5 conseils pour soutenir un proche après un licenciement

5 conseils pour soutenir un proche après un licenciement

Imaginez que votre meilleur ami vous appelle pour vous annoncer qu’il vient d’être licencié. Vous pensez peut-être savoir comment réagir, mais vous risquez de faire chou-blanc. Soutenir et écouter, sans juger ni mettre la pression, c’est plus difficile qu’il n’y paraît et on finit souvent par se planter. Même s’il n’y a pas de recette magique dans ces moments-là, voici quelques conseils pour accompagner cette personne et lui éviter de se sentir trop seule. Trois personnes ayant perdu leur emploi et une psychologue spécialisée dans les situations liées au travail nous guident pour connaître ce qu’il faut faire et ne pas faire pour quelqu’un qui vient de perdre son travail.

1. Respecter le « deuil professionnel »

Comme toute relation, une relation professionnelle peut se terminer bien, moyennement bien, ou mal. Mais quoiqu’il en soit, faire face à la désillusion d’un projet, perdre confiance en une entreprise ou une marque et, surtout, perdre confiance en soi implique toujours un processus de deuil. C’est une réaction naturelle face à la perte. C’est pourquoi, si quelqu’un de votre entourage a perdu son emploi, n’essayez pas de faire en sorte que ce mécanisme aille plus vite qu’il ne devrait. Il se compose de plusieurs étapes et chacune d’entre elles a ses propres particularités :

Le déni

Votre proche a du mal à accepter ce qui se passe et il se repasse en boucle chaque détail qui a pu être à l’origine du licenciement. Ici, la meilleure chose à faire est d’écouter sans juger et d’offrir votre soutien infaillible.

La colère

Elle apparaît quand la douleur commence à disparaître et qu’elle est remplacée par un sentiment de malaise. Votre proche peut être en colère contre son ancienne entreprise, ses collègues ou le monde entier. Il est normal d’adopter une attitude pessimiste dans un premier temps, alors ne soyez pas trop dur avec lui·elle. Essayez plutôt de rester neutre et à l’écoute.

La réflexion

Dans cette étape, la personne recommence à penser de façon objective. C’est le moment d’essayer de faire d’autres plans.

La tristesse

Il s’agit de l’une des étapes les plus complexes, quand la personne commence à accepter que cette période de sa vie professionnelle est terminée. C’est aussi l’un des moments où elle aura le plus besoin de vous, alors essayez de lui montrer que vous êtes toujours là, que la vie continue et que d’autres opportunités se présenteront à elle tôt ou tard. C’est le moment de sortir de la maison et de faire du sport ensemble, d’aller au cinéma, de s’inscrire à un atelier, etc.

L’acceptation

Il·elle commence à avoir une idée plus précise de ce qu’elle veut faire. Les sentiments de culpabilité, de colère et de tristesse se sont estompés. Ce n’est que maintenant que l’évolution professionnelle et personnelle peut s’opérer.

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2. Ne pas minimiser le licenciement

De nombreuses personnes ne savent pas comment se comporter face à la souffrance des autres. Dans cette situation-là, il vaut mieux éviter les conseils du type « ne pleure pas » ou « ne sois pas triste », ou encore les phrases telles que « je suis sûr que tu vas très vite trouver quelque chose de mieux » ou la classique « tout arrive pour une raison ». Votre ami ou votre partenaire ne veut pas entendre ça.

C’est ce qu’a vécu Luis, 27 ans, expert en marketing digital, qui a été licencié après quatre ans dans la même entreprise. « Mes amis ont essayé de m’encourager en me disant que tout allait vite s’arranger et que j’allais trouver quelque chose de mieux, mais ça m’a juste stressé encore plus. J’aurais préféré qu’ils comprennent que c’était la fin du monde pour moi et non une opportunité. »

Dans ce cas-là, la psychologue spécialisée en santé du travail et directrice du cabinet espagnol Idein, Elisa Sánchez, donne le conseil suivant : « il est préférable d’accompagner de façon douce, respectueuse et empathique et de dire qu’on comprend que ça n’aille pas. Mais le plus souvent, cette personne a surtout besoin de parler, de se défouler ou de discuter d’autre chose, et non d’écouter notre avis sur la question. »

3. Être attentif à ses besoins

Il est important de se rappeler que chaque personne est différente, alors n’hésitez pas à interroger votre proche pour savoir ce dont il a besoin. Il n’y a pas de formule magique pour réconforter, mais vous pouvez facilement devenir une épaule sur laquelle s’appuyer. Pour Elisa Sánchez, les principaux effets psychologiques peuvent être « le sentiment de rejet et de perte de valeur, qui est étroitement lié à l’estime de soi et au sentiment d’appartenance. »

