Networker en période de crise : l’art et la manière

10 conseils pour bien networker en temps de crise

Arriver dans un endroit où l’on ne connaît personne (au hasard, une soirée de networking) est un peu (beaucoup) déstabilisant, surtout lorsqu’il s’agit de faire bonne impression. Vous êtes peut-être soulagé que ce type d’événements soit impossible pour le moment, mais attention cependant à ne pas délaisser votre réseau. Pour l’heure, ça se passe encore plutôt en ligne, et voici les nouveaux codes à suivre.

Commençons par une bonne nouvelle : aujourd’hui, on fait davantage preuve de gentillesse et de soutien entre professionnels. C’est ce que dit Adam Shaw, alias The Heart Guy, conférencier militant pour la santé en général. Pourquoi ? Parce que tout le monde a été touché, de près ou de loin, par la pandémie. Le réseautage sans âme n’a jamais été une super stratégie, mais c’est encore plus vrai aujourd’hui, affirme-t-il. Il va même au-delà : « Ne vous demandez pas ce que les autres peuvent faire pour vous. Posez-vous plutôt la question inverse : comment pouvez-vous apporter votre pierre à l’édifice ? Et pas uniquement sur le plan professionnel. Manifestez de l’intérêt pour les autres. On y est davantage sensible aujourd’hui. »

Est-ce vraiment important de soigner son réseau ?

Que vous soyez en recherche de nouvelles opportunités ou vouliez accélérer votre ascension professionnelle, la clé se trouve peut-être parmi vos contacts, signale Kingsley Aikins, grand spécialiste de la question et PDG du Networking Institute. « Entretenir son réseau est plus important que jamais. Il va y avoir pas mal de monde sur le marché de l’emploi, cela peut vous donner une longueur d’avance. Rappelons toutefois qu’il faut y aller avec finesse. »

Selon, une étude menée sur 3 000 utilisateurs de LinkedIn en 2016, 85% d’entre eux ont trouvé un travail grâce à leur réseau. Logique quand on sait que la plateforme est devenue un outil de recrutement pour nombre de professionnels. Dans le monde physique, ce chiffre serait certainement moins élevé. Logique quand on sait que la plateforme est devenue un outil de recrutement pour nombre de professionnels. Dans le monde physique, ce chiffre serait certainement moins élevé.

Il y a en France des milliers d’organisations et associations rassemblant 1 000 membres ou plus, des clubs de lecture aux groupes strictement professionnels : ce sont autant d’opportunités de rencontrer de nouvelles personnes. Après avoir quitté Paris pour Londres en 2002, Flavilla Fongang a fait de son réseau un vrai tremplin. Experte en stratégie de marque, elle a été primée pour son travail et a ouvert sa propre agence, 3 Colours Rule. Côté leviers, elle cite notamment Tech London Advocates, qui rassemble les professionnels de son secteur. L’année dernière, elle a fondé Black Women in Tech sous l’égide de ce même réseau. « Je m’étais accoutumée au fait d’être l’unique femme noire d’un bureau. Aujourd’hui, mon objectif est d’encourager la diversité de manière générale, qu’il s’agisse de couleur, de race, d’âge ou de capacités. Quant au réseau, débarquer dans un nouvel endroit n’est pas forcément facile. Les gens y ont déjà tissé leurs relations. La règle numéro un est de ne pas être trop direct sinon on les met mal à l’aise. Mais cela reste un très bon moyen de rencontrer de nouvelles personnes. »

Qu’est-ce qui a changé ?

