Réseaux Alumni d’entreprise : pourquoi rester en contact avec ses ex-collègues ?

  • July 15, 2019

Loin des yeux, loin du cœur ? Plus maintenant. De plus en plus d’entreprises développent leur propre réseau alumni et en font un nouvel élément stratégique pour promouvoir leur image et améliorer leur recrutement. Reid Hoffman, co-fondateur de LinkedIn, explique dans son livre The Alliance: Managing Talent in the Networked Age qu’un solide réseau d’anciens est un élément clé de la réussite d’une entreprise : « Il constitue l’étape logique permettant de maintenir une relation de confiance, d’investissement et d’avantages mutuels à une époque où l’emploi à vie n’est plus la norme. » Et comme l’homme d’affaires a eu de bonnes idées jusqu’ici, nous avons décidé de creuser le sujet.

Que peut-on attendre d’un réseau Alumni professionnel ?

En réalité, ne s’agit-il pas là d’un énième réseau à l’image de celui de votre université ou de votre école ? Que nenni. Ici, pas de demandes de dons par e-mail, d’invitations à répondre à des questionnaires ou d’apéros retrouvailles visant à vous remémorer l’époque glorieuse de vos soirées étudiantes. Un réseau d’ancien professionnels est un véritable outil de gestion de carrière, qui permet aux anciens employés de garder des liens avec leur organisation et leurs anciens collaborateurs.

Si ces réunions entre anciens collègues sont nées d’initiatives individuelles, elles sont aujourd’hui directement initiées et sponsorisées par les entreprises elles-mêmes ; une manière pour elles de redéfinir la relation traditionnelle avec leurs collaborateurs. Alors, pourquoi rester en contact avec son ancienne entreprise ?

Pour donner un coup de pouce à sa carrière

Pour beaucoup, ces réseaux permettent de trouver un nouvel emploi ou de générer des opportunités d’affaires, mais aussi de quitter l’entreprise tout en gardant une oreille à l’intérieur. C’est la stratégie idéale pour rester informé des mouvements internes, de la création de nouveaux services ou de l’ouverture d’un poste intéressant. Chez Microsoft, environ 15 % des personnes embauchées sont des “employés boomerang”, à savoir d’anciens salariés qui font leur come-back. Et pour ceux qui ont choisis de devenir indépendants ou de monter leur propre entreprise, le réseau représente également une excellente manière d’obtenir des missions en tant qu’externes. Si cela est votre cas, votre ancien employeur sera ainsi rassuré sur vos compétences et votre connaissance de son activité.

Pour rester en contact avec d’anciens collègues et d’anciens amis

Les réseaux d’anciens ont compris que les collaborateurs, au-delà de vouloir avoir la possibilité de rester en contact en ligne, via des réseaux comme LinkedIn souhaitent également qu’on leur propose des rencontres en face-à-face. Pour ce faire, ils organisent des événements aux formes très diverses : conférences, expositions, rassemblements par promotions ou encore speed-meeting. Certains ont des idées encore plus originales : l’année dernière, Microsoft a organisé une “journée de démolition” à l’occasion de la destruction d’une partie de ses locaux historiques aux États-Unis. Les anciens bureaux ont ainsi été décorés de souvenirs et les membres du réseau Alumni ont été invités à se réunir pour redécouvrir l’histoire de l’entreprise. Bref, une bonne occasion de réseauter avec de nouveaux membres ou d’anciennes connaissances.

Trouver un mentor

Alors que le monde professionnel se complexifie et que les carrières sont de moins en moins linéaires, l’accompagnement et les conseils d’un tiers sont plus importants que jamais. Un réseau Alumni est par conséquent un excellent moyen de trouver une personne qui connaît bien le contexte de votre entreprise, qui pourra vous aider à faire les bons choix et à évoluer vers des postes qui vous intéressent, ou encore qui vous éclairera sur les opportunités extérieures à votre entreprise.

Mais pas que !

Bien sûr, chaque réseau propose d’autres avantages : invitations à des événements, réductions sur des produits et services proposés par l’entreprise ou ses partenaires, participation à des programmes philanthropiques, etc. Ces initiatives se retrouvent dans tous les secteurs d’activité. Mais de tous, c’est sans doute dans l’univers du conseil que l’on cultive avec la plus grande attention la relation avec les anciens. Le cabinet McKinsey est d’ailleurs une référence du genre avec un réseau de près de 37 000 alumni répartis dans plus de 120 pays. De quoi saturer la mémoire de son téléphone de nouveaux contacts.

Cependant, attention à ne pas attendre trop de ces réseaux : tous ne sont pas aussi actifs. Leur dynamisme dépend de la volonté des entreprises à les animer et de celle des membres à s’y impliquer. Il faut donner avant d’espérer recevoir, et donc accepter l’investissement en temps que cela demande.

Quel intérêt pour les entreprises ?

Les entreprises ont très vite compris l’intérêt de ce vivier de voix et de talents. Un réseau d’anciens est un formidable reflet de l’intention d’une entreprise de nouer une relation à long terme avec ses employés, même après leur départ.

Les alumni sont des ambassadeurs de la marque

Reid Hoffman explique notamment leur pouvoir sur les réseaux sociaux : « S’ils font la promotion d’un produit, d’une initiative ou répondent aux tweets de clients et de prospects, les anciens ont une crédibilité que l’on ne peut égaler. » Leur objectivité donne un poids important à leurs paroles. Les entreprises considèrent ainsi de plus en plus leurs ex-salariés comme une excellente source de publicité positive.

Un réseau Alumni est également un véritable outil de recrutement

Et c’est sans doute là le principal bénéfice pour les entreprises. Réembaucher d’anciens salariés coûte moitié moins cher que d’accueillir de nouvelles recrues ; leur premier trimestre est 40 % plus productif et ils ont tendance à rester en poste plus longtemps. Des études américaines déclarent que les entreprises du Fortune 500 (classement des 500 premières entreprises américaines, classées selon l’importance de leur chiffre d’affaires) pourraient économiser, en moyenne, 12 millions de dollars par an en recrutant activement parmi son réseau d’anciens.

Ces réseaux sont encore embryonnaires en France mais représentent peut-être l’avenir du networking. Les nouvelles générations, moins attachées à l’idée d’occuper le même emploi pendant une longue durée mais sensibles aux démarches humaines et responsables, en seront peut-être les premiers promoteurs.

Marlène Moreira

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