Freelance : comment ne plus avoir peur de se lancer ?

Freelance : 10 conseils pour oser se lancer
Un article de notre expert.e

Alexis Minchella

Créateur du Podcast Tribu Indé et auteur de Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros (Éd Eyrolles)

Vous avez toujours voulu vous lancer en freelance sans jamais oser sauter le pas ? Pour le premier épisode du Grand Saut, le live de Welcome to the Jungle qui déconstruit nos peurs professionnelles, nous avons reçu Alexis Minchella, expert du Lab, créateur du Podcast Tribu Indé et auteur de Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros (Éd Eyrolles), qui démonte pour nous certains mythes et peurs associés au freelancing, un statut qui séduit toujours plus de Français. Si vous n’avez pas visionné le live dans son intégralité, cet article rassemble les meilleurs conseils issus de l’interview.

Peur n°1 : Ne pas réussir à vivre de son activité

Relativiser la peur de l’échec

« Avoir peur de se planter quand on se lance en Freelance est totalement légitime puisqu’on sort de sa zone de confort. D’ailleurs, personne ne nous a vraiment appris à nous débrouiller seul : soit nous étions salariés et nous nous conformions aux demandes de notre hiérarchie, soit nous étions étudiant et la liste des apprentissages était définie en amont. Pour moi, la première chose à faire, c’est d’accepter que l’on ait des doutes et ce pendant plusieurs mois. Après, il est important de prendre suffisamment de recul face à cette situation. Au pire, si vous n’arrivez pas à mener votre barque, ce n’est pas grave ! La plupart des entreprises valorisent les personnes qui ont essayé même lorsque l’expérience a tourné court : quoiqu’il se passe vous aurez appris à construire une offre, à gérer un business, des projets et c’est un avantage face à d’autres candidats potentiels. L’échec fait partie du processus d’apprentissage. »

Lister ses compétences rares et ses compétences utiles

« Vous voulez vous lancer, mais vous ne savez pas quelles compétences mettre en avant ? N’oubliez pas que toutes les compétences que l’on développe au cours de sa vie professionnelle ne se valent pas. Ainsi et pour trouver facilement des missions, je vous conseille de déterminer quelles sont vos compétences rares et utiles :

  • Les compétences rares sont celles qui sont difficiles à acquérir et qui nécessitent un long apprentissage pour en devenir expert. Par exemple, vous souhaitez écrire des newsletter ? Cela nécessite de savoir faire de l’intégration, de s’y connaître en stratégie e-mailing, et en écriture.

  • Les compétences utiles sont celles qui ont de la valeur aux yeux des clients. Ce sont des compétences dont ils ont besoin et dont ils pourront facilement se servir. Par exemple, vous savez détourer une photo, vous servir d’un logiciel de montage…

Vous n’arrivez pas à définir vos compétences ? Rien de plus simple : prenez une feuille de papier et listez parmi toutes vos expériences professionnelles et tous les projets que vous avez menés, celles que vous avez développées. Il suffit de voir celles qui reviennent le plus souvent, puis de déterminer celles que vous souhaitez développer et celles qui ont un intérêt business. »

Bien évaluer son matelas de sécurité

« Combien de temps après s’être lancé doit-on pouvoir vivre de son activité de freelance ? J’aimerais bien avoir une réponse universelle et vous dire qu’au bout de trois mois, ça ira. Après cela dépend si vous avez commencé lorsque vous étiez étudiant, salarié ou si vous vous êtes lancé sans avoir commencé votre prospection. Personnellement, comme j’ai commencé à travailler sur des side projects le soir et le week-end lorsque j’étais salarié, j’ai pu vivre de mon activité dès la première semaine de mon installation à temps plein. Vous voulez éviter les déconvenues financières ? Avant toute chose, prenez deux heures pour budgétiser toutes vos dépenses : quelles sont mes dépenses fixes et incompressibles ? Quelles sont celles que je pourrais temporairement restreindre (restaurant, achats non essentiels, sorties…) ? Faire cet exercice permet de démystifier la peur de ne pas gagner assez d’argent et d’avoir une vision plus claire de ses besoins. »

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Peur n°2 : Ne pas savoir gérer l’administratif

Désacraliser l’administratif

« J’ai toujours eu peur de l’administratif et j’y suis toujours allergique, mais ça ne doit pas être une raison qui vous empêche de vous lancer. D’ailleurs, je pense qu’il faut relativiser cet aspect là surtout au départ. Si vous débutez en auto-entrepreneur vous avez à gérer : la création du statut (consultez des sites spécialisés pour vous aider), la déclaration trimestrielle à l’URSSAF et la déclaration d’impôt. Et c’est à peu près tout. Ce n’est pas sorcier. Pour preuve, j’ai plein d’amis qui étaient nuls en chiffres qui s’en sortent très bien et sans comptable ! Après, il y a des outils qui peuvent vous aider : Shine par exemple, c’est un site payant mais très utile que j’utilise pour faire ma comptabilité et gérer ma facturation, mais il y a d’autres alternatives tout aussi intéressantes sur le marché. »