Outre-Manche, Katherine Baker a fait la connaissance d’Anna Morrogh lors d’un mariage. Ensemble, elles ont monté leur propre réseau, Congress London, dont l’activité se déroule en ligne à l’heure où les rassemblements physiques ne sont pas recommandés. Maintenant que tout peut se faire en ligne, peu importe où l’on habite, de nombreuses organisations, à l’instar de Congress London, ont une diffusion hebdomadaire de conseils et d’offres à pourvoir un peu partout. « Nous venons d’aider l’un de nos membres à recruter un freelance en social media pour son entreprise. Nous faisons régulièrement appel au réseau pour ce type de demandes. On se tend la main mutuellement, c’est notre raison d’être finalement. Les gens trouvent souvent un travail via la connaissance d’une connaissance, plutôt que par l’entremise de collègues ou d’amis. »

« Les rendez-vous virtuels ont rendu la chose bien plus plaisante », estime même Fari Peyman, un Londonien fort de 30 ans d’expérience dans l’art d’entretenir et de solliciter son réseau. Il dirige l’agence Notting Hill Web Design : « J’adore networker. Ça m’a aidé à décrocher des boulots, pour moi ou pour d’autres. Mais les événements se tenaient souvent dans des pièces bondées, en fin de journée, avec parfois, il faut le dire, des personnes à l’hygiène discutable. C’est un problème qu’on n’a pas en ligne. »

C’est aussi du temps de gagné pour faire autre chose. « Plus besoin de perdre une demi-journée pour rencontrer quelqu’un avec qui, au final, ça ne matche pas. Ce qui prenait trois heures peut maintenant se faire en dix minutes sur Zoom. C’est le temps qu’il me faut pour savoir si j’ai envie de creuser un peu plus avec quelqu’un ou pas », poursuit Fari Peyman.

Comment s’y prendre en temps de crise sanitaire ?

Avant même de vous lancer, un petit rappel : soyez sensibles aux difficultés que la plupart des gens rencontrent à l’heure actuelle. Votre démarche n’en sera que mieux accueillie. Le vrai but du networking est d’entrer en relation avec des personnes avec qui vous partagez des valeurs, une vision des choses. Les retombées arriveront dans un second temps.

  • Faites le point sur votre identité digitale. Avant tout, essayez de comprendre comment les gens vous perçoivent, conseille Kingsley Aikins. « Lorsque votre nom est évoqué, quels sont les adjectifs qui viennent à l’esprit ? Qu’on le veuille ou non, nous avons tous une image professionnelle. Chacun est une marque à titre individuel. » Katherine Baker, qui est formatrice et consultante, va dans le même sens et rappelle qu’avoir un profil à jour est indispensable.

  • Sondez votre réseau.Dire bonjour à vos relations professionnelles restées (trop) longtemps en sommeil en vaut la peine. Et n’hésitez pas à voir plus loin : « Demandez-vous si votre réseau est suffisant pour vous emmener là où vous voulez être dans trois ans », suggère Kingsley Aikins. Si ce n’est pas le cas, identifiez les maillons manquants et voyez comment vous pouvez les contacter ou les recontacter, en réfléchissant à la meilleure manière de le faire. Reprendre le fil de la discussion avec une à deux personnes par mois est un très bon point de départ, assure l’expert en networking.

  • Personnalisez votre démarche. Lorsque vous vous adressez à l’un de vos contacts, n’ayez pas peur d’évoquer la pandémie et ses possibles impacts. En résumé, prenez des nouvelles. Demandez par exemple à votre interlocuteur s’il rencontre des difficultés actuellement, et de quelle nature, propose Adam Shaw. « Prenez le temps d’échanger avec votre contact pour le mettre à l’aise. Posez des questions, du style “Comment se porte votre activité ?” ou “Comment ça se passe pour vous dans le contexte actuel ?” En moins de 10 secondes, vous pouvez ainsi établir un échange vrai. Faire preuve d’empathie est loin d’être inutile. »

