Managers de transition, les super-héros de l'entreprise ?

Le métier de manager de transition

Le métier de manager de transition est né aux États-Unis dans les années 70, mais c’est seulement une dizaine d’années plus tard qu’on le voit se développer dans l’hexagone. Une percée lente mais fructueuse puisque le marché français du management de transition était estimé à 440 millions d’euros en 2019, avec une croissance de 13,6% par an sur les trois dernières années. Spécialisé dans la gestion de crise, ces managers sont des atouts pour les entreprises, tout particulièrement en cette période difficile.

Leur mission, s’ils l’acceptent…

Le management de transition ne s’appelle pas interim management en anglais pour rien. Tel un intérimaire, le manager de transition est envoyé sur des missions temporaires dans des entreprises pour les aider à passer un cap décisif, avec un regard neuf. Tel un James Bond des temps modernes, il est envoyé en mission avec un objectif précis à accomplir. La durée moyenne d’une mission pour un manager de transition serait d’environ sept mois.

Il intervient principalement au niveau du top management. La Fédération Nationale du Management de Transition estime que 70 à 80% des missions proposées relèvent des fonctions de direction générale, direction financière, des ressources humaines et de la direction industrielle.
L’industrie est le secteur qui voit le plus de managers de transition passer avec 52% des missions en 2017.

Ces managers de haut vol sont généralement appelés pour faire face à trois types de situations :

  • Prendre la relève après le départ soudain d’un collaborateur
  • Épauler l’entreprise lors d’une transformation majeure : fusion avec un concurrent, préparation d’une revente, etc. C’est d’ailleurs le cas le plus fréquent, 61% des missions concernent de la conduite de projet ou de la gestion du changement.
  • Et enfin gérer une situation de crise : fermeture de site, mouvement social important, redressement d’une filiale, etc.

Des spécialistes de la gestion de crise

Le rôle des managers de transition a été primordiale lors de la pandémie. La crise du Covid-19 a poussé les entreprises à réagir très vite en appelant les managers de transition à la rescousse. D’abord pour aider sur un plan économique : gestion des finances, plans de sauvegarde des entreprises, adaptation de la production, meilleur suivi de la trésorerie, etc.

D’après une enquête de terrain publiée en juillet 2020 par le cabinet de recrutement Robert Walters, l’enjeu principal taclé par les managers de transition pendant la crise est la digitalisation. Ils gèrent par exemple la refonte des outils de recrutement digitaux ou de gestion financière, améliorent la cybersécurité, proposent de nouvelles méthodes de management adaptées au télétravail, créent de nouveaux processus de recrutement, plus modernes.

En temps de crise, les managers de terrains sont appelés sur tous les fronts pour appliquer rapidement des changements radicaux qui permettront aux entreprises de sortir de cette mauvaise passe.

Portrait-robot de ces super-héros

Le profil type du manager de transition ? Un·e cadre de 40-50 ans, aguerri·e et en quête de nouveaux challenges. Souvent passé·e par des postes de direction, il/elle est “surdimensionné·e” pour le poste qu’on lui propose, ce qui lui permet d’être opérationnel·le immédiatement. Il/elle est spécialiste du domaine d’activité dans lequel il/elle intervient : industrie, agroalimentaire, banque, assurance, etc. On note que le métier se féminise petit à petit : un quart des missions recensées en 2017 ont été réalisées par des femmes.

Un manager de transition a généralement travaillé dans plusieurs entreprises, notamment à l’international. Cette flexibilité lui permet de comprendre rapidement les motivations et les besoins des collaborateurs, autant que les enjeux macro de l’entreprise dans laquelle il est missionné. Tel un super-héros, il est capable d’analyser rapidement une situation et prendre des décisions difficiles sous pression.

Face aux demandes croissantes de ces nouveaux managers, des écoles de commerce comme Audencia et des instituts indépendants ont développé des formations spécifiques. Au programme : gestion de crise, développement du leadership, pilotage, agilité comportementale, etc. Des parcours en plusieurs jours ou en formation continue pour donner aux managers expérimentés les clés de réussite dans leurs premières missions.

Où trouver leur QG ?

Les managers de transition peuvent exercer en tant qu’indépendants. C’est souvent un moyen de retrouver une certaine forme de liberté après de nombreuses années passées en entreprise. Auquel cas, ils doivent disposer d’un réseau étendu pour réussir.

La majorité des managers de transition se regroupent. On les trouve dans des sociétés de portage salarial, des cabinets spécialisés ou dans des branches de cabinets de recrutement ou de conseil.

5 choses à savoir avant de vous lancer

Le travail de manager de transition est un défi excitant, mais difficile, plutôt accessible aux cadres expérimentés.

  • Il vit plusieurs vies dans une année. Le manager de transition s’enrichit dans le changement ! Grâce à des missions courtes, il est amené à enchaîner les entreprises et les challenges. Un moyen extrêmement rapide d’évoluer et d’apprendre à s’adapter à des contextes, des politiques et des cultures d’entreprise différentes.
  • Il intervient souvent dans des contextes très sensibles. On fait rarement appel à une aide extérieure quand tout va bien. Le manager de transition peut se trouver face à des choix complexes et impactants pour la vie des collaborateurs de l’entreprise, par exemple dans des missions d’accompagnement à la fermeture d’une usine ou la conduite d’un plan social.
  • Il a une grande liberté d’action. Puisqu’il n’est que de passage dans l’entreprise, il peut se concentrer sur son objectif sans se laisser polluer par les enjeux politiques internes.
  • Il ne peut pas s’attacher à ses collègues. Difficile de vivre une aventure aussi forte sans nouer des liens avec les collaborateurs internes qui vous épaulent. Mais une fois la mission terminée, le manager de transition n’a plus de valeur ajoutée pour l’entreprise et doit la quitter.
  • Il est mobile et a des revenus fluctuants. Le manager de transition doit gérer l’exigence de mobilité des entreprises pour lesquelles il intervient. Il peut être conduit à s’expatrier pour quelques mois dans une autre ville ou un autre pays : près de la moitié des missions se déroulent en Ile-de-France, et 12% à l’étranger, toujours d’après la Fédération Nationale du Management de Transition. Et si ses revenus sont plus importants que ceux d’un dirigeant classique (avec une moyenne entre 120 et 150 000 euros brut annuel), il doit aussi gérer des périodes dites “d’intermissions” sans revenu.

Une étude du cabinet spécialisé Arthur Hunt Transition sur les perspectives du management de transition à l’horizon 2030 donne un chiffre choc : « 52 % des personnes interrogées pensent que le management de transition sera la principale source d’emploi des cadres dirigeants de plus de 45 ans. » En effet, entre la réduction des effectifs dans de nombreuses entreprises et la nécessité croissante d’avoir accès rapidement à des compétences pointues, l’appel à des super-héros externes se présente comme une alternative de choix.

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Photos by WTTJ

Marlène Moreira

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