Demander des acomptes à ses clients

« Courir après les factures, c’est fréquent et cela varie vraiment d’un client à l’autre. C’est pourquoi - que l’on vienne de se lancer ou non -, la bonne pratique, c’est de demander des acomptes. Personnellement, je ne commence pas une mission tant que 35% de la facture n’a pas été réglée. Pourquoi ? Déjà, cela permet de savoir si mon client est réactif ou non, ce qui m’aidera plus tard dans mes prévisions de chiffre d’affaires, cela permet de sécuriser le projet (si le client a déjà réglé une partie du montant, il y a moins de chances qu’il soit annulé), cela mobilise le client : il doit être disponible pour travailler avec moi, et enfin, cela limite le risque de courir après lui pendant des mois puisqu’à la fin, il n’aura plus qu’une partie de la facture à régler. »

Peur n°3 : Rater son business plan

Penser à la régularité de ses contrats

« Pour éviter de prospecter tout le temps et de courir après vos clients, essayez de créer une certaine récurrence dans vos missions. L’idée, c’est d’avoir un ou deux clients pour lesquels vous travaillez chaque mois pour avoir un matelas de rentrée d’argent assez stable, puis d’ajuster avec les autres sans trop de pression. Après, si vous n’arrivez pas à créer de la récurrence, c’est peut-être que la mission que vous proposez ne peut pas être dupliquée, pas forcément que votre travail n’est pas satisfaisant ! »

Bien positionner son offre en fonction de ses clients

« Quand je me lance sur un marché, il y a toujours un enjeu de positionnement. D’abord, demandez-vous à qui vous vendez votre offre. Plutôt à des associations, des PME, des grands comptes ? On ne parle pas de la même façon et on n’a pas la même proximité selon la taille de l’entreprise. Après, demandez-vous : quels sont mes tarifs ? Pour savoir si vos prix sont cohérents avec ceux du marché, vous pouvez regarder sur différentes plateformes en ligne de freelances, c’est toujours un bon indicateur. Si vous êtes à 700 euros/jour alors que la moyenne se situe plutôt autour de 300 euros, il y a sûrement un ajustement à faire. Deuxième point important, il faut évaluer son niveau d’expérience : une personne qui débute n’a pas le même prix qu’une personne qui a dix ans d’expérience sur un sujet. Enfin, il faut voir ce qui vous convient d’après les objectifs financiers que vous vous êtes fixés pour vivre de votre activité. »

Se méfier du travail gratuit

« La question du travail gratuit revient très souvent sur les forums de freelance. Les deux arguments des entreprises sont généralement les suivants : « tu vas gagner en visibilité promis et, là tu travailles gratuitement, mais d’autres projets vont bientôt arriver. » Comme vous vous en doutez, ça se passe rarement comme ça ! Après, je ne suis pas totalement opposé au travail gratuit, cela peut être une bonne approche pour se tester sur une nouvelle compétence. Pour autant, l’initiative doit venir de vous, pas de votre client. Aussi, la mission gratuite doit être choisie stratégiquement : elle doit être une capsule de projet ou quelque chose sur lequel vous n’allez pas travailler des semaines voire des mois pour rien. »

Peur n°4 : Ne pas gérer le manque de cadre

S’imposer un rythme de travail

« C’est peut-être contre-intuitif, mais je conseille vraiment - au début du moins - de garder le même rythme que lorsque vous étiez salarié ou étudiant. Levez-vous, terminez aux mêmes heures. La transition peut être assez abrupte et ce nouveau trop plein de liberté peut vous pousser à procrastiner. Oui, quand on est freelance, personne ne va nous demander où on est et ce qu’on fait. Si on n’a pas envie de travailler, on peut rester chez soi à tourner en rond. Après, lorsque vous vous connaissez, vous pouvez adapter ce rythme, surtout si vous voulez aller chercher vos enfants à l’école, faire du sport ou toute autre activité : dans ces cas-là levez-vous plus tôt ou remettez-vous au travail un peu plus tard pour finir votre to-do. Plus le temps passe, plus la modulation est possible : peu à peu vous êtes en contrôle de votre activité et vous pouvez aménager votre emploi du temps tout en réalisant vos objectifs professionnels. »

Se donner un cap et des objectifs

« Lorsqu’on travaille seul, on est parfois empreint de grosses baisses de motivation et dans ces cas-là, ce que l’on fait peut sembler vain. Pour éviter cet écueil du freelancing, il est important d’écrire noir sur blanc les raisons qui nous ont poussé à nous lancer dans l’aventure. Et plus précisément, se fixer un cap à un an - c’est loin, mais pas tant que ça - et un autre à dix ans. Je ne sais pas où je serai dans dix ans, ni quel chiffre d’affaires j’aurai à ce moment-là, mais je sais dans quelle direction aller, quelle compétence j’ai envie de développer… Dès que je suis dans le doute, j’aime relire ce document de quelques pages que je mets à jour tous les ans. Après, un cap, ce n’est pas une prophétie réalisatrice, ça aide simplement à rendre les choses un peu plus concrètes. »

Photo par Welcome to the Jungle, édité par Eléa Foucher-Créteau

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