Partir travailler à Boston

Partir travailler à Boston : tout ce qu'il faut savoir

Si vous avez passé votre adolescence à voir et à revoir Ally McBeal, la ville de Boston a dû piquer votre curiosité (si ce n’est pas le cas, il est encore temps de visionner cette série incontournable des années 2000 !) Alors pourquoi ne pas passer du fantasme à la réalité en tentant une expatriation dans la capitale de la Nouvelle-Angleterre (et faire croire à vos proches que vous avez été accepté à Harvard) ? On vous explique toutes les choses à savoir pour mener ce projet à bien !

Le marché de l’emploi

Avec un taux de chômage en dessous des 3% (en 2017) et une croissance dynamique Boston apparaît comme l’une des villes les plus attractives des États-Unis. Le Hub, comme elle est surnommée, est pleine d’effervescence : la présence des grandes universités comme Harvard ou le MIT, a incité de grosses entreprises à s’installer dans la métropole, pour bénéficier de ces viviers de jeunes cerveaux. La ville est aussi devenue un centre mondial des biotechnologies, ceci alors que les secteurs de la santé et de la pharmaceutique ont toujours eu une place très importante dans l’écosystème bostonien. C’est aussi l’un des centres financiers des États-Unis (même si ce n’est pas New-York !) : JP Morgan, State Street ou PwC, soit de grands noms de la finance, ont des bureaux sur place. Il faut ajouter que la ville est une référence en terme de journalisme: son journal éponyme, le Boston Globe, à l’origine, entre autres, du scandale des prêtres pédophiles couverts par l’Église Catholique de Boston aura permis aux journalistes de remporter un Prix Pulitzer et donné lieu au film Spotlight. Le domaine du numérique n’est pas en reste : de nombreuses start-ups se créent, dans les domaines de la biotech évidemment, mais aussi de la fintech, ou encore du e-commerce. Cet engouement pour le secteur est confirmé par Rémy, ingénieur qui vit sur place depuis janvier 2018 : « Il y a tellement d’entreprises dans la tech, qu’on est sûr de trouver un emploi dans ce domaine : il n’y a pas vraiment de risque d’être au chômage. Les messages de recruteurs pleuvent sur LinkedIn… »

Où et comment postuler ?

Sachez qu’il vous faudra parler anglais couramment pour obtenir un poste sur place, et mettre votre CV aux normes américaines. Vous pouvez tenter un VIE (soit un Volontariat International en Entreprise : c’est un statut qui permet d’effectuer une mission de 24 mois maximum pour une entreprise française à l’étranger), c’est le choix qu’a fait Joris, qui vit à Boston depuis maintenant 4 mois en tant que Digital Business Design Analyst : « Faire un VIE , était pour moi la meilleure solution de prouver ma valeur aux yeux des recruteurs américains dans le cadre d’une future embauche. » Il met cependant en garde : « La concurrence est rude : il y a énormément de candidats pour très peu de postes : j’ai dû mettre 6 mois pour trouver mon travail actuel. » On ne peut que vous conseiller de prendre contact avec la communauté française présente sur place, pour commencer à vous constituer un réseau. Le Consulat de France organise d’ailleurs des rendez-vous réguliers : le Café des Entrepreneurs et le Science Café, bons points de départs pour faire des rencontres ! Procurez-vous également la brochure éditée par le gouvernement américain, le Bureau of Labor Statistics qui publie tous les trimestres une étude sur le taux de chômage et le marché de l’emploi bostonien.

Les secteurs qui recrutent

  • La santé : les hôpitaux fournissent 20% des emplois locaux et les industries pharmaceutiques sont surreprésentées sur place. Comptez environ 174K$ (soit 157K en euros) par an pour un médecin.
  • Le numérique : un développeur web gagne environ 87K/an (soit 78K en euros)
  • L’éducation : et pas n’importe laquelle ! Des universités extrêmement prestigieuses (Harvard, MIT, Université du Massachusetts…) y sont installées. Un professeur d’université gagne en moyenne 63K$ par an (soit un peu moins de 57K€), salaire qui peut monter jusqu’à 91K$ par an (soit 82K/an en euros)
  • Finance : un comptable gagne en moyenne 80K/an (soit 72K/an en euros).

