Rencontre avec Franck Annese, boss de Society et créateur de mag' en série

Entretien avec Franck Annese, le papa de Society

C’est bien simple, cet été il y a deux récits auxquels vous n’avez pas pu échapper : la lente montée de la “deuxième vague” du Covid-19, et l’histoire de Xavier Dupont de Ligonnès, publiée en deux parties dans le magazine Society. À l’heure où la presse magazine bat cruellement de l’aile, faisant tanguer la vie pro de nombreux hommes et femmes qui en vivent, nous republions notre rencontre avec Franck Annese, le papa de So Press (Society, So Foot, Tampon! ou encore le petit dernier So good). Patron de presse mais avant tout journaliste touche-à-tout, lui et son crew, c’est aussi une société de production de films, un label musical ou encore une salle de concert parisienne. Le genre de mec qui ne voulait aller nulle part en particulier et qui est arrivé là où des milliers rêvent d’aller. Le quotidien du co-créateur de Society, c’est de l’overdose de boulot, des milliers d’envies et beaucoup, beaucoup de plaisir à ne jamais rien lâcher. Pour ne surtout pas décevoir.

(NDLR : L’interview s’est déroulée en mars 2019, soit un an avant la crise sanitaire de la Covid-19.)

Quand tu rencontres quelqu’un, tu lui dis que c’est quoi ton métier ?

Journaliste.

C’est tout ?

Si on me demande de préciser je dis : « journaliste chez Society ». Mais c’est tout oui, je dis pas que c’est moi le boss et surtout je ne dis jamais « patron de presse », je trouve ça horrible !

C’est pourtant le cas ! Tu gères des journaux mais aussi une boîte de production, un label musical… D’ailleurs, on se demande bien à quoi peuvent ressembler tes journées ?

Concrètement, comment t’expliquer… Disons que 80% de mon temps, je le passe à répondre à des centaines et des centaines de mails. (Il montre son écran) Là, à l’instant, tu vois on me sollicite pour : donner mon avis sur un podcast, me demander si telle personnalité serait okay pour un happening sportif, mon avis sur des fleurs pour une pub… Et c’est comme ça toute la journée. Ça tombe, ça tombe, ça tombe, et il faut trancher.

80% de mon temps, je le passe à répondre à des centaines et des centaines de mails

Et les 20% restant ?

C’est faire plein de choses. Un jour je peux faire un long entretien pour Society, puis faire la relecture et réécriture des papiers des journalistes, être sur les plateaux de tournage des pubs qu’on réalise, produire les disques… En ce moment, je fais un autre truc marrant aussi, je cherche une deuxième salle de concert dans Paris, plus petite que celle qu’on a déjà (Le Trabendo, ndlr), du coup je visite pas mal de clubs et autres bars à chichas !

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La première chose qu’on lit et qu’on entend sur toi, c’est que tu es un gros, gros, bosseur. Tu as toujours été comme ça ou c’est venu avec les projets qui s’accumulent ?

C’est un truc que j’ai toujours eu. Enfant, j’étais studieux, je faisais bien tous mes devoirs. On ne va pas dire que j’étais sage, parce que je faisais beaucoup trop le con et que j’aimais trop faire rire mes camarades mais sinon oui, j’étais un bon élève !

Et aujourd’hui, quand on est patron d’une boîte de cent personnes, ça veut dire quoi travailler beaucoup ?

Ça veut dire que je bosse tout le temps en fait. Tous les jours. Tu vois là, j’étais douze jours en vacances au Mexique avec ma famille, il n’y a pas un jour où je n’ai pas travaillé.

Oui, donc tu n’étais pas en vacances, juste en télétravail au Mexique en fait.

Ouais. Enfin non ! (rires) Le problème c’est que si je ne bosse pas du tout quand je suis en vacances, quand je reviens c’est ingérable. Je vais avoir je ne sais pas combien de mails, de projets en jachère, et ça va être le bordel. Du coup, je ne développe rien en soi, mais je traite mes mails et je réponds aux questions pour ne pas prendre de retard.

Tu dors 4 heures par nuit. Tu es au courant que le numéro de Society actuellement en kiosque est sur le danger de l’insomnie, notamment causée par le stress et le travail ?

