Mentorat : « À deux, on se sent par définition moins seul »

Mentorat : « À deux, on se sent par définition moins seul »

Décrocher un emploi n’est jamais une mince affaire. Surtout quand on ne possède ni expérience ni réseau. Alors plutôt que d’affronter cet Everest seul, pourquoi ne pas le faire à deux ? C’est le pari qu’ont fait Orléna Afkerios et son mentor Olivier Fournier, dans le cadre d’un programme de mentorat proposé par NQT. Ils nous racontent leur histoire, entre conseils et anecdotes.

Quand on est jeune et que l’on vient tout juste de finir ses études, il est parfois difficile de trouver son premier emploi. Et quand on entre sur le marché du travail actuel en pleine pandémie, la tâche peut parfois sembler insurmontable. C’est d’autant plus vrai quand on ne bénéficie pas du fameux « réseau », celui que l’on hérite de ses parents, celui que l’on développe dans les grandes écoles, ou que l’on forme pendant sa carrière. Avoir ces contacts, c’est accéder à un marché parallèle de l’emploi, un marché caché, qui n’est révélé qu’aux seuls détenteurs de ce précieux sésame. Mais alors comment faire quand on est motivé, volontaire, diplômé, mais sans réseau ?

L’une des solutions se trouve peut-être du côté du mentorat : cette relation de confiance qui se crée entre deux personnes à deux points différents de leurs carrières, quand elles décident de se rencontrer pour apprendre, s’aider et s’enrichir mutuellement. Pour en savoir plus sur les bienfaits de cette approche, Welcome to the Jungle est parti à la rencontre d’un tandem qui a fait le pari du mentorat : Orléna Afkerios, jeune diplômée en adaptation au changement climatique, et son mentor dans l’association NQT, Olivier Fournier, Directeur Général de la société Gexpertise. Retour sur six mois d’une expérience avant tout humaine.

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Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans le mentorat ?

Olivier Fournier – J’ai travaillé cinq ans dans l’association NQT et j’ai toujours eu un parcours associatif. Le fait d’à mon tour jouer le rôle du mentor, c’était une évidence pour moi. Clairement, ça part de la volonté d’aider d’autres personnes quand soi-même on a pu être aidé pendant son parcours et qu’on a un peu moins besoin de l’être en ce moment.

Orléna Afkerios – J’ai été diplômée en 2020. Avec la pandémie, j’ai eu du mal à trouver du travail, surtout avec ma spécialité de niche, l’adaptation au changement climatique. Je faisais du réseautage, je participais à des ateliers. J’ai cherché sans trouver. Une amie m’a alors parlé du programme NQT. Il m’a fallu trois mois pour me décider à m’inscrire, parce qu’au début, je ne pensais pas mettre autant de temps à trouver un emploi. Et puis un jour, je me suis dit : « Pourquoi ne pas me lancer, je n’ai rien à perdre ! ». J’ai rempli un dossier en ligne et rapidement l’association m’a mise en contact avec Olivier.

Qu’attendiez-vous de ce programme ?

O. A. – Au début, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, honnêtement. Je me disais que ça pourrait être bien d’avoir des conseils d’une personne qui travaille déjà et qui a de l’expérience, même si ce n’est pas dans mon domaine. Ensuite, j’espérais avoir un échange constructif avec Olivier pour savoir si j’avais des choses à améliorer dans ma recherche d’emploi. Il s’agissait aussi de bénéficier de ses contacts, sortir de ma zone de confort en postulant dans des entreprises ou dans des secteurs auxquels je n’avais pas forcément pensé. Olivier m’a d’ailleurs suggéré de regarder du côté des cabinets de conseil spécialisés dans l’énergie. C’est ce que j’ai fait. De fil en aiguille, il m’a présenté plusieurs personnes et ça m’a permis de décrocher mon premier poste.

O. F. – Moi j’attendais qu’Orléna trouve du travail, dit-il en riant. Et de pouvoir donner un petit peu de mon temps. Quand on a la chance d’avoir un poste, des responsabilités, une confiance qui nous est accordée par la société au sens large du terme, c’est normal d’en faire profiter les autres. Je donnais des petits coups de pouce, des demi-heures par-ci par-là pour créer un contact, un deuxième, un troisième, jusqu’à ce que ça aboutisse. Après, c’est Orléna qui a fait tout le boulot.

Quels sont les bénéfices du mentorat ?

