Cycles menstruels : quitte à les subir, comment en tirer parti au travail ?

Productivité : décrypter son cycle menstruel pour en tirer parti

Dans l’imaginaire collectif, le cycle menstruel est associé à la seule période des règles, ou aux quelques jours qui les précèdent, avec le sympathique syndrome prémenstruel. Pourtant, le cycle menstruel est bien plus que cela, puisqu’il court du premier jour des règles, au premier jour des règles suivantes. Durant toute cette période, les hormones fluctuent dans le corps, avec des conséquences physiques et mentales très concrètes pour les personnes menstruées. Si l’on parle souvent des désagréments liés au cycle, on aborde rarement les avantages qu’une connaissance approfondie de son cycle menstruel peut apporter. Pourtant, quand on sait le décrypter, le cycle menstruel peut être un allié précieux pour se sentir mieux, dans sa vie personnelle comme professionnelle. Savoir quels sont les meilleurs moments pour explorer sa créativité, s’ouvrir aux autres, ou au contraire prendre du temps pour soi, est un véritable atout pour améliorer sa vie professionnelle. Alors, ouvrez grand vos oreilles, voici quelques astuces pour tirer parti au mieux de son cycle menstruel au boulot.

Les grandes phases du cycle menstruel…

Pour mieux comprendre ce qui se passe dans le corps des personnes menstruées lors du cycle menstruel, on peut découper ce dernier en quatre grandes phases.

Les règles : le premier jour des règles correspond au premier jour du cycle menstruel. Celles-ci durent généralement entre trois et sept jours, mais leur durée varie bien sûr selon les individus. On en profite pour rappeler que seules 13% des personnes menstruées ont un cycle de 28 jours, contrairement à ce que nous a enseigné le collège…

La phase folliculaire, aussi appelée phase pré-ovulatoire, concerne les jours qui suivent les règles, pendant lesquels l’utérus se prépare à accueillir un ovule fécondé. La production d’œstrogène augmente, jusqu’à atteindre un pic avec l’ovulation.

L’ovulation : c’est le moment où les follicules ovariens libèrent un ovule, qui va descendre jusqu’à l’utérus, en attendant d’être fécondé. Pendant cette période, comprise entre le 11 et le 16e jours après le début des règles, on observe un petit pic de testostérone, et d’hormone lutéinisante, cette hormone sécrétée par le cerveau, grâce à laquelle l’ovule sera libéré.

La phase lutéale : il s’agit des jours compris entre l’ovulation et les règles. Une fois l’ovule expulsé, le follicule se désagrège en corps jaune, qui va produire œstrogène et progestérone. C’est à la production simultanée de ces deux hormones que l’on doit parfois les fortes perturbations émotionnelles du syndrome prémenstruel.

Connaître ces phases enchanterait probablement votre prof de SVT de 4e, mais comprendre les conséquences que chacune d’entre elles peut avoir sur l’état physique et psychique est bien plus intéressant pour appréhender comment tirer parti au mieux de son cycle dans sa vie professionnelle.

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… Et leurs conséquences

Chaque personne étant différente, les effets ressentis varient d’un individu à l’autre. Toutefois, il est possible d’esquisser quelques traits communs pour chacune de ces phases.

  • Pendant les règles, les hormones sexuelles sont au plus bas, l’énergie baisse. C’est le moment idéal pour se reposer, prendre du recul ou encore, selon la coach Gaëlle Baldassari, créatrice des programmes en ligne « Kiffe ton cycle », pour se mettre en « service minimum » : on effectue des tâches de fond, mais, si on en ressent le besoin, on remet à plus tard celles qui ne sont pas indispensables. On peut également profiter des règles pour prendre des décisions à tête reposée, ou établir un plan d’action. Quitte à le mettre en branle plus tard, quand on sera plus en forme.

  • Après les règles, les œstrogènes remontent, l’énergie revient. Parce que les oestrogènes jouent un rôle sur la synthèse de la sérotonine par le cerveau, elle-même impliquée dans la régulation de l’humeur, les jours qui précèdent l’ovulation sont souvent associés à des phases d’optimisme : on est de nouveau dans l’action, et c’est éventuellement là où avoir un plan d’action déjà établi sur le plan professionnel peut nous être utile. « Durant la phase folliculaire, on a généralement plus envie d’agir que de réfléchir. D’où l’intérêt d’avoir des to do-list déjà prêtes à l’emploi, que l’on aura plus qu’à cocher », indique Gaëlle Baldassari.

  • Avec l’ovulation arrive le pic d’œstrogènes et de testostérone, qui va nous pousser à nous tourner vers l’extérieur, à nous connecter aux autres. Au travail, cela peut être le moment adéquat pour communiquer, créer du lien, aller chercher de nouveaux clients ou de nouveaux partenaires.

