BADASS : Accepter l’échec, c’est bien, en tirer parti, c’est encore mieux !

Publié dans BADASS

26 juil. 2022 - mis à jour le 27 juil. 2022 4min

BADASS : Accepter l’échec, c’est bien, en tirer parti, c’est encore mieux !

auteurs

Lucile Quillet

Journaliste, conférencière et autrice experte de la vie professionnelle des femmes

Thomas Decamps

Photographe chez Welcome to the Jungle

BADASS - Vous vous sentez illégitimes, désemparées, impostrices ou juste « pas assez » au travail ? Mesdames, vous êtes (tristement) loin d’être seules. Dans cette série, notre experte du Lab et autrice du livre de coaching Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière Lucile Quillet décortique pour vous comment sortir de la posture de la “bonne élève” qui arrange tout le monde (sauf elle), et enfin rayonner, asseoir votre valeur et obtenir ce que vous méritez vraiment.

Fail is the new win, ça, vous le savez. Vous avez appris à digérer vos petits gadins et gros échecs, quand votre idée fait un bide en réunion (alors que vous y avez passé tous vos samedis), quand vous avez bégayé en présentation (option plaques rouges sur le cou), quand on vous a préféré Romain (arrivé trois ans après vous) pour la nouvelle promotion. Auparavant, vous auriez eu envie de vous terrer six pieds sous terre, désormais vous ravalez votre fierté et assumez qu’une défaite ou deux, ce n’est pas la mort d’un petit cheval. Vous avez appris à relativiser, relever la tête et passer à autre chose… Erreur. Vous vous relevez juste, alors que l’échec peut vous faire progresser, si vous savez l’utiliser à bon escient.

Veni, vidi, vici… et rentabilisation

Évidemment, ça vous paraît un peu gonflé. En bonne élève vertueuse, vous pensez qu’il faut seulement avoir l’humilité de reconnaître ses torts et ses fragilités, puis faire vœu de rédemption en la jouant low profile. La prochaine fois, on ne vous y reprendra plus, promis. Alors se vautrer et, en plus, enfoncer le clou et surfer dessus ? Vous vous dites qu’il n’y a que des hommes cis blancs sûrs d’eux-mêmes pour tenter un tel numéro de voltige au royaume de l’opportunisme. Mais là où vous voyez une manœuvre malhonnête, il s’agit plutôt d’une optimisation maximale de vos échecs. Qu’y a-t-il de mal à se dire que, dans ce que vous avez perdu, il y a aussi une opportunité offerte ? Penser stratégie n’assombrit pas votre âme. Accepter l’échec (qu’il soit dû à nos erreurs ou autres), c’est bien, en tirer parti, c’est encore plus intelligent.

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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, y compris vos fails. Alors, comment utiliser nos échecs pour lustrer notre vie pro ?

1. Un argument pour une formation

L’échec vient souligner un manque d’expertise, de savoirs, de pratique quelque part. Vous pouvez vous en servir pour monter en compétence et vous mettre au niveau, en demandant une formation, un coaching, plus de matériel.

Vous êtes devenue manager il y a six mois et on vous accuse déjà de harcèlement moral ? Vous pensiez pourtant tout faire pour motiver votre équipe… Soyez humble et proposez de suivre une formation en management. On vous reproche de parler anglais comme une chèvre ? Dites que vous aimeriez bénéficier de cours d’anglais. De ne pas faire preuve d’esprit d’équipe ? Demandez un coaching.

2. Une opportunité pour réseauter

Vous voulez être humble ? Parfait. Suite à votre fiasco, allez frapper à la porte de ceux qui font mieux que vous : vos collègues, les chefs, les confrères ou consoeurs de votre secteur. Vous n’êtes pas la seule à être passée par là : vous affrontez la situation, eux ont déjà les solutions. Vous avez raté cette promotion ? Demandez à une personne qui a dix ans d’expérience de plus que vous comment grimper les échelons. Vous avez fait un post catastrophique sur les réseaux sociaux ? Interrogez les influenceur.ses de votre milieu pour connaître les do/don’t. Vous avez fait une collaboration malheureuse ? Sollicitez ceux qui ont travaillé avec leurs concurrents pour sonder le terrain.

