La crise a-elle affecté notre engagement envers notre entreprise ?

La crise a-elle affecté notre engagement envers notre entreprise

La relation entre un collaborateur et son entreprise, c’est un peu comme une histoire d’amour : il y a des hauts et des bas. Pendant le confinement, nombreux sont ceux qui ont pu voir leur entreprise sous un nouveau jour et changer quelque peu l’image qu’ils s’en faisaient. Pour certains, cette crise a été l’occasion de découvrir une nouvelle facette positive de leur boîte, de raviver la flamme que la routine et la réunionite avaient peut-être éteinte. Pour d’autres, c’est la douche froide. Un peu comme découvrir que votre moitié(e) porte des chaussettes dans ses claquettes. Témoignages.

Encore des mots, toujours des mots…

Il n’existe pas de recette miracle pour une bonne communication de crise. Alors les entreprises se sont trouvées face à des choix délicats. Communiquer en continu ou attendre des informations fiables ? Être transparent quitte à doucher le moral des troupes… ou se montrer rassurant au risque de ne pas tout dire ? Dans la dernière étude de Welcome to the Jungle sur l’engagement des employés durant la crise du Covid-19, on note que la majorité des collaborateurs s’estime globalement satisfaite du niveau d’information reçu de leur hiérarchie.

C’est le cas pour Christophe, développeur web, pour qui cette période a été l’occasion d’échanger de manière très transparente sur la santé de l’entreprise : « Je suis dans une toute jeune entreprise, avec des projets de développement ambitieux. Les fondateurs ont été francs sur les impacts de la crise pour nous, pour la boîte. Chaque semaine, ils nous partageaient le nombre de mois de trésorerie restants. Ça a un côté anxiogène, mais au final ça nous a motivé à chercher des solutions pour remonter la pente tous ensemble. Aujourd’hui, je me sens davantage “acteur” de l’avenir de l’entreprise. » Jouer la carte de la transparence, c’est d’ailleurs ce qu’attendent de leur employeur près de 40% des collaborateurs interrogés pour l’étude. Car, c’est en voulant trop protéger leurs équipes des mauvaises nouvelles que certains managers génèrent peur et frustration.

D’autres se montrent aussi plus nuancés et reprochent le manque de tact de leur entreprise. « La communication n’est pas le fort chez nous, ce qui est assez paradoxal pour un cabinet de conseil en communication interne. J’ai l’impression que mon boss a complètement occulté la situation, on a eu aucune info sur ce qui pourrait se passer dans les mois à venir. Un jour, j’ai échangé avec un externe avec qui on a l’habitude de travailler et il m’a dit que sa mission avait été stoppée net, personne d’autre n’avait été mis au courant. Je me dis que moi aussi je pourrais être licenciée du jour au lendemain sans l’avoir vu venir… Ça ne me met pas forcément en confiance. Pour l’instant je reste parce que j’aime mon métier, mais je me dis que si je peux faire la même chose pour quelqu’un qui me portera plus d’attention, je n’hésiterai pas longtemps, » raconte Estelle, consultante en communication.

« Je me dis que moi aussi je pourrais être licenciée du jour au lendemain sans l’avoir vu venir… » Estelle, consultante en communication

Et au-delà des mots, des actions

Et le karma de votre entreprise, il en est où ? Quand certaines ont fait la politique de l’autruche (- 50 points de karma) ou profité du dispositif d’activité partielle alors même que leurs salariés continuaient à travailler (- 300 points), d’autres ont retroussé leurs manches. Dons, politiques de garde d’enfant, mesures sanitaires : la participation à l’effort de guerre et les petits gestes du quotidien ont été observés par les collaborateurs… avec un impact certain sur leur loyauté. Jackpot, + 1000 points !

