Sur les traces de Thomas Jeanjean de Criteo

  • July 1, 2015

Savoureux mélange de simplicité et de malice, Thomas Jeanjean nous reçoit tout sourire dans un bureau du fameux « 32 Blanche » qui abrite parmi les plus brillants des champions français du digital. Il est le directeur général France deCriteo, la jadis start-up devenue phénomène mondial, et nombreux sont ceux qui rêvent de prendre sa place. Ça tombe bien, il la cède et dirigera bientôt le marché mid-market de l’entreprise à l’échelle européenne, depuis Barcelone. L’occasion de nous raconter comment il en est arrivé là.

« Mon cursus mixte mêle technologie et business »

Sans le savoir, Thomas s’est forgé le profil académique du manager de start-up idéal. Un pied dans la technologie avec son diplôme en informatique et l’autre dans le business avec une école de commerce, il assume sa « sensibilité geek » comme son amour pour le développement d’entreprise. Du business et de la technologie au business de la technologie, le pas est vite franchi. Ses modèles se nomment alors IBM, Ilog, Business Object ou Oracle. L’époque n’est pas encore aux Google et Facebook.

« J’ai rencontré des gens brillants qui m’ont amené à l’entrepreneuriat »

Les sociétés de services en informatique sont un premier débouché logique mais qui ne lui correspondent pas. Heureusement, il fait la rencontre pro de sa vie. Celle de trois polytechniciens brillants qui ont monté Assurland, un comparateur d’assurance en ligne, et qui deviennent ses « mentors ». Devant ce « fit humain », Thomas Jeanjean n’hésite pas longtemps et travaille d’abord sur Assurland avant de créer avec eux « Prima Solutions », un éditeur de logiciels pour professionnel de la finance dont il assure durant six ans le développement en France puis au Benelux et au Moyen Orient. Dans une structure qui ne dépasse pas les 50 personnes, Thomas Jeanjean apprend l’entreprenariat. L’entreprise est ensuite cédée en partie à Ilog mais la piqûre entrepreneuriale a fait son effet. Thomas Jeanjean se lance en créant un réseau social sur le monde du cheval, Sohorse.com.

Au moment d’une nouvelle levée de fonds, la crise financière gronde en Europe.

L’idée est simple et efficace : troisième fédération en France, l’équitation regroupe un grand nombre de licenciés mais la sphère n’est absolument pas professionnalisée. Le projet prend forme, appuyé et financé par le réseau de Thomas, et se développe à l’étranger. Mais le business model est celui, classique et non pérenne, d’une jeune start-up en évolution. Au moment de lever une nouvelle fois de l’argent, la crise financière gronde en Europe. Le projet, qui ne génère pas de cash à court terme et intervient dans un secteur de niche ne prend plus. Thomas Jeanjean met un terme à l’entreprise, et, avec elle, aux années professionnelles les plus enrichissantes de sa vie professionnelle, « mon MBA à moi ».

« Si je reviens à l’entrepreneuriat, ce sera sur un projet plus mature, préparé très en amont »

Sohorse.com et son destin sont une école intense. « J’ai appris à relativiser. J’apprécie la chance que j’ai d’être aujourd’hui dans une entreprise qui va bien, qui avance, avec un salaire à la fin du mois. L’expérience a considérablement augmenté ma résistance à la pression ». Il parle également du défi personnel que représente l’entrepreneuriat, la confrontation à la solitude et à la nécessité de déployer une énergie surhumaine. « J’ai appris sur moi ». Il réalise que développer des projets plus mûrs et travailler en équipe l’attirent d’avantage.

« Aux Etats-Unis, certains investisseurs ne financent que des entrepreneurs ayant déjà connu l’échec »

Que faire après avoir planté sa boite ? « L’expérience aurait pu être préjudiciable si je m’étais tourné vers une grosse entreprise, mais je suis allé voir des entrepreneurs et c’était plutôt un atout. Aux Etats-Unis, certains investisseurs ne financent que des entrepreneurs ayant déjà un échec derrière eux ».

Il intègre l’équipe de direction d’Esearch Vision, une grosse agence de « search marketing », mettant un premier pied dans l’écosystème de la publicité digitale. Il évolue et prend la direction de la zone Europe. Grâce à eux il rencontre Google qu’il rejoint pour tenter l’expérience à une autre échelle, celle d’un géant. L’essai ne se transforme pas. Les personnes sont talentueuses et les produits formidables mais l’ADN de Google ne correspond pas à Thomas Jeanjean et à son envie d’entreprendre. « Je ne sentais pas mon impact au quotidien sur l’entreprise, qu’il soit négatif ou positif ». Surtout, Criteo lui offre le siège de Directeur Général France, « une opportunité qui ne se refuse pas ».

« Criteo établit la balance entre mes expériences dans les start-ups franco-françaises et celle chez Google »

Thomas Jeanjean déploie ses ailes chez Criteo où la liberté d’action donnée aux directeurs pays est particulièrement importante. Il s’envole bientôt pour Barcelone afin d’y créer le bureau Mid-Market Europe. Une promotion illustrant parfaitement la mobilité interne « sans limite » à laquelle aspire le Président de Criteo Jean-Baptiste Rudelle. Thomas Jeanjean laissera donc les grands comptes français pour se concentrer sur des acteurs internationaux de plus petite taille, au sein d’une équipe européenne.

« Dans ce métier il est difficile de raisonner à plus de deux ou trois ans »

La tentation d’autres tribus ne se fait pas sentir. Ses yeux pétillent : « Je ne me projette pas en dehors de Criteoparce que participer à cette aventure est incroyable. Avoir en face de soi Google et Facebook, voir en live son entreprise entrer en bourse… Nous avons l’impression de participer à l’écriture d’une histoire ». Il finit par avouer un autre rêve: « vivre au grand air et élever des chevaux », avant de se reprendre : « Mais dans très longtemps ».

Bertrand

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