  • Familiarisez-vous avec certains outils. Quelle que soit la plateforme que vous utilisez (Zoom, Google Hangouts, Skype…), l’important est d’être là, souligne Katherine Baker. « Les gens ont plus d’indulgence aujourd’hui sur l’utilisation des technologies. Quand il y a un couac, il faut simplement se rappeler que nous sommes tous humains. » Adam Shaw a la même approche sans prise de tête : « Quand on prend la parole en ligne, c’est pas mal de penser à regarder la caméra. Mais ce n’est pas bien grave si ce n’est pas le cas et que vous ne savez pas vraiment où poser votre regard. »

  • Soyez-en sûr : vous avez quelque chose à offrir. Reconnaissez votre valeur : le tout est de parvenir à identifier ceux qui seraient ravis de vous avoir à leurs côtés. « Encore une fois, tout est question de besoin mutuel. Vous avez des compétences et des connaissances qui peuvent intéresser d’autres personnes. Cela a été une petite révolution pour moi le jour où je l’ai compris. C’est un dialogue, ça va dans les deux sens. »

  • Parlez aux inconnus. Certes, vos parents vous ont répété l’inverse. Mais aujourd’hui, votre réseau doit refléter la diversité du secteur dans lequel vous travaillez ou souhaiteriez travailler. Kingsley Aikins vous incite ainsi à « entrer dans le cercle de personnes très différentes de vous, sur le plan professionnel ou social. Visez la pluralité. Vous n’êtes pas à l’aise face aux inconnus ? Aucun souci : les timides s’en tirent souvent très bien car, justement, ils écoutent l’autre et posent des questions. »

  • Soyez généreux. Pour Kingsley Aikins, cela veut par exemple dire envoyer à certains de vos contacts des articles ou des infos qui pourraient les intéresser. « Ayez toujours un geste pour l’autre, sans rien attendre en retour. Le moment venu, on saura se souvenir de vous. »

  • Demandez de l’aide. Autre moyen de tisser un lien et de donner de l’importance à l’autre : demander ! De l’aide, un conseil… « Ce genre de démarche est toujours bien accueilli. Les gens adorent être utiles, que ce soit sur un sujet pratique ou pour mettre en contact deux personnes de leur réseau. »

  • Allez prendre un café – virtuellement. Si vous faites une rencontre intéressante à l’occasion d’un webinaire ou sur les réseaux sociaux, sautez le pas. Cela peut paraître un peu étrange à première vue, mais tout se fait en ligne, aussi bien une partie de loto que de la dégustation de vin. Alors pourquoi pas un premier échange ? Nous sommes tous plus ouverts que jamais pour organiser des rendez-vous digitaux. Pour une première fois, calez un créneau de 15 minutes. Vous aurez bientôt tout le loisir de vous rencontrer autour d’un café dans la vraie vie. « Allez chercher les nouveaux contacts. Parlez avec cinq nouvelles personnes chaque semaine, sans autre objectif que celui d’échanger, incite Flavilla Fongang. On ne sait jamais sur quoi ça peut déboucher. »

  • La régularité et la persévérance paient. La plus grosse erreur que vous puissiez commettre est de baisser les bras un peu trop vite. « Je suis sur Instagram, Twitter, LinkedIn et YouTube, nous raconte Flavilla Fongang. Twitter est assez chronophage mais peut ouvrir des portes. Soyez là où vos clients sont. Entourez-vous des bonnes personnes, c’est primordial. »

Le networking est d’autant plus important dans ce contexte où beaucoup de candidats sont à la recherche d’un job. Mais si les modalités ont (temporairement) changé, l’aspect humain reste inchangé. Montrer un réel intérêt pour les autres sera toujours apprécié. Lorsque la crise du Covid-19 sera totalement derrière nous, rien ne remplacera les interactions in “real life”, même si nous continuerons à entretenir nos réseaux en ligne. « L’être humain adore la vraie rencontre physique, nous rappelle Adam Shaw. On va bientôt tous pouvoir se retrouver, et on savourera encore plus ces moments. »

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Photo d’illustration by WTTJ

Traduit de l’anglais par Sophie Lecoq

Rose Costello

Editor and writer

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