Oui ! Quand j’ai vu ça j’ai dit à Hélène qui a écrit l’article : « Putain faut que je change complètement de vie ! » (rires) J’en rigole là, mais oui, je ne dors pas assez et c’est un vrai problème pour ma santé apparemment. Au fond, j’ai envie que ça change, mais c’est comme toutes les addictions. Quand tu bosses tout le temps, à un moment tu te dis : faudrait que j’arrête, là, mais finalement t’es repris dans le truc direct.

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Mais tu n’arrives pas à dormir ou tu te forces à ne pas dormir ?

Ah non, je dors très bien ! Là, si je m’allonge par terre, je m’endors direct ! Je tiens beaucoup sur les nerfs donc, tant que j’ai des trucs à faire, je tiens, j’ai l’habitude. Par contre si demain je n’ai rien à faire, je m’écroule.

Apparemment tu n’es pas le seul à avoir du mal à décrocher ici… Vous n’êtes pas assez nombreux ou c’est juste que vous n’arrivez pas à déléguer ?

Non, c’est juste qu’avec Stéphane [Régy] (rédacteur en chef du magazine Society, ndlr) et Marc [Beaugé], (ancien rédacteur en chef du magazine Society et rédacteur en chef de l’Étiquette, ndlr) depuis vingt ans qu’on se connaît on a toujours fait ça. Ce qui est sûr c’est qu’on ne bosse pas pour l’argent, parce que c’est pas en bossant plus qu’on gagne plus : on est salariés et on ne se verse pas de dividendes. Par contre, je crois qu’on est un peu animés par la même chose tous les trois, c’est la peur de décevoir. On a ce truc du bon élève. Et on a beau essayer de se raisonner les uns les autres, avoir des compagnes qui nous ont fait la guerre, mais on continue. En fait, je crois juste qu’on aime ce qu’on fait. On est conscients de notre chance : on n’a pas de patron au-dessus de nous, on ne fait que les projets qu’on a envie de faire, etc. Bien sûr parfois il y a des parties reloues, comme tout taf, mais on ne va pas se plaindre. Quelque part, on se sent hyper chanceux de pouvoir faire ce qu’on aime alors que ce sont des trucs marginaux. C’est dingue, on n’a rien fait qui était censé fonctionner, et pourtant on arrive tous à en vivre et à faire vivre nos familles et nos potes, qui bossent avec nous. Et franchement, l’envie de ne pas bosser pendant une journée ou une semaine, ça ne me parle pas trop…

Je crois qu’on est un peu animés par la même chose tous les trois, c’est la peur de décevoir. On a ce truc du bon élève.

Être autant investi, ça te rend aussi très exigeant avec les autres j’imagine…

Je pense que je ne suis pas toujours facile. Je ne suis pas du genre à gueuler, mais je peux peut-être être dur.

C’est-à-dire ?

Disons que quand c’est pas aussi quali que ce que je veux, on recommence jusqu’à ce que ça soit bon. Je comprends que quelqu’un puisse trouver ça dur, s’il m’envoie son article et que je dis que je trouve ça nul. Mais c’est pas grave en fait, moi j’en ai fait des tonnes des trucs nuls dans ma vie, et alors ? Les gens me connaissent : je dis ce que je pense, mais ce n’est pas méchant.

Et toi, tu n’as aucun souci avec la critique ?

Ça arrive qu’on me dise que mon idée est naze, et je peux l’entendre aussi ! D’ailleurs mes articles sont soumis aux mêmes règles que les autres. Si je rends une interview pour So Foot et qu’on me dit que c’est de la merde, je rebosse dessus. Après peut-être qu’ils se sentent moins autorisés à le dire, parce que dans leurs têtes je reste leur patron… mais je les encourage à le faire ! (rires)

Il y a vingt ans, tu t’es lancé dans un secteur qu’on disait déjà moribond, la presse. Tu as enchaîné avec les lancements de nouveaux magazines comme si c’était la chose la plus normale au monde. C’est quoi, ta définition du risque ?

