Animaux au bureau : quand votre entreprise a du chien

Animaux au bureau : un nouvel enjeu RH ?

Vos collaborateur·rices vous parlent, la larme à l’œil et le trémolo dans la voix, des petites papattes de Médor le king charles resté à la maison, ou de Robert le bouledogue français déprimé depuis la reprise en présentiel ? Vous allez peut-être les aider à retrouver le sourire. Car la venue d’animaux sur le lieu de travail se répand et ne manque pas d’avantages. À condition de respecter quelques règles pour une bonne cohabitation.

« Aujourd’hui, je ne m’imagine plus passer une journée sans elle. » Clémentine, 27 ans, est l’heureuse propriétaire de Chouquette - « Oui, je sais, ça fait cliché » - depuis la pandémie. Alors que la petite shiba inu, cette race de chien japonais a la queue recourbée et aux airs de renard, la regarde avec amour, la Parisienne nous explique qu’elle est loin d’être la seule à avoir succombé aux beaux yeux d’un chiot. Rien que dans son entourage, deux de ses amies l’ont imitée. Et comme elle, elles refusent de laisser seuls leurs toutous lorsqu’elles vont au bureau.

Une nouvelle approche de la présence animale

Avec la crise sanitaire, les adoptions d’animaux de compagnie ont explosé. Selon le Syndicat national des professions du chien et du chat, elles ont augmenté de 10 à 15% depuis la fin du premier confinement. Refuges, associations et élevages sont pris d’assaut. Un effet de mode ? Pas tout à fait. Si les abandons ont eux aussi suivi une courbe ascendante, une nouvelle génération de propriétaires post-pandémie a émergé, avec son lot de revendications. En tête, celle de pouvoir amener son animal au bureau. Ainsi, 53% des possesseurs de chien et/ou chat estiment que « les entreprises devraient davantage accepter la présence des animaux de compagnie au travail », selon une étude Odoxa-Purina publiée fin juin 2021. Celle-ci affirme même que pour 85% d’entre eux / elles, adopter un animal leur a permis de « mieux vivre les confinements en leur apportant bien-être et affection ». Outre leur jolie frimousse, nos amies les bêtes pourraient donc aussi être des alliées de l’open space. À condition, bien sûr, de les laisser passer le pas de la porte.

Laurence Paoli est la créatrice d’Unlimited Nature, un institut spécialisé dans la biodiversité. Elle a créé et dirigé pendant onze ans le service de communication des parcs zoologiques du Muséum national d’Histoire naturelle. Elle est aussi l’auteure de l’ouvrage Quand les animaux nous font du bien. Selon elle, notre relation envers les animaux de compagnie a franchi un cap avec la crise du Covid. « Sur les deux dernières années, on a vu une accélération énorme de l’engouement envers les animaux de compagnie, en particulier, et à la nature, en général. Les mouvements animalistes, écologistes, antispécistes, prônant le respect de l’animal ont pris de l’ampleur. Et ceci va de pair avec l’essor de nos connaissances scientifiques. L’éthologie (la science qui étudie le comportement des êtres vivants, animaux ou humains, ndlr) nous permet de comprendre que les animaux sont intelligents et sensibles. Ce qui leur donne une valeur supplémentaire, car nous nous projetons de façon anthropomorphique. Nous les décryptons mieux », explique-t-elle.

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Animaux au travail : quels bénéfices ?

Réduction du stress et confort psychologique, les bénéfices de la présence animale sont nombreux. D’après une étude réalisée en mai dernier par le site Wamiz, 22% des employé·es qui amènent leur fidèle compagnon au travail le font « pour qu’ils leur tiennent compagnie » et 15% « pour qu’ils les aident à se détendre ». Pas étonnant donc que certaines entreprises en aient fait un enjeu RH. La tradition du « Bring your dog day » (Amenez votre chien au travail) est en vogue depuis le début des années 2010 en Angleterre, initiée par l’employé Jo Hamit. Chez Google, on encourage carrément les salarié·es à travailler aux côtés de leurs chiens, surnommés les « dooglers » (contraction de dog et Google). À Mountain View, au siège du célèbre moteur de recherche, une garderie canine a été aménagée, le « Doogleplex », pour que les dooglers puissent jouer ensemble. À noter que Google ne fait pas de ségrégationnisme. Les chats sont aussi les bienvenus : les « Mewglers ».

Pas de doute, pour le philosophe Frédéric Lenoir, interrogé par Le Figaro, « l’animal est un très bon médiateur et crée des liens de convivialité entre les employé·es ». Ce n’est pas l’équipe de Néréides, marque de bijoux basée à Paris, qui dira le contraire. Cette entreprise offre, officieusement, la possibilité à ses salarié·es d’amener leurs animaux au travail. « Ce n’est pas tout à fait officiel, mais oui, depuis le confinement, nous avons ouvert nos portes aux animaux de compagnie. C’est une sorte de pack toutou à l’embauche », explique Séverine, directrice des achats des Néréides. Depuis qu’ils sont entrés dans les locaux, la jeune femme note que les liens se sont ressérés au sein des équipes : « Lorsque l’on passe à côté, on s’arrête plus volontiers pour parler. Et puis, ça oblige aussi à sortir, et donc à bouger plus ».

Les conseils pour que ça se passe “au poil”

Mais attention, pour que la cohabitation fonctionne, il y a quelques règles à suivre.

  • Petit rappel légal pour commencer. Aucune loi n’interdit la venue sur le lieu de travail d’un animal de compagnie. Sauf pour les établissements de santé, où ils sont interdits (excepté les chiens de thérapie habilités par la Haute Autorité de Santé). C’est la même chose pour les entreprises du secteur alimentaire et les administrations publiques (bien que dernièrement, des expérimentations aient été faites dans plusieurs mairies, dont celles de Grenoble et Suresnes).

  • Passées ces premières considérations, il est impératif de jeter un œil au règlement intérieur. Dans la grande majorité des cas, aucune mention n’est faite à ce sujet. Rien n’empêche alors un·e employé·e de venir avec son animal. Si votre entreprise est locataire, il faut aussi vérifier que le propriétaire est d’accord. Et on s’assure que personne n’est phobique ou allergique parmi les équipes, rappelle Laurence Paoli qui insiste sur l’hygiène et le calme de l’animal : « Il ne doit pas perturber la bonne marche du bureau. »

  • Dernier point de vigilance : la concentration. Ok, ils sont mignons et risquent de provoquer de nombreux câlins. Mais on impose quelques bonnes pratiques en amont pour éviter la pagaille. On évite de mixer les animaux (on oublie le chinchilla et le hamster). Quand le nombre de canidés est conséquent, on réfléchit à des espaces définis : la pause calin, la pause jeu et… la pause pipi. Si vous sentez que l’accueil d’un animal de compagnie dépasse votre domaine de compétence, n’hésitez pas à vous faire aider d’un pro. La marque Purina a par exemple lancé le programme d’accompagnement Pets at work.

Si malgré tous vos efforts, accueillir des animaux s’avère mission impossible, vous pouvez toujours orienter vos employé·es vers des services de garde comme Holidog et Emprunte mon toutou. Ou tout simplement les laisser télétravailler

Photo par Thomas Decamps
Article édité par Ariane Picoche

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