Psycho Boulot : pourquoi il est important de ne rien faire ?

Psychologie au travail : pourquoi la flemme peut nous aider ?
Un article de notre expert.e

PSYCHO BOULOT - Pourquoi procrastine-t-on parfois au travail alors qu’on est “sous l’eau” ? Pourquoi imagine-t-on toujours le pire au boulot comme dans la vie ? Pourquoi travaille-t-on 5 jours par semaine et pas 3, 4 ou 6 ? Ou encore, pourquoi a-t-on décidé que les weekends étaient une bonne idée ? Découvrez Psycho Boulot, la série qui vous offre un divan confortable où aborder les questions existentielles du monde du travail, et prendre (enfin) un coup d’avance sur votre cher cerveau grâce à notre expert du Lab Albert Moukheiber.

Au lieu d’être tout le temps en train de se dire : « Le temps, c’est le truc le plus précieux qu’il faut chérir et il faut profiter de chaque minute de sa vie », il faudrait se dire : « En fait non. Cet après-midi, je vais la détruire de l’existence. Je me pose sur mon canapé et je me laisse tranquille. » Ne rien faire, juste comme ça. Chiche ? Albert Moukheiber est parvenu à joindre la théorie à la pratique. Non seulement en théorisant que la flemme avait un fort impact sur la productivité mais en se prouvant aussi à lui-même que regarder le plafond lui faisait un bien fou.

Quand la pression de la performance ne nous quitte jamais

Les réunions, les dej avec les collègues, les afterworks, les team building… Au travail mais aussi dans la vie, notre agenda semble compacté en blocs de Lego. À tel point que les moments que l’on pourrait considérer comme vacants, sont tout de même occupés. Un exemple : quand vous partez en vacances, je suis sûr que vous pensez à mettre votre réveil à 8h du matin pour voir le maximum de monuments possibles. Tout devient alors une forme de pression. En psychologie, on appelle ça la pression de performance.

C’est un piège dans lequel on tombe souvent. Ces injonctions sont en train de nous faire du mal. Tout devient une action orientée vers un but. Alors, comment pourrait-on faire pour exercer des activités qui n’ont aucun but, qui n’aident ni mon développement personnel pas plus qu’elles ne favorisent ma carrière ?

C’est comme si j’avais été dans une démarche active visant à faire disparaître ces minutes de ma vie.

Dans son livre Éloge de l’oisiveté, le philosophe Bertrand Russell explique qu’on a besoin de libérer du temps pour ne rien faire, pour se poser et être seul avec soi. Entre neuroscientifiques, on appelle ça le désengagement attentionnel. Il faut que mon attention ne soit plus happée par quelque chose. Cette idée semble être renforcée par des études en neurosciences. Notre cerveau possède un réseau : le default network en VO ou le « le réseau de mode par défaut » en VF. Celui-ci s’active précisément lorsqu’on se laisse tranquille. Et ce mode par défaut, semble être très bénéfique pour le bon fonctionnement d’un individu ainsi que celui de son cerveau.

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Les 10 minutes les plus longues de ma vie

Sortir de cette pression de performance n’est évidemment pas chose aisée. Surtout au début. Pour avoir moi-même essayé, je peux même vous le garantir. Tous les jours, quand je rentrais chez moi, j’essayais de me poser sur le canapé pour ne rien faire pendant dix minutes. Et ces dix minutes étaient les dix minutes les plus longues de ma vie. Mais petit à petit, je m’y suis habitué. Et petit à petit aussi, je n’ai plus très bien su où étaient passées ces dix minutes. Je me suis parfois endormi, en réalisant après coup que j’avais pioncé pendant une heure. Quelque part, c’est comme si j’avais été dans une démarche active visant à faire disparaître ces minutes de ma vie. Alors, traiter mon existence avec un peu de désintérêt ne serait-il pas un bon moyen de me faire du bien ?

On peut toutes et tous dégager au moins cinq minutes par jour pour (…) se laisser tranquille et voir ce que cela fait.

On peut toutes et tous dégager au moins cinq minutes par jour pour… rien. Pas pour aller mieux, pas pour notre bien-être, pas pour notre santé mentale, ni pour être plus performant derrière, mais juste pour se laisser tranquille et voir ce que cela fait. Et vous, dans un monde où on nous dit que chaque seconde compte, comment faites-vous pour vous foutre un peu la paix ?

Photo par WTTJ
Article édité par Matthieu Amaré.

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Psycho Boulot

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