  • Enfin, la phase prémenstruelle peut parfois être challengeante du fait de la production simultanée d’œstrogènes et de progestérone. Ce sont des jours où l’on peut facilement voir les choses en noir, avoir un œil plus critique, et agir de façon plus impulsive. Mais paradoxalement, si ce moment est redouté il a aussi ses avantages quand il s’agit du boulot. « Pour certaines personnes menstruées, cette phase peut être un moment où les frustrations se révèlent plus fortement, explique Gaëlle Baldassari. Cela peut donc être l’occasion de remettre les points sur les i, de réajuster certaines choses qui ne vont pas. Prendre conscience que l’on se trouve dans cette phase du cycle permet aussi de faire attention à la façon dont on formule les choses, pour ne pas ensuite avoir à revenir sur ce que l’on a dit. » La phase prémenstruelle est aussi parfois associée à une plus grande créativité, et à une meilleure capacité de concentration, dans la mesure où la production de progestérone va inciter à se concentrer sur son intériorité, à se replier sur soi.

Pour y voir plus clair dans son cycle, on peut s’aider de certaines applications de tracking, comme Clue ou Flo. Néanmoins, Gaëlle recommande plutôt d’observer la glaire cervicale (aussi appelée pertes vaginales), ce liquide blanchâtre sécrété par les glandes du col de l’utérus, que l’on retrouve dans sa culotte en quantité plus ou moins abondante selon le moment du cycle. « C’est vraiment l’astuce la plus facile, car les applis sont calquées sur des modèles de cycles très réguliers, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Les jours où la glaire cervicale est abondante et fluide, c’est que l’on se trouve dans les jours autour de l’ovulation. Cela donne un premier indicateur. Il suffit ensuite de compter combien de jours après on a ses règles, puis de recommencer sur plusieurs cycles, pour commencer à mieux cerner le déroulé de celui-ci. »

Utiliser à bon escient son cycle menstruel

Connaître son cycle menstruel permet donc de mieux appréhender quels moments sont les plus adaptés à certaines tâches, et, le cas échéant, de reporter celles qui peuvent attendre à des périodes où l’on se sentira plus à même de les faire.

Attention toutefois, il ne s’agit pas de repenser tout son agenda en fonction de son cycle menstruel : déjà, parce que nos impératifs professionnels ne sont pas toujours incompressibles, ensuite, parce que ce n’est pas parce que l’ovulation est le moment le plus adéquat pour communiquer par exemple, que cela veut dire que l’on est incapable de dialoguer le reste du temps. « Il faut bien garder en tête que l’on n’est jamais incapable, à aucun moment. C’est juste qu’il y a certaines périodes où l’on va arriver à faire certaines choses plus facilement », souligne Gaëlle Baldassari. Il revient donc à chacun d’observer ce qui lui semble plus facile à faire ou non en fonction des périodes du cycle, afin de se simplifier la vie au maximum.

Connaître son cycle permet aussi parfois de déculpabiliser, comme l’a constaté Jeanne, responsable commerciale. « Certains jours, j’avais tendance à me flageller parce que je ne parvenais pas à faire ma prospection, je n’arrêtais pas de la remettre à plus tard. Puis, comme par magie, je le faisais sans aucun problème quelques jours plus tard. En m’intéressant à mon cycle menstruel, j’ai remarqué que cela tombait souvent pendant ma période de règles. Du coup, maintenant, j’ai réduit mes objectifs de prospection ces jours-là, car je sais que communiquer m’est plus difficile, et que je rattraperai le déficit quelques jours plus tard, quand je serai moins fatiguée. Et c’est ok tant que mes objectifs sont atteints. »

Mieux connaître son cycle pour prévenir le burn-out

Parmi les autres avantages non négligeables à traquer son cycle, celui de pouvoir se prémunir du burn-out. Après avoir traversé cette épreuve, Gaëlle Baldassari se sert maintenant de son cycle menstruel comme outil pour ne pas retomber dans ses anciens travers. « Un cycle qui ne fonctionne pas est le signal d’un dérèglement », explique-t-elle sur Kiffe ton Cycle. Lorsque les règles s’arrêtent, le corps envoie un signal. « Il est en train de nous dire qu’il n’est pas prêt pour se reproduire, que quelque chose ne va pas. Je rappelle que le stress est le perturbateur endocrinien numéro 1. C’est un signal à ne surtout pas prendre à la légère », insiste la coach.

De la même façon, lorsque l’énergie ne fluctue plus - on se sent complètement épuisé ou survolté tout le temps -, cela peut être indicateur d’un dysfonctionnement au travail. « Jusqu’au dernier jour avant mon burn-out, je disais à mon entourage que j’allais bien. J’étais complètement dans le déni. Si j’avais eu des connaissances sur mon cycle menstruel à ce moment-là, j’aurais pu observer que je ne voulais plus me reposer. Cela devenait trop dangereux de lâcher prise, tout risquait de s’effondrer », témoigne Gaëlle. Parce que le cycle menstruel entraîne toute une série de variations hormonales, et donc d’états émotionnels et physiques changeants, le connaître permet de déceler les éventuels blocages et anomalies, qui peuvent parfois être liés au stress au travail.

Finalement, en s’y intéressant davantage, le cycle menstruel peut agir comme un outil pour nous aider à fixer des échéances plus en accord avec notre état physique et émotionnel. De la même façon, mieux se connaître permet aussi de mieux comprendre certaines réactions instinctives que l’on peut avoir vis-à-vis du travail et de ses collègues. Et réaliser que, dire le fond de ses pensées, même trois jours avant ses règles, ça a parfois du bon.

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Édité par Romane Ganneval

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