Les plus

  • « J’adore la taille de la ville qui est parfaite : je n’ai pas de voiture, car je n’en ai pas besoin ! » s’enthousiasme Rémy. Boston est en effet une ville américaine à taille humaine !
  • C’est aussi une ville étudiante : il y a toujours de l’animation, et l’atmosphère est bien plus détendue qu’à New-York par exemple.
  • C’est la capitale de la Nouvelle-Angleterre : le point de départ de plein de petites expéditions dans la région !
  • « Vous vivrez vraiment les quatre saisons de l’année, c’est très agréable, et très beau ! » ajoute Rémy
  • Le Massachusetts est un État particulièrement libéral (au sens américain du terme) : par exemple, c’est le premier État à avoir légalisé le mariage entre personnes du même sexe !
  • Le salaire minimum dans le Massachusetts est pour le moment fixé à 12$ de l’heure (soit à peu près 11€), mais il est déjà prévu qu’il passe à 15$ (soit 13,5€) d’ici 2025, les deux montants étant plus élevés que le salaire minimum français (à peu près 10€ brut)

Les moins

  • En moyenne, le coût de la vie est 40% plus élevé à Boston qu’en France.
  • N’oubliez pas : aux États-Unis, on donne des pourboires ! Comptez 15 à 20% supplémentaires que ce qui est indiqué sur l’addition !
  • « Il y a beaucoup de gens en VIE, et donc un turn-over assez important : c’est donc difficile de se faire des amis sur le long-terme, ce qui peut devenir frustrant au bout d’un moment » ajoute Rémy.
  • Il n’y a pas de congé maternité rémunéré obligatoire aux Etats-Unis (sans parler de congé paternité !)
  • Les congés payés ne sont pas obligatoires : négociez-les avant de signer votre contrat de travail ! Rémy confirme : « les congés payés dépendent grandement du secteur et du poste, vous pouvez avoir 2 semaines comme 5 : à négocier au moment de la signature de votre contrat. Et par contre, il n’y a pas de RTT ! ».

La culture du travail

Aux États-Unis, il n’y a pas de réglementation du nombre d’heures maximum par semaine, comme en France, mais pas de panique, à Boston vous ne tournerez probablement pas aux 60 heures par semaine. En fait, la moyenne tourne autour de 40 heures, dans une ambiance plutôt détendue. « J’apprécie le fait qu’il n’y ait pas cette culture du présentéisme*, comme en France ! » explique Rémy. « La culture de travail est vraiment super : je m’attendais à vivre comme dans la série The Office mais pas du tout ! » s’enthousiasme Joris. « Dans mon entreprise, je n’ai aucun horaire fixe et je peux mener ma journée de travail comme je l’entends, et notamment télétravailler à ma guise, sans avoir à demander l’autorisation à mon manager ! », complète-il avant d’ajouter : « mes collègues américains sont aussi très positifs dans toutes leur remarques vis-à-vis du travail : ils vont se focaliser sur le positif et donner des pistes d’amélioration, c’est très agréable. »

Pour qui ?

Si vous êtes fan de sport, et que vous préférez passer vos après-midi au musée plutôt que vos nuits à danser, Boston est parfaite pour vous ! La population est jeune (34% de la population a moins de 34 ans !), sans pour autant être constituée d’hordes d’étudiants ivres errants dans les rues tous les week-ends ! Ceux qui pensaient y faire la fête, vous risquez d’être un peu déçus. Mais rassurez-vous, l’ennui ne fait pas partie du vocabulaire de la métropole : l’année est rythmée par de nombreux évènements sportifs (match de basket, baseball ou hockey, etc) suivis avec ferveur par la plupart de ses habitants. Investissez dans les maillots des équipes locales, les Celtics, les Red Sox et les Bruins : vous serez automatiquement adopté par les Bostoniens ! Les passionnés d’histoire ne seront pas laissés pour compte : Boston est une des villes historiques des États-Unis, et de nombreux musées retracent son évolution plutôt unique, entre la naissance du Tea Party ou son rôle dans la Guerre de Sécession.

Vous êtes plutôt du genre à profiter du grand air ? Pas de problème, vous êtes au bon endroit : la ville est entourée de parcs naturels, et la Nouvelle-Angleterre propose beaucoup d’endroits très pittoresques à visiter !

Bonne nouvelle également, les Bostoniens sont à l’image de la majorité des Américains, très chaleureux mais peut-être moins expansifs que ces derniers, ce qui vous permettra de créer des relations plus authentiques avec eux. « Pour ma part, j’ai trouvé qu’il était facile de s’y intégrer » raconte Rémy, « Il y a aussi une grande communauté francophone et beaucoup d’étudiants étrangers, d’étrangers de façon générale, donc c’est très multiculturel ! »« Les Américains du Midwest semblent plus ouverts et amicaux que dans les grandes villes » renchérit Joris.

Fun fact : contrairement à la plupart des villes américaines, les rues de la ville ne sont pas quadrillées, mais (dés)organisées à la façon d’une ville européenne !