Option 1 : Si la personne se renferme sur elle-même

Quand elle s’est fait licencier de son poste de directrice créative d’une petite entreprise, Marisa, 32 ans, a commencé à « vivre sur le canapé, regarder des séries et manger du fast-food ». Son travail représentait jusqu’alors une grande partie de son identité et le fait de le perdre a également eu un impact sur sa vie sociale : « j’ai même pensé à changer de ville car j’étais terrifiée à l’idée de croiser un ancien collègue qui s’apitoierait sur ma situation. Je me sentais perdue et incapable de faire face à la réalité. »

Comment réagir dans ce cas de figure ? Il peut être bon de prévoir des petites activités pour sortir de la maison, comme aller se balader ou sortir prendre un café. Mais ne forcez aucune situation ni conversation. Si vous devez rester silencieux pendant 30 minutes, faites-le. Le plus important, c’est que votre proche sache que vous êtes là.

Option 2 : Si votre proche refuse de faire face à la situation

Pour Teresa, qui a été remerciée il y a un an de son poste d’ingénieure industrielle, son licenciement a été un tsunami émotionnel : « J’étais tellement terrifiée par ma nouvelle situation que j’étais incapable de rester seule à la maison, alors j’ai commencé à vivre chez mes amis et à sortir beaucoup plus qu’avant. » Pour Elisa Sánchez, cela peut être une réaction normale chez les personnes qui ont tendance à éviter les problèmes car « ils ont du mal à faire face à la réalité et ils utilisent des échappatoires, comme sortir, faire du shopping, jouer aux jeux vidéo, regarder la télévision ou manger à excès ».

À ce cas-là, il est important de surveiller la santé (et pas seulement émotionnelle) de votre ami ou partenaire, car cette personne pourrait être en souffrance. Comment faire ? Armez-vous de patience et proposez-lui d’autres occupations. Sortir faire du sport, passer l’après-midi au mur d’escalade ou aller au cinéma voir ce nouveau film qui vient de sortir. Faites marcher votre imagination pour vous adapter aux besoins de votre proche et n’ayez pas peur de parler avec lui, si vous le jugez utile, et « d’avoir une discussion au cours de laquelle vous pourrez lui donner votre avis », conseille la psychologue.

4. Toujours respecter la « zone neutre »

Dans son livre Les transitions de vie - Comment s’adapter aux tournants de notre existence, l’auteur américain William Bridges abordait le concept de « zone neutre », c’est-à-dire la période entre le moment où quelque chose se termine et le moment où quelque chose de nouveau apparaît. Il s’agit d’une période très délicate au cours de laquelle il est normal de se sentir désorienté, et qui est typique de la période qui suit un licenciement.

Il est très important de la respecter : ne faites pas l’erreur de croire qu’une personne qui vient de perdre son emploi devrait rester occupée. Elle a peut-être besoin d’un peu de temps pour « décompresser », alors ne commencez pas à l’interroger sur sa recherche d’emploi, à lui envoyer des offres d’emploi ou à la recommander pour un poste sans même lui en parler en amont. « Plutôt que de parler ou de donner des conseils, la bonne chose à faire, c’est d’écouter et de montrer que vous acceptez ce qu’elle ressent », insiste la psychologue Elisa Sánchez.

5. Encourager votre proche à retourner sur le marché du travail

Quel est le moment idéal pour encourager notre proche à chercher un nouvel emploi ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à cette question, car chacun a un rythme différent, mais en général, le bon moment, c’est quand la personne commence à contrôler ses émotions. C’est-à-dire quand elle a dépassé l’étape de la colère.

En effet, si elle commence à chercher un travail trop tôt, la frustration pourrait s’inviter aux éventuels entretiens d’embauche. Mais une fois cette étape passée, comment l’aider ? Une bonne manière d’aider peut être d’envoyer son CV à vos contacts (vous savez, la magie du networking). Mais attention, tout n’est pas permis ici non plus ! Choisissez uniquement les contacts qui pourraient avoir un quelconque lien avec sa profession ou qui pourraient lui apporter quelque chose.

En moyenne, les Français mettent sept mois pour trouver un emploi, selon une enquête LinkedIn/ BVA.) Alors outre votre soutien, n’hésitez pas à lui donner des conseils pour tirer pleinement profit de cette période. L’un des principaux problèmes quand on cherche à se faire embaucher, c’est de ne pas être en phase avec les besoins du marché. C’est pourquoi il est capital de continuer à se former pendant cette période de battement ; il peut être intéressant de lui proposer de booster son CV avec un cours ou une certification qui l’aiderait à faire décoller sa carrière.

Comme vous pouvez le constater, offrir votre soutien à un ami, un membre de votre famille ou même votre partenaire dans un moment si délicat est compliqué. Mais vous avez désormais toutes les cartes en main pour l’aider et l’accompagner. L’important est de lui transmettre : confiance, sécurité et une bonne dose de patience.

[Article traduit de l’espagnol par Sophie Pronier]

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