pour ça, un conseil : bien se mouiller la nuque avant.

Photo par Thomas Decamps
Édité par Manuel Avenel

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