En racontant votre mésaventure et en demandant des conseils, vous apprenez et vous renforcez vos liens. Vos interlocuteurs, flattés, vous perçoivent comme une personne décomplexée et déterminée à rebondir. Ne boudez pas votre plaisir : visez les gens que vous n’osez que trop peu aborder jusqu’ici.

3. Une tâche pour rendre éclatant votre storytelling

Une nappe paraît d’autant plus blanche qu’il y a une grosse tache dessus, n’est-ce pas ? Idem pour votre échec et votre vie pro. La stratégie de la tâche vient sublimer votre storytelling et augmenter votre mérite aux yeux d’autrui. Souvenez-vous que la réalité est un élément variable dans le temps. Cet échec qui vous fait honte aujourd’hui pourrait être l’élément qui vous distingue de tous les autres demain et donne encore plus de relief à votre parcours.

Pour bien l’utiliser, il faut un peu laisser l’eau couler sous les ponts et, après plusieurs succès, réintégrer cet échec à votre storytelling comme le lointain point A d’où vous êtes partie. C’est une fois que la saga Harry Potter l’a rendue plus riche que la reine d’Angleterre que J.K Rowling peut affirmer que le manuscrit initial a été refusé par douze éditeurs. Pareil pour Ryan Gosling : on admire encore plus toutes ses récompenses en se remémorant son brushing de californienne et ses manchettes en cuir dans Hercule contre Arès.

4. Un crédit pour la suite

On vous a refusé cette promotion, cette prime, cette augmentation, ce dossier… Qu’importe. Parce qu’il faut plusieurs “non” pour obtenir un “oui”, le refus que l’on vous a opposé vient renforcer vos chances de gagner au prochain round. Ce qui du coup, peut vous encourager à tenter des choses et faire preuve d’audace pour tout.

Surtout, n’oubliez pas de garder des traces d’une candidature et si possible, du refus. Les années passent mais les têtes changent : ainsi, vous gardez le registre à jour et la mémoire longue.

5. Une source d’inspiration

Vos erreurs peuvent instruire les autres (tout comme vos succès, cf. conseil n°2). Vous avez collaboré avec des gens mal intentionnés ? Prévenez votre entourage pro, ils vous le revaudront.

Aussi, votre échec peut vous donner des idées, particulièrement s’il s’inscrit dans un contexte qui induit d’autres personnes en erreur. Peut-être vous donnera-t-il l’idée et l’envie de créer quelque chose pour éviter des récidives. Indépendante, vous vous êtes rendue compte que vous facturiez trop peu vos clients ? C’est peut-être le moment de créer un collectif pour se concerter, parler, établir une grille de tarifs avec vos semblables. Si vous avez un problème, d’autres l’ont et l’idée d’une solution a du potentiel.

L’échec est un fait, certes, mais aussi une matière que l’on peut façonner. Il peut être un boulet ou une rampe de lancement qui vous fait progresser. Il ne sert à rien de le nier, ni de le mettre sous le tapis. Il vous sera profitable si vous restez dans un esprit collectif, en faisant circuler l’information, en vous connectant aux autres. C’est une façon de reconnaître que personne n’est parfait et de se renforcer ensemble. Que vous en fassiez une œuvre collective, un élément de storytelling, une opportunité pro ou une façon de vous connecter aux autres, vous le transformez, vous le maîtrisez, vous ne subissez plus. L’échec n’est alors plus un échec, il est devenu une source d’apprentissage et d’action.

Article édité par Éléa Foucher-Créteau, photo Thomas Decamps pour WTTJ

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