Assertivité : et si on osait s'affirmer en entretien ?

Assertivité en entretien : comment réussir à s'affirmer ?

« En entretien, il est impossible d’être soi-même », « Il faut forcément dire au recruteur ce qu’il veut entendre », « Il faut faire profil bas »… On dit souvent que les entretiens d’embauche ne nous permettent pas d’être authentique, qu’il vaut mieux garder ses opinions pour soi et surtout, ne pas trop en demander, au risque de faire fuire le recruteur. Pourtant, il est particulièrement important de s’affirmer pour poser les bases d’une potentielle future relation professionnelle. Qu’il s’agisse de négocier votre salaire, du télétravail ou encore vos futurs objectifs, l’assertivité peut vous aider à vous imposer sans pour autant effrayer votre interlocuteur. Alors, comment la maîtriser ?

L’assertivité : qu’est-ce que c’est ?

Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas de définition dans le dico. Ce néologisme apparu au cours de la première moitié du XXème siècle mais refusé par l’Académie Française est majoritairement employé dans le jargon psy’. Tirée du terme anglais “assertiveness” signifiant “assurance”, la notion est liée à celles de confiance en soi et d’affirmation de soi. En effet, l’assertivité est la capacité d’un individu à s’exprimer et à affirmer ses droits dans le respect de l’autre.

Comme le dit Eric Schuler, dans son livre S’affirmer au quotidien (Les Éditions de l’Homme), être assertif c’est être « ni paillasson, ni hérisson ». Or, une telle communication peut être un outil précieux en entretien d’embauche car le recruteur pourra percevoir que vous n’êtes pas influençable, que vous pouvez tenir vos positions sans laisser l’autre empiéter sur vous, le tout sans vous montrer agressif.

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Une mise en œuvre périlleuse

L’assertivité est une notion facile à comprendre mais beaucoup plus difficile à mettre en œuvre puisqu’elle passe par une capacité à reconnaître et à gérer ses émotions, mais également à pouvoir prendre en compte celles de l’interlocuteur. Il faut donc être empathique tout en sachant prendre du recul sur ce qui vous est partagé, pour ne pas se laisser influencer. L’idée, c’est de réussir à comprendre l’autre, même si l’on n’adhère pas à ses propos. Si l’assertivité est maîtrisée, elle permet d’éviter les non-dits et les ressentiments de part et d’autre, ce qui a le don d’apaiser les discussions et de les rendre bien plus riches. Par exemple, si votre recruteur vous explique que dans votre futur poste, vous serez chargé de réaliser un projet pour une certaine date mais que cela vous paraît infaisable, l’idée est de comprendre pourquoi cela est si urgent pour l’entreprise mais aussi de savoir expliquer vigoureusement que cela ne vous semble pas faisable.

Comment être assertif en entretien ?

En théorie, l’assertivité est alléchante. Mais en pratique, comment la mettre en œuvre ? Voici quelques pistes qui pourront vous aider à en faire votre alliée.

  • Préparez l’entretien. Ainsi, vous parviendrez à mieux anticiper vos réponses. Cela vous permettra de réfléchir à une manière de formuler votre point de vue.

  • Apprenez à identifier vos émotions afin de mieux les maîtriser. Le but ? Garder la main sur votre communication verbale et non verbale, car l’assertivité en entretien passe aussi par votre “body language” à savoir vos gestes, mimiques et posture sur la chaise. Salaire, télétravail, avantages, objectifs… Tentez d’identifier les sujets qui pourraient vous stresser, vous énerver ou vous frustrer. Encore une fois, anticiper est la clé pour être assertif et ne pas laisser vos émotions prendre le dessus lors de l’entretien. Si vous cherchez un emploi en 100% télétravail et ne connaissez pas la position de l’entreprise à ce sujet, préparez une réponse à donner si l’employeur vous explique que ce n’est pas possible : « Je comprends que vous ayez des craintes quant à la mise en place du télétravail et que cela demande d’accorder une grande confiance en ses salariés, mais c’est un critère fondamental à mes yeux. »

  • Souriez et ne gardez pas une position trop « fermée » telle que bras croisés et jambes croisées. Puisque l’assertivité passe par l’empathie, votre langage corporel ne doit pas indiquer que vous vous repliez sur vous ou que vous vous fermez à la conversation. Gardez une posture ouverte, détendez les épaules et parlez avec les mains.

