Entreprendre pendant la crise : « même pas peur » ! Témoignages

Crise et entrepreneuriat : témoignages

Depuis plus de deux mois c’est la tempête, le covid-19 fait des ravages et déjà l’économie fait naufrage. Chaque jour, au compte-gouttes, des messages nous sont transmis à la radio : telle entreprise en sauvetage, telle autre est en train de sombrer… Bref la météo ne semble pas au beau fixe pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Chacun s’efforce plutôt de rester à bord et sauver son poste. Pourtant, contre vents et marées, certains valeureux n’ont pas craint de se jeter tout entier dans le bain de l’entrepreneuriat. Gonflés à bloc, rarement en solitaire, ils sont quelques-uns à trouver opportun de se laisser porter par le courant de marchés émergents. Mais qui sont ces entrepreneurs à qui rien ne fait peur ?

Entrepreneur de la crise : quel profil ?

Il faut être un tantinet aventurier et casse-cou pour se lancer en pleine tempête… C’est pourtant le pari audacieux qu’ont réalisé Alexis, Rachel et Hugo, en devenant de véritables entrepreneurs de la crise. Nous les avons rencontré pour mieux comprendre cette démarche atypique.

Portrait-robot d’un fonceur

Le jour où le confinement est prononcé, Alexis est à la tête d’une startup, avec Yann, son associé, qui propose des cafétérias zéro déchet en entreprise. « Le covid-19 a bouleversé notre mode de vie, nos priorités et a complètement mis en standby notre entreprise », raconte Alexis. Pour s’en sortir, il est contraint de se réinventer. « On a annoncé le déconfinement avec toutes les mesures sanitaires à adopter dans notre quotidien, dont le gel hydroalcoolique. Et, là ça a fait Pschitt », explique-t-il. En moins de 72 heures, il lance le premier « distributeur de gel hydroalcoolique sans contact et solidaire », signe un partenariat avec une association, bloque une chaîne de production, réalise une vidéo explicative du concept et un communiqué de presse. Efficace pour ainsi dire.

Et oui, « lorsqu’on est entrepreneur, il faut foncer », confirme Rachel qui a lancé un site de cours de danse en ligne en plein confinement. « On ne s’est pas trop posé de questions, nous n’avions pas grand-chose à perdre », ajoute-t-elle. À l’origine, c’était un projet de studio de danse à Paris. Mais, avec la crise du coronavirus, Rachel et Fanny se sont décidées à lancer les cours en ligne. « On n’a pas eu le temps d’avoir peur, il a fallu aller très vite. On a fait le pivot et on a foncé », raconte-elle. Quelques échanges whatsapp, un site créé et l’affaire était lancée. Hugo, quant à lui, a créé une startup de box à planter, également pendant le confinement, avec ses deux colocataires. « On s’est dit que c’était le moment où jamais alors on s’est jetés à l’eau », se souvient-il. Une plongée dans le grand bain, non sans remous pour ces trois étudiants qui se lançaient alors pour la première fois dans le monde de l’emploi !

Profil résilient et optimiste

Si la crise met l’entrepreneur devant le fait accompli, il faut agir vite et avoir les reins solides. Pas le temps pour un business plan, place à l’action. « On a cherché une solution pour se relever, raconte Rachel, la seule chose que l’on avait c’était des incertitudes, mais en réalité l’entrepreneur en a toujours. Alors on a choisi de prendre notre décision à l’instinct ». Pour cette danseuse confirmée, rien ne vaut la souplesse et l’adaptabilité face à la crise. « Ce qui caractérise un entrepreneur, c’est sa capacité de résilience, son optimisme, ajoute-t-elle. C’est une nouvelle crise, mais ce n’est pas la première lorsqu’on entreprend. Le tout c’est de trouver des solutions, se relever ». Et à deux, c’est mieux. On se challenge, se motive, et « quand l’une faiblit, l’autre prend le relai ». Rachel est créative, mais pour mettre ses idées en pratique, elle compte sur son associée, toujours très proactive. « Il faut de l’énergie pour avancer. Le pire c’est de perdre la foi dans son projet ».

« La seule chose que l’on avait c’était des incertitudes, mais en réalité l’entrepreneur en a toujours » - Rachel, entrepreneuse dans la danse

Le point commun de nos trois entrepreneurs semble être leur capacité à avoir su porter sur la crise un regard positif. Tous ont notamment apporté une dimension altruiste à leur projet. Alexis a mis la solidarité au cœur de son offre en créant un distributeur qui reverse 100% de ses bénéfices sur le gel hydroalcoolique à Astrée, une association qui lutte contre l’isolement des plus fragiles. Rachel a choisi de reverser tous ses bénéfices à son équipe de professeurs confinés. Quant à Hugo, sur chaque commande de box à planter, un pourcentage du prix est consacré à la recherche du vaccin contre le Covid-19. Autre point commun ? Nos trois aventuriers ont senti le vent tourner et, loin de s’aventurer au hasard en eaux troubles, tous ont suivi des courants porteurs !

Nouveaux besoins, nouveaux marchés

La crise sanitaire a en effet mis en exergue l’apparition de nouveaux besoins. Écologie, lien avec la nature, communication digitale, achat local, sport à la maison, hygiène sanitaire, sont autant de secteurs en pleine expansion où il fait bon entreprendre.