« Pour ma part, l’entreprise nous a mis en absence autorisée. En gros, on est payés à ne rien faire… alors que l’on était éligibles au chômage partiel. Ça pourrait être lié à la stratégie de distribution de dividendes (en début de crise, le gouvernement avait annoncé que les entreprises bénéficiant d’aides de l’État ne pourraient pas verser de dividendes à leurs actionnaires, ndlr) mais on ne sait toujours pas si on s’en servira. Donc même s’il il y a une stratégie financière là-dessous, j’ai trouvé que c’était un geste très civique et honorable. Je suis dans l’entreprise depuis peu de temps et, pour moi, les dirigeants ont clairement marqué des points en termes d’image ! », nous explique Paul, manager dans la banque. Du côté de Céline, ce sont les mesures générales prises par l’entreprise qui ont renforcé son enthousiasme : « Pour l’instant je reste chez moi, mais l’entreprise a mis en place une campagne de tests pour tous les salariés qui retournent travailler au siège, en plus des masques et du gel hydroalcoolique. Ils envisagent même d’installer des portiques pour vérifier si les gens ont de la température. J’étais déjà très satisfaite de leur politique globale autour du bien-être et de la sécurité des salariés, ceci ne fait que renforcer mon sentiment. Je trouve ça important de prendre la situation au sérieux et d’être prêt à mettre les moyens, au-delà du simple “minimum légal”, pour nous protéger. »

« Je trouve ça important de prendre la situation au sérieux et d’être prêt à mettre les moyens, au-delà du simple “minimum légal”, pour nous protéger. » Céline

Autre son de cloche chez Claire, chargée de projet marketing, qui salue la communication de son entreprise et la mise à disposition de matériel pour travailler dans de bonnes conditions, mais qui note un certain manque d’adaptation à la nouvelle réalité des collaborateurs contraints de travailler à distance. « Ils n’ont clairement pas su ajuster les objectifs des projets en cours. Ça n’a pas de sens et c’est un peu frustrant, car on ne peut clairement pas travailler comme on le fait d’habitude. Et surtout, il faut comprendre que nous ne sommes pas tous égaux face au télétravail. J’ai deux enfants en bas-âge à la maison, quand je préviens ma boss que je vais devoir adapter mon emploi du temps et qu’elle me rétorque “tu n’as qu’à les laisser chez tes parents”, ça me fait clairement douter de mon envie de rester dans cette boîte. »

« J’ai deux enfants en bas-âge à la maison, quand je préviens ma boss que je vais devoir adapter mon emploi du temps et qu’elle me rétorque “tu n’as qu’à les laisser chez tes parents”, ça me fait clairement douter de mon envie de rester dans cette boite. » Claire, chargée de projet marketing

L’heure du grand ménage de printemps dans la tête des collaborateurs

Pour tous ceux qui n’étaient pas au front, la crise a souvent laissé du temps libre pour se poser, faire le point sur sa carrière et ses envies. Et pour certains, décider de poursuivre des projets personnels mis de côté depuis longtemps. Au-delà de la question de loyauté liée à l’image que l’on a de son entreprise, n’est-ce pas simplement une envie de changer d’air ?

Car malgré une communication efficace et de belles actions, 45% des collaborateurs en poste se sentent moins impliqués aujourd’hui… et plus de la moitié annoncent avoir envie de changer d’employeur prochainement. Est-ce le début d’un grand mercato des cerveaux ? Les paris sont lancés.

Car si les projecteurs sont braqués sur les professions “salvatrices” - soignants, caissiers et caissières, éboueurs et éboueuses - d’autres voient leur travail relégué au second plan. Beaucoup soulèvent le manque de reconnaissance pour leur travail, autant de la part de leurs collègues, que de leur manager ou leur entreprise. Alors, qu’attendent ces collaborateurs ? Un bon point, une prime, un cadeau ? Non, 49% des collaborateurs en télétravail attendent simplement un mot de remerciement de leur manager.

Heureusement, d’autres ont déjà reçu ces remerciements, et des remontées positives de leurs efforts pour soutenir le terrain : « Je travaille sur des produits technologiques au service de la santé, notamment avec les cliniques et les hôpitaux. La chaîne entre les idées que l’on peut avoir au siège et la mise en place sur le terrain est trèèès longue. Et pour une fois, la direction a pris le temps de nous faire remonter les résultats concrets de nos actions ! C’est agréable de savoir que notre accompagnement a eu un impact positif, et surtout ça apporte un peu de concret à mon job ! », partage Salomé.

Et vous, vous en êtes où de votre love story professionnelle : c’est reparti pour un tour ou c’est le moment de couper court ? Quoi qu’il arrive, “on reste amis”, n’est-ce pas ?

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Photo by WTTJ

Marlène Moreira

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