Gilles, dentiste et parkinsonien : « On peut continuer à travailler »

Gilles Ponthieux, le dentiste atteint de la maladie de Parkinson

SEMAINE POUR L’EMPLOI DES PERSONNES HANDICAPÉESIls sont les grands laissés-pour-compte du marché du travail. Selon l’Ifop, la recherche d’emploi dure 7,6 mois en moyenne pour les jeunes en situation de handicap, soit presque deux fois plus que pour les jeunes en général (4,2 mois). Des chiffres édifiants que nous avons décidé d’incarner au travers de cette série de portraits, publiée à l’occasion de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées. Gilles Ponthieu est dentiste en Bretagne. Il apprend en 2013, à 56 ans, qu’il est atteint de la maladie de Parkinson. De quoi le faire chavirer ? Pas une seconde.

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VIDÉO TÉMOIGNAGE - « Je me suis aperçu qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas en me brossant les dents. Pour un chirurgien-dentiste, c’est quand même assez fort ! C’est-à-dire que mon mouvement de brossage prenait de l’amplitude, il accélérait, il accélérait, il accélérait, jusqu’à me taper les gencives et me faire mal. Et là, je me suis dit “il y a un truc qui ne va pas”. En tant que chirurgien dentiste, je me doutais de la chose.
Je ne me suis pas posé la question d’arrêter mon activité, mais je me suis dit : “Il faut que tu t’obliges à continuer”. Quand j’ai le bistouri dans la main, ma main bouge un petit peu. Mais dès que je me pose en appui et en stabilité dans la bouche du patient, mon trait de bistouri est parfait. Comme avant. Si je n’étais pas parkinsonien, j’aurais fait le même trait. En revanche, si je vois que je tremble trop, comme j’ai toujours une assistante au fauteuil, je positionne le miroir et elle le tient. Et aujourd’hui, tout roule.

« Puisque je suis capable de traverser l’Atlantique à la rame, je serai capable de soigner une dent »

Après l’annonce du diagnostic, j’ai décidé de traverser l’Atlantique à la rame. C’est le moyen le plus physique et le plus lent de traverser l’Atlantique. Je me suis prouvé alors que je pouvais encore faire beaucoup de choses. Cette traversée, qui a été un exploit sportif - qui n’a rien à voir avec la dentisterie - m’a réconforté sur mon choix de continuer à travailler. Puisque j’étais capable de faire ça, je serai capable de soigner une dent.

« Ne lâchez rien »

À tous ceux qui travaillent, malgré leur handicap je leur dis chapeau ! Ne lâchez rien, ne lâchez rien ! Peu importe leur métier, il ne faut pas qu’il se disent “c’est fini pour moi” mais plutôt : “Je faisais comme ça avant la maladie. Qu’est ce que je pourrais faire pour pouvoir continuer ?” On peut continuer à travailler. Ce n’est pas parce qu’on est malade qu’on vaut plus rien. Au contraire, valide ou pas, on apporte aussi une pierre à l’édifice.
Et puis la vie continue. La vie, il faut la vivre. Avant, je faisais des projets de vie, maintenant, je fais toujours des projets de vie, mais je les fais. Je n’attends pas. Je les fais. »

Journaliste : Blanche Martin. Cadreur : Sébastien. Monteur : Célia

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