O. A. – Ça ne peut apporter que de bonnes choses. Quand on cherche un emploi, on peut parfois avoir l’impression d’être dans un long tunnel sans se rendre compte qu’on ne fait pas tout bien. Le mentor apporte un regard extérieur. J’ai aussi appris à construire un réseau. Dans mon domaine, il est difficile de trouver une offre avec un intitulé correspondant à ma spécialité. Le mentorat m’a permis de trouver un emploi. Il y a des entreprises qui ne publient pas forcément les annonces de recrutement sur leurs sites, ça passe par le réseau. C’est comme ça que ça fonctionne et c’est comme ça que j’ai été embauchée.

O. F. – Le marché caché de l’emploi est bien plus important que ce que l’on peut penser de prime abord. Si on n’a pas l’opportunité de connaître avant, là un individu au sein d’une entreprise, là un responsable des ressources humaines, là un dirigeant, ce n’est pas toujours évident de détecter ces offres d’emploi cachées. Moi je n’ai pas eu de mentor officiel. En revanche, j’ai eu la chance de suivre un parcours en grande école et j’ai profité de réseaux professionnels, qui m’ont souvent aidé dans mon cheminement, parce qu’on rencontre des gens, qui nous en font rencontrer d’autres… Le mentorat et le parrainage permettent d’apporter un cadre avec un rôle qu’on se donne en tant que parrain ou filleul, mais ça aide surtout des personnes à développer leur réseau. Et puis à deux, on se sent par définition moins seul, on est dans le partage et la bienveillance.

Orléna, pensez-vous avoir appris des choses à votre mentor ?

O. A. – Je ne sais pas (rires). En tout cas, Olivier a découvert mon domaine, qu’il ne connaissait pas. Mais en termes d’apports, je n’ai pas l’impression de lui avoir appris beaucoup de choses, c’est plutôt l’inverse.

O. F. – Ah moi je pense que si ! Cette expérience m’a enrichi dans ma vie de citoyen parce que j’ai dû me renseigner sur les enjeux d’adaptation au changement climatique. Et puis professionnellement, quand on est manager, ce qui est mon cas, partager avec d’autres, quels qu’ils soient, c’est extrêmement enrichissant. Ça permet de se confronter aux difficultés de la recherche d’emploi, à des enjeux thématiques, à des expertises, donc de s’enrichir d’autres parcours. Et puis j’ai découvert une personne ! Pour l’anecdote, ce matin, j’ai fait passer un entretien d’embauche : je n’ai pas forcément pensé à Orléna, mais je me suis mis plus facilement dans la peau du candidat. On a un regard différent quand on gère des équipes, quand on recrute, dès lors qu’on a été mentor.

Qu’est-ce qui a changé pour vous avec ce mentorat ?

O. F. – C’est une belle rencontre et une rencontre, c’est ancré. Orléna sait que, s’il y a besoin, elle peut compter sur moi et je pense pouvoir dire que je pourrai la contacter, quand j’aurai besoin de mieux comprendre les enjeux d’adaptation au changement climatique par exemple.

O. A. – De mon côté, je suis au début d’une nouvelle expérience professionnelle et je pense que je pourrai toujours compter sur Olivier si besoin. Ce n’était pas juste un mentorat, il y a un lien qui se crée, une relation individuelle. Et puis comme c’est lui qui m’a recommandé à mes recruteurs, ça apporte un aspect positif pour le début de mon emploi, a priori. Enfin j’espère !

O. F. – Mais j’espère aussi (rires).

C’est la première fois que vous vous rencontrez IRL, je crois ?

O. A. – Oui et ça fait plaisir ! C’est vrai qu’avec la Covid, on a tout fait par visioconférence. Se rencontrer en vrai pour la première fois, ça conclut bien le parrainage. On finit sur une bonne note avec cette rencontre, et avec mon nouvel emploi.

O. F. – C’est le hasard qui fait bien les choses. Parce que quand on a programmé cet entretien avec vous, ce n’était pas encore fait. Orléna m’a annoncé la nouvelle vendredi dernier. Les astres étaient bien alignés, c’était le jour de mon anniversaire. Quand j’ai reçu son message, je me suis dit, pas besoin d’autre cadeau, ça fait plaisir. Ça faisait six mois tout juste que je l’accompagnais. Je suis ravi pour elle, ce succès est une fin agréable pour ce parrainage.

  • Pour découvrir davantage de programmes de mentorat, rendez-vous sur le site officiel 1 jeune, 1 mentor.

Comment développer une culture de la reconnaissance au travail ?

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Photo par Thomas Decamps
Article édité par Ariane Picoche

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