  • Rappelez-vous de vos droits et préparez une communication claire quant à votre parcours, à vos souhaits d’évolution et vos prétentions salariales. Évoquer ces sujets parfois difficiles à aborder ne vous fera aucun tort, au contraire ! Et cela montrera que vous savez ce que vous voulez ! Si l’employeur vous explique par exemple que dans son entreprise “Personne ne doit compter ses heures”, vous pouvez lui dire : « Je comprends que vous attendiez un fort engagement de la part de vos salariés, mais j’aimerais que ces heures supplémentaires soient rémunérées, comme le veut la loi. »

  • Prenez le temps d’observer « le non verbal », c’est-à-dire les gestes, mimiques et le positionnement du recruteur en face de vous. Cela vous donnera une indication de ses émotions : s’ennuie-t-il ? A-t-il l’air de suivre votre discours ? Vous devez saisir son état d’esprit pour vous adapter à lui. Si vous voyez par exemple que le recruteur recule d’un coup au fond de sa chaise, c’est qu’il est agacé ou embêté par quelque chose qu’il n’avait pas prévu. Dans ce cas-là, essayez de le rassurer ou de lui poser plus de questions pour mieux le comprendre.

Petits exercices d’assertivité à faire au quotidien

Inutile d’attendre l’entretien d’embauche pour pratiquer l’assertivité ! Ces petits exercices vous aideront à vous familiariser avec ce concept. Attention, ces techniques pourraient vous surprendre !

Apprenez à dire « non » sans vous justifier

Cela pourrait vous mettre mal à l’aise, mais vous vous rendrez rapidement compte qu’en vous confondant d’excuses et d’explications, votre interlocuteur vous suspecte encore plus de mentir ou de noyer le poisson. Dites-vous, tout simplement, que vous n’avez pas à vous forcer à faire quelque chose que vous ne voulez pas. Attention, il ne s’agit pas ici de dire « non » à tout mais de dire « non » aux situations qui vous mettent mal à l’aise (et non lorsqu’il s’agit de répartir les tâches ménagères avec votre moitié). Mais évidemment, mieux vaut commencer à pratiquer le “non” avec des personnes proches de vous.

Répétez votre souhait lorsque vous faites face à une résistance

Tout comme dire non sans vous justifier, vous pouvez vous entraîner à être plus assertif en reformulant votre demande lorsque votre interlocuteur s’y oppose et que cela vous paraît illégitime. Mais attention, cette technique dite du “disque rayé” ne fonctionne que si vous réitérez votre souhait en vous montrant toujours plus sympathique sans pour autant vous perdre dans des explications à rallonge. Vous avez certainement déjà pratiqué cette technique sans même vous en rendre compte :
« - Ce soir, j’aimerais bien qu’on aille voir ce film au cinéma.
Non, j’ai la flemme.
Mon/Ma chéri·e, je sais que tu as eu une longue journée mais ça me ferait tellement plaisir d’aller voir ce film avec toi.
»

Apprenez à dire ce que vous ressentez

Privilégiez toujours l’utilisation du “je” et à nouveau, ne vous excusez pas d’extérioriser : « Je suis agacé » ; « Je me sens frustré ». Point. Vous montrez ainsi que vous avez le droit de vous exprimer, pour autant, vous n’accusez pas votre entourage d’être responsable de vos émotions (commencer ses phrases par “tu” est accusateur). Dans la même lignée, préférez les formulations du type : « Je souhaite… » ; « J’aimerais… »

Bien sûr, ces exercices sont à utiliser avec parcimonie. Évitez de dire “non” sèchement à un passant en pleine crise cardiaque qui vous demande de le conduire aux urgences parce que “Vous n’en avez pas envie”. Ces exercices vous aideront plutôt à vous plonger dans un état d’esprit plus “assertif”…

Vous affirmer sans vous justifier pourrait vous paraître étrange, mais n’ayez aucune gêne à savoir ce que vous souhaitez. Être assertif en entretien d’embauche est une bonne manière de trouver une entreprise qui vous accepte entièrement et qui s’aligne avec vos besoins. Alors, imposez votre style !

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Photo by WTTJ

Psychologue du travail et psychologue clinicienne

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