Je n’ai jamais eu l’impression de prendre des risques en fait. Déjà, on a commencé tout ça entre potes, pour rigoler. Il y a eu Sofa, un magazine culturel, lancé en 1999 et qui s’est arrêté depuis. On était encore étudiants et on a pu le créer au sein de notre association musicale, Shamrock. Ensuite, quand on a voulu se lancer en kiosque, j’ai utilisé l’argent de l’assurance de ma voiture, que je venais de planter place de la Concorde. Ils m’en ont donné dix mille francs, j’ai dit banco et ça a permis de financer le numéro 1. Et après c’est simple : on est sortis d’école et on s’est mis à bosser pour gagner nos vies. Donc en fait, on ne prenait pas de risques. Pareil pour So Foot : on l’a fait pour se marrer au départ, on l’a lancé avec quatre cent cinquante euros sur un compte. Finalement, faire des magazines pour nous c’était « à côté ». Il y a des gens qui aiment faire du modélisme, de l’équitation, du jardinage… Nous c’était faire des mags, donc on passait nos soirées et week-ends à faire ça.

Il y a des gens qui aiment faire du modélisme, de l’équitation, du jardinage… Nous c’était faire des mags, donc on passait nos soirées et week-ends à faire ça.

C’était quoi ton job à plein temps ?

À l’époque je bossais pour l’émission Culture Pub, ça a été ma première expérience dans la télé et la réalisation. Mais l’envie de réellement développer Sofa et So Foot a été plus forte, donc je me suis mis au chômage pendant un an. Et par la suite, je n’ai jamais eu l’impression de prendre des risques incroyables non plus. La boîte de production, So Film, on a pu la monter parce que Nike voulait qu’on fasse un truc avec eux, donc on partait d’avance avec un gros client. Sinon on ne l’aurait pas lancé ! Et après pareil, tout ce que j’ai monté, je l’ai fait avec l’argent qu’on gagnait. En fait, on a toujours eu une gestion très raisonnée.

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Lancer Society, un magazine d’actualité généraliste en 2015, a été un risque non ?

Oui, ça a été le seul. On a mis tout notre argent sur la table et on savait que si ça se cassait la gueule, en trois semaines on n’avait plus rien. Mais ce danger-là, il était partagé par tout le monde ici, il venait d’une vraie envie. À chaque fois je demandais : vous êtes sûrs ? Vous savez que vous risquez de perdre votre taf ? Tout le monde voulait y aller.

Aujourd’hui tu ne crains toujours rien ?

La crainte que j’ai, c’est pour les autres. Je sais que si demain tout s’arrête, je n’aurais aucun problème à trouver du taf. Je suis identifié comme porteur de projets, j’ai un réseau, peut-être que mon boulot sera moins intéressant mais j’en aurais un. Par contre, j’ai une responsabilité vis-à-vis des gens qui bossent avec moi. Les décevoir, ça me ferait chier. Ils ont confiance en ce qu’on fait et si jamais on se plante, c’est eux qui vont trinquer.

Tes parents, ils voulaient que tu fasses quoi quand tu étais petit ?

À un moment, mon père voulait que je sois footballeur professionnel. Je crois que c’était autant son rêve que le mien. Après, ça s’est reporté sur mon petit frère, qui avait beaucoup plus de chance de percer que moi. Mon père est un grand fan de foot, il nous a mis sur un terrain à 4 ans, et très vite on a adoré ça.

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Et après ?

À partir du lycée, mes parents ont voulu que je fasse polytechnique, parce que j’étais très bon en maths et que les profs n’arrêtaient pas de les bassiner avec ça. C’était très bizarre ce truc quand j’y repense : c’est comme si rien d’autre que polytechnique n’existait. Dans la famille, on ne connaissait pas trop les autres filières, les autres métiers, les cursus qu’il fallait faire pour y arriver. Je n’ai jamais vraiment eu de discussion avec mes parents sur un choix d’orientation. Il n’y a pas eu de « qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » et de plan pour y arriver. Tout était assez vague. À part polytechnique !

Ils faisaient quoi tes parents ?

