Pollution digitale : comment les entreprises peuvent agir

Pollution digitale : comment les entreprises peuvent agir

La prise de conscience commence à se faire ressentir : les usages numériques ne sont pas sans conséquence sur l’environnement. Coup d’oeil sur les enjeux en entreprise autour de la pollution digitale et les bonnes pratiques pour la limiter et encourager collaborateurs et top management au changement.

L’heure est à la pédagogie

Les sondages parlent d’eux-mêmes : en France, moins de 3 Français sur 10 (27%) se disent informés de l’impact des activités numériques sur l’environnement. Même s’il est intéressant de noter que ces chiffres sont en progrès, reste que la sensibilisation est toujours à l’ordre du jour. Et les entreprises ont bien évidemment un rôle à jouer.

Mais de quelle pollution parlons-nous ?

Il s’agit de l’impact environnemental engendré par le numérique au sens large. Trois niveaux sont à prendre en compte :

  • La fabrication des appareils technologiques
  • L’utilisation du digital au quotidien dont la mobilisation de serveurs et la question de la consommation énergétique
  • La destruction des équipements avec des enjeux autour du traitement des déchets

Pour Digital for the planet - qui conseille les entreprises sur la réduction de leur pollution digitale - inutile de faire de la prospection. « Nous avons en fait beaucoup d’appels entrants » nous confirme Anthony Alfont, COO. « Les entreprises veulent s’emparer du changement dans le cadre de leur transformation digitale. Pour éviter d’avoir à tout détruire ou refaire dans quelques années, en raison de process qui ne seraient pas adaptés ou trop polluants. Il y a donc une volonté réelle d’être plus durable et responsable. »

Les entreprises les plus actives sur le sujet semblent être celles qui sont en lien direct avec la dématérialisation, secteurs de la banque/ assurance et de l’énergie en tête. Pourquoi ? « Car ce sont des sociétés déjà familières du sujet, avec des salariés qui commencent à être formés pour ces problématiques et qui lancent le mouvement et prônent le changement. » renchérit Anthony Alfont. « Les mains et les cerveaux de demain veulent se positionner et être formés sur ces sujets. Ils auront en tête cet impact. Les entreprises vont donc devoir s’adapter. »

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Comment sensibiliser ses collaborateurs / collaboratrices à l’impact écologique de leur consommation digitale ?

La question économique

Dès que l’on fait le lien entre pollution digitale et coût en entreprise, les comportements changent, la direction lançant le mouvement. Ce sont autant de petits gestes, qui, mis bout à bout, peuvent rapporter. Par exemple, nombreux sont les collaborateurs à laisser leur écran allumé H24. Pourtant, le mettre en veille de 20h à 8h du matin est un gain énorme, surtout à l’échelle de l’entreprise. L’ADEME estime en effet, « qu’allumé 24h/24, un seul ordinateur peut coûter jusqu’à 100 euros d’électricité par an. »

Un ordinateur allumé 24h/24h peut coûter jusqu’à 100 euros d’électricité par an.

Mais au-delà des économies, cela va également nourrir la politique RSE. C’est une façon d’apporter des preuves aux discours de responsabilité. Les prestataires sont ainsi de plus en plus nombreux à vouloir être labellisés pour faire savoir leurs engagements et potentiellement marquer des points lors d’appels d’offres. C’est le cas avec le label ENR (Entreprise Numérique Responsable) qui valorise les bonnes pratiques de 22 compagnies du secteur numérique. Ces dernières peuvent ainsi se distinguer pour travailler avec des entreprises engagées sur les sujets environnementaux.

Le facteur : “Ah oui, quand même”

« Personne n’est capable de dire concrètement ce que représente 10g de CO2 dans son quotidien. Il faut donc donner des points de repère via des équivalences. Jusqu’à ce que les collaborateurs se disent “ah oui, quand même”. » détaille Anthony Alfont. Parce que le sujet est immatériel, les collaborateurs / collaboratrices ont besoin d’équivalences pour réaliser ce que cela représente. Il s’agit donc de faire des parallèles et surtout de démontrer l’effet exponentiel en entreprise. Traduire par une image concrète l’impact collectif. Un exemple ? Envoyer 20 mails tous les jours pendant un an a la même émission de CO2 que parcourir 1000 km en voiture.

Envoyer 20 mails tous les jours pendant un an a la même émission de CO2 que parcourir 1000 km en voiture.

Moteurs de recherche, archives, objets connectés, cache, équipements… les leviers pour limiter la pollution digitale sont nombreux.
Beaucoup sont détaillés dans ce guide pratique édité par l’ADEME qui traite des actions efficaces à mettre en place au bureau pour réduire son impact environnemental. Ou l’on apprend par exemple que « multiplier par 10 le nombre des destinataires d’un mail multiplie par 4 son impact » !

Alors, on commence par quoi ?

Au-delà de l’équipement, les usages en entreprise (même en télétravail) affectent clairement la pollution numérique. Et il est possible de limiter son impact à plusieurs niveaux.
Le stockage des données : il s’agit de voir le cloud non pas comme un espace de stockage illimité mais au contraire, se concentrer pour ne garder que le plus important et nécessaire à l’activité de l’entreprise. Les mails tout d’abord. En implantant une politique de réduction des emails, avec des destinataires choisis et des pièces jointes limitées. Mais aussi dans sa façon d’utiliser Internet. Moins d’onglets ouverts, des vidéos en qualité réduite, une lecture automatique désactivée, des requêtes plus courtes voire la mise en favori pour éviter d’interroger les serveurs à chaque nouvelle connexion.

Questionner les besoins de l’entreprise.

Anthony Alfont est formel. Il s’agit déjà dans un premier temps de questionner ses besoins et les usages de son entreprise. Y-a-t’il une réelle utilité, un vrai bénéfice à regarder une vidéo en HD ? A-t-on à tout prix besoin du smartphone dernier cri pour les téléphones de fonction ? Loin de dire non pour dire non, il suffirait en fait d’interroger les habitudes de consommation - dans la sphère professionnelle comme dans sa vie privée - et de pousser à un ralentissement des usages du numérique pour revenir à plus de bon sens et de responsabilité collective.

Miser sur les équipes du terrain.

La demande vient souvent de personnes en dehors du top management mais qui sont au fait de ces enjeux par leur métier. Un chef de projet digital, un développeur… Ils vont alors sensibiliser le top management pour générer un changement à plus grande échelle.

Pour conclure, la question de la pollution numérique se propage au monde de l’entreprise. A l’échelle individuelle comme collective, il s’agit désormais de générer un élan collectif pour prôner un changement de fond. Entre entreprises, acteurs de la technologie, collaborateurs mais plus largement citoyens… pour lancer de nouvelles façons de consommer le numérique et se projeter dans un avenir plus positif et durable.

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Solenne Faure

Editor

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