Proposer des solutions, se réinventer

« Avec le confinement, beaucoup de personnes ont eu envie de jardiner, de se reconnecter à la nature, observe Hugo. Nos box ont apporté des moments de plaisir aux gens confinés. Cette crise on n’a pas pu la prévoir, mais aujourd’hui on voit nos produits sous un angle différent ». Rachel a, elle aussi, cherché dans ce confinement une solution pour rendre son projet utile. « En étant enfermés, on s’est rendu compte qu’on avait besoin de bouger, de se faire plaisir, de se réunir. Pour les professeurs de danse aussi il fallait faire quelque chose. On a voulu agir pour faire vivre la danse. »
De son côté, Alexis a senti pendant le confinement un besoin d’équipements sanitaires auprès de ses clients. « Mais distribuer des masques et des gants jetables en entreprise, ça nous a paru pas très cohérent avec notre offre et un peu anxiogène. On voulait apporter du positif dans cette crise ». Son entreprise proposait déjà « des machines à impact positif ». Alors, a-t-il pensé, « quoi de mieux que le positif pour inciter les personnes à respecter les mesures sanitaires ? ». C’est ainsi qu’il a appliqué à un distributeur de gel hydroalcoolique le principe du « nudge » : un coup de pouce pour inciter chacun à réaliser un comportement socialement utile. « Et ce coup de pouce, c’est la solidarité. Durant le confinement, elle était partout et elle nous a apporté à tous un sentiment de réconfort, de chaleur. Par solidarité, on est tous prêts à faire de grandes choses, mais aussi de petits gestes, comme se désinfecter les mains », conclut Alexis. La crise sanitaire comme prétexte donc, pour offrir une solution innovante à un problème majeur.

« On voulait apporter du positif dans cette crise » - Alexis, entrepreneur dans le zéro-déchet

« Un problème ? Une solution »

C’est plus ou moins la phrase qui se cache derrière tout projet entrepreneurial. Et toute crise qui se respecte vient avec son lot de problèmes, qui, directement en lien avec le virus ou avec la situation de confinement, appellent des solutions. Comment inciter chacun à se désinfecter les mains pour protéger les personnes fragiles ? Comment faire du sport en confinement ? Comment jardiner lorsqu’on est confiné en appartement ? Telles sont les questions qui ont remué les méninges de nos entrepreneurs en herbe, avant de faire germer « la bonne idée ». Cette crise inédite favorise l’émergence de nouveaux besoins et donc de nouveaux marchés : si certains secteurs comme l’automobile en ont gravement souffert, d’autres ont bénéficié d’un nouveau souffle comme le digital, le commerce local, l’écologie, l’hygiène et la santé, ou encore l’alimentation. Paraît-il que « même le plus noir nuage a toujours sa frange d’or »… Et si la crise présentait en réalité une opportunité ?

La crise, un moment opportun ?

« La fortune sourit aux audacieux », proverbe latin.

La crise est comparable à une vague qui déferle sur notre société, emportant toutes nos certitudes sur son passage. Si beaucoup sont heurtés de plein fouet, certains courageux tentent dangereusement de la surfer… Avec brio !

La preuve par l’histoire

Folie pour les uns, opportunité pour les autres, l’histoire des affaires nous montre surtout que la fortune sourit aux plus audacieux. Nombreux d’ailleurs, sont les exemples d’entreprises nées sous des cieux orageux : Microsoft, FedEx, Burger King, Procter & Gamble, McDonald’s, General Electric ou encore Apple… Un jeu dangereux mais parfois couronné de succès ! Savoir repenser un vieux modèle, faire preuve d’agilité et redoubler d’innovation, voilà le secret pour entreprendre ou du moins rebondir en temps de crise. Selon l’étude « Plus forte, mieux préparée, plus efficace : la gestion de crise des entreprises résilientes » réalisée par Deloitte en 2018, « subir une crise apprend aux entreprises comment les éviter ». Alors certes, la crise nous met à l’épreuve, mais une fois l’épreuve passée, on sort renforcés.

Entrepreneurs, la voie est libre !

Et si, au-delà de l’épreuve, la crise s’avérait être une aubaine pour certains ? En témoigne Hugo, pour qui « le confinement s’est transformé en opportunité ». « Nos box à planter ont été citées parmi les bonnes initiatives au temps du confinement dans plusieurs médias », dit-il en se réjouissant de cette belle mise en lumière pour une graine de startup. Car, oui, en temps de crise, tous les voyants sont au rouge. Là où d’ordinaire on observe une course à l’entreprenariat, il n’y a soudainement plus personne. Il est vrai que par temps orageux, on peut être frileux à sortir toutes voiles dehors à la découverte d’un nouveau marché… Mais la crise limite naturellement le nombre de potentiels concurrents, alors entrepreneurs, sachez que la voie est libre ! À noter enfin qu’il est plus facile de s’entourer de talents au meilleur prix en période de crise, tandis que les aides à la création d’entreprise pour relancer l’économie sont plus que jamais d’actualité
Alors, certes, la crise en aura secoué plus d’un. Mais si la tempête sanitaire a pu faire craindre un effondrement de notre économie, c’était sans compter sur la capacité des entrepreneurs à se réinventer. Par temps houleux, il ne faut pas tergiverser, mais plutôt agir, foncer, garder son cap pour ne pas dériver et voguer sur un secteur qui a le vent en poupe ! Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous pas prévenu….

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Photo d’illustration by WTTJ

Gabrielle de Loynes

Rédacteur & Photographe

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