Partir travailler à... Shanghai

Partir travailler à Shanghai : conseils et démarches

Shanghai, la ville la plus grande et la plus moderne de Chine s’invente au jour le jour, tandis que les citadins chinois et les expatriés se mélangent, tous happés par le dynamisme contagieux de cette folle métropole. À l’embouchure du Yangtsé, baigné par la mer de Chine Orientale, ce centre financier international promet une aventure électrique, pendant laquelle vous ne manquerez pas d’être surpris.

Le marché du travail

Si le taux de chômage chinois de 3,8% en 2019 (5,5% dans les grandes villes comme Shanghai) peut faire pâlir d’envie n’importe quel pays occidental, c’est un chiffre à prendre avec des pincettes. De fait, le taux de chômage n’est annoncé qu’une seule fois par an par le gouvernement, qui n’est pas connu pour son honnêteté infaillible. Les tensions avec les États-Unis ont impacté l’activité économique qui s’est quelque peu ralentie depuis le début de l’année 2019. Il n’empêche qu’il y a des opportunités professionnelles à Shanghai, à condition de maîtriser l’anglais sur le bout des doigts et d’être prêt à se lancer dans l’apprentissage ardu du mandarin. Évidemment, être diplômé d’un master ne fait pas de mal !

La plus grande ville de Chine est en effet le centre économique du pays, et connaît une certaine effervescence entrepreneuriale, avec le développement de nombreuses start-up et autres licornes ! « C’est vrai qu’au premier abord, ça peut paraître difficile de trouver un emploi, mais il y a quand même beaucoup d’opportunités », nous confirme Baptiste, qui vit sur place depuis plus de trois ans, et qui travaille dans un cabinet de performance énergétique et environnementale dans le bâtiment (aka développement durable pour ceux qu’on a perdu). Investissez également dans des cartes de visite, un élément essentiel du réseautage asiatique en général, et chinois en particulier. Enfin, misez sur le réseau français : la Chambre du Commerce organise une journée portes ouvertes deux fois par mois, l’occasion de faire des rencontres et de demander conseils et coups de main professionnels aux expatriés de (plus) longue date.

Les secteurs qui recrutent

Le monde de l’entreprise

La durée légale du travail est de 8 heures par jour, et de 44 heures maximum par semaine, pas vraiment d’heures supplémentaires à craindre, le respect des règles étant très important dans la culture chinoise. « Je dirais que l’ambiance n’est pas si différente qu’en France, dans mon entreprise en tous cas, explique Baptiste, j’ai des amis pour qui ça se passe moins bien, avec un management chinois très carré et strict, qui peut devenir difficile à vivre pour un Français. » Comme en France, l’ambiance varie en fonction des entreprises et du management : vous pouvez tomber sur une start-up “à la cool” comme sur une société où les relations entre collaborateurs seront très formelles. Essayez d’entrer en contact avec des salariés pour en savoir plus avant de signer votre contrat.

Les plus

  • La gastronomie chinoise : à vous les dim sum, les soupes, les xiaolongbao, ou encore le crabe poilu ! Kāi chī bā! (soit “Bon appétit”!).
  • « C’est une ville super dynamique, avec des gens qui en veulent », explique Baptiste.
  • « Shanghai est très internationale, et donc plus facile à vivre pour un étranger que d’autres villes chinoises comme Pékin par exemple », ajoute-il.

Les moins

  • Shanghaï est la 6ème ville la plus chère du monde.
  • Le salaire minimum est fixé à 2 190 RMB/par mois soit 290 euros.
  • L’eau du robinet n’est pas potable.
  • À partir d’un an d’ancienneté, vous avez le droit à 5 jours de congé annuel, 10 à partir de 10 ans d’ancienneté…
  • 14 semaines de congé maternité (contre 16 semaines en France), et seulement 3 jours de congé paternité.
  • Le climat est particulièrement humide, c’est-à-dire qu’il fait très (très) moite en été (le taux d’humidité peut atteindre les 100% : la canicule made in France va vous manquer) et très (très) froid en hiver, sans compter les fortes pluies au mois de juin…

Pour qui ?

La ville mélange gratte-ciel futuristes et architecture chinoise traditionnelle, et vous pourrez trouver des petits coins de paradis au milieu des buildings : « il y a des endroits magnifiques pour se balader, on ne se croirait plus du tout dans une énorme métropole », raconte Baptiste. Et comme toute grande ville qui se respecte, vous aurez de quoi profiter de votre temps libre : restaurants à profusion, bars, clubs, musées, galeries et shopping ! Mais attention, le mal du pays peut quand même faire surface : « Parfois, j’ai l’impression que je ne pourrais jamais être vraiment intégré dans la société, confie Baptiste, je resterai toujours “l’étranger” quel que soit le temps que je reste, ou mon niveau de mandarin. De plus, la ville a beaucoup changé depuis mon arrivée : le coût de la vie augmente, le pays se replie sur lui-même, la police est beaucoup plus présente… »

Infos pratiques

Loyer

La ville s’étend sur plus de 6000 kilomètres carrés, et il s’agit de la ville chinoise où les loyers sont les plus élevés. Bien sûr, les montants peuvent différer entre les quartiers, mais comptez en moyenne 865 € mensuels pour un studio en centre-ville. Veillez à demander une copie du contrat de location en anglais afin de bien relire les conditions, et vérifiez qui est responsable des travaux ou des réparations en cas de problème. Les propriétaires vous demanderont deux mois de loyer en caution, et ce sera également à vous de payer les frais de l’agent immobilier si vous avez fait appel à une agence.

