Rythmes de travail : qu'en pensent réellement vos salarié.e.s ?

Rythmes de travail : que pensent réellement vos salarié.e.s ?

Le confinement a accéléré un phénomène qui était déjà à l’oeuvre depuis quelques années : la flexibilisation des rythmes de travail. Télétravail, semaine de 4 jours, horaires flexibles… Les dispositifs d’aménagement du temps de travail ont retrouvé leur attrait lors la crise sanitaire et occupent aujourd’hui une place importante dans l’organisation des entreprises. Mais avant la pandémie, ils re-façonnaient déjà nos rythmes. Pour tenter de cerner les tendances de demain en matière de rythmes de travail, Welcome to the Jungle a interrogé des salarié.e.s et dirigeant.e.s français.e.s et espagnol.e.s avant le confinement sur : le bien-être au travail, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les dispositifs d’aménagement du temps de travail (télétravail, etc.)… Voici les enseignements clés à retenir.

Méthodologie : Cette étude a été commanditée par Welcome to the Jungle et a été menée par Ipsos entre le 22 et le 31 janvier 2020. 1000 Français.es et 1000 Espagnol·e·s ont répondu à ce sondage, constituant un échantillon national représentatif de la population salariée âgée de 18 ans et plus. Par ailleurs, 379 décideur·euse·s RH français·es ont été interrogées, dont 78,6% de femmes, 40,9% de directeur·rice·s RH et 62,8% habitant en Île-de-France.

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Télétravail partiel et horaires flexibles : dispositifs favoris des salarié.e.s

Quels sont les dispositifs d’aménagement du travail favoris en 2020 ? Plus des deux tiers des salariés français.e.s et espagnol.e.s estiment que les horaires flexibles et le télétravail partiel sont des dispositifs qui vont le plus dans le bon sens. Le travail à distance occasionnel illimité et la semaine de 4 jours étant aussi des pratiques perçues positivement par une majorité de Français·es et d’Espagnol·e·s. En revanche, les mesures plus radicales comme le télétravail complet (non imposé), les congés illimités ou encore la journée de 5 heures ont peu de succès. Attachés à une organisation traditionnelle de l’entreprise, moins de la moitié des salariés et des dirigeants RH français.es considèrent que ces dispositifs vont dans le bon sens. Concernant le full remote, seuls 48% des salariés Français·es y étaient favorables en janvier.

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Le bien-être compte plus que le salaire

Un autre grand enseignement de cette étude concerne la notion de bien-être au travail. Près de 9 salariés sur 10 estiment que l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est un facteur de bien-être majeur. Pour 49% des salariés français et 51% espagnols, c’est même un critère « essentiel », plus important que le salaire. Allant de pair avec ce constat ; plus de 80% des salariés des deux pays estiment que la charge de travail et les horaires ont un fort impact sur leur épanouissement au travail. Par ailleurs, plus de 80% des sondés considèrent que les relations avec leurs collègues, ainsi que l’intérêt de leur poste, leur apportent de la satisfaction. Enfin, l’étude nous rappelle que la notion de bonheur au travail varie selon les cultures. Certains critères n’ont pas la même importance en France et en Espagne : pour 83% des salariés espagnols interrogés, le fait d’avoir des responsabilités contribue à leur sentiment de bien-être au travail, contre 66% seulement des Français.

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La flexibilité des horaires, un concept qui gagne du terrain

La flexibilité des horaires séduit les salariés, mais pas de manière très franche. Une faible majorité des salarié·e·s, en France et en Espagne, préfère travailler dans une entreprise où les rythmes de travail sont flexibles, plutôt que fixes. Les salarié·e·s. français·es (60%) se montrant un peu moins enthousiastes que leurs collègues ibériques (65%). Si on regarde de plus près les profils des répondants français, on se rend compte que ce sont surtout les 18-29 ans (66%) qui plébiscitent le travail flexible, contre 49% des salariés âgés de 50 et plus. Aussi, sans trop de surprise, les femmes (63%) y sont plus favorables que les hommes (57%). Mais pourquoi la flexibilité ne fait pas plus l’unanimité ? Bien que séduisant sur le papier, ce mode d’organisation n’a pas que des avantages. Si le fait de pouvoir choisir ses horaires offre bien sûr plus d’autonomie et la liberté d’adapter son emploi du temps en fonction de son « rythme naturel » et de ses contraintes personnelles, le revers de la médaille est qu’il n’y a parfois plus de séparation nette entre travail et la vie privée, ce qui peut amener les salariés à travailler le soir, le week-end, pendant les vacances… Bref, bien au-delà des horaires « fixes » de bureaux.

