Crèche d’entreprise : le maillon fort de votre politique de parentalité

Crèche d’entreprise : un atout pour attirer les parents salariés

Le sujet de la parentalité est-il en passe de devenir l’un des faire-valoir de la marque employeur ? Suite à l’engouement pour la charte du Parental act, l’allongement du congé parental en 2021 (de paternité ou deuxième parent) et, dernièrement, au lancement du parental challenge, les employeurs s’affairent à devenir « parent friendly ». Leur arme secrète ? Offrir un mode de garde aux salariés parents, en proposant notamment une place en crèche. Entre rétention, fidélisation et performance, la liste des bénéfices n’est pas négligeable. Et si l’accompagnement de la parentalité et le soutien aux parents dans la recherche d’un mode de garde adapté étaient intégrés à votre stratégie RH ?

La crèche d’entreprise, mode d’emploi

Crèche d’entreprise : on parle de quoi ?

Crèches d’entreprise (ou inter-entreprises) et sponsorisation d’un berceau : quelle différence ? Les premières accueillent les enfants du personnel d’un ou de plusieurs employeurs. Au départ, les grandes entreprises du CAC 40 telles que le Crédit Agricole, Engie et Totale, avaient majoritairement créé des crèches au sein de leur siège à la Défense. Or, dans un contexte de télétravail et dans un souci de confort pour les parents, elles se sont de plus en plus appuyées sur les réseaux de crèches privées, en réservant des berceaux pour leurs employés partout en France. « À l’heure de la flexibilité, la valeur ajoutée d’un employeur consiste à offrir une place à proximité du domicile afin de partager la gestion des enfants entre les parents. De plus, ça évite les temps de transport trop longs pour les bébés », souligne Marine Desandre, co-créatrice de Les Parents Zens et experte en parentalité depuis dix ans. La configuration des offres de places en crèche s’adapte donc au monde du travail, laissant ainsi plus de latitude organisationnelle aux parents salariés.

Un cadre légal incitatif pour les entreprises

Les créations de crèche d’entreprise sont concomitantes avec la mise en place du crédit d’impôt famille, entré en vigueur le 1er janvier 2004. Cet allègement fiscal est donné aux entreprises qui investissent une partie de leurs dépenses pour faciliter la vie professionnelle et familiale de leurs salariés. De 25 % à sa création, il est passé à 50 % aujourd’hui. Globalement, une place en crèche coûte entre 10 et 17 000 euros par an à l’employeur. Mais après déduction financière, elle s’élève à 6 000 euros. Les entreprises bénéficient également de la déductibilité des frais liés à la crèche, considérée comme une charge : cela réduit l’impôt sur les sociétés de 33,33 %. Au total, les entreprises bénéficient donc d’une ristourne de près de 83 % sur le coût de la crèche.

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Pourquoi proposer aux parents salariés une crèche d’entreprise ?

Attirer les jeunes et futurs parents salariés

Covivio, acteur clé dans l’immobilier de demain, a récemment lancé un programme autour de la parentalité avec, entre autres, un sponsoring de places en crèche. « Nos enjeux RH autour de l’attractivité des talents et du développement de la qualité de vie au travail étaient forts. Il nous fallait trouver une solution attractive qui garantisse à nos salariés une couverture nationale », insiste Amélie Bégin, HR Business Partner. Le fait de proposer une telle offre est très plébiscitée chez les jeunes parents, mais pas seulement. « Les services autour de la parentalité impliquent les collaborateurs à des moments décisifs de leur vie. Pour des salariés qui ne sont pas encore parents, c’est aussi un marqueur fort de l’intérêt que démontre un employeur sur les sujets de mixité, d’équilibre de vie et de bien-être. En général, toute l’entreprise adhère à un tel projet », souligne Marine Desandre. Alors que 84 % des femmes estiment que la maternité a un impact négatif sur leur carrière, proposer des leviers de soutien lors de ces périodes particulières représente un vrai plus. Autre problématique à laquelle les crèches répondent : l’attractivité des talents sur certains territoires peu ou moins attractifs, en province. « L’entreprise Fromarsac, basée à Périgueux, se heurtait à des freins dans le recrutement de jeunes cadres. Après une étude qui mettait en évidence un marché très pauvre en solutions de garde, nous avons créé une crèche à proximité de leur site industriel », explique Marine Desandre.

Pour des salariés qui ne sont pas encore parents, c’est aussi un marqueur fort de l’intérêt que démontre un employeur sur les sujets de mixité, d’équilibre de vie et de bien-être.

Fidéliser… au moins à moyen terme

Pour les futurs parents, la question du mode de garde est une grande source de stress. 79 % d’entre eux y voient un parcours du combattant. Alors, si l’entreprise prend en charge la gestion de la place en crèche de A à Z, ça en fait un vrai moteur de rétention, au moins à moyen terme. « Généralement, l’employé ne bouge pas pendant trois ans. C’est un tel avantage pour les parents qu’ils enchaînent souvent avec le deuxième enfant. Dans mon ancienne crèche, beaucoup me confiaient qu’ils restaient surtout pour profiter de cette facilité », explique Maëlys Le Levreur, créatrice de My little coaching et ex-directrice de crèche chez Babilou. C’est d’ailleurs grâce à (ou à cause de) cette problématique de fidélisation que la crèche d’entreprise la plus atypique de France est née, au ZooParc de Beauval. Marine Desandre raconte : « Le zoo rencontrait des difficultés de fidélisation des saisonniers, notamment des parents, car les horaires ont des amplitudes très larges. Il fallait leur offrir une solution sur place, et sur-mesure : ouverture 365 jours par an avec des horaires à la carte. Et cela fonctionne très bien ». Quant à Covivio, les équipes RH ont déjà des retours positifs de la part de leurs collaborateurs : « Nous n’avons pas encore assez de recul quant aux impacts sur la fidélisation car nous venons de lancer ce projet. Néanmoins, les premiers feedbacks sont très encourageants en termes d’image », commente Amélie Bégin.

Allier bien-être et efficacité pour tous

96 % des parents bénéficiant d’un service de crèche d’entreprise considèrent qu’ils sont plus sereins dans leur travail. « Les parents savent que leurs enfants sont gardés entre de bonnes mains, qu’il y a un projet pédagogique derrière. Ça les rassure. De plus, la crèche n’est fermée qu’une semaine à Noël et trois semaines en août, ce qui permet d’éviter les congés “contraints” », explique Maëlys Le Levreur. Par ailleurs, pour gérer les situations d’urgence, génératrices de stress parental, certaines entreprises proposent même des places en crèche pour ce cas de figure. « Demain, la nounou est malade, les salariés peuvent trouver une solution de repli ponctuelle en crèche, très rapidement ». Cette flexibilité favorise l’équilibre de vie et le bien-être parental en réduisant la charge mentale. Par ricochet, c’est tout l’écosystème de travail qui en bénéficie : les équipes ou les projets sur lesquels les parents salariés travaillent ne pâtissent pas d’une absence ou de retards éventuels. À la fin, la performance globale de l’entreprise est gagnante. « Le confinement des parents salariés a aussi mis en lumière la nécessité d’adresser le sujet de la parentalité en entreprise : télétravail avec les enfants, perte d’efficacité… À l’heure du distanciel, c’est devenu incontournable, même pour les patrons les plus récalcitrants », insiste Marine Desandre.

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Et si vous vous distinguiez avec une offre globale autour de la parentalité ?

Certaines entreprises, en complément de leurs places en crèche ou comme alternative car il leur est difficile d’allouer cette dépense, proposent d’autres services. « Un cabinet de conseil international n’offrait pas de place en crèche. Ils ont décidé de mettre en place des permanences de soutien parental. Une fois par semaine, les parents peuvent donc me contacter pour échanger sur leurs problématiques. Pendant la crise sanitaire, ça a été un vrai succès. D’ailleurs, ce service perdure sous la pression des salariés ! », souligne Maëlys Le Levreur. Autre modalité d’accompagnement très prisée : les conférences ou webinars autour de la parentalité. Ces actions permettent d’aborder les difficultés des parents à tout âge, à savoir le télétravail avec les enfants, la gestion du sommeil… Plus récemment, ce sont les conciergeries d’entreprise qui ont déferlé sur la liste des avantages sociaux proposés par les employeurs : Zen & bien, Quatre épingles ou encore Clac des doigts offrent un panel de services aux parents. Ces derniers peuvent ainsi profiter d’une aide aux devoirs, d’un accès à un réseau de babysitters ou de nounous, de coaching parental, etc. Il est important de s’adresser à tous les parents. « En ce sens, la plateforme Les Parents Zens met aussi à disposition une variété de ressources telles que des articles, des webinars, des podcasts par tranche d’âge… Une aide globale et clé-en-main pour tous les parents, qui représentent en moyenne 89 % des salariés d’une entreprise », insiste Marine Desandre.

Chaque structure, en fonction de ses enjeux RH, pourra se saisir du sujet et trouver les modalités les plus adaptées pour ses salariés. L’étape préalable à tout lancement ? Les interroger pour ensuite leur proposer ou co-construire avec eux une solution parentale idoine.

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Article édité par Ariane Picoche, photo : Thomas Decamps pour WTTJ

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