Transports

Le réseau de métro de Shanghai est le plus étendu du monde, ce qui ne l’empêche pas d’être rapide et efficace. Demandez une carte rechargeable : il vous en coûtera 3RMB (à peine 40 centimes d’euro) pour un trajet de moins de 6 kilomètres, puis vous devrez rajouter 1 RMB (12 centimes d’euro) par tranche de 10 kilomètres. Un trajet en bus vous coûtera seulement 2 RMB (24 centimes d’euro). Pour les plus courageux, des vélos sont accessibles dans toute la ville, de nombreuses entreprises s’étant lancées dans le business de location de vélos. Attention, il faut un compte en banque chinois pour régler les frais de location.

Santé

En tant que travailleur étranger, vous êtes obligatoirement affilié au système de Sécurité Sociale chinois.
Cependant, c’est votre employeur qui doit vous y inscrire : n’hésitez pas à le lui rappeler régulièrement jusqu’à ce que vous soyez en règle, la facture pouvant monter très rapidement en Chine : une consultation dans un hôpital privé peut coûter plus de 150 euros, pour une consultation d’un spécialiste, c’est le double, et comptez au moins 1000 euros pour une journée d’hospitalisation !
Vous pouvez également choisir de cotiser auprès de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) et conserver le même régime, et les mêmes avantages qu’en France. Quelque soit l’option que vous sélectionnez, nous vous recommandons vivement de compléter avec une mutuelle, afin que vous soyez remboursé correctement de la totalité des frais engagés. On ne le dira jamais assez : l’assurance santé n’est pas à prendre à la légère, surtout à l’étranger .

Internet et téléphonie mobile

Vous devez évidemment vous munir d’une carte SIM chinoise auprès de l’un des trois opérateurs (China Mobile, China Unicom, et China Telecom), et acheter du crédit, qui sera décompté dès que vous envoyez un SMS, dès que vous appelez ou utilisez Internet, mais aussi dès que vous recevez un appel ou un SMS : sans crédit, vous devenez injoignable ! Pour la télévision et Internet, référez-vous à l’opérateur principal, China Telecom. Mais sachez que votre propriétaire aura probablement déjà souscrit à une offre, et qu’il sera difficile d’en changer. En moyenne, le prix pour une connexion est de 1200 RMB (153 euros) par an.

Nous en profitons pour vous rappeler l’existence du Great Firewall of China : le gouvernement bloque de nombreux sites Internet et autres applications, et contrôle les visites sur les sites chinois. Dites au-revoir à Google, Facebook, Instagram, Twitter… Sauf si, comme la plupart des expatriés sur place, vous vous transformez en hacker du dimanche, en ayant recours à un VPN (qui tient pour Virtual Private Network : c’est un réseau crypté qui vous permet d’avoir une connexion sécurisée et anonyme) pour pouvoir surfer “normalement” sur Internet. Cela vous coûtera quelques euros supplémentaires par mois.

Infos Visas

« Sachez qu’il devient de plus en plus difficile d’obtenir un visa de travail car la Chine essaie de limiter la présence d’étrangers dans le pays, prévient Baptiste, c’est une paperasse monstrueuse, c’est très long et fastidieux : prévoyez au moins deux mois de démarches administratives. » Vous devrez donc faire votre choix entre le Visa S1, séjour longue durée, S2, séjour courte durée (moins de 180 jours) ou le Visa Z, le visa de travail à proprement parler. Ce sera probablement l’étape la plus difficile de l’expatriation, mais les procédures sont maintenant détaillées sur le site de l’Ambassade de Chine.

Démarches administratives

Vous devez im-pé-ra-ti-ve-ment vous enregistrer auprès du commissariat le plus proche dans les 24 heures suivant votre arrivée (sauf si vous résidez à l’hôtel, auquel cas l’établissement se charge de cet enregistrement). Vous aurez besoin de votre passeport et d’une photocopie de celui-ci, de votre contrat de location et de sa photocopie, ainsi que de la photocopie de la pièce d’identité de votre propriétaire. Que de paperasse ! Mais il faut jouer le jeu jusqu’au bout.

Vous l’aurez compris, il faut mériter son expatriation à Shanghai, et même sur place, il faudra parfois redoubler de persévérance pour s’y épanouir. Les différences culturelles ne sont pas à prendre à la légère, et pourront à la longue vous peser, tout comme le sentiment que vous serez toujours différent (ce à quoi s’ajoute l’absence du pain !) La Chine n’est peut-être pas, au premier abord, le pays le plus accueillant, mais Shanghai saura vous séduire et récompenser vos efforts en vous offrant outre un profond dépaysement, un sentiment de fierté indescriptible une fois que vous pourrez (enfin !) appeler cette métropole “Maison”. Si bien que vous aurez probablement du mal à repartir

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Anouk Renouvel

Freelance @ Communication numérique

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