Un mauvais management à l’origine des déséquilibres entre vie privée et vie professionnelle

La plupart des Français·es (82%) et des Espagnol·e·s (81%), dont une majorité de jeunes de 18-29 ans et de cadres, ont globalement le sentiment d’avoir un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Un peu plus de la moitié des sondés (64% des Français·es et 67% des Espagnol·e·s) pense que la cadence de travail dans leur entreprise est compatible avec leur bien-être et que cela leur laisse suffisamment de temps pour développer des relations avec leurs collègues. Mais tout n’est pas rose pour autant. Parallèlement à ce sentiment général d’épanouissement au travail, on constate une intensification de la cadence de travail, entraînant, entre autres, des impacts négatifs sur les performances des salarié·e·s et le développement de leurs compétences. Une charge de travail trop importante est la principale raison qui pousse plus de la moitié des salarié·e·s français·es (52%) et espagnol·e·s (50%) à juger que leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est mauvais. Allant de pair avec la surcharge de travail, les salarié·e·s pointent également du doigt la pression de la hiérarchie et le manque de personnel. Autant d’éléments qui indiquent que des mauvaises décisions managériales sont souvent à l’origine du mal-être des salariés.

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Les Français, champions du pessimisme

Fidèles à leur réputation de « défaitistes » et de « passéistes », les Français sont plutôt pessimistes quant à l’évolution récente de leur rythme de travail. Seuls 35% des salarié·e·s français·es considèrent que leur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle s’est amélioré au cours des cinq dernières années, contre 50% des Espagnol·e·s. Plus d’un quart des salarié·e·s français·es interrogé·e·s (23%) trouvent même que leur équilibre s’est dégradé, contre 17% seulement des Espagnol·e·s. Enfin, les Français·es (53%) estiment que leur entreprise n’a pas vraiment ou pas du tout pris des initiatives en faveur de la flexibilisation des rythmes de travail, alors qu’en Espagne c’est tout le contraire : une majorité des salarié·e·s (55%) a le sentiment que leur entreprise a mis en place des mesures en faveur de plus de souplesse ces dernières années.

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Les DRH en décalage avec les attentes de leurs salarié·e·s.

Enfin, il semblerait que salariés et managers RH ne soient pas totalement sur la même longueur d’onde en ce qui concerne les rythmes de travail. D’abord sur la question du bien-être au travail, on constate un décalage entre la perception des salarié.e.s et celle des décideur.e.s RH français.e.s. Ces derniers considèrent que l’équilibre vie pro/vie perso a moins d’impact sur le bien-être des salarié.e.s, que les missions et l’intérêt du poste. Mais, comme on l’a vu, pour les salariés, l’équilibre entre vie pro et vie perso est le premier critère de bien-être au travail. Une autre dissonance entre salariés et managers RH concerne l’évolution des rythmes de travail. Alors que les salarié.e.s français.es considèrent que peu d’initiatives ont été prises récemment en faveur de plus de flexibilité, les DRH, eux, affirment le contraire. Plus de 70% des RH français·es disent avoir mis en place des pratiques concrètes pour améliorer l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle et assouplir les rythmes de travail de leurs salarié·e·s au cours de ces dernières années. Parmi eux, plus de 90% jugent que ces initiatives de flexibilisation du travail vont dans le bon sens. Un constat qui souligne l’importance d’établir un plus grand dialogue entre collaborateurs et fonction RH.

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Claire Kadjar

Rédactrice

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