Infos pratiques

Loyer

Attention, Boston est une ville universitaire, et cela se reflète sur le marché locatif : il peut ainsi être plus difficile de trouver un logement en dehors du mois de septembre, le mois où les étudiants emménagent et déménagent. On vous l’a déjà dit : Boston est une ville chère, et les loyers n’échappent pas à la règle. Rémy le souligne bien : « les loyers sont exorbitants ! » Comptez en moyenne 2300€ (2019) pour un studio en centre-ville, tout en gardant en tête que les prix peuvent varier d’un quartier à un autre, et sont plus élevés en centre-ville.

Santé

Le choix de votre assurance santé sera peut-être la décision la plus importante de votre expérience. Système privé oblige, de très (très) nombreuses options s’offrent à vous, entre PPO (Preferred Providers Organizations, c’est-à-dire des compagnies d’assurance privées à destination des salariés), HMO (Health Maintenance Organizations, qui sont des compagnie d’assurance et des fournisseurs de soin en même temps !) et II (Indemnity Insurances, des assurances qui assurent vos frais de santé quelque soit votre situation professionnelle.) Notez que les dépenses de santé aux États-Unis sont deux fois plus élevées que dans d’autres pays riches, car tout y est plus cher : de la consultation chez le médecin aux médicaments. Et si vous ne trouvez pas votre bonheur dans les options made in America, sachez que la Caisse des Français de l’Étranger propose aux moins de 30 ans une assurance santé pour 49 euros/mois.

Transport

Pour utiliser le métro (appelé sur place le “T”), le réseau de bus, mais aussi les ferrys, investissez dans une Charlie Card et un abonnement mensuel. Il existe différentes offres entre 90 et 168$, sélectionnez celle qui convient le mieux à vos trajets quotidiens. Si vous préférez pédaler, il existe un système de location de vélo, BlueBikes, avec plus de 1000 stations dans la ville : 2,75$ le trajet (de moins de 30 minutes), 10$ les 24 heures et 99$ pour un abonnement à l’année !

Internet & téléphonie

Vous pouvez trouver des abonnements pour la télévision et Internet entre 40 et 80$ (soit entre 36 et 72€). Pour votre téléphone portable, vous en avez pour tous les prix, mais comptez minimum 20$ par mois pour un forfait incluant SMS, appel et data. « Mais faites attention, ça peut vite chiffrer malheureusement », précise Rémy.

Visa

Bienvenue dans le cauchemar administratif qu’est l’obtention d’un visa de travail pour les États-Unis ! Comme on vous l’expliquait dans les articles sur New-York ou Los Angeles, la liste des visas américains est longue comme le bras, et vous devrez faire la demande de celui qui correspond à votre futur emploi et à votre situation. Concentrez-vous en priorité sur les visas de E1 à E4, réservés aux immigrés qui ont des compétences requises et aux diplômés. Et sachez que, dans tous les cas, vous devrez trouver un job depuis la France, et votre employeur devra sponsoriser votre demande. Pour les entrepreneurs, direction visa E5, C5, T5, R5 et I5. Une fois que vous avez trouvé le bon, remplissez le formulaire DS-2019, soit un certificat d’éligibilité, qui déterminera si vous êtes digne de demander un visa pour les États-Unis. La première étape d’une longue série. Une fois celui-ci examiné, vous aurez rendez-vous avec l’Ambassade des États-Unis pour faire votre demande de visa en bonne et dûe forme. Gardez en tête qu’à tout moment, votre demande peut-être refusée sans explication. Le processus est parfaitement résumé par Rémy : « les problématiques de visa, personne n’y échappe et c’est un vrai parcours du combattant : il faut s’armer de patience. »

Notons aussi que depuis l’élection de Trump, il est plus difficile d’obtenir un visa de travail pour les États-Unis. Ce n’est pas un secret, l’administration Trump souhaite limiter l’immigration, illégale comme légale, et encourage les entreprises du pays à embaucher sur place. Dernier visa à être dans le collimateur ? Le H1B, qui permet aux entreprises américaines d’employer temporairement des travailleurs étrangers aux compétences spécialisées, dont sont notamment friandes les start-up de la Silicon Valley !

Et pour éviter tout ce processus laborieux, vous pouvez toujours tenter votre chance à la loterie, et essayer de remporter la sacro-sainte Green Card ! Bonne chance, ou bon courage !

Et voilà, vous savez tout ! Il ne reste plus qu’à prendre votre billet pour vivre votre new english dream, entre sorties à vélo, maisons victoriennes et café (américain). Enjoy !

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Anouk Renouvel

Freelance @ Communication numérique

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