Ma mère était coiffeuse jusqu’à ma naissance, et après elle a fait des animations dans les supermarchés. Mon père lui était technicien dans les pylônes, chez TDF, et il a gravi les échelons jusqu’à devenir ingénieur. Lui, il a vraiment bossé comme un fou. Il se levait à 4 heures tous les jours, mais pour une boîte qui a fini par le virer à 57 ans… Quelque part, j’admirais le fait qu’il travaille autant et si bien, mais j’ai compris que c’était absurde de donner autant pour des gens que tu n’aimes pas.

J’admirais le fait qu’il travaille autant et si bien, mais j’ai compris que c’était absurde de donner autant pour des gens que tu n’aimes pas.

Finalement, tu t’es dirigé vers les écoles de commerce parce que ton meilleur pote t’avait assuré qu’il « y avait plus de filles » que chez les ingénieurs. C’est vrai ?

(Rires) Ouais ! C’est comme ça qu’il m’a convaincu d’aller à Strasbourg, en prépa HEC. Moi, je ne savais même pas ce que c’était ! J’ai fait un dossier, j’ai été pris et j’y suis allé. D’ailleurs, je pense que mes parents ont été un peu déçus du choix.

Après deux ans de prépa, tu as été pris à l’Essec. Tu savais ce que tu voulais faire ?

Je m’en fichais pas mal de l’école où j’allais atterrir. En prépa, j’avais des notes catastrophiques. Ce qui comptait pour moi à l’époque c’était mon groupe de musique, ma copine, la salle de sport où on jouait au foot… Le seul truc que j’avais vraiment envie de faire plus tard c’était de monter une maison de disques. Quand je me suis rendu compte de l’état du disque, ça m’a refroidi…

Oui c’est sûr que la presse se portait bien mieux…

(Rires) Le hasard a fait que ! Mais oui je suis d’accord avec toi, c’était pas plus reluisant. En fait, c’est ce que je te disais tout à l’heure, ça s’est fait sans réflexion.

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Dès le début tu t’es mis à écrire, et tu continues encore aujourd’hui à rédiger des articles quand tu as le temps. Tu t’es formé comment pour être journaliste ?

Déjà, moi je ne crois pas beaucoup aux écoles pour devenir journaliste. Je crois juste que si t’es curieux et un peu exigeant ça fonctionne. Globalement, je ne crois ni aux écoles, ni au système français tout court.

C’est plus facile de dire ça quand on sort d’une grande école.

Je ne pense pas. Franchement, j’ai rien appris en école. Le seul truc que ça m’a permis, c’est de pouvoir faire des trucs. L’Essec c’était une école où tu croisais des gens qui avaient envie de faire des choses et moi je déteste faire des trucs seul. Donc j’ai rencontré des gens à qui quand je disais : « tiens, et si on faisait ça ? » répondaient : « ah ouais carrément on le fait avec toi ! » Ça c’est hyper précieux, c’est ce qu’on pouvait m’apporter de mieux. Et puis, la direction de l’école a toujours facilité nos projets, et ça j’en ai toujours été reconnaissant. Quelque part, ils ont validé ça : okay le mec fout rien, ça l’intéresse pas d’aller en cours et il n’a même pas de bonnes notes, mais par contre il aime bien faire des trucs à côté, et il les fait plutôt bien…

Si tu ne crois pas aux formations, quels sont tes critères pour embaucher ?

Tous les gens qui sont ici, on les a choisis personnellement. J’ai parfois embauché des gens qui n’avaient pas forcément la compétence au départ, mais avec qui je me disais qu’on pouvait bosser ensemble, et qu’on allait se marrer. J’ai tendance à penser que ceux qui me font rire sont sûrement intelligents ! (sourire) Pour le reste, la compétence ça s’acquiert.

Ça ne vous a jamais joué de tours ?

Parfois. Par exemple, notre premier directeur financier n’était pas du tout bon en maths et ne s’intéressait pas du tout à la finance.

C’est embêtant !

Ouais ! (Rires) Mais on l’avait mis là parce qu’à l’époque c’était le seul poste un peu rémunéré qu’on avait à lui proposer. Il est devenu DAF de la boîte, et finalement il a fait deux, trois petites conneries qui ont bien failli m’envoyer en prison (rires). Mais c’était de ma faute, j’aurais dû plus contrôler. Et tu vois on l’a pas viré, il est toujours là. C’est juste qu’on l’a mis à un poste qui était fait pour lui.

Lequel ?

(Sourire) C’est le rédacteur en chef de So Foot. Il est super, c’est un des meilleurs journalistes qu’on ait eus ici.

Et toi, aucun poste ne te ferait vriller ?

Non. Ou si, président de la République je pense que je dirais oui. Mais bon, faut passer par les suffrages, il paraît.

Sauf si tu t’improvises dictateur.

Ouais. Je pense que je ferais un très bon dictateur d’ailleurs. Et sinon : président d’un club de foot. Ça, ça pourrait me titiller…

Un gros club ?

Un club moyen. Genre le FC Nantes par exemple.

Au hasard.

Au hasard ! (rires)

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Quelle part a eu la chance dans ton parcours ?

La chance, c’est quand un jour un mec sonne chez toi parce qu’il veut écrire des piges en musique pour ton magazine. Ce mec, c’est Stéphane Régy, il est fan de foot et vous connectez comme jamais. Vingt ans après, on fait encore des canards ensemble. La chance, c’est aussi quand ta première demande de stage à So Foot, c’est Marc Beaugé qui te l’envoie.

Donc la chance, c’est des rencontres ?

Oui. Tu tombes sur des gens avec qui tu t’entends bien, et ça va fonctionner.

Au fait, il paraît que ça y est, vous vous lancez dans les films d’auteur ?

C’est en cours ! Demain je vois un montage de deux heures et demie de notre premier film, Méduse. Il doit sortir en salle pour l’automne 2019 (en fait début 2021, NDLR). C’est vraiment un petit film indépendant, et ça me va très bien comme ça.

Pourquoi faire ça, en plus du reste ?

Quand tu réalises des pubs, rapidement tu as envie de faire des formats plus longs et au bout tu rêves de faire des films…

Quel est ton rôle là-dedans ?

Déjà, le rôle du producteur en amont : réunir les bonnes personnes pour faire le film, donner mon avis sur les versions du scénario, etc. Ensuite lors du tournage, comme les financements étaient un peu compliqués, j’ai tenu le rôle de premier assistant : je faisais les plans de travail, j’essayais de rythmer le tournage pour qu’on ait tout dans les temps… C’était hyper intense. Et là maintenant je gère la post-production avec les monteurs.

Tu n’as jamais eu envie de te focus sur un seul truc ?

Non. Ce que j’aime, c’est justement faire plein de choses différentes. Je me lasse très vite et j’ai un pouvoir de concentration qui est très faible, donc j’ai besoin de zapper de truc en truc.

Tu dis souvent que si tout s’arrête, ce n’est pas grave tu feras autre chose. Tu le penses vraiment ou c’est pour te prémunir ?

Si un jour je ne fais plus rien du tout, je serais sûrement très nostalgique de tout ce qu’on a fait… Mais sinon, je ne suis jamais nostalgique. Si So Foot ou un autre canard s’arrête demain, je ne serai pas triste. Je sais d’ailleurs exactement ce qu’il y aura dans le dernier numéro, c’est prévu depuis le début. Chérif Ghemmour, qui est journaliste chez nous, a dit un truc assez juste un jour lors d’une interview : « L’esprit So Foot, c’est l’esprit qu’on sait qu’on va mourir. » Et c’est assez vrai en fait. Un des trucs qui nous tient tous aussi ici c’est qu’on sait qu’un jour tout peut s’arrêter. Du coup, on fait les choses.

Un des trucs qui nous tient tous aussi ici c’est qu’on sait qu’un jour tout peut s’arrêter. Du coup, on fait les choses.

Tu pédales pour ne pas tomber quoi.

Ouais, on pédale. Et si un jour ça s’arrête, il ne faudra pas qu’on regrette de ne pas avoir fait des choses tant qu’on le pouvait. Si ça ne dure pas, si les gens ne nous lisent pas, bah on arrête. C’est pas grave. On fera autre chose, y’a plein de choses à faire.

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Photos : crédit Elodie Daguin, pour le magazine papier de WTTJ

Clémence Lesacq

Editorial Manager - Modern Work @ Welcome to the Jungle

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