Et si vous optiez pour des horaires de travail « à la carte » ?

22 juil. 2022 - mis à jour le 01 août 2022 4min

Et si vous optiez pour des horaires de travail « à la carte » ?

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Adieu le classique et figé 9 h / 18 h. Les rythmes de travail se flexibilisent et c’est tant mieux. Proposer aux salariés d’adapter leurs horaires selon leurs besoins et contraintes contribue à leur bien-être et booste la marque employeur de l’entreprise. Alors quand c’est possible, pourquoi s’en priver ?

La Finlande est championne du monde du bonheur depuis 2017, d’après le World Happiness Report publié par l’ONU. Et ça a notamment un lien avec le rythme de travail de ses habitants. La pratique des horaires flexibles est en effet partagée dans tout le pays… Et elle influence le reste de l’Europe. En France, selon l’enquête 2017 sur la qualité de vie de Malakoff Médéric, 45 % des salariés pensent que des horaires de travail plus souples augmenteraient leur bien-être, donc leur productivité. Si cette souplesse n’est pas adaptée à tous les secteurs d’activité, elle est compatible avec la majorité des emplois de bureau. Mais concrètement, pourquoi aménager les horaires de boulot est bon pour la santé des salariés et celle de votre marque employeur ?

Horaires de travail « à la carte » : un incontournable pour l’équilibre professionnel / personnel

« Les horaires flexibles sont bien meilleurs pour les employés ; cela leur permet notamment de s’organiser en fonction de leurs propres contraintes », affirme Ariane Ollier-Malaterre, professeure de management à l’Université du Québec à Montréal. C’est en particulier vrai pour les parents salariés, qui doivent jongler entre divers impératifs (crèche, école, activités extra-scolaires…) pouvant générer du stress. Outre l’impact négatif sur la qualité du travail à court terme, le cumul des obligations pro et perso façon Tetris peut engendrer à long terme des maladies professionnelles comme le burn out. Or un salarié estimant avoir une très bonne qualité de vie au travail est plus épanoui et moins sujet aux arrêts maladie (- 37 %), nous apprend l’enquête 2017 de Malakoff Médéric.

Ces entreprises qui ont misé sur la flexibilité des horaires de travail

La stratégie des horaires flexibles est une marque de fabrique de nombreuses entreprises allemandes. Ebm-Papst, l’un des leaders mondiaux des systèmes de ventilation industrielle, a choisi « de passer d’une culture de la présence à une culture du résultat ». En 2014, le groupe a supprimé les horaires pour les salariés hors chaîne de production, leur imposant une présence minimum de quatre heures par jour. En 2018, ils ont franchi une nouvelle étape en proposant aux salariés d’adapter leurs horaires comme bon leur semble. La SNCF Transilien, elle, a décidé de consulter des entreprises et institutions publiques d’Île-de-France, partant du constat que certains axes recevaient 250 % de voyageurs en trop aux heures de pointe et qu’un trajet dans de telles conditions pouvait être facteur de stress. Depuis 2015, elle collabore avec SFR qui propose ainsi à ses salariés de la Plaine Saint-Denis de travailler de 7 h à 15 h plutôt que de 9 h à 17 h : une façon d’éviter les wagons de métros bondés, entre autres. En interne, la SNCF pratique également « la journée courte » pour les employés de bureau. Elle leur permet de travailler une heure de plus par jour en semaine et de partir plus tôt le vendredi, de quoi profiter d’un week-end prolongé.

L’autonomie ou l’art de faire confiance à ses équipes

« Les horaires à la carte donnent à la personne un sentiment d’autonomie qui la valorise et augmente son estime de soi », estime Jérôme Tougne, psychologue du travail. Cette flexibilité est perçue comme une marque de confiance par les salariés. Elle permet à chacun de se gérer en fonction de ses capacités. Certaines personnes plus effiaces le matin avanceront mieux dans leurs tâches en commençant une ou deux heures plus tôt. Elles s’éviteront alors de nombreuses difficultés de concentration dans l’après-midi. Et le cercle vertueux ne s’arrête pas là. Les organisations qui font la part belle à l’autonomie des équipes ont aussi à y gagner sur le plan économique. Selon l’institut Gallup, celles-ci augmenteraient leur productivité à hauteur de 21 %. L’entreprise Inov’On en est la preuve. Un an après la mise en place d’un « management décomplexé » basé sur la confiance, sa marge a explosé.

La flexibilité des horaires : un atout pour la marque employeur

La flexibilité du travail peut se transformer en un axe de communication de la marque employeur, notamment auprès des jeunes diplômés. En effet, selon une étude menée par Adecco et LinkedIn dans 38 pays, « 82 % des 18-26 ans qui occupent un emploi flexible aspirent à un emploi indépendant, 89 % y voyant un parcours de carrière à long terme ». Dès lors, proposer des horaires à la carte apparaît comme un atout permettant d’attirer et de fidéliser les (jeunes) talents. C’est une façon de montrer que l’entreprise a des pratiques managériales innovantes et basées sur la confiance réciproque.

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Quels sont les do’s et don’t des horaires de travail à la carte ?

Les do’s

  • Proposer des horaires de travail… avec un cadre : pour éviter une trop grande disparité des horaires entre les équipes, mettez en place des plages d’entrée et de sortie du bureau plus ou moins étendues. Encouragez aussi les salariés travaillant ensemble à partager entre eux leurs emplois du temps pour s’organiser en toute autonomie.

  • Développer le télétravail afin d’éviter les pertes de temps dans les transports en commun.

  • Adapter la charge de travail : selon une étude menée en 2016 par les sociologues Yvonne Lott et Heejung Chung, les salariés bénéficiant d’horaires flexibles ont tendance à faire des heures supplémentaires. Dès lors, l’atout bien-être du format à la carte s’envole. Il est donc important de définir avec les collaborateurs des objectifs et des deadlines crédibles pour éviter les charrettes.

  • Dans l’évaluation des résultats, prendre en compte les données externes à l’entreprise : en cas de crise, par exemple, il se peut que les objectifs ne soient que partiellement atteints sans qu’il y ait pour autant un rapport avec les horaires aménagés.

  • Mettre l’accent sur la formation interne : pour offrir aux équipes un cadre de travail optimal avec des horaires flexibles, il convient de les aider à devenir plus autonomes en leur apprenant par exemple à prendre en main des logiciels de travail partagé, de gestion d’emploi du temps, etc.

Les don’t

  • Faire pointer vos employés : imposer aux salariés de pointer, c’est leur donner l’impression d’être contrôlés. Dans une démarche de confiance, demandez-leur à la fin du mois leurs relevés d’heures supplémentaires. Si celles-ci sont nombreuses, n’hésitez pas à faire le point avec les salariés débordés afin d’identifier les difficultés rencontrées. Vous pourrez ensuite définir des solutions.

  • Oublier le droit à la déconnexion : la flexibilité du travail ne rend pas les salariés corvéables et disponibles à souhait. Si vous avez besoin de les joindre, référez-vous au planning qu’ils vous ont donné afin de le faire sur leurs heures de travail.

  • Négliger l’espace de travail : qui dit horaires aménagés ne dit pas désertion du bureau. Donnez envie à vos salariés de venir travailler dans des locaux agréables, bien décorés, où il est facile de prendre des pauses